09/01/2013

Cuba - Des touristes et des alligators

P1050381.JPGLes bas salaires entraînent à Cuba des situations pour le moins étranges. Un médecin, un ingénieur, dentiste ou vétérinaire gagne entre 25 et 36  dollars par mois. Et comme partout, il faut bien arriver à joindre les deux bouts.

Pour exemple, Rodolfo  est vétérinaire, il a décidé pareil à de nombreux cubains et système pratique qui fonctionne  superbement et très répandu dans tout le pays quoique   soumis au contrôle et à l’autorisation de l’Etat, de transformer quelques pièces de son logement en « habitacion » pour touristes à la Havane. Un endroit charmant, ancien, les hauts plafonds sont  richement décorés, les fenêtres ont des barreaux à travers lesquels on peut guigner et apercevoir ses habitants rêvasser dans leur rocking- chair qui tout en se laissant bercer par une salsa ou une rumba,  sirotent quelque rhum traditionnel en fumant un cigare. 

 Toutefois,  il n’était  pas question pour notre vétérinaire de renoncer à sa profession chérie qui consiste entre autres à prendre soin des alligators, ainsi il prit la décision de concilier touristes et alligators. D’une ferme située hors de la ville, il ramène ceux qui semblent avoir le « blues » et s’en occupe tout en administrant ses chambres. Ce qui fait  que les deux alligators dont il prend soin, âgés de 8 ans, et qui sont considérés comme très jeunes lorsqu’on sait qu’ils peuvent vivre 120 ans, se promènent soit dans le patio, soit se baignent dans la fontaine ou encore, comme l’un des deux aime à le faire, il se cache sous le buffet de la salle à manger cherchant un endroit calme et au chaud. Tandis que vous prenez tranquillement votre « desayun » composé de papaye, de banane, d’œufs, de pain grillé, de saucisse et de poulet dont ils raffolent, vous priez le ciel et tous ses saints pour que l’odeur alléchante du poulet ne les attirent pas précisément sous votre table au risque de sentir le long zigzag des dents prêt à confondre vos chevilles avec la chair ferme du gallinacé que vous dégustez, à ce moment-là.

 

P1050376.JPGAlors que vous rentrez d’une balade dans le vieux Havane, lieu où  Ernest Hemingway aimait à se rendre, vous trouvez vos animaux de compagnie de la famille des alligatoridae entrain de se dorer la pilule au soleil,  juste à l’entrée de la pension,  sous l’œil bienveillant de leur propriétaire et vous passez discrètement en rasant les murs tandis que les « choses » quasiment immobiles clignent seulement de la paupière et vous rappellent que ce n’est pas là  un objet décoratif que leur immobilité parfaite  laisserait parfois croire. Vous vous rassurez en vous consolant, votre logeur aurait pu de surcroît avoir une passion pour les serpents, les mygales et quelque autre bête étrange.

 

Le soir, après que Rodolfo les ait nourris abondamment de poulet,  repus;  ils viennent s’installer à côté de lui pendant qu’il travaille sur internet, le doux cliquetis des doigts sur le clavier de l’ordinateur apaise gentiment nos internautes d’un genre très  particulier. 

 

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