27/05/2013

Alba Viotto - Une grande dame est partie

image_mini.jpegUne grande dame et amie vient de nous quitter. Alba Viotto la grande défenseuse des droits humains, de nos libertés et particulièrement du  droit des femmes,  créatrice en 2001  du Prix « Femme exilée, femme engagée » s’en est allée aujourd’hui.  L’infatigable au franc-parler et qui ne mâchait pas ses mots est partie sur la pointe des pieds, discrètement laissant derrière elle une vie d’engagement. 

Une vie engagée sur plus de 50 au service des plus faibles et des sans voix, Alba Viotto a donné en exemple des trajectoires de vie de femmes migrantes à prendre comme modèles et a su  mettre en avant des parcours de vie qui montrent qu’il n’y a pas de fatalité mais des destins à prendre en main avec force et courage. 

 

Dernièrement, je l’avais interviewée et enregistrée sur ce qu’elle savait de Primo Levi qu’elle connaissait, originaire de Turin comme elle. Un témoignage émouvant durant lequel elle  se souvint  du silence pesant autour de ces professeurs et élèves qui disparaissaient sans que l’on sache où. Mais nul ne demandait, nul n’interrogeait, parce que laisser s’instaurer la  dictature c’est commencer par le silence. Une auto-censure qui donne au monstre le pouvoir d’agir et libre-passage à la barbarie.

Alba Viotto depuis n’a plus laissé planer le silence sur les pires injustices, elle est montée au créneau et a dénoncé sans cesse les iniquités; la politique toujours plus sévère à l’encontre des réfugiés déployée sous le prétexte de "corriger les abus dans le domaine de l'asile" pour viser les ressortissants de peuples dont on craint "l'enchevêtrement culturel", ce durcissement lui faisait horreur et toujours ce silence qu’elle ne cessait de craindre depuis la montée du fascisme en  Italie dès les années 20.  Elle le savait, et ô combien, que c’est ainsi que la barbarie s’instaure, dans le silence le plus absolu, sans qu’aucune voix ne s’oppose.

 Bella ciao ! Bella ciao ! Paix à son âme ! 

 

L'interview - 


 

 


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Commentaires

Un chaleureux merci pour cet hommage, Djemâa.
Oui, Alba Viotto le mérite bien.
Que son élan pour valoriser les femmes exilées qui ont su développer leurs qualités propres malgré les situations difficiles soit relayés par tous ceux qui sont touchés par de telles femmes.
Que les hommes exilés qui ont suivis un parcours similaire soient également félicités!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 27/05/2013

Merci Madame pour ces mots auxquels vous me permettrez d'ajouter que Mademoiselle Viotto, comme nous la nommions, menait un combat pour l'Homme, l'humain et que, tant dans son travail d'infirmière qu'ensuite dans son travail de formatrice et de directrice de l'Ecole d'infirmières et infirmiers en psychiatrie de Bel-Air (Genève), elle n'a eu de cesse de mettre ce combat au centre de l'action. Cela veut dire le respect de l'autre dans les soins, la qualité qui est due au patient, à la patiente, le respect profond de sa souffrance et la mission de la soulager et de dénoncer, inlassablement, les préjugés, les mises à l'écart des personnes souffrant de troubles psychiques. Dénoncer inlassablement les mauvais traitements, le non respect des droits humains, la nécessité d'une éthique forte confirmée par l'action quotidienne. Alba Viotto, une des "grandes dames" des soins infirmiers suisse, membre d'honneur de l'Association Suisse des Infirmières et Infirmiers. Merci Alba.

Écrit par : OlivierDufour | 30/05/2013

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