02/09/2012

Plus de sécurité et autant d’humanité

get_attachment-1.php.jpegNous tous,  à Genève,  avons envie de se sentir en sécurité lorsque nous vaquons à nos occupations quotidiennes. Lorsque nous quittons notre domicile,  quelques jours, nous ne souhaitons pas  le retrouver sens dessus dessous parce que des voleurs se sont infiltrés chez nous durant notre absence. Pouvoir en tant que femme rentrer le soir,  seule, sans risquer de se faire violer sur le pont du Mont-Blanc à minuit par un récidiviste;  ne pas se retrouver aux urgences à deux heures du matin et voir que votre fils s’est fait péter les dents devant l’Usine par des malfrats qui lui ont arraché son portable. Se rendre à la banque sans se faire piquer son argent à la sortie, déambuler tranquillement sans être interpellé pour vous proposer de la drogue.

 Revenir à cette Genève, bon enfant que nous avons tous connue, du moins essayer de la reconfigurer comme telle. Parce que les temps ont changé, la misère  s’accroît dans le monde,  depuis ces dix dernières années. Conflits, corruption, crise économique attirent les plus pauvres qui tentent leur chance dans un pays considéré comme un des plus riches au monde.

Une Suisse qui s’est crue longtemps isolée , toute barrière fermée contre le reste du monde et qui n’a pas réalisé qu’il y a une interdépendance entre les peuples;  que nous vivons  sur la même planète et qu'il n'y a pas de planète B, que lorsque des Syriens sont bombardés impitoyablement, on finira par les voir arrivés, que l'ouverture des frontières avec les pays de l'Est a crée un appel d'air, quand on met à sac l’Afrique, les Africains viennent, lorsque les Révolutions s’achèvent nourries de promesses et que deux ans après le taux de chômage a augmenté,  les jeunes bravent la mer pour tenter de vivre décemment sous d’autres cieux. Lorsque la Roumanie ne lâche pas l’argent qu’elle reçoit pour améliorer les conditions de vie de sa minorité Rrom, eux s’exportent pour gagner quelques piécettes accumulées au fil des jours.

 

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La misère est une chienne enragée;  elle mord, elle brave les interdits, elle fait voler, elle fait mentir . C’est difficile d’avoir de belles manières, lorsqu’on a le ventre creux et des enfants ou des parents mourants que l’on ne peut pas soigner et que l'on peut à peine espérer un toit sur sa tête, un jour. 

 Certes, nous avons besoin de sécurité, sans devenir aveugles sur ce qui se passe dans le monde et se rappeler que ces clandestins, ces vendeurs de drogue, ces mains tendues dans la rue ne sont que l’expression d’une injustice encore plus grande que celle qu’ils nous imposent.

 Nous sommes concernés par le fossé qui se creuse davantage entre le Nord et le Sud, par les guerres qui se déroulent ailleurs, par la corruption galopante, parce qu’on finira aussi par en payer le prix,  d'une façon ou d'une autre. 

 

A quand la fin de la guerre en Syrie ? (permettez-moi de verser une larme

 


Un grand merci pour ces photos à Bruno Toffano, la suite des photos  sur son site récemment lancé sous les blogs de la Tribune de Genève

http://aphroditepixart.blog.tdg.ch/ 

 

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Commentaires

Que de clichés éculés... ça marchait peut-être avec la génération de mes parents, mais là ils ne prennent plus.

1er cliché, la misère dans le monde: En fait elle diminue de façon constante et significative depuis 1981.

2eme cliché, l’insécurité est le prix a payer pour les riches: Faux, seulement si on le veux bien. Demander donc a Singapour ce qu'ils en pensent.

3eme cliché, une Suisse qui s'est longtemps cru isolée toutes barrières fermées: Archi-faux, la Suisse a toujours eux parmi le plus haut taux d'étranger des pays occidentaux, a toujours vécu du commerce extérieur et ses habitants sont parmi les plus voyageurs au monde !

4eme cliché, quand on met a sac l'Afrique, les Africains viennent. La Suisse n'a jamais été une puissance coloniale, ni moi, ni mon père, ni mon grand-père n'ont mis a sac l'Afrique. Alors je n'accepte pas plus de me faire emm... par un africain que par n'importe qui d'autre !

Écrit par : Eastwood | 02/09/2012

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