28/08/2013

Rwanda - De la bestialité des hommes et de l’humanité des bêtes

Il ne se passe pas un jour sans qu’on vous raconte quelque histoire de massacre, de tuerie incroyable, de père, de mère, de sœurs, de frères, de femmes violées, d’enfants froidement abattus, de bébés jetés contre les murs.   Avec une immense pudeur, on risque une question, on soulève discrètement le voile sur un détail lugubre. Parmi tous les récits que j’ai entendus et plus émouvants les uns que les autres , j’en ai retenu un qui m’a particulièrement impressionnée  et que voici  :

En avril 1994, une vieille maman venue d'une autre ville du pays, se rendit en visite chez ses deux fils à Kigali et qui vivaient alors dans une grande maison, ils y possédaient un chien, joyeux comme peut l’être un chien à fureter par-ci par-là, à musarder sans cesse dans le jardin aux barrières fleuries de bougainvillées grimpants d’un violet lumineux. Dans ce calme paisible, un fracas assourdissant , des hommes Hutus entrent en courant avec leurs machettes étincelantes, ils renversent tout sur leur passage, des cris, des coups, puis des hurlements de douleurs et enfin le silence.

Contrairement aux habitudes canines, le jeune chien n’a ni aboyé, ni menacé, ni mordu. Il s’est tout simplement caché, sans faire de bruit, tremblant de peur;  observant le spectacle des humains si féroces, plus sauvages que la bête la plus sauvage.  Il regarde avec effroi la mort de ses deux maîtres, puis voit la vieille femme allongée par terre, évanouie, le sang coule abondamment sur son visage.  Elle respire encore ! Le chien s’approche tout doucement tend le cou vers le ciel et pousse un long hurlement en voyant la mort régner dans la pièce, après un long moment il se met à lécher  les yeux de la femme allongée et  atrocement blessée par des coups de machette.

Durant  3 semaines , plusieurs fois par jour, le chien lèchera tous les jours les yeux de la vieille dame devenue quasiment aveugle, il parviendra ainsi à en sauver un, l’autre est réduit à un tas de bouillie. Et puis, la bête ira tous les jours chercher à manger pour nourrir la pauvre femme, encore choquée par la mort de ses deux fils et totalement hébétée. Le chien dépose l’aliment dérobé au gré de ses pérégrinations aux pieds de la malheureuse. A croire qu’un des fils s'est réincarné dans la bête qui semble si humaine, si incroyablement sensible et intelligente.

Aujourd’hui,  la dame est très âgée, elle raconte l’histoire du chien qui l’a sauvée et qui n’est plus , elle l’a enterré dans son jardin. Un sourire étrange flotte sur ce visage ridé. Elle hésite encore et se demande qui est homme et qui est bête ! Mais elle sait dorénavant qu’un animal peut être doué d’une âme  charitable et prendre le relais des hommes lorsqu’ils  deviennent  des bêtes immondes et qui lui fait dire en soupirant  « plus on connaît les hommes, plus on aime les chiens ! »

 

(récit inspiré d’une histoire vraie qui m’a été contée à Kigali)

 

mon site www.djemaachraiti.ch

 

 

 

 

 

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Commentaires

Très jolie histoire mais au Rwanda ,les humains ne vivent pas comme des sardines en immeubles .Car, bon même très gentils les chiens ne doivent pas aboyer le nuit à n'importe quelle heure.
Je doute qu'en Afrique les animaux remplacent les parents mais quand on sait le mal endoctriné par les sectes animales pour faire croire au pire ,pas étonnant qu'en Suisse certains parents soient considérés comme animaux à être maintenus en cage et qui une fois devenus dépendants suite au manque de relation interhumaines deviendront dépendant d'un système pire que le stalinisme et qui coutera les yeux de la tête à tous ceux qui préférent les animaux aux humains
C'est peut-être toute la différence entre le Rwanda , l'Europe et notre pays qui veut toujours imiter ce qui ne fonctionne jamais sur le long terme ailleurs
bon dimanche pour vous Djemâa

Écrit par : lovsmeralda | 01/09/2013

je me permets de rajouter ceci,Hitler lui aussi adorait les animaux ,on connait tous la suite!

Écrit par : lovsmeralda | 01/09/2013

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