28/02/2013

"La brillance du pauvre"

P1050732.JPGUne tendre dame en partance, qui sur la pointe des pieds, pas à pas, a décidé de s’en aller, et de laisser une vie riche d’engagement derrière elle,  m’a invitée à  vendre un  tableau en sa possession et quelques aquarelles.   Une vente au meilleur prix,  afin que le bénéfice de cette transaction aille à des projets pour femmes migrantes et en lien avec la formation.

Le tableau en question est généreux  de formes et de couleurs.  Jean Raine était un peintre surréaliste, membre du mouvement artistique CoBra , que la dame a accueilli,  il y a de nombreuses années de cela. Un artiste contrarié, à l’âme chamboulée, qui après des périodes d’ivresse et de profonde dépression reprenait ses pinceaux pour offrir  une peinture sombre, nébuleuse, teintée d’une mélancolie amenée,  sans doute,  par le retour au réel après les dissipations éthyliques. Un retour au monde qu’il fallait ingurgiter à dose homéopathique, puis finalement, le voile dissipé,  la couleur revenait comme le goût à la vie. En observant attentivement ses tableaux on peut identifier  à quelle étape du cycle il se trouvait ; les abysses ténébreuses ou les sphères légères d’une âme en goguette.

 Chargée de cette toute nouvelle mission, ô combien nouvelle, dans un milieu que je ne connais guère, je soumets par-ci par-là, l’oeuvre en question. La Tribune des Arts,  en avril publiera gratuitement le résultat de l’expertise du ledit tableau! Une première expertise a déjà dépité sa propriétaire : »Ah, non! , c’est un affront pour le peintre, à ce prix je le garde!" se révolta-t-elle.   Je crains naturellement que l’adorable  dame à l’engagement infaillible ne soit plus là, lorsqu’il sera finalement vendu.

 La question me tarabuste :  pourquoi un tel titre ?  : « La brillance du pauvre » Jean Raine l’explique peut-être  : »: il faut payer le prix de la famine et de l'indigence. Je doute que sur ce plan d'une austérité non consentie, une religion fasse face au tragique du problème que pose ceux qui payent d'une malnutrition le génie qui les habitent. »

En attendant, j'admire et lis du  Jean Raine, et pour faire passer le temps, j’ai promis à  cette chère amie italienne , de lui concocter dimanche un risotto, et en buvant du Chianti avec elle, je lui chanterai en italien « Bella ciao », instant précieux  pour lequel je m'exerce déjà et en choeur nous reprendrons le refrain.

Tout le monde s’étonne, tu vas chanter ? Evidemment, lasciatemi cantare!  Quand la vie s’en va, il ne reste plus que la fête joyeuse , la douce ivresse, et les couleurs  chatoyantes d’une peinture, belles comme les  fleurs si étrangement belles par   un jour de printemps, par un dernier jour qui en quelques secondes voit une vie partir, délicate comme une rose qui se fermerait à tout jamais sur ses secrets :

 

o bella, ciao! bella, ciao! bella, ciao, ciao, ciao!

Tutte le genti che passeranno,

(E tutti quelli che passeranno)

Mi diranno «Che bel fior!»

(E poi diranno «Che bel fior!»)

«È questo il fiore del partigiano»,

(E questo è il fiore del partigiano)

o bella, ciao! bella, ciao! bella, ciao, ciao, ciao!

«È questo il fiore del partigiano,

(E questo è il fiore del partigiano)

morto per la libertà!»

(che è morto per la liberta')

 

 LE TABLEAU EST DONC A VENDRE AU PLUS OFFRANT ! 

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24/02/2013

Après la vache folle, la folie du cheval !


2002-scandaleviandeItalie.jpgUne épidémie d’un type particulier en 1996, qui touchait les bovins nourris de farines animales à partir de carcasses bovines et de cadavres d’animaux et que l’on appela la maladie de la vache folle. L’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). 

Aujourd’hui, c’est un autre scandale qui touche encore  les quadripèdes et toujours  les consommateurs , en place et lieu de bovin, du cheval.

En discutant, hier,  à Paris avec un fournisseur auprès des acheteurs des grandes surfaces , il les pointe du doigt et les accuse. Ce sont elles qui pour être concurrentielles, massacrent les prix et imposent  à leurs fournisseurs des conditions intenables et pour lesquelles, il faut trouver des solutions;  réduire les coûts, le personnel, bâcher sur la qualité pour qu’elles puissent augmenter leur marge, baisser leurs prix et s’approprier les marchés même en vendant des produits de plus en plus trompeurs et falsifiés. Le 100% jus de fruit n’en contient plus que 40%. La viande bovine remplacée par du cheval, les biberons si bon marché,   jetables à l'acide d'éthylène dans les tétines pour les stériliser et si toxiques et cancérigènes , etc.

 

Et elles le savent pertinemment, dès le départ, elles participent à cette dégringolade de la qualité des aliments pour une augmentation de leur marge bénéficiaire en mettant à genoux les fournisseurs. Elles ferment les yeux et déclarent :"Débrouillez-vous, mais baissez vos prix  de 20,30 ou 40 %, faites comme vous voulez, mais faites!" et elles savent comment les fournisseurs s'y prennent pour continuer à faire marcher leur entreprise et payer les salaires de leurs employés sous les conditions du dernier diktat des grandes surfaces. 

 Elles sont en partie responsables de cette escalade de tromperie du consommateur qui au bout de la chaîne, hérite de tous les dysfonctionnements d’un marché alimentaire de plus en plus vorace, de moins en moins éthique, malgré tous les labels et les promesses brandis:   respect client, bio,environnement, éthique, traçabilité,  et pour lequel le bénéfice importe plus que la santé de ses consommateurs.

 Après la vache folle, la viande chevaline n’est qu’un cheval de Troie parmi d’autres à venir et qui se bousculent aux portillons des grandes surfaces attendant leur heure pour enfin à leur tour participer encore et toujours à la dégradation des aliments qui finissent  par viser les consommateurs.  Ces bipèdes aveugles;  ces vieux canassons épuisés,  inlassablement traînés sur les éternels chemins du mensonge et de la tromperie et qui l'échine courbée, les oeillères serrées, la tête plongée  dans un sac de fourrage sont là, à   mâchouiller, désabusés et  dépités, sans vision ni présente ni future, les déchets qu’on leur sert en guise de bouffe. Morbide pitance  ingurgitée par  ces bourrins qui ne sentent même plus les coups tant ils en ont reçus. Les  rosses mâchonnent imperturbables, sans conscience et sans question, l'infâme brouet livrés par les valets du capital qui comme on le sait ne sont qu'au service du capital. 

En ce qui me concerne, je passe soit en mode végétarien, un peu plus de poisson mais éviter ceux de la Méditerranée confits de métaux  lourds, soit directement à la viande casher très contrôlée  ! 

 

Qu'est-ce qu'on ne nous fera pas encore avaler !

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16/02/2013

Après avoir copulé, il jette son pénis

images.jpegIl vise sa proie, la pénètre brièvement et quelques secondes  ensuite lui laisse son pénis en forme de harpon, recouvert de petites épines, orientées vers l’arrière et dès lors impossible à retirer du vagin de la partenaire.

Mais il se console rapidement car en 24 heures,  un nouveau « pénis juvénile » repousse d’une espèce de  bobine, ou structure en spirale  placée à l’intérieur de son corps et qui lui permet ainsi trois pénis jetables. 

Telle est la découverte de scientifiques japonais qui découvrent-là,  la seule espèce  de ce règne animal, le Chromodoris reticulata,  capable de se défaire de son appendice sexuel. Les chercheurs vont jusqu’à penser qu’après abstinence, les limaces de mer  peuvent reproduire un cycle nouveau de trois  pénis après les trois premiers jetables.

Longue comme le pouce, Chromodoris reticulata  est hermaphrodite comme l’escargot , autrement dit elle est dotée à la fois d'organes sexuels mâle et femelle. Lorsque deux limaces se reproduisent, elles assurent simultanément les deux rôles: chacune donne son sperme et reçoit en retour celui de son partenaire, qu'elle stocke pour une insémination ultérieure.

 De nombreux animaux sont capables de se séparer d'une partie de leur corps - la queue chez les lézards, la peau même chez certaines souris - mais bien peu renoncent ainsi à leur pénis, soulignent les scientifiques japonais.

On constate cela chez l’araignée mâle qui sur l’autel de ses amours abandonne son pénis pour être dévorée par la femelle dans le 75% des cas. 

Voilà une découverte scientifique qui devrait en faire rêver plus d’un et autant d’une. 

 

 

 

 

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15/02/2013

Le sort du Tibet ne doit pas vous laisser froid !

 

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Photos de la manifestation qui s'est déroulée devant le Palais Wilson pour demander de "Stopper la sédentarisation forcée des nomades tibétains"

 



Un grand merci pour ces photos  à Bruno Toffano, la suite des photos  sur son blog Tribune de Genève

http://aphroditepixart.blog.tdg.ch/

 


Pour découvrir mon site  http://www.djemaachraiti.ch 

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14/02/2013

La sédentarisation forcée des nomades tibétains

69.jpgLe gouvernement chinois est en train d’éradiquer le mode de vie traditionnel et les moyens de subsistance de la population nomade qui jusqu’à présent vivait en pleine harmonie avec la nature depuis des siècles. 

Une étude récente conduite par le gouvernement Chinois a prouvé que la dégradation des prairies est le fait du changement climatique et non du surpâturage animal. 

Ceci démontre bien que le but du gouvernement chinois est d’accroître son contrôle sur les Tibétains et d'obtenir un accès sans entrave à même les ressources naturelles, qui à son tour accélère la dégradation de l'environnement. 

Depuis de nombreuses générations, le pastoralisme dans les prairies du plateau tibétain a été le meilleur et le seul moyen de vivre avec succès. Au fil du temps, les nomades tibétains pastoraux(drogpas) ont habilement introduit les troupeaux domestiques et maintenu une biodiversité extraordinaire de graminées et de carex. Les nouvelles politiques chinoises et lois sur le pastoralisme restreignent la flexibilité et la mobilité des nomades. En réalité, ces «drogpas» étaient les premiersgardiens de ces vastes prairies et ont réussi à maintenir un mode de vie durable et mobile pendant de nombreux siècles.

 

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 On estime que depuis 2000, environ 250000 nomades ont été sédentarisés de force dans des villes par le gouvernement chinois. Deux millions de nomades seront déplacés d’ici jusqu’à 2013 sous la politique du « tuimu huancao » (retirer les animaux afin de régénérer les prairies). Ceci les privera de leur droit à choisir leurs moyens de subsistance comme stipulé dans l’art. 6 de l’Accord International sur les droits économiques, sociaux et culturels ratifié par le gouvernement chinois en 2001.

 

La sédentarisation forcée des nomades entraîne souvent l’abattage de leur bétail et le déménagement dans des maisons en béton de mauvaise qualité. Les nomades n’ont d’autre choix que d’abandonner leur mode de vie traditionnelle et nombreux sont ceux qui sombrent dans la pauvreté, la frustration et le désespoir. Les revenus de la vente de leur bétail sont rapidement dépensés dans leur nouvel environnement et ils se retrouvent sans aucune autre  source de revenu.

 Souvent ils doivent en plus rembourser  des prêts pour leur habitation. Les nomades n’ont ni le droit de faire appel contre la décision de leur sédentarisation, ni ne sont consultés afin de trouver d’autres alternatives.

 

Source- Communiqué de presse de la Communauté tibétaine de Suisse et du Liechtenstein - photos remises par l'organisatrice 


Ceci s’inscrit dans le cadre d’une 8ème manifestation d’une campagne de 2 ans organisée par la Communauté Tibétaine de Suisse et du Liechtenstein démarrée le 30 mai 2011:

 

La manifestation aura lieu devant le Palais Wilson, côté quai

 Le vendredi 15 février 2013 de 11h00 à 16h00.


Les sections locales de la Communauté tibétaine de Wädenswil et Zurich accompagnés de leurs

supporteurs organisent une manifestation afin que soit mis fin la sédentarisation forcée des

nomades tibétains qui les prive de leur droit à leur identité culturelle et à leur subsistance.

Elles  demandent aux Nations Unies d’envoyer une mission d’enquête indépendante au Tibet avec un accès sans entraves au Tibet et de soutenir les demandes suivantes :

 - Faire cesser immédiatement les sédentarisations forcées des nomades

- Respecter le droit des nomades de choisir leur moyen de subsistance

- Engager un dialogue constructif sur toutes les options disponibles avec les nomades bergers en tenant compte de  leur expérience  dans la préservation de leur environnement.

- Appeler la Chine à renouer le dialogue avec les représentantstibetainsafin de trouver une solution mutuellement acceptable au problèmespolitiques de longue date.


 

 

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13/02/2013

Un peu, beaucoup, passion-amant

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LES EXPULSIONS SE SUCCEDENT  MAIS L'AMOUR ET LA COMPLICITE DEMEURENT

 

Bonne Saint Valentin 2013

Un grand merci à Eric Roset pour ces photos de scènes de couples intenses de vie

http://www.eric-roset.ch

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10/02/2013

Tunisie - UN CRIME ODIEUX ET ABJECT

Article rédigé par mon amie Noura BORSALI, journaliste,essayiste, professeur universitaire et auteure de plusieurs ouvrages, critique cinématographique. Paru dans la Presse de Tunisie

L’assassinat de Chokri Belaïd, le mercredi 6 février, a surpris tous les Tunisiens. Car il s’agit bel et bien d’un CRIME POLITIQUE. Les prises de positions et l’engagement du leader du Front populaire contre le projet nahdhaoui lui ont valu, depuis quelque temps, de sérieuses menaces confirmées par le chef de l’Etat en personne selon les dires du défunt lui-même et de sa famille.

C’est un crime PREMEDITE, ORGANISE et COMMANDITE par ce qu’on pourrait qualifier, pour l’instant, de « forces de l’ombre » tant que l’enquête se poursuit et que la justice n’a pas dit son mot sur l’identité des tueurs. Ce crime a été EXECUTE par des PROFESSIONNELS qui ont bien visé leur cible et rien que leur cible, épargnant la personne qui l’accompagnait et qui était le conducteur du véhicule. Ils ont tiré à bout portant sur certaines parties du corps, ne laissant aucune chance à leur victime de pouvoir s’en sortir. L’ordre était de l’achever.

Que dire face à un tel crime ? Les Tunisiens, à travers le pays, ont exprimé leur colère, leur indignation, leur révolte contre une pratique à laquelle ils n’étaient pas habitués. Certes, nous gardons en mémoire les crimes perpétrés contre notre leader syndicaliste Farhad Hached tué lui aussi à bout portant, tôt le matin, sur son lieu de travail, et de Salah Ben Youssef achevé de la même manière dans sa chambre d’hôtel en Allemagne. Que d’autres crimes aient eu lieu, après le 14 janvier, visant un « cheikh » de Montplaisir ou un salafiste de Sousse, cela semblait relever -pour l’un du moins- d’un règlement de comptes entre tendances ennemies, selon les témoignages des familles. Car, aucun des deux assassinats commis en plein jour n’a été élucidé jusqu’à cette date. L’assassinat de Chokri Belaïd est d’un tout autre ordre. Il n’est pas le résultat d’un quelconque règlement de comptes provenant d’une fraction rivale. C’est, au risque de nous répéter, un ASSASSINAT POLITIQUE. Il rappelle, à cet égard, celui de l’écrivain et du journaliste algérien Tahar Djaout qui fut abattu le 26 mai 1993 et fut, de ce fait, l’un des premiers intellectuels victimes du terrorisme qui a frappé l’Algérie durant cette « décennie noire », provoquant plus de 100 000 victimes.

De ce fait, notre inquiétude est immense et est à la mesure de notre indignation. La Tunisie de l’après 14 janvier est-elle entrée, par ce premier crime politique annoncé, dans une nouvelle étape de son histoire, celle des éliminations physiques et de la violence politique ? Est-ce le scénario algérien qui se met en place dans cette période de transition démocratique ? La vigilance doit être de mise pour que le sang ne se substitue pas au dialogue et à l’acceptation de l’autre.

Qui incriminer ? L’enquête est en cours. Toutefois, il est utile de relever encore une fois le danger que représentent les discours haineux et appelant au meurtre de certains imams et prédicateurs dans certaines mosquées. L’ingérence du religieux dans le débat politique a désormais divisé notre société en deux : celle des « croyants » et celle des « athées ». Les répercussions sont alarmantes : cette haine dans certains regards et discours, cette volonté d’imposer un « projet social » et une vision de l’islam étrangers, tous deux,  à notre société et à ses traditions et coutumes sont dangereux. Certaines écoles coraniques et le contenu de leurs enseignements, le port du hijab par des petites filles, le discours moralisateur ouvrant la voie à l’intolérance, l’attaque des artistes, la violence exercée par les Ligues de protection de la révolution, l’absence de qualité de certains débats politiques et la violence qui s’y exprime et que sais-je encore…. ont été décriés par des composantes de la société civile qui en a fait son combat. Ce tournant qu’a pris la Tunisie de l’après 14 janvier a suscité des inquiétudes qui se sont exprimées par des prises de positions et des manifestations d’ONG contre ces formes d’intolérance qui ne peuvent qu’orienter le pays dans la voie de la division et de la violence. Des alertes ont été donc envoyées au gouvernement et aux ministères concernés tels que ceux de l’Intérieur, de la Justice et des Droits de l’Homme et de la justice transitionnelle. Une inquiétude restée -dans la plupart des cas- sans échos face à tous ceux qui ont usé de violence verbale ou physique. Une tolérance à leur égard a été même observée.

Aujourd’hui, et plus que jamais, notre pays est à un tournant grave et inquiétant. Des « forces de l’ombre » peuvent exploiter cette division de la société pour engager le pays dans une « guerre sans visage », dans une violence anonyme plus dangereuse qu’une guerre ordinaire. Cette dernière met, en effet, face à face deux adversaires qui se connaissent, qui se battent l’un contre l’autre et qui, à un moment donné, finissent par négocier la paix. Par contre, le « terrorisme » est odieux parce qu’il est sans visage et que ses commanditaires et exécutants demeurent, dans la plupart des cas, anonymes. Certes, le passage d’un régime autoritaire et fortement personnalisé à un Etat de droit et à une moralisation de la vie politique ne se fait pas sans heurts et sans difficultés. Mais le pas à ne pas franchir est celui de la violence sanguine qui demeure -au risque de me répéter- anonyme. La Tunisie, ce petit pays modéré et ouvert qui est le nôtre, ne doit en aucun cas sombrer dans la violence. Cet état de fait est inacceptable et donc fortement condamnable non seulement parce qu’il touche à des vies humaines et déstabilise le pays, mais aussi parce qu’il altère l’image de notre pays qui se débat dans une crise économique et qui a besoin d’investissements étrangers.

Par cet acte odieux, on a assassiné le pays en entier. Car il y va de la stabilité du pays, de la vie sacrée de ses citoyens, et de cette paix dont nous avons tant besoin pour relever les défis d’une transition qui se fait déjà dans la douleur. Par cet assassinat, on tente de réinstaller la peur chez les Tunisiens voulant les inciter à un repli sur soi et à un nouveau désintérêt vis-à-vis de la chose politique. Mais, faut-il souligner avec force que ce crime perpétré contre Chokri Belaid a réussi à créer une solidarité sociale et humaine impressionnante faisant des obsèques nationales du leader politique un événement historique qui marquera la mémoire et la conscience des Tunisiens.

Ce crime aura réussi, par la force de la mobilisation citoyenne, à recomposer le paysage politique, à souder davantage les liens sociaux et humains et à placer la Tunisie au-dessus des intérêts partisans.

L'heure est à la reconstruction.

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06/02/2013

Tunisie - Les fossoyeurs des aspirations populaires

chokri-belaid-250.jpgL'assassinat du dirigeant de gauche tunisien Chokri Belaïd, 48 ans, avocat et défenseur des droits de l’homme, secrétaire général du parti des patriotes démocrates unifiés membre du front populaire, père de deux petites filles   a été abattu devant chez lui ce matin par 3 balles tirées à bout portant. Cette voix courageuse s’est éteinte, mais d’autres voix s’élèvent et grondent  dans tout le pays où des manifestations surgissent du Nord au Sud.  On exige une condamnation ferme de cet assassinat, premier assassinat politique en Tunisie ainsi que la dissolution du gouvernement taxé de fasciste et intégriste.

 Il ne fait aucun doute que les regards se portent sur les islamistes, Salafistes ou Ennahda. Dans des prêches haineuses,  un imam a particulièrement visé par un appel au meurtre,   le défenseur des droits de l’homme qui se savait menacé par les forces obscurantistes,  sans que le gouvernement ait réagi. Ce même défenseur qui sous Ben Ali avait défendu des militants d'Ennahda alors pourchassés; ironie du sort. 

 Ce tournant est grave car  ce type d’assassinat n’appartient pas aux traditions du pays. Une liste avec des noms de femmes et d’hommes à abattre aurait déjà été constituée. 

Le processus révolutionnaire ne se laissera pas intimider par les manœuvres des islamistes qui condamnent et répriment les expressions les  plus diverses par une violence inouïe : artistes, syndicalistes, militants des droits de l’homme,  féministes sont principalement visés. Une tentative par les islamistes d’étouffer le printemps arabe et le transformer en saison sèche et stérile démontre leur volonté farouche d’enterrer les aspirations populaires, de les museler. les étouffer sous les coups et menaces et maintenant assassinats.

 Le parti au pouvoir est entièrement responsable de la mort de Chokri Belaïd et doit démissionner. Au-delà de ce drame, le peuple tunisien dénonce un gouvernement incompétent qui plonge le pays dans un profond marasme économique avec des dettes toujours plus grandes,  et   une augmentation du chômage sans précédent.

 Une grève générale est prévue  pour le jour des funérailles, repoussées à vendredi, de Chokri Belaïd.

 

Ce qui était peut-être jusque là  qu’une révolte, voire une insurrection populaire annonce la REVOLUTION. A bas le fascisme, à bas l’intégrisme. Vive LA REVOLUTION !

 

20:04 | Tags : tunisie, chokri belaid | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | |

01/02/2013

Le combat de la civilisation contre la barbarie

des-bottes-en-plastique-dans-la-boue_17716_w250.jpgA plusieurs reprises nous avons pu lire par-ci  par-là, au détour d’un commentaire rageur, cette phrase qui m’interpelle « Notre civilisation doit être défendue ».  Contre qui ? La horde de barbares, d’islamistes barbus, ces cultures qui ne sont pas les nôtres et qui nous envahissent ou du moins qui essaient, ces Africains qui viennent nous voler nos femmes et notre travail, ces migrants qui s’infiltrent pour nous dérober nos biens, piller nos caisses de retraite, nos institutions caritatives ?  On monte au créneau pour un voile devant le visage  sans réaliser qu’exposer les femmes dénudées, à tout bout de champ,  revient à la même soumission des femmes mais sous une autre perspective et qui devrait leur faire dire : ni voile, ni string ! 

 

Cette civilisation à défendre, à quoi ressemble-t-elle  et qui en sont les défenseurs ? Cette lutte du Bien contre le Mal, du Blanc contre le Noir. Derrière cela, on pressent une forme ancestrale de missionnariat chrétien contre les tribus païennes, un héritage sous-jacent de  ce qui n’est pas chrétien, n’est pas. Aussi réducteur que cela puisse paraître, après enquête, le défenseur de la « civilisation » est blanc, chrétien, occidental, mu par une foi aveugle en sa civilisation qu’il considère comme supérieure à tout autre et dont il ne mesure pas  les limites toujours plus restreintes. 

Un constat qui nous amène à penser que  par déduction logique :  les Musulmans, les Juifs, les Hindouistes, les Bouddhistes, les Confucianistes, les Taoïstes, les Athéistes. etc n’appartiennent pas à cette fameuse « civilisation qu’il faut défendre » et qu’à défaut de cela on peut tout aussi bien les combattre et qu’ils appartiennent à une horde indéfinissable, mais  de sauvages  pour sûr.

Mais dans le fond, cette civilisation rayonnerait  de quoi ? De charité, de justice sociale, d’amour du prochain ? Si on voit dans quoi plonge la société occidentale d’inspiration chrétienne, on découvre ses  fragilités, ses plaies ouvertes. Ses armées de chômeurs pour une poignée de riches toujours plus riches.  De société à double vitesse, de solitudes individualistes qui confinent à l'autisme et dont on  finit par devenir victimes sans plus pouvoir s'en extraire;  de vieux qui se meurent seuls à pourrir dans leur appartement et dont  la mauvaise odeur permet de rappeler aux voisins leur feue existence. Des familles éclatées. Des désolidarités fracassantes au nom de l'invidualisme tout puissant. Des impérialismes ravageurs qui laissent croire que l’on peut soumettre, détruire, envahir, corrompre. Des terres que l’on s’approprie sous prétexte que l’on appartient à une civilisation de progrès et que « nous au moins, on sait extraire des réserves naturelles » dont on a un urgent besoin comme de l’uranium par exemple.

Une civilisation qui a trouvé son expression la plus haute dans un consumérisme destructeur, appauvrissant pour l’être et  pour la planète et profondément matérialiste. Si matérialiste que lorsque des Juifs interpellent les Suisses sur leur passé, on entend un lâche « On a donné, merci! »* qui sous-entend "on a déjà payé,  vous voulez quoi encore, quoi de plus ? " comme si le fait d’avoir rétrocédé de l’argent volé suffisait à faire oublier l’histoire et son besoin de vérité et de lumière.  Autre preuve de ce matérialisme simplificateur. "Je te paie,  tu te tais et tu oublies !", c'est sans compter qu'une "civilisation" si prétenduement grande soit-elle ne s'est jamais construite sur des amnésies et des absences de mémoire qui transforment son parcours historique en nids-de-poule troués d'incohérences. Et pour combler il faut alors bâtir des mensonges sans fin, comme un Tampon J déclaré apparu en 1938 sous la pression allemande alors qu'en réalité on l'apposait déjà en 1937 et sans pression aucune de l'Allemagne, et que si pression il y a eu, elle est bien venue de la Suisse et pas l'inverse. 

Quelle civilisation, pour quel combat ? Misons plutôt sur ce que nous avons à sauver en commun, misons sur une solidarité universelle, sur une évolution perpétuelle, poser une civilisation est la figer dans quelque chose de passéiste, reconnaissons à d’autres cultures et civilisations ce qu’elles  peuvent  nous apporter. Les Islamistes défendent aussi une civilisation qui a quelque chose d'aussi  poussiéreux que cette civilisation chrétienne dont se targuent les nostalgiques d'un autre temps et qui appartient plutôt au domaine de  la mystification.  

Notre humanité est en constant devenir, elle ne peut se contenter de se satisfaire d'un cadre que le temps finira par exploser. Nous ne pouvons accepter la momification au nom d'une civilisation quelconque qui serait supérieure à une autre. Ce discours renvoie toujours à des  traditions  dépassées et qui ne conviennent plus à cette dynamique du changement dans lequel nous évoluons sans cesse et qui est notre destin à tous. 

Le combat des civilisations est le fait de gens qui ont les deux pieds plongés dans la boue et qui ne s’en aperçoivent même plus, tant ils sont concentrés à vomir sur les autres, ces autres qui leur ressemblent comme des frères.

Je ne connais qu'un civilisation,  celle de notre fraternité universelle !  

 

 

"On a donné, merci!"

Dans les frimas hivernaux, assis sur un banc dur comme la morale, les fesses serrées et congelées, on voit passer la corbeille dominicale de la quête que tous les regards scrutateurs suivent attentivement pour observer, qui donne et combien. Alors, il faut tendre la jambe, pour extraire du fond de la poche, la piécette que l'on fera retentir avec bruit pareil à une rivière d'argent, une piécette qui résonne dans le bruissement des prières murmurées et qui implore le pardon. Du coin de l'œil, cet œil rapace qui jauge et qui juge, on surveille le nouvel arrivant du village qui a la peau si étrangement brune et que l'on a assis derrière  le pilier au fond de l'église, loin de tous, on le regarde en espérant qu'il ne nous volera aucune de nos filles; sans doute un saisonnier engagé pour les vignes. 

La lèvre pincée, la mâchoire crispée par le froid, au deuxième tour du panier de la quête, on peut enfin lâcher un retentissant :"j'ai déjà donné!" qui allège les consciences et efface les salissures de l'âme, les flétrissures de la conscience, cette maudite qui pour un rien trouve le chemin de sa perte. Un "j'ai déjà donné" ostentatoire, qui libère du devoir de mémoire, qui affranchit les plus hypocrites de toute obligation; une piécette pour l'éternité que l'on ne cesse de brandir comme s'il elle suffisait à racheter le monde.

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