23/03/2013

« Mon corps m’appartient »

 ndtlxGHJJIzySdJ-556x313-noPad.jpgAu XXI  ème siècle, les femmes doivent encore au quotidien se battre pour rappeler  qu’elles ne sont pas des objets, ni soumises aux impératifs religieux, ni soumises au diktat consumériste, encore moins au commerce sexuel et aux prédateurs de tous genres.

 Derrière le traitement du corps de la femme, c’est le machisme qui manipule l’objet ;  ce corps à travers lequel on manifeste son pouvoir, son autorité toute puissante. Voilée, stringée, dénudée, violée,  excisée, infibulée, botoxée, chirurgée, domestiquée, confinée,  la femme peine à se réapproprier ce corps, mais surtout à  se positionner dans une société à forte dominance masculine et entre autres autoritarismes, le religieux patriarcal se complaît à merveille dans ce schéma de la toute puissance  qui impose s’il faut se couvrir ou se découvrir et comment. Dans les moindres détails, de doctes religieux viendront vous expliquer à combien de millimètres doivent se situer vos manches autour de vos poignets  et vos ourlets au-dessus de la cheville, comment vos cheveux doivent  être cachés et combien de centimètres pour la barbe des barbus.

Cette obsession sur le corps de la femme, crée l’effet inverse, elle engendre  une surexcitation sexuelle, un érotisme de chaque instant, et dans les pays où l’on s’acharne sur ce corps naît l’obsession perpétuelle, une frénésie quasi pathologique qui exposent dangereusement les femmes, les hommes,  les fillettes (le dramatique fait divers récent une fillette de 3 ans violée à la Marsa) , voire les petits garçons. Ceci engendre des sociétés à forte violence sexuelle  et abus sexuels répétés, à l’encontre des plus faibles et même entre hommes. Il serait intéressant d'avoir les statistiques précises du nombre de prisonnier-ères  sodomisé-es et/ou violé-es par leurs geôliers.   Le jour où on obtiendra les statistiques précises sur les viols d’enfants commis à l’ombre des livres sacrés, toutes religions confondues, on lèvera le voile sur un tabou bien  ténébreux et qui fait ses victimes par millions et sur lequel plane un sordide silence.

Les dogmes à l'encontre du sexuel créent une violence sexuelle et une relation de dominés-dominateurs.  A ce sujet et de manière explicite,  Octavio Paz dans son oeuvre le  "Labyrinthe de la solitude" décrit parfaitement ces mécanismes dans les sociétés machistes, en l'occurrence mexicaine, où les hommes se dominent aussi entre eux dans la violence, en fonction de qui est devant et qui est derrière, qui se ferme et qui s'ouvre. La  domination s'étend effectivement jusque entre hommes dont certains sont ouverts comme des femmes par sodomisation donc soumis au maître machiste tout puissant qui règne sur tout ce qui est ouvert ou ce qu'il ouvre par force. 

D'autres sociétés prétendues éclairées se targuent de laisser leurs femmes montrer leurs atouts féminins pensant qu'il est le signe suprême de respect et d'égalité alors, qu'en réalité,  les différences salariales hommes-femmes  sont criantes et qu'on observe peu de femmes aux commandes et lorsqu'elles y parviennent c'est encore trop souvent par droit de cuissage. Levons tous les voiles dont celui tenace de l'illusion. 

Dans les sociétés évoluées qui tendent à l'égalité homme-femmes, on perçoit aussi de manière générale, un meilleur traitement fait aux diversités et une plus grande justice sociale, prémice de toute société démocratique. 

 La seule manière de répondre à cette violence provoquée par la série d’interdits  est de laisser la femme entièrement maîtresse de ce qui lui appartient : son corps et sa vie et plus simplement encore, de façon plus large, redonner à chacun et chacune,  une chance de laisser se développer sainement loin des interdits hypocrites qui n’engendrent que domination et  violence, sa propre dimension érotique et sexuelle et se créer sa place au sein d'une société qui s'affranchit de toute dictature. 

BRAVO AMINA  POUR TON COURAGE ! 


JE N'ACCEPTERAI AUCUNE MENACE DE QUICONQUE EN LIEN AVEC CET ARTICLE

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18/03/2013

Festival de films de femmes 4ème édition

 Hommage aux femmes reporters d’ici et d’ailleurs

 

du mercredi 20 au dimanche 24 mars 2013

 

   Jocelyne Saab

Projections, tables rondes, témoignages

 

À Fonction Cinéma, à Genève

Maison des Arts du Grütli – Rue Général-Dufour 16

 

Mercredi 20 mars

 

18h30 Accueil, discours de bienvenue. 

Présentation par Anne Vaucher du film d’ouverture.

 

19h00 Projection EN PREMIÈRE VISION du film Voix de reportages (2013, 26’) d’après des textes et des photos de Laurence Deonna, grand reporter genevoise. Laurence Deonna, ancienne présidente de Reporters sans frontières section Suisse, sera présente. Elle a reçu en 1987 le prix Unesco de l’Education à la Paix pour l’esprit de son œuvre. 

Suivi d’un débat et d’un buffet.

Ce film sera projeté également en clôture du festival. 

 

Jeudi 21 mars

 

11h30 Projection-débat avec Laurence Deonna Voix de reportages (2013, 26’). Attention !  Exceptionnellement à Cité Seniors, Rue Jean-Charles Amat 28, 1202 Genève (angle rue de Lausanne).

 

18h45 Projection du film Le drôle de pays des Kurdes d’Irak (2003, 26’) de Mylène Sauloy. Cinéaste française à qui l’on doit de nombreux films à risque, notamment en Tchétchénie. 

 

 19h30 RENCONTRE EXCEPTIONNELLE avec l’Italienne Giuliana Sgrena. Reporter de guerre et journaliste pour Il Manifesto, elle a été kidnappée  à Bagdad en 2005. Lors de sa libération, la voiture diplomatique italienne qui l’amenait à l’aéroport a été  attaquée par l’armée américaine. L’un des officiels a été tué à son côté  et elle-même blessée. 

 

 Vendredi 22 mars 

 18h30 Projection du film Lee Miller ou la traversée du miroir (1995, 54’) en présence du réalisateur Sylvain Roumette

Personnage troublant, la photographe Lee Miller fut la première, sinon l’une des premières, à pénétrer dans les camps de concentration nazis. Son ultime défi fut de se baigner dans ce qui fût la baignoire de Hitler !

 

19h45 TABLE RONDE 

« Etre femme reporter dans les zones à risques : un atout ? » avec Giuliana Sgrena, Jocelyne Saab, Khadidja Al Salami et Mylène Sauloy

Modératrice : Laurence Bezaguet, journaliste à la Tribune de Genève

 

Samedi 23 mars

 

13h30 Projection du documentaire Yemen : La révolution au féminin (2012, 1h30) de Khadidja Al Salami. Ayant dû faire face à d’incroyables difficultés pour se réaliser dans une société archaïque, elle est la première femme cinéaste que le Yémen ait jamais connue.

 

15h15 Projection du film La malédiction de naître fille (2005, 52’) de Manon Loizeau. Film révoltant. En Asie, on tue les filles pour n’avoir que des garçons. Journaliste et reporter française, spécialiste de l’ex-Union soviétique, elle a reçu le Prix Albert-Londres 2006 pour le film présenté dans ce festival.

 

16h30 Projection du film Nassima : une vie confisquée (2007, 26’) de Marianne Denicourt. Témoignage poignant d’une vie de petite fille en Afghanistan. A la fois actrice et réalisatrice française, elle est venue récemment aux documentaires, notamment avec ce film.

 17h15 Projection du film Voleurs d’yeux (1993, 40’) de Marie-Monique Robin. La journaliste d’investigation et écrivaine française dénonce là l’horreur des trafics d’organes entre l’Argentine, le Mexique, la Colombie et les USA et l’Europe. Pour ce film, elle a reçu plusieurs distinctions, dont en 1995 le Prix Albert-Londres. 

 18h15 RENCONTRE EXCEPTIONNELLE avec Jocelyne Saab, grand reporter libanaise et cinéaste de fiction (Dunia, 2005). Elle nous fera voyager de ses premières images de reporter de guerre jusqu’aux conflits actuels.  

 

Dimanche 24 mars 

 17h00 Film surprise sur le rôle des femmes dans la révolution au Bahreïn. 

 18h15 CLÔTURE avec Voix de reportages (2013, 26’) de Laurence Deonna

 

 

Organisateurs du Festival : Laurence Deonna, présidente efa être femme aujourd’hui

                                        Ali Agraniou, président de DiversCités, www.diverscites.ch

Renseignements :    

Laurence Deonna  079 900 72 98                               Maison des Arts du Grütli

laurence.deonna@bluewin.ch                                     Fonction Cinéma

Ali Agraniou 078 771 56 15                                        Rue Général-Dufour  16

ali.agraniou@gmail.com                                             1204 Genève

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17/03/2013

Quand le pape fêtait les massacres

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Il est important de ne jamais oublier l'histoire,  -  celle dont on extrait les matériaux pour construire l'avenir - , à l’heure des carillons vaticanesques, du déferlement de rouge et d’or,  dans ce bruissement  de soutanes et de prières latines, le vieux souvenir de la Saint-Barthélémy fait surface comme une ombre sinistre et inextirpable   sur les réjouissances.

Un massacre de protestants en une nuit, la tragique du 23 au 24 août 1572, qui se déroula d'abord  à Paris puis en province où le sang coula  sans relâche. Un  carnage soutenu par l’église catholique à travers la voix de son  pape,  Grégoire XIII qui soutint  ardemment cette extermination systématique des Réformés.


Et c’est dans une joie infinie  que l’on s’abreuva  du sang des victimes, que les panégyristes dans des feux de joie célèbrèrent l’extermination  des "égarés" . Les messes d’action et de grâce, alors,  se suivent pour remercier le Seigneur de les avoir délivrés du péril menaçant. Les confieries y alloient tambour battant (voir une épine qui fleurissait au cimetière des Innocents , après la Sainte Barthélémy)crians que ce jour-là l'Eglise refleurissoit par la mort de tant d'hérétiques.

Pour marquer l’événement  et en perpétuer le souvenir, une médaille est frappée avec d’un côté l'effigie de Grégoire XIII  et l’ange exterminateur frappant de son glaive les huguenots ; de l’autre, à l’entour l’inscription « Ugonotorum strages, 24 augusti, anno 1572 ».

 La papauté d'aujourd'hui est bien héritière de cette longue tradition d’intolérance, derrière les masques on perçoit les rictus du fanatisme.  A ce que je sache,  les religions n’ont jamais eu la prétention d’être autrement  que dogmatiques.  Au-delà du spectacle vaticanesque que l’on nous offre, nous savons que les religions comme les idéologies  sont souvent  à l’origine des massacres, consubstantiels au dogme.

 

Dieu,  pour l'amour du Ciel, épargne-nous de tes fidèles toutes religions confondues  !

 

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16/03/2013

Avis de recherche - tête décapitée puis disparue

Elle a un port de tête fier et altier de ces statues grecques qui semblent scruter un horizon millénaire et détenir des secrets capables de sauver le monde.  Cette  agalma dont la mission consiste non seulement à rendre le monde meilleur aux Dieux mais surtout aux hommes, par le plaisir que fait naître la beauté , à qui, le week-end passé,  on a sauvagement arraché  la tête, et dans un bris de glace, projetée, elle   a traversé une vitrine de magasin. Elle est restée figée dans un étonnement sans pareil, drapée dans sa dignité de déesse grecque; elle observe ce monde devenu incompréhensible où même la beauté laisse indifférent, où rien ne retient la violence des jeunes qui sans doute à la sortie d'un bar, éméchés ont voulu se payer un "fun".

Sur le bras gauche  du corps décapité, on peut y lire "I love Mama". Est-ce la mère que l'on a voulu punir ? La femme éternelle qui pose ce regard maternel sur le monde ? La femme tout court ? Une déception amoureuse qui ne supporte plus la vision des formes féminines que l'on broie en  un chagrin  revêtu du lourd  manteau de la destruction. La beauté devient sans doute insupportable à celui qui est plongé dans les abysses du désespoir auquel vient se mêler tristement une profonde ignorance et une insensibilité aux belles choses, l'un allant souvent de pair avec l'autre. 

L'art deviendrait-il haïssable dans un monde qui supporte tant de laideurs ? un "Vandalarte" qui pointe un malaise social et met en exergue le gouffre vers lequel nous glissons sans plus pouvoir résister, plus rien à quoi se raccrocher, ni valeur, ni morale, ni conscience;  ces phares lumineux qui nous montrent la lumière dans la nuit la plus noire,  tant les repères sont perdus. 

Si vous voyez la tête de cette femme décapitée, faites-le nous savoir, elle doit être proche de celle prise sur la photo  ! 

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Devant le Conservatoire de Musique - Genève 

 

 

Un grand merci pour ces photos  à Bruno Toffano, la suite des photos  sur son blog Tribune de Genève

http://aphroditepixart.blog.tdg.ch/


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14/03/2013

VANDALARTE

L’art paraît si sacré qu’y toucher est profaner. Acte sauvage qui s'est produit le week-end dernier. La tête manquante de la sculpture détruite a été utilisée comme projectile pour briser une vitrine. Derrière ce vandalisme, on tente d’y chercher du sens, de trouver une cause qui pourrait justifier un tel acharnement sur des statues, symboles mythiques qui nous sont chers.  Dans ce fracas de pierres, on voudrait entendre les mots qui expliqueraient un tel acte insensé, un geste si absurde. Ni le plaisir, ni la volupté de transgression pour excuser; dans ce fracas de pierres, juste le fracas des consciences morcelées. 

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Devant le Conservatoire de Musique - Genève 

 

 

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11/03/2013

Moto allegretto

"Toutes en moto Suisse" nous offre du vrombissement pétaradant, du mugissement de pots d'échappement le tout offert en spectacle de mouvement et de couleur, avec l'éternelle nostalgie d'une Harley Davidson qui faisait s'égosiller BB "je n'ai  besoin de personne, je ne reconnais plus personne en Harley Davidson" J'appuie sur le starter et voici que je quitte la terre J´irai p´t´être au Paradis, Mais dans un train d´enfer.........Quand je sens en chemin Les trépidations de ma machine, Il me monte des désirs Dans le creux de mes reins .........Oh yeah !!!!! 

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Un grand merci pour ces photos  à Bruno Toffano, la suite des photos  sur son blog Tribune de Genève

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Pour découvrir mon site  http://www.djemaachraiti.ch 

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09/03/2013

Montaigne ou l'art du camouflage

 
4705199.jpgEcrire la liberté dans un monde de servitude n'est pas chose facile, tant de martyrs l'ont payé de leur vie . Michel de Montaigne l'a réussi pourtant. L'intellectuel de toute époque, condamné à vivre sous la tyrannie a beaucoup à apprendre de la sagesse des Essais.
 
Au milieu du fanatisme religieux, de l'arbitraire et de la chasse aux sorcières dans la  France du XVIe siècle, l'oeuvre de Montaigne réalise le tour de force d'une critique qui ouvre les esprits à l'avenir sans se faire pincer par l'Inquisition. Au contraire, le moraliste sans complaisance  sait plaire aux princes, aux rois et aux papes - son artillerie lourde de la liberté de penser,  il la représente comme un charmant feu d'artifices.
 
Dans un temps trouble, de compromis, où pour survivre les gens doivent ramper comme des vers, Montaigne prouve que tous les vers ne sont pas pareils: il y a des vers qui donnent la nausée alors que d'autres donnent la soie.


 
 
La suite sous  "How is Montaigne wise" par Ioan Tenner penseur, panseur,  et philosophe
 

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08/03/2013

Journée de la Femme – Quelques roses et beaucoup d’épines

dyn002_original_272_350_jpeg_2619960_0dd29c0e0059b9721ba5aa8dfb0b358f.jpgHier soir, je discutais avec une Conseillère d’Etat sur les conditions des femmes au sein du gouvernement et proches du pouvoir. 

Force est de constater que l’on ne leur fait pas beaucoup de cadeaux et qu’elles connaissent davantage les épines que les fleurs. Un seul faux-pas et c’est l’acharnement tout masculin, organisé en meute, hurlante et criante.

Il y a eu les attaques à l’encontre de  Monica Bonfanti, puis Isabel Rochat, maintenant au tour de Michèle Künzler;  les coups sont bas, la critique virulente.  La presse se prête à ce jeu-là et laisse paraître  et entendre que nous sommes bien encore dans un monde très masculin et la  malheureuse, qui courageusement décide de pointer sa tête hors de cette mêlée masculine se ramasse pléthore de coups, répétés et acharnés, à la moindre occasion.

On se réjouit par avance de voir que le conclave au Vatican choisira sans doute,  une papesse au milieu des cardinales ou faut-il  encore patienter ad infinitum  ? 

Au-delà du discours hommes-femmes, il est nécessaire de rappeler, ici et ailleurs, qu’une  société harmonieuse ne peut se baser que sur le respect des genres . Une société ne peut pas exclure sa moitié  et la réduire au silence ou à la domination.  

L’avenir que l’on doit offrir à nos enfants est bien celui d’une société équitable et  respectueuse .

Une anecdote croustillante à ce sujet : Des canards et des hommes 

 

 Vive les femmes et Vive les hommes ! Vive les hommes et Vive les femmes !

 

 

 

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