28/03/2014

Irradiés : Tepco et le gouvernement japonais censurent la mort de travailleurs de Fukushima

ob_2fe026_mako-oshidori-tepco-fukushima-japan.jpgCet article est paru le 21 mars 2014 sous le titre original « Exposed: Death of Fukushima Workers Covered-Up by TEPCO and Government » sur le site nsnbc ìnternational. Christof Lehmann nous rapporte les propos de cette journaliste indépendante, Mako Oshidori, lors d’un colloque  qui s’est tenu en Allemagne du 4 au 7 mars 2014.

La censure sur les morts de certains ouvriers de la centrale de Fukushima Daiichi a déjà été dénoncée de nombreuses fois. Le témoignage courageux de Mako Oshidori est là pour nous rappeler la terrible réalité.

 

 Traduction française : Mimi Mato, Fukushima Diary Fr

 

La mort de nombreux travailleurs de Fukushima consécutivement à leur exposition à la radioactivité est censurée par TEPCO, l'opérateur de la centrale de Fukushima Daiichi, et par le gouvernement japonais, a déclaré une journaliste japonaise qui a enquêté sur les décès non déclarés, ajoutant avoir découvert une note de TEPCO donnant instruction aux responsables de "couper court à ses questions de manière appropriée" et que la police la suit de façon intimidante.

 

Ces inquiétantes révélations ont été faites pendant une conférence internationale sur les « effets des catastrophes nucléaires sur l'environnement naturel et la santé humaine » à proximité de la capitale financière allemande de Francfort. Selon Energy News, cette conférence du 6 mars 2014 a été co-organisée par la section allemande de l' "International Physicians for Prevention of Nuclear War" (= médecins internationaux pour la prévention contre la guerre nucléaire, IPPNW) et l'Eglise protestante de Hesse Nassau.

 

Mme Mako Oshidori, journaliste japonaise indépendante, y était présente ainsi qu'à la conférence de presse qui s'en est suivie (enregistrée sur vidéo). Mme Mako a rapporté avoir découvert une note de TEPCO par laquelle l'opérateur de Fukushima Daiichi ordonne aux responsables de « couper court à (aux questions de) Mako-chan, de manière appropriée ». Mme Mako Oshidori a fait trois ans d'études à la Faculté de médecine de l'Université des Sciences de la Vie de Tottori.

 

Mme Mako a révélé que TEPCO et le gouvernement censurent la mort de travailleurs de Fukushima et que des agents ont commencé à la suivre partout après qu'elle ait commencé à enquêter sur cette censure. Mme Mako a déclaré en particulier :

- "J'en avais entendu parler par des chercheurs de mes amis ainsi que par des fonctionnaires du gouvernement. Je vais vous montrer une photo que j'ai prise à l'insu d'un agent pour que vous voyiez à quel type de surveillance je fais allusion. Quand je parle à quelqu'un, un agent de police publique du gouvernement central s'approche très près, essayant d'écouter ma conversation ..."

- "Je voudrais parler de mon interview avec un infirmier qui travaillait à (la centrale nucléaire de) Fukushima Daiichi après l'accident ... Il était infirmier à Fukushima Daiichi en 2012. Il a arrêté de travailler pour TEPCO en 2013 et c'est à ce moment-là que je l'ai interviewé ..."

- "Jusqu'à maintenant plusieurs travailleurs de la centrale sont morts mais seuls les décès de ceux morts pendant leur travail sont rendus publics. Aucun de ceux morts brutalement alors qu'ils n'étaient pas au travail, le week-end ou la nuit par exemple, n'est rapporté ..."

- "En plus de ça ils ne sont pas comptabilisés dans le nombre de décès des travailleurs. Par exemple, il y a des travailleurs qui finissent leur contrat de travail après avoir été fortement irradiés, genre 50, 60 ou 70 milli-sieverts, ils finissent par en mourir un mois plus tard mais aucun d'eux n'est ni signalé, ni pris en compte au bilan des morts. C'est ça la réalité pour les travailleurs des centrales nucléaires."

 

Les révélations choquantes de Mme Mako Oshidori au cours de cette conférence de presse de IPPNW corroborent des rapports antérieurs sur le mépris criminel de TEPCO envers la sécurité et les vies humaines.

 

En octobre 2013, M. Michel Chossudovsky, directeur du "Centre for Research on Globalisation" basé au Canada, avait signalé que la coordination à plusieurs milliards de dollars de l'opération de décontamination de Fukushima repose sur le crime organisé japonais, les yakusas, activement impliqués dans le recrutement de personnel « spécialisé » dans les tâches dangereuses.

 

Selon de nombreux autres rapports, un des plus importants pré-requis particuliers pour obtenir un emploi à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi est d'être au chômage, pauvre et dans une situation ne laissant pas d'autre choix que d'accepter un emploi sous-payé et à haut risque.

 

Fin 2013, le parlement japonais a adopté une nouvelle loi visant à pénaliser la publication non autorisée d'informations sur la centrale nucléaire dévastée avec des peines allant jusqu'à dix ans d'emprisonnement. Le témoignage de Mako Oshidori sur sa surveillance d'intimidation ajoute à cette loi une perspective alarmante pour la liberté de la presse et la sécurité des journalistes japonais.

 

Ch / L - nsnbc 21/03/2014
 

Source : http://nsnbc.me/2014/03/21/exposed-death-of-fukushima-wor...

 

Vidéo de la conférence de Mako Oshidiri (en japonais) : http://www.ustream.tv/recorded/44578623

 

Merci à Pierre Fetet d'avoir relayé cet article 

http://www.fukushima-blog.com/

 


 

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15:33 | Tags : japon, fukushima, tepco | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

19/03/2014

SANTE ET NUCLEAIRE - UN TANDEM SULFUREUX


P1060256.JPGMonsieur Naoto Matsumura a participé, aujourd’hui,  à la Vigie d’Hippocrate  devant le siège de l’OMS.  Témoin de la catastrophe et victime de Fukushima, il a préféré continuer à vivre dans la zone interdite contaminée pour s’occuper des animaux. 

 

Observateur de premier rang, il dénonce la gestion des suites de l’accident, les mensonges de TEPCO , l’entreprise responsable de la centrale nucléaire.  Minimiser les risques, taire, camoufler autant de manœuvres pour tromper les Japonais sur les véritables impacts d’un drame qui touche tout le pays.

 

P1060260.JPGMonsieur Naoto Matsumura a été invité par Independent WHO -  Santé et Nucléaire,  organisme qui depuis le 26 avril 2007,  organise la Vigie d’Hippocrate pour dénoncer  l’accord signé entre l’OMS et  l’AIEA,  en mai 1959. Un accord, qui lie  en quelque sorte l’OMS , et l’incite à ne plus mener de recherches et diffuser de fausses informations.

(L'Accord référencé “WHA12-40, du  28 mai 1959 qui stipule, entre autres, que 

  • L’Agence Internationale de l’Énergie Atomique et l’Organisation Mondiale de la Santé reconnaissent qu’elles peuvent être appelées à prendre certaines mesures restrictives pour sauvegarder le caractère confidentiel de renseignements qui leur auront été fournis …

 http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Te...

 

Conflit d’intérêt entre l’AIEA et l’OMS,  c’est bien l’Agence Internationale de l’Energie Atomique qui est responsable de la question des conséquences sanitaires des activités nucléaires civiles ou militaires. Autant dire qu’elle  n’est pas compétente en la matière et pire, juge et partie.  Independent Who demande à l’OMS de reprendre un mandat qui est de son ressort et de se libérer de la tutelle de l’AIEA, lobby industriel et commercial de la promotion de l'utilisation de l'atome. 

 

 

Naoto s’étonne que l’OMS ne fasse rien pour les enfants Japonais qui ont été gravement irradiés.  Son mouvement de résistance est très suivi par les réseaux sociaux au Japon et dans le monde.  A la question de savoir s’il est irradié ou pas il concède qu’il est trop tôt pour le dire;  les effets de la radioactivité peuvent se déclarer plusieurs années après.  Au départ, il se sentait exclu et rejeté mais avec le temps les gens ont été mieux informés sur la contamination réelle entre humains. Il se souvient qu’en 2011, peu après l’accident,  lorsqu’on le voyait arriver avec ses plaques de voiture de  Fukushima, tous s’écartaient de lui.

 

Soutenu par une vague de solidarité, il reçoit des paquets du monde entier pour se nourrir ainsi que du fourrage pour ses animaux. Tout ce qui est dorénavant produit dans la région de Fukushima est radioactif. La population s’est enfuie vers les grandes villes et en partie Tokyo et n’est pas prête à revenir compte tenu de fausses informations difficilement vérifiables. Encore radioactif, plus radioactif ? Les personnes ne savent plus sur quel pied danser et préfèrent s’abstenir de rentrer chez elles, du reste les infrastructures ne sont plus que des ruines et les rats devenus rois. 

 

Une tragédie qui doit tous nous concerner, la centrale de Fessenheim est si proche de la Suisse.  Le dernier Homme de Fukushima nous apporte un témoignage précieux sur les conditions dans lesquelles on serait amenés à vivre en cas d’accident nucléaire, ce sont des millions de gens qu’il faudrait déplacer.

"A LA DIFFERENCE D'UNE GUERRE, UNE CATASTROPHE NUCLEAIRE NE S'ARRÊTE JAMAIS"

 

Devant l'OMS- LE PHOTOGRAPHE ANTONIO PAGNOTTA QUI A PUBLIE LE "DERNIER HOMME DE FUKUSHIMA"AVEC

 REN YABUKI  CO-FONDATEUR DE LA LIFE INVESTIGATION AGENCY 

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DIFFERENCE DE SIEVERT  (Sv) ENTRE GENEVE MESUREE AUJOURD'HUI ET FUKUSHIMA APRES L'EXPLOSION 

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19:24 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

15/03/2014

« A la différence d’une guerre, une catastrophe nucléaire ne s’arrête jamais «

 

nn20120808f1b.jpgle 14/03/2014 à 05:01 de Geneviève Daune-Anglard

Naoto Matsumura, qui vit dans la zone interdite de Fukushima, continue son tour européen après Paris, il a participé mercredi soir à une table ronde à Strasbourg, suite à une visite de la centrale de Fessenheim.  

 

Son témoignage est une alerte édifiante sur le danger nucléaire. Le risque zéro n’existe pas et demeure une  invite à conclure à la fermeture de toutes les centrales nucléaires :

 

« Depuis trois ans, des réacteurs de Fukushima continuent de relâcher en permanence des gaz radioactifs. La nappe phréatique sous la centrale est très polluée et l’eau contaminée ruisselle dans l’Océan Pacifique. »

 

Cette eau injectée en permanence dans la centrale pour refroidir les réacteurs, « à raison de 400 m3 par jour ». La même quantité d’eau contaminée part chaque jour dans l’océan, malgré des pompages et un stockage de l’eau radioactive dans d’immenses cuves. « 400 000 tonnes aujourd’hui , précise l’instituteur Pierre Fetet qui consacre un site complet au drame de Fukushima   , mais le double est prévu d’ici 2016 ».

 L’évacuation des populations pose aujourd’hui un problème social. « Elle a été faite de façon très chaotique et par à-coups , explique Reiko Hasegawa, spécialiste du déplacement des populations qui a travaillé à l’Institut de développement durable et des relations internationales. Et sans préparation, « car le mythe de la sûreté absolue a empêché la tenue d’exercices grandeur nature ».

 Aux habitants évacués de force se sont ajoutés des évacués volontaires, venus des zones contiguës à la zone interdite, craignant pour la santé de leurs enfants. «Le gouvernement a refusé de reconnaître leur statut d’évacués et de les indemniser ou de les aider. »

 

En février dernier, les autorités du pays ont décidé que la population pouvait réintégrer certaines des zones évacuées. « Mais la majorité des personnes hésitent à rentrer , ce qui est mal vu par les autres évacués forcés » , note Reiko Hasegawa. Des mères de famille, voulant protéger leurs enfants, se heurtent au désir de rentrer de leurs maris, ce qui génère des divorces. « Ces tensions divisent la société et rajoutent une catastrophe sociale à la catastrophe sanitaire et environnementale. »

 

En Alsace, une autre échelle

 

Naoto Matsumura confirme que les opérations de décontamination des sols par décapage ne sont pas concluantes. « Ça améliore les choses temporairement, mais très vite, la radioactivité revient au niveau d’avant la décontamination. » Il a réaffirmé hier sa volonté de lutter pour arrêter le nucléaire. « Il faut combattre tous ensemble. »

 

« En Alsace, en cas d’accident d’explosion à la centrale de Fessenheim, ce ne sont pas 150 000 personnes qu’il faudrait évacuer comme à Fukushima mais plus d’un million » , rappelle la députée européenne Michèle Rivasi. La nappe phréatique rhénane, qui alimente en eau potable plusieurs millions de personnes, serait menacée. Et des km² de terres agricoles seraient rendues inutilisables pour des décennies. « À la différence d’une guerre, une catastrophe nucléaire ne s’arrête jamais. »

 

Nous l'attendons en Suisse  le  18 mars :  conférence à la Haute Ecole Pédagogique de Lausanne

19 mars :  matin, vigie devant l’OMS avec Independant Who à Genève


UN MOMENT EMOUVANT, POIGNEES DE MAIN ET EMBRASSADES ENTRE NAOTO ET JOSE BOVE

 

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LA CHANSON DE NAOTO MATSUMURA- SAN 

L'Homme Seul

 

À l'horizon de ces jours qui passent après la vague

Au-delà des fumées blanches de l'usine

Qui crache son venin sur la terre amoureuse

Il marche dans les ruines envahies par les herbes folles

 

Dans son rêve les oiseaux si gracieux

Volent dans le ciel

Et les chiens et les chats

Viennent se blottir dans ses bras

 

Sur cette terre souillée, il a laissé les larmes

Le feu invisible peut bien brûler, il reste là

Il sème à la volée généreuse les graines

D'un futur insensé dans l'absence des hommes

 

Il dispose des mangeoires légères

Dans lesquelles la faune se ravie

Ressuscite la terre

Et ce monde effacé

 

Comme un dieu égaré sur la terre des hommes

Célébré par la faune et les arbres qui bourgeonnent

Il forge de ses mains la nouvelle alliance

Battant le fer de la lune, sa lumière qui danse

 

Sur les eaux de la nuit

Cernée des yeux sauvages

Qui s'abreuvent insouciants

De ce feu invisible qui dévore tout

 

Viendra des temps encore les cerisiers en fleurs

aux silences ombragés nous dirons nos douleurs

Mais dans les mines de ses rêves il y a des eaux

d'amour qui coulent

Des animaux sacrés qui font battre son cœur

 

 Et qui sait si là-bas

Tous ces espoirs vivants

Nourrissent les cœurs brisés

Et que les yeux des hommes enfin s'ouvrent

 

 

 http://www.djemaachraiti.ch/