10/06/2013

Se piquer d'apiculture

P1050822.JPGInvitée dans la région de Neuchâtel pour participer à un cours d’apiculture, je me suis piquée au jeu et laissée séduire par l’art de produire de l’or jaune. De la fine observation, un brin de patience, connaissance de la nature, féru de météorologie, passion pour les abeilles, un art subtil qui compose avec la nature tout entière. 

Fait surprenant, ce sont les jeunes qui s’enthousiasment au point de sacrifier un samedi par mois pour suivre un cours d’apiculture. In situ, on va chez l’un ou l’autre des élèves qui possède déjà un rucher et Gilbert Dey, expert en la matière, lui-même fils d’apiculteur,  surveille la manipulation des cadres contenant les rayons  de cire et sur lesquels reposent les abeilles , nous apprend à identifier l’odeur bonne ou mauvaise et qui décelerait la présence d’une maladie.  Hormis les pesticides, il y a de nombreux ennemis susceptibles de perturber la vie de la colonie  : l'acarien varroa,  appelé varroa destructor,  venu d’Asie,  les bactéries de la loque américaine ou européenne qui attaquent le couvain des abeilles , épizootie à combattre farouchement avec l’obligation de les déclarer. Autant de dangers qui guettent nos ouvrières.

 

P1050835.JPGPrès du rucher, nous observons un champ généreux sous un soleil printanier, avant l'orage dévastateur. Les abeilles vont et viennent, plus nombreuses dans une ruche, tandis que dans l'autre, on constate qu'elle est bourdonneuse, il y manque une reine, ruche orpheline;  les ouvrières pondent des œufs non fécondés qui donnent des faux-bourdons . Y introduire une reine est risqué, elle sera sans doute tuée. Il faut prendre une décision, remérer la colonie et tenter le coup,  moment crucial qui décidera si elle sera  acceptée par la colonie ou rejetée.

 

La vie d'une  reine est laborieuse;  après une sortie d'orientation, elle s’envole deux ou trois  fois pour son vol nuptial après s’être développée pendant 16-20 jours. Les mâles qui la fécondent perdront leur organe copulateur au cours de l'accouplement et tomberont en arrière sur le sol  dans un état de paralysie soudain.  Extatique ?  La reine emmagasine alors les spermatozoïde dans sa spermathèque et 3 jours plus tard se met à pondre.  Elle pourra pondre jusqu'à 2'000 œufs par jour et un million durant sa vie. 

P1050810.JPGLes abeilles changent de métiers dans leur existence contrairement aux fourmis plutôt spécialistes : nettoyeuses, nourrices, accompagnatrices de la reine, cirières, ventileuses, éclaireuses, gardiennes et pour la fin de vie, le couronnement  : butineuses !

 

Avant d’ouvrir les ruches, on enfume les abeilles pour les calmer et du coup minimiser les piqûres. On s’approche, elles bourdonnent nerveusement autour de nous, il ne faut pas s’affoler, elles risqueraient de paniquer et de piquer. Difficile de garder la maîtrise tandis qu’elles vous tournent autour énervées.

Parfois, un portable sonne. Un essaim à récupérer sur un arbre, un voisin, un agriculteur qui appelle pour qu’on déloge le groupe dissident pouvant compter  jusqu’à 30'000 abeilles groupées et que des mains habiles parviennent à faire tomber en bloc dans une caissette. 

Tout au long de l’année, les abeilles  maintiennent une température ambiante d’environ 35°C, un froid extrême peut les tuer, la chaleur aussi, Et « ça fait mal au ventre de les voir toutes mortes dans leur ruche » comme me disait un apiculteur débutant encore secoué par ce triste spectacle, ses abeilles étaient sans doute atteintes de nosémose, une maladie qui leur provoque des diarrhées aiguës.

Dans la foulée, je demande d’où vient l’expression « avoir le bourdon ». Une explication comme une autre qui fait sourire  : autrefois, les agriculteurs étaient aussi apiculteurs, sans télévision pour fuir les récriminations de leur épouse, ils pouvaient s’éloigner de la ferme et observer leurs abeilles (du moins c'est ce qu'ils prétendaient :) ) longuement, on disait alors qu’ils avaient le « bourdon » toujours mieux que le « cafard » .

Il va sans dire que les apiculteurs contribuent à la multiplication des abeilles et qu'il est nécessaire de les soutenir.

 

Pour plus d'information sur les  nymphes ailées :

http://espaceabeilles.ch/

 

  Mon site www.djemaachraiti.ch 

17:58 | Tags : abeilles, apiculture | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

Commentaires

Il n'y a rien de plus fructueux que d'aller butiner les techniques apicoles et que de découvrir la formidable organisation de nos abeilles. Elles font partie entière de notre écosystème, de notre vie (de la mienne notamment) : Depuis 30 ans, pas de sucre blanc, destructeur du foie, des dents, de la vue....Leur miel agrémente mes thés, sucre mes pâtisseries et yaourts, soigne mes coupures et brûlures (voir thérapeutique par le miel à l'hôpital de Limoges pour les grands brûlés). A Marcy l'Etoile (près de Lyon) comme à Neuchâtel, on affectionne nos abeilles et on organise des sessions pour les découvrir. Elles nous sont indispensables nos "Maya et Willy" et ce sont elles, en grande partie, qui nous assurent fruits, légumes, végétaux...tout au long de l'année. Et oui, même si ça paraît un peu trop écolo, passer un après-midi en leur compagnie, permet même de prédire ce que nous mangerons dans quelques années...Pas grand chose de notre nature spontanée, seulement de la nourriture synthétique, sans "couleurs" antioxydantes et conditionnées par des matériaux encore plus polluants : il y a de quoi choper le bourdon !

Écrit par : nambikkai | 10/06/2013

Mon amie a 700 ruches en SAVOIE combien j ai du plaisir a discuter avec elle de son métier et de son amour pour les abeilles ...elle est très inquiéte par le manque de soleil ........ses miels de lavande mille fleurs miel de forets de tilleul de chataignes sublime de saveur et de gourmandise ...un délice des papilles.............je n ose pas parler de son pain d 'épice au miel et zestes d oranges.......le miel est indispensable a notre santée......

Écrit par : dany lemaitre | 11/06/2013

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