08/06/2013

Turquie - Une petite robe rouge pour une grande Révolution

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Ceyda Sungar est devenue malgré elle, le symbole des manifestations en Turquie. Aspergée de gaz lacrymogène, la spécialiste en développement urbain qui a commencé par protester contre l’abattage des arbres du parc Gezi près de la place Taksim, représente la force tranquille des résistances implacables. Posture qui tranche sur fond de décor,  elle tourne la tête, on ne perçoit chez elle  ni colère, ni violence, elle demeure calme en une attitude pacifique  et la jeune femme semble, sur cette  image,  plus grande que le policier qui l’asperge.

Le cliché du photographe Osman Orsal, lui-même blessé le lendemain, a été analysé par la presse dont Reuters et interprété  sous divers angles ; une femme aux manches courtes non voilée, éduquée qui ne se laisse pas démonter par la force brutale des pandores. Pas impressionnée par les menaces gouvernementales qui voudraient faire basculer la Turquie moderne dans un abysse passéiste, pour troquer la petite robe rouge contre un voile;  camouflage de la femme, symbole de piété féminine,  à qui on conseille d’avoir trois enfants pour soutenir l’économie et condamnée à rester au foyer. 

Erdogan pointe du doigt ces manifestants extrémistes « vivant main dans la main avec le terrorisme » l’image suggère  l’inverse et le désavoue en même temps.  Au contraire, s'affiche de façon criante, le despotisme d'un régime  s’acharnant sur des manifestants pacifiques. Dans sa robe rouge, Ceyda ne fuit pas, ne craint pas les gaz,  son courage transparaît à travers  cette présence solide qui ramasse les coups sans pour autant en être ébranlée, le moins du monde.

Une égérie tout en rouge, aux cheveux ébouriffés par les jets en pleine  rébellion, à peine dérangée,  symbole d’une Turquie moderne bien campée sur ses pieds et qui ne se laissera pas supplanter par la violence policière, ni par les intimidations d’un Erdogan portant dolman épais et menaçant contre petite robe rouge en coton; rouge comme le drapeau turque, rouge comme le sang, légère et insaisissable pareille au vent de liberté  qu'on ne parvient à  emprisonner.

 

22:10 | Tags : turquie, erdogan, ceyda sungar | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

Commentaires

Merci Djemâa de ce magnifique billet vers la liberté. Porteurs et porteuses de rouge ne laissez pas vos lèvres trahir votre bonté et votre humanité. Du rouge sur les lèvres, pour les hôtesses de l'air. Et du rouge sur les joues, pour les hommes qui protègent la liberté de conscience et de parole. Rouge comme le Sioux métropolitain du XXIème siècle que je suis et resterai en mon coeur. Un sauvage qui met sa sauvagerie au service d'une humanité en voie de disparition.

Belle fin de journée, Djemâa.

Écrit par : pachakmac | 09/06/2013

Toutes ces "démocraties" qui bâillonnent toute forme d'opposition, ils ne changerons jamais !

Écrit par : Corto | 09/06/2013

Erdoban soutient le hamas,

le hamas soutient le hizbollah,
(
voir, est en total fusion avec le hizbollah)

et le hizbollah est responsable de la bombe ayant tué 177 personnes (et non 49 comme persiste de le confirmer les autorités turques) en Turquie proche de la frontière syrienne !

L'homme est le pire ennemi de l'homme

et le pire ennemi des turques, un turque !!

Écrit par : Corto | 10/06/2013

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