15/02/2014

Ibrahim Gezer (Îrbo) L' Apiculteur

dI_00a.jpgRéfugié à Bâle, vivant à Laufen, Ibrahim Gezer a tout laissé derrière lui ; sa femme qui de désespoir mettra fin à sa vie, après  les sept longues années  de fuite de son époux caché sous une fausse identité dans les montagnes et son départ définitif pour la Suisse. Sur leurs 11 enfants, plusieurs  sont morts dont  une fille, Elifa,  engagée dans la guérilla et tuée par des soldats turcs, deux de leurs  fils disparus,  eux aussi dans la résistance, deux autres emprisonnés,  sous prétexte qu’ils collaboraient avec le PKK. Certains réfugiés en Angleterre et en Suisse. Une famille kurde déchirée, disloquée, sauvagement détruite par l’armée turque.

 

 Ibrahim Gezer non seulement a dû abandonner son pays, sa famille, mais il a aussi dû renoncer à ses abeilles ;  ses 500 colonies et leur 18 tonnes de miel, le tout détruit  par l’armée dans les montagnes du Kurdistan turc. Or, son amour pour ces reines héliotropes , il le porte en lui et le transporte jusque  vers les hauteurs de Andermatt . La semaine il travaille dans un atelier de réinsertion pour handicapés à poser des sachets de bonbons Ricola dans une boîte en carton, puisqu’en Suisse, apiculteur n’est pas un métier mais un »schönes  hobby » comme lui signifie sa  conseillère ORP. Qu’à cela ne tienne, en fin de semaine, il monte retrouver ses chères petites et continuer à donner du miel aux hommes et à s’émerveiller de l’intelligence des abeilles, une organisation qu’il aurait tant voulu reproduire auprès des hommes : « mais les abeilles sont si intelligentes ! »

 

 images-2.jpegUn film d’une grand humanité qui parvient à  donner à l’exil un léger goût de miel, un film  chargé d’espoir porté par les ailes diaphanes des abeilles sans lesquelles Ibrahim n’aurait jamais survécu, contraint de vivre seul, dans un studio, situé  au-dessus d’un bistrot bruyant et enfumé. Mais c’est une rencontre aussi entre un réfugié et une famille de paysans suisses  qui  l’accueille par une nuit d’orage. Une amitié forte se crée entre eux et  pour les remercier « Îrbo »leur offrira des colonies d’abeilles et leur enseignera  à devenir, à leur tour , apiculteurs.

 

Un film de Mano Khalil à ne pas manquer, jusqu'au 18 février 2014. 

 

Cinéma Bio de Carouge

 

Prochain billet Destins d’exception : Naoto Matsumura – le dernier homme de Fukushima

 

 

 

09:48 | Tags : l'apiculteur, der imker, mano khali, kurdistan, armée turque | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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