19/01/2013

EQUATEUR - CHEVRON-TEXACO , LA FIN DE L’IMPUNITÉ

images.jpegC’est le jugement du siècle, 19 200 000 000 de dollars d’amende confirmée en appel en Equateur, et  exigée par les 30 avocats qui représentent les intérêts des indigènes et paysans qui composent l’Assemblée des victimes de Texaco. Une somme difficile à recouvrer en Equateur d’où l’entreprise a retiré ses fonds, mais possibe au Canada,  Brésil, Argentine et Colombie.

Le 7 novembre 2012 , l’Argentine a été la première à  décréter la saisie des fonds mettant en colère les investisseurs. Une colère qui ne peut être  plus grande que celle des victimes qui ont  vécu le plus grand épandage toxique de l’Histoire. Quarante ans après l’installation de l’entreprise, la région de Quito est devenue la région la plus pauvre de l’Equateur avec un taux de cancer le plus élevé du pays.

L’essence a tout envahi, l’air, la terre, l’eau, la peau, les poumons des gens, asphyxié la nature, étranglé les forêts. Comme une main géante aux serres dévastratrices, la compagnie américaine a tout dévasté sur son passage. Adieu l’eau potable, poissons en abondance, forêts aux remèdes ancestraux.

Dans la région de Sucumbos, on voit apparaître des maladies de peau, des allergies, des enfants qui avaient pour habitude de se baigner dans la rivière dès lors contaminée et qui quelques jours plus tard, avant de mourir, vomissent du sang.

Un lent processus de destruction qui amène en 1993 un groupe d’avocats, Colons et indigènes à  porter  plainte, à New York.  Comptant sur la corruption en Equateur, le groupe Texaco transfère la plainte vers ce pays. C' était sans compter sur la résistance populaire. Une lutte juridique inéquitable contre les milliards que pouvaient engager la société américaine et faire passer l’Association de  victimes pour « association criminelle », intimidation parmi tant d’autres et qui a échoué. 

L’avocat Pablo Fajardo se réjouit de la décision du Tribunal Equatorien qui par son  deuxième jugement  confirme l’amende colossale : « Nous sommes en train de démontrer que c’est possible et que ça peut se faire, qu’il est possible d’aller beaucoup plus avant, qu’on peut changer les choses, qu’elles ne sont pas intouchables, qu’ils ne sont pas invincibles ».»

Il s’agit de l’amende la plus importante de l’histoire du droit de l’environnement. Elle dépasse  celle infligée à ExxonMobil pour la marée noire de l’Alaska en 1989, de 4,5 milliards de dollars et pourtant à peine déstabilisée, car le groupe ExxomMobil nous remet ça en Papouasie Nouvelle Guinée identifiée comme "zone riche en ressources" pour l'extraction de gaz, un projet qui démarrera en 2014 et qui a déjà transformé la société papoue en la divisant. A combien se montera la facture dans 30 ans pour les dégâts sociaux et environnementaux causés  ? 

 

Annexe:Une note importante sur le souci environnemental de  Chevron sur son site officiel 

Environment and Safety

"As a company and as individuals, we take great pride in contributing to the communities where we live and work.

We also care about the environment and are proud of the many ways in which our employees work to safeguard it.

Our persistent efforts to improve on our safe work environment continue to pay off. In 2011, Chevron achieved significant levels of safety as measured in days-away-from-work ratings in both Upstream and Downstream operations.

.............We're committed to helping meet the world's need for energy in a safe and environmentally responsible manner. We believe that is the right thing to do and that it is critical to our success in a world in which energy sources should be compatible with an environment that's clean, safe and healthy.

That's why we are continually working to improve our processes to reduce pollution and waste, conserve natural resources and reduce potentially negative environmental impacts of our activities and operations.

and some more lies about : fresh Water, climate change, social investment, Health&Safety, Human Rights, Diversity, Business Ethic, Corporate Responsibility

 

source

http://www.diagonalperiodico.net/global/30000-indigenas-y...

Commentaires

Le droit international a de la valeur seulement si ceux qui en font appel sont des pays occidentaux. Donc, bien que l'Equateur soit dans son bon droit, il ne verra rien.

Écrit par : Kasperle | 19/01/2013

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