12/10/2013

Avis de passage

images-2.jpegMadame,

"Je me suis présenté à votre domicile le 26/9/2013 afin de pouvoir, vérifier comme vous l’avez déclaré sur votre déclaration de revenus établie en 2012, qu’aucune de vos résidences n’est équipée d’un appareil récepteur de télévision .»

 

 Monsieur le préposé aux impôts, 

 Je vous imagine essoufflé, replet, posté devant mon interphone qui résonne longuement dans le vide,  silencieux ! Vous avez sans doute collé votre aimable oreille, rougie par le froid,  contre ma porte, mais en vain, encore du silence. Vous espériez me trouver, cet après-midi-là,   prostrée devant  « Comment ça va bien » ou  « Bienvenue chez nous «  ou « Le jour où tout a basculé » .  Rien de tout cela,  mouton parmi les moutons, je suis un mouton qui fait rébellion et refuse la posture zombie devant l’écran cathodique, tueur de temps et qui a pour effet la paralysie des consciences.

Si vous étiez rentré chez moi, vous auriez trouvé une table surchargée de livres, quelques carnets de notes, des CD de musique classique ou de ûd,  et vous auriez surtout écouté le silence ; ce grand maître à penser.

Chaque année, c’est devenu notre rituel, vous passez, je vous envoie alors une note explicative pour vous persuader qu’il existe encore des gens qui ne savent que faire d’une télévision chez eux ; cette boîte à mensonges et à  illusions, cet écran où la réalité balancée à grands baquets  finit par nous laisser imperturbables.

Non ! Monsieur le préposé aux impôts, comme chaque année, je ne payerai ni les  150 euros ni  l’amende de 125 euros, je vous le déclare, à travers ces lignes,  je « résiste » sans peine à la furie et au bruit du monde.

 

"Le bruit ne fait pas de bien , et le bien ne fait pas de bruit."

                                                                                            Signé : un mouton rebelle 

 

 

                                                         

 

 

Sur la proposition de Monsieur Duval à mon tour de préciser que  : 

Dorénavant, je n'accepterai de publier que les commentaires dont l'auteur m'est connu.

Pour ce faire, chacun pourra continuer à utiliser le pseudo qui lui plaît mais, j'exigerai que l'adresse email utilisée soit correcte donc identifiable.

De cette manière, le commentateur reste anonyme pour les lecteurs et je serai seule à connaître son identité. 



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05/10/2013

L’ISLAM NE SE RESUME PAS A UN VOILE SUR LA TETE

 

Ibn_Arabi.jpgMon cœur est devenu apte

A accueillir toute forme.

Il est pâturage pour gazelles

Et  abbaye pour moines,

Temples pour idoles

Et la  Ka’aba pour qui en fait le tour.

Il est les Tables de la Torah

Et les feuilles du Coran.

 La religion de l’amour est celle que je professe.

Où que ses montures se dirigent,

L’amour sera ma religion et ma foi.

                                                                                                                        Ibn ‘Arabi

 

Le mouvement qui est l’existence de l’univers est le mouvement d’amour

 

Mystique,  né a Murcia en Andalousie en 1165, Ibn 'Arabi est le chef spirituel des soufis avec entre autres Djalal Al-dîn Rûmi (écrivain et mystique persan), Râbi'a al-'Adawiyya surnommée la "Mère du bien"  et considérée comme l'un des maîtres fondateurs de la mystique musulmane,   née à Basra en Irak. Leurs messages spirituels sont devenus insupportables aux wahabbites qui méprisent  l’idée qu’on puisse associer le bon et le beau . « "Dieu est beau et Il aime la Beauté » pour les Soufis , Amour et Beauté sont indissociables , la Beauté étant une résultante de l’Amour , source première et intarissable .

L'art, donc la beauté est un chemin qui mène vers le divin. Amour et  Beauté transcendent les religions et deviennent par-là même des aspirations universelles, des dénominateurs communs  intemporels  qui annulent les frontières sous toutes leurs formes et   autour desquels nous pouvons tous nous retrouver dans une communion qui nous rapprochent et non pas qui nous éloignent dans les haines et les divisions. 

Les détracteurs qui réduisent l'Islam au voile paradoxalement cautionnent les dogmatiques et leur offrent une tribune tout en jouant leur jeu et en leur attribuant une visibilité maximale . Qu'en est-il de tous les autres ? Des musulmans modérés, des laïcs, des Soufis en grand danger d'élimination  ? 

 

Les Soufis sont pourchassés en Arabie Saoudite, au Qatar, en Iran ,Somalie,  Libye, Mali,  partout où la charia doit être appliquée de façon stricte,  surnommés « cancer de l’Islam » et considérés comme des mécréants par ceux-là même, des acharnés dogmatiques qui veulent réduire l’Islam à un voile noir qui recouvrirait entièrement l’Amour et la Beauté. 

Il est impossible de  rayer de la carte une culture ancestrale à cause de quelques fanatiques et en même temps leur tendre le tapis rouge parce qu'ils sont riches et arrosent à profusion. Ils ne sont pas les représentants uniques de l'Islam, - même s'ils l'espèrent et manoeuvrent dans ce sens,-   religion qui comportent de nombreux courants dont celui  Soufi qui présente l'Islam sous son jour le plus tolérant et cet Islam-là existe et on ne peut pas et on ne doit pas en faire abstraction car ce serait donner raison aux fanatiques  et oublier tous les autres qui résistent   et de ce fait deviennent victimes de violence,  pourchassés et  bannis  et dont les monuments sont détruits.


Ne reste que parmi les amoureux, des autres éloigne-toi.

Bien que ta flamme embrase le monde,

Le feu meurt par la compagnie des cendres.

 Rubî'yât de Djalâl-od-Dîn Rûmî

 

Mais qu’est-ce que le soufisme ; c’est éprouver de la joie dans le cœur lorsque vient le chagrin (Rûmi)

 

 

 

 

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03/10/2013

Politiciens, pensez donc aux artistes bon sang de bonsoir !

images-2.jpegDepuis quelques jours la blogosphère s’est transformée en arène où l’invective est de mise, où chacun y va de son ego et de son credo.

Moi, je rêve  de cette nouvelle société qui ferait une place au soleil aux artistes, si fragiles et si maladroits. Un lieu de toutes les rencontres où l’art tiendrait enfin le haut du pavé. Où sont les défenseurs des peintres, des écrivains, des rêveurs poètes, des philosophes, des amoureux de la forme et du fond ?

 Il est vrai qu’on ne les entend pas ni ne les voit,  ces ouvriers qui construisent leur immense cathédrale, à ciel ouvert,  à l'ombre du silence; leur  pinceau court mêlant les couleurs du quotidien,  sombres et lumineuses. Leurs  mots s’égrènent magiques  et éternels dans la cacophonie des formules toutes faites ; le murmure des poètes est englouti dans le bruit immense des mots creux .

En visitant, la maison idéale de Hundertwasser à Vienne , si proche des préoccupations humaines, si idéaliste,  d’un lieu respectueux qui marie l’homme et la nature dans un  écrin  de beauté ; on apprécie comment Hundertwasser a su mieux que quiconque défendre la place qui revient à l’homme ; celle où il fait bon vivre. Il n'a pas hurlé un "logement pour tous" mais il a su associer  à la nécessité du logement, ses composantes indissociables;   l'espace, la lumière,  une dimension esthétique  sans laquelle l'humain s'étiole.  

Magritte-La-reproduction-interdite.jpg

Qui parmi vous, politiciens, a songé un instant à ces rêveurs d’éternité ? A ces troubadours qui avancent dans le tâtonnement incertain d’un monde étriqué qui les expulse sans ménagement.

Les artistes font de la politique à leur manière, jour après jour, ils travaillent à un monde meilleur, ils rêvent d’une humanité solaire et généreuse. Mais qui les entend ?  Ils n'usent pas du discours politique, ils le dessinent de leur pinceau arc-en-ciel, sur la toile de leurs espérances, ils recréent un monde de beauté et de justice   !

Chaque politicien et politicienne devrait s’entourer de ces Muses si discrètes et qui pourtant sont les meilleurs défenseurs d’une société juste aux ambitions si généreuses.

L’art est aussi un mouvement fort et chargé de ses idéaux de société ……..L’art porte en lui les semences d’un monde idéal. L'art est visionnaire d'un monde en devenir. 

 

Dans la beauté des mots, dans la musique scintillante de ses notes célestes, dans la douceur des couleurs polyphones, nous dessinerons le futur des hommes ! 

 Un parti des artistes, musiciens, chanteurs, compositeurs, écrivains, philosophes, peintres, penseurs……….. ? Une utopie ?

 

Sonate au clair de lune Ludwig Van Beethoven

 

 

 

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02/10/2013

Rwanda - L'affaire Gasser (1)

Le destin a l’art de s’acharner sur les faibles et que  lorsqu'il les tient,   ne les lâche plus, ses victimes  émergent à peine la tête que de nouveaux coups s’abattent sur elles , sans relâche.  Xavier en sait quelque chose.

Après 1995, le boulanger Gasser meurt en Suisse , cet homme « bon comme le pain » et qui n’hésitait pas à donner un coup de pouce à qui savait quémander avec force persuasion;  amoureux du Rwanda,  au point d’avoir tout vendu dans son pays pour s’installer à Kigali.  Une nouvelle patrie découverte lors d’un volontariat réalisé à travers un projet humanitaire.  Il acheta alors  une maison dans la rue principale de la capitale et avec un maçon construisit  une cheminée, puis un four. Un ami belge proche du Valaisan se souvient avoir mangé les « meilleurs croissants au jambon » fabriqués par le boulanger. Ils avaient l’habitude de se rencontrer régulièrement et dans un rituel parfait qui soudait cette amitié , l’un apportait les croissants, tandis que l’autre préparait le café.

Xavier perdit  ainsi son père , deux ans plus tard, au Rwanda, c’est sa mère qui décèdait suite à une longue maladie. A 9 ans, Xavier est orphelin, sa grand-mère en hérite comme d’un cadeau empoisonné.  A Gisegnyi, chez cette femme acariâtre, il se souvient s’être caché durant des heures,  tenant étroitement un chapelet entre ses mains,  priant le ciel pour qu’elle ne le retrouve plus et éviter ainsi ses coups. Puis,  à l’âge de 13 ans, il rejoint une tante à Kigali chez qui il vit encore. Une témoin de Jéhovah, -  prête à émigrer  aux Etats-Unis et qu’elle compte laisser  derrière comme un bibelot dont on ne sait que faire,-  aux règles strictes, à la sévérité dogmatique et qui s’est donné pour mission de convertir le jeune homme, transformé en homme à tout faire chez elle,  malgré son  diplôme de dessinateur en bâtiment qui ne lui a cependant pas encore permis de trouver un emploi ; ménage, enfants, courses.  Il s'affaire du matin au soir,  en rêvant à la Suisse, le pays de ce père qu’il n’a jamais connu.

Sa grand-mère établie en Valais et âgée de 85 ans,  aura peut-être bientôt la joie de rencontrer ce petit-fils qu'elle pourra enfin serrer dans ses bras, ce  malmené de  la vie;  elle l’amènera sur la tombe de son père à lui et de son fils à elle,   à Randogne.  Xavier  rencontrera l’autre famille du disparu, une belle-mère  qui a plus d’une reprise a essayé de le ramener en Suisse, mais en vain.

Le Rwanda, autrefois deuxième patrie de cœur du père suisse , la Suisse, deuxième  patrie du fils rwandais ; les destins se croisent, s’entrelacent se font et se défont, au fil des ans. Leur route ne s’est jamais croisée, mais leurs pas se rapprochent étrangement dans le chaos et à la lumière de ces vies bringuebalantes.

On ne peut que souhaiter à Xavier  de retrouver les traces de ce père si vite parti et qui croyait l’enfant mort au Rwanda pendant le génocide.  Devenir officiellement, en Suisse,   le fils  de Christian Gasser, un boulanger si amoureux de l’Afrique,  et  par-dessus tout, si amoureux de la vie !  

 

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