03/11/2012

Jeunes, ivres et violeurs

 Le-Binge-drinking-la-menace-des-jeunes_mode_une.jpgIl a 15 ans, il titube dans le salon,  se heurte à tous les meubles, finalement, il vomit, s’étale dans la salle de bains et laisse une longue traînée derrière lui, d’un rouge épais, celui qu’il a bu, avec tous les autres alcools plus forts mélangés à de la bière. Plus tard, presqu’à l’aube alors que tous sont affalés, un peu partout,  dans  la maison;  deux autres jeunes à peine âgés de 16 ans, violent une jeune fille, qui elle,  se trouve dans un quasi coma éthylique ; elle ne s’aperçoit de rien, tandis qu’une amie encore, un brin  lucide arrivera à témoigner de ce qu’elle a vu. C’était leur première expérience amoureuse, à tous trois : un viol !

Pourtant tout avait bien commencé, les parents de « Sébastien* » partaient en week-end, ils laissaient pour la première fois leur cadet organiser sa première grande soirée chez eux, pour son 16 ème anniversaire. Les jeunes ont « facebooké » durant une semaine pour la superbe partie qui s’annonçait. Chacun apporta quelque chose évoqué sur la  liste très fouillée : chips au paprika, chips nature, chips à l’ancienne et marshmallows. Par contre, pendant une semaine, ils se sont mis à préparer en douce , la réserve d’alcool pour s’éclater la tête et "binger" un max, cachant les bouteilles  dans la cave d’un pote en vue de la « big soirée. »

Quant aux parents, ils quittèrent des adolescents joyeux  pour trouver des violeurs,  à leur retour.

Un phénomène de société qui se répand. L’alcoolisme qui frappe de plus en plus les jeunes qui ne conçoivent plus une soirée sans se bourrer, avec toutes les dérives de ces comportements à risque.

Des jeunes surincités sur les réseaux sociaux, exposés régulièrement à de la pub qui vient  se glisser entre leurs commentaires, ou des invitations sur des sites de rencontres jamais très loin de ceux de la pornographie et qui les exposent à des  images avilissantes qui finissent par leur faire penser que ces comportements « normaux » sont à  adopter comme modèles de référence. A leur tour, ils balancent sur la toile leurs "performances" dont la dernière née, "friend vomiting" qui les mène, ivres,  jusqu'à vomir dans la bouche de l'autre pour lui montrer combien on l'aime, le tout "smartphoné" et envoyé sur facebook. La chute est longue et infinie, profondément abyssale  !

Des parents largués face à cette émergence des nouvelles technologies, et des connections hors contrôle sur les réseaux sociaux qui modifient considérablement les comportements des uns et des autres et qui constatent  que leurs enfants grandissent de plus en plus vite , tout en se sentant démunis face à un changement trop immédiat et radical. Une transformation  des moeurs induit par une société de surinformation et d'incitation à la surconsommation où tout devient consommable : l'alcool, le sexe, les médicaments, les personnes,  etc...

Quelles solutions face à ces dérives ? Une meilleure conscientisation des risques, un plus grand contrôle sur facebook et autres réseaux  sur lesquels il devrait y avoir au lieu de la publicité des messages de prévention en lien avec le harcèlement, entre autres qui commence à faire son lot de suicides et sur les méfaits de l’alcool pris à trop haute dose, à un âge toujours plus jeune. Des campagnes de prévention calqués  sur d'autres exemples européens;  Irlande, Grande-Bretagne qui ont quelques années d'avance, sur d'autres pays en matière de prévention de l'alcool chez les jeunes.     

Une société certainement en perte de repères qui fait le lit de toutes les dérives et de tous les extrémismes. Une société sans doute où il est nécessaire de perpétuer coûte que coûte le  dialogue avec nos enfants à  qui il faut peindre sans cesse les dangers, leur  expliquer, les prévenir  et surtout leur enseigner les valeurs et le respect des autres, à commencer par eux-mêmes.

Le rôle des parents est sans doute plus complexe face à des  jeunes toujours plus exposés. Nous devons tous prendre nos responsabilités de parents et d'adultes face à ces manifestations d'un genre nouveau qui révèlent un mal-être croissant chez nos adolescents. Perte évidente de repères, mais les adultes ont-ils un projet de société à leur proposer  ? La racine du mal est peut-être là, nous ne savons plus quel modèle leur proposer dans un monde où nous-mêmes, avons  de plus en plus de difficulté  à savoir, vers quoi on se dirige.   

Nous avons toutefois  le devoir de continuer à préserver nos jeunes contre les dangers émergents et souvent contre eux-mêmes.  Il est temps de s'attaquer à de véritables solutions, car le temps court et les victimes sont toujours plus nombreuses.  Il est temps d'en faire un débat de société !

 

*Prénom fictif pour un scénario presque vrai

 

Exemples de campagne de prévention contre le Binge Drinking (boire un maximum d'alcool en un minimum de temps ) . Les pays comme l'Irlande et le Royaume-Uni frappés de plein fouet par ce phénomène ont mené des campagnes choc, avec des films assez trash. Les filles sont autant concernées que les garçons et les chercheurs ont observé que le Binge Drinking fait des ravages sur le cerveau des adolescents. La Suisse rejoint le peloton des pays touchés par ce fléau qui vise des jeunes toujours plus jeunes.

La prévention passe aussi par une forte communication visuelle qui touche directement le public-cible. Un film réalisé par des jeunes et qui tournera sur les réseaux sociaux, relayé par les jeunes eux-mêmes. A proposer, un concours du meilleur clip auprès des écoles d'Arts Visuels, entre autres,  réalisé par des  étudiants. Ensuite le faire tourner dans les écoles et le faire commenter par les jeunes dès 15 ans. 

Campagne menée par la Ville de Paris et réalisée par des jeunes lors d'une mise au concours du meilleur film : "Boire, c'est le cauchemar"

 

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ET ENFIN LES AFFICHES DE LA CAMPAGNE GENEVOISE 

29 octobre - 12 décembre 2012 - Programme de prévention de l'usage abusif d'alcool dans les établissements du post-obligatoire

 

binge drinking

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09:58 | Tags : binge drinking | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |

Commentaires

Que pensez-vous de cette campagne genevoise?
http://planning-familial.hug-ge.ch/_library/pdf/FEGPA_Communique_de_presse.pdf

Écrit par : Sérum | 03/11/2012

@sérum- L'Irlande et le Royaume-Uni ont lancé des campagnes choc contre le "Binge drinking", il s'avère que les jeunes réagissent mieux à la communication visuelle.
Il est démontré que cette pratique d'ingurgiter un maximum d'alcool en un minimum de temps entraîne des lésions cérébrales sur de jeunes sujets. J'ai rajouté dans mon billet des exemples de ces campagnes.

Écrit par : djemâa | 03/11/2012

Et qu'est-ce qu'on leur propose d'autres pour faire la fête? C'est de notre responsabilité.

Écrit par : rohrbach | 11/11/2012

@rohrbach- C'est une excellente question. A part consommer qu'est-ce qu'on leur propose ? Il y a des jeunes qui n'ont pas skié depuis des années parce que les parents n'ont plus les moyens de payer un sport hors prix, il suffit d'avoir 3 enfants et vous oubliez. Et ils appartiennent pourtant à la classe moyenne.
Et s'ils pouvaient skier ils iraient déjà se coucher plus vite le soir pour être tôt levés.

Écrit par : claire | 11/11/2012

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