31/08/2012

Ce qui rend meilleur, rend heureux

get_attachment-1.php.jpegLa vraie générosité est  une authentique vertu selon Descartes, on assimilait autrefois la générosité  au fait d’être bien né. Etre magnanime est le propre des grandes âmes, nobles et généreuses. L’humain se réalise à travers ce qui l’élève, par le don, il affectionne alors l’image qu’il renvoie de lui-même .

La générosité  réveille en lui des valeurs fondamentales qui lui rappellent  que l’être vertueux l’est d’abord par affection.  Ce qui écarte d'emblée les apparences de la pratique « généreuse » par rationalité et opportunisme;  dans un but précis,  celui de  faire étalage de ses bons sentiments. Ce qui aurait pour effet, de contribuer à affaiblir son image au lieu de la renforcer. Mieux vaut encore s’abstenir;  si l’acte généreux n’est pas animé d'une force authentique.

Cet homme sur la photo à  « l’âme forte, courageuse et résolue » a pris la liberté d’être généreux avec un groupe que l’on méprise et honni ouvertement. Ledit généreux met en pratique sa liberté, il est résolu à passer outre le jugement pour mettre en pratique sa liberté, pleine et entière.  Il a estimé le don plus important que l'opinion des autres , sa certitude morale lui indique clairement la voie à suivre.

Cette générosité en temps de guerre pouvait mener à être  condamné à mort, pourquoi alors la pratiquer ? Parce que les valeurs morales et la certitude morale sont des valeurs inaliénables.

Et  comme le rappelle Descartes, l’homme vertueux est un homme heureux. Personne ne lui volera jamais ce qu'il donne, on ne craint plus rien pour ce que l'on ne possède plus. 

En conclusion, ce qui rend meilleur, rend heureux ! 

 

Un grand merci pour cette photo à Bruno Toffano, la suite des photos  sur son site récemment lancé sous les blogs de la Tribune de Genève

http://aphroditepixart.blog.tdg.ch/

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14/08/2012

Tunisie- Femmes, au front !

Des-milliers-de-Tunisiens-ont-manifeste-pour-les-droits-des-femmes_mode_une.jpgLa Tunisie en pataugeoire, une eau stagnante, dans laquelle  on fait du sur place depuis presque deux ans. Sur le front du travail des jeunes, pas de grandes avancées, côté femme, il faut défendre les acquis au millimètre près. Le plus grand rassemblement d'opposition depuis avril marque un ras le bol généralisé de la population tunisienne excédée par une politique délétère dirigée par les islamistes Ennahda et quand enfin ceux-ci se décident à bouger, alors qu'on l'aurait tant souhaité face aux exactions des salafistes, c'est pour s'attaquer au statut de la femme tunisienne.

L'objet de la manifestation est   le retrait d'un projet d'article de la Constitution défendu par les islamistes évoquant « la complémentarité » et non pas l'égalité des sexes.

Une définition s'impose ; est complémentaire ce qui vient s'ajouter à, ce qui constitue un complément. La femme complémentaire de l'homme est une excroissance qui vient quasi s'ajouter à quelque chose de complet et qui pourrait carrément faire sans. Quant aux  synonymes, ils  n'augurent rien de bon :accessoire, additionnel, auxiliaire, codicillaire,subsidiaire, supplémentaire.

Bref, pour éviter tout dérapage restons-en à l'égalité. Fifty-fifty, à commencer par le droit à  l'héritage qui même sous le temps de Bourguiba défavorisait  déjà les filles en faveur des garçons. Une discrimination qui perdure , la  législation en matière d'émancipation des femmes mise en place dès 1957 - avec, entre autres,  l'abolition de la polygamie,  n'a pas touché à la loi islamique en matière  d'héritage. Or, cette dernière prévoit que les femmes n'héritent que de la  moitié de ce qui revient aux hommes. La discrimination des genres est bien déjà une pratique courante prête à être renforcée.

Derechef,  sous le soleil tunisien : chômage, coupure d'électricité et d'eau et jeunes qui après leurs études n'ont aucune perspective d'emploi. Sidi Bouzid comme tant d'autres régions n'a rien vu bouger depuis la révolution, la grève généralisée avec un taux de présence de plus de 90% atteste du mécontentement.

Le gouvernement tunisien semble plus enclin à répondre aux considérations géopolitiques et stratégiques des Qataris et de leurs autres amis du Golfe avec l'appui des américains que s'intéresser aux problèmes du peuple. Comme tout pays colonisé, le colon sert d'abord ses intérêts grâces à ses relais locaux mis en place et financés largement.

A quand une deuxième révolution pour se libérer définitivement des usurpateurs qui trahissent les fondements de la révolution populaire ?

Oui,  pour une Tunisie libre et indépendante, fière de son héritage et de ses traditions d'ouverture.  Oui, pour une Tunisie qui avance sur les voies du progrès et non point recule !

 

 

 

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La vie a-t-elle un sens ? La BD se préoccupe aussi des questions existentielles

platon2.jpgUn numéro hors-série paru dans Philosophie Magazine - Spécial bande dessinée : La Vie a-t-elle un sens et qui mérite qu'on s'y arrête et s'en délecte.

Sens ou nonsense de la vie, la BD sait si bien jouer sur les contre sens de la vie, surfer sur notre quotidien avec un  humour féroce,  souvent,  sympathique,  parfois.  C'est beau les bouquets de fleurs offerts à des malades  et qui leur survivent.  C'est la vie !  Protestation névrotique, lutte effrénée contre un quotidien qui vu sous la loupe d'un fin observateur nous renvoie une image amusante de ce que nous sommes : englués dans notre tragique normalité. Mieux vaut en rire.

 

 

 

rantanplan.jpgRantanplan vu par Boris Cyrulnik. Ces héros qui servent à nous protéger du danger, pardi !

 

 

 

 

 

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Et Superman, Clark Kent, personnage conçu en 1938 par Jerry Siegel (Segalovitch) issu d'une famille de juif immigrés lituhaniens et qui croise un autre juif Ukrainien, hollandais par son père.  Joe Shuster.  A eux deux, ils inventent le héros par excellence, tout en muscle et en mâchoire d'acier, un américain fantasmagorique.  Il parviendra  même avec sa force magnifique et son courage à empoigner Hitler et le mener avec son complice Staline devant la Société des Nations. Le journal SS se venge et taxe Jerry Sieger d' »israelite inventif » et " intellectuellement et physiquement circoncis ». En attendant Clark a survécu à Adolf.

 

 

 

And the « poor lonesome cow-boy and a long way from home » qui ne laisse jamais de cadavre derrière lui, vous avez reconnu l'humaniste non communautarien ; Lucky Luke.

Les BD qui interrogent l'indicible après Auschwitz et Hiroshima, Master Race, de la race des maîtres et qui représente un ancien dignitaire nazi qui chute ad infinitum dans sa culpabilité et dessiné par Kriegstein. Nakazawa raconte Hiroshima, une œuvre quasi autobiographique. Maus d'Art Spiegelman, utilise, lui,  la zoomorphie pour réorienter ses dessins d'enfants vers la conscience adulte.

L'âme manga de Tezuka, maître des métamorphoses.

La subversion, le féminisme, la lucidité, l'art du saut, s'enfermer dans l'infini, tout y passe en BD, aucune thématique philosophique n'échappe à cet art qui consiste d'un coup de crayon, de deux ou trois strips à  planter le décor de nos existences pétries d'interrogations sans fin, avec la question récurrente du vide ou du plein, avec pour réponse un néant sur fond de sourire.

Disrepute-2.jpg

 

 

Quant à moi, j'ai craqué pour les 54 cases qui représentent  la vie d'un médecin, Ian Williams, celui qui se surnomme le « Shit doctor » et qui est devenu auteur de bandes dessinées sous le nom de Dr Thomas Ferrier, Son site www.disrepute.info vaut le détour, la philosophie dans la pratique médicale est un joyau d'humour.

 

On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. Et puis bon la vie n'a qu'un sens.............. vous le connaissez !  Tout n'est que mouvement mais plutôt vers l'avant, vers l'aspiration finale qui devrait nous inspirer ; la bande dessinée met des mots dans les bulles et on les regarde s'envoler comme dans un rêve, les yeux ouverts.

 

 

 

 

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13/08/2012

La boisson rafraîchissante de l'été : du Rrom et encore du Rrom

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Vous en prendrez bien encore un peu, sur les plages les journaux ouverts affichent les gros titres bien gras,  tandis que les gens s'enduisent de la crème solaire, indice 50.  Au restaurant, en regardant les vongole s'embourber  dans la sauce tomate, on peut  lire par dessus l'épaule de son voisin :  « Roms : le gouvernement s'enlise ». Dans le train qui a un heure de retard par-dessus une autre épaule : « Evacuation des Roms  », plus rapide qu'un départ de TGV.

En veux-tu, en voilà !  Rien de nouveau sous le soleil de l'été, les gouvernements changent et les polémiques se ressemblent et se suivent.

Un reportage dans le village d'insertion à Montreuil en Seine-Saint-Denis d'un journalise de Marianne2 met en évidence la fragilité de cette politique d'insertion à tout prix, pour ne pas dire un fiasco total. Quand on sait que les Roumains sont soumis à une restriction au marché de l'emploi jusqu'en 2013, on met la sourdine.

Allez, qu'on cesse cette hypocrisie à répétition comme chaque été où on nous propose du Rrom à toutes les sauces pour occuper les esprits paresseux et qu'on propose de vraies solutions et surtout qu'on accepte que des gens puissent avoir envie de vivre autrement et cela sans discrimination.

Pour rassurer Victor  Dimitriescu - Winteregg  on rappelle que tous les Rroms ne sont pas Roumains et que tous les Roumains ne sont pas Rroms. Rrom n'a rien à voir avec Roumain, c'est une confusion due à l'ignorance de celui qui ne veut pas savoir.

billet paru également sous mon blog  Bienvenue chez les Rrom: http://roms.blog.tdg.ch/


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12/08/2012

Notre devoir de générosité

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A l'approche de la fin du Ramadan, j'aimerai rappeler notre engagement à tous, indépendanmment de notre couleur de peau et de notre religion, celui d'être soumis au  devoir de générosité à l'égard des plus faibles et des plus démunis.

Cette image insoutenables photographiée par Kevin Carter qui s'est suicidé peu après  et pour laquelle il avait  reçu le prix Pulitzer, nous renvoie à une réalité qui au XXI ème siècle ne devrait plus exister dans le monde : La FAIM. Une personne sur sept se couche le ventre vide. 578 millions de personnes souffrent de la faim dont un peu plus d'un quart en Afrique.

Trop de vautours se nourrissent encore abondamment de la chair du pauvre.

Notre devoir de générosité est entier, inconditionnel, universel et s'applique à l' « AUTRE » de façon générale et sans restriction et cela tout au long de notre vie. Nulle sagesse sans générosité !


 

 

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10/08/2012

La devise des Mourides : « " Travaille comme si tu ne devais jamais mourir, et prie comme si tu devais mourir demain ".

senegal.jpg« Nangadef ! « -  "Manguifirek" me répond  en wolof un   vendeur  sénégalais sur une plage française, un parmi ceux  qui arpentent les plages estivales et que l'on peut croiser en France, Italie, Espagne et qui proposent :  chapeaux, bijoux et sacs italiens, lunettes de Hong-Kong,  pagnes africain , serviettes de bain  chinoises et j'en passe.

Et alors tu as fait ton pèlerinage à Touba cette année (Touba, la Mecque des Mourides) ?  Souvent, ils répondent à ma question par un rire franc, d'abord surpris  d'être interpellés et reconnus comme membres de la confrérie Mouride de Touba au Sénégal.

Fondée au début du XX ême siècle par le Cheikh Ahmadou Bamba, grand résistant à la colonisation française et forcé de s'exiler par la suite , il  a lancé les prémices d'une organisation basée sur la foi musulmane notamment inspirée par le soufisme et le travail surtout;  un travail assidu qui fait office de planche de salut. Cet acharnement à la tâche fera d'eux rapidement les  premiers producteurs d'arachides du Sénégal.

Au-delà de l'aspect religion et pratique de la foi,   c'est le réseau et l'organisation de cette communauté qui m'ont toujours frappée. Regroupés autour du  sens sacré du travail et les échanges commerciaux qu'il entraîne, grâce à un tissu relationnel très serré et basé sur la confiance et un système à toute épreuve;  organisés de façon  précise et méticuleuse,  on  identifie les Mourides , aux Etats-Unis, Hong-Kong, Djeddah, Dubaï,  en Europe et jusqu' aux portes de l'Asie où à Istanbul, ils ont aussi leurs étals en plein bazar turc.

Les premiers groupes marchands, les mieux installés font office de grossistes et redistribuent soit à crédit, soit en demandant à être payés cash s'ils  connaissent moins bien les réseaux de vendeurs - bien qu' issus souvent de la même région -,  dans le monde qui assureront  une diffusion rapide des marchandises en appliquant des prix d'un commun accord. En étroite connection avec leur da'ira, point d'attache à l'étranger dont certains plus importants que d'autres selon les villes, comme en France, à Marseille,  par exemple. L'information circule très rapidement d'une da'ira à l'autre et cela auprès de  n'importe quel point du globe.

Tâche saisonnière, à la fin de l'été les revendeurs des plages remontent vers le Nord - Lyon-Paris, rejoindre d'autres membres de la famille ou de la communauté qui vendent toutes sortes de marchandises dans les marchés.

Des vendeurs  à la sauvette ont été  appréhendés dans des trafics de drogue en France et en Italie, jusqu'à présent on n'a jamais identifié un seul membre de cette confrérie  mêlé à un réseau de ce type.   Ce qui expliquerait, en partie,  que ce réseau marchand ait résisté à toutes les formes de ségrégation même pendant les pires heures fascistes berlusconiennes;  les vendeurs ambulants des plages contrairement à beaucoup d'autres africains ont été moins importunés ou du moins, n'ont pas été empêchés de vendre sur les plages italiennes.

Solidaires, des dons versés librement par chaque membre de la communauté permettent de venir en aide à ceux qui se retrouvent dans le besoin, décès, maladie, chômage.  Le réseau assure une protection sociale minimum à l'égard de ses membres . Et la communauté, au- delà des liens étroits qu'elle tisse avec ses membres a une influence considérable  de par sa puissance économique sur la politique du Sénégal et ceux qui gouvernent le pays.

Les femmes commercent autant que les hommes et voyagent facilement d'un bout à l'autre de l'Europe pour acheter et revendre. Toutefois, on ne les voit pas en commerçantes ambulantes comme sur les plages, mais davantage sur les marchés.

La  communauté organisée de façon stupéfiante se  base notamment  sur la communication, les échanges commerciaux, l'éthique, la force de travail et met par la même occasion à mal les clichés et stéréotypes racistes et réducteurs de  «l' africain paresseux. » un Mouride est un converti à la philosophie du travail, celui-ci est considéré comme un régulateur social dans un esprit de « sanctification » et qui permettra de vivre dignement ; la célèbre formule de Cheikh Ahmadou Bamba est régulièrement citée : " Travaille comme si tu ne devais jamais mourir, et prie comme si tu devais mourir demain ".

 

 

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08/08/2012

"Les paumés du Larzac" ou les douces utopies

478150_300-4.jpgA l'ombre des  platanes centenaires , sur la place du marché à Salernes, avec au fond de mon panier en osier, un tableau de  Giuseppe Arcimboldo;  une nature morte composée de fleurs de courgette et de basilic odorant. Tandis que mes mains moites,  par la chaleur d'un soleil  à son point culminant, se rafraîchissent collées au verre d'un "Perroquet" mélange anis-menthe. je me laisse lentement glisser dans une euphorie toute provençale bercée par le chant des cigales; jusqu'à ce qu'une scène m'extirpe de ma douce rêverie.

Une couple,  baba post soixante-huitard: elle les cheveux en broussaille retenus par une branche, une jupe brune, ample et longue   digne d'un personnage   à la  Pagnol dans la "Fille du Puisatier" ou "Honorine"en marchande non point de coquillages mais de rêves épars, ou à la Hugo et sa pauvre "Cosette". Son compagnon, à la coupe hésitante entre un Rasta et un Iroquois,  marche à grandes enjambées.  Tous deux suivis péniblement, par un enfant aux godillots trop grands, assurément ceux du père, sans lacets et qui béent au niveau de la cheville, la blessant légèrement, à chaque pas.  Les petites jambes fluettes du garçon de 6 ans sont infestées par des piqûres de moustique. Il n'y a pas un carré de peau sans points minuscules rouges. Ils doivent dormir à la belle étoile, à eux trois, on pourrait jouer aux osselets avec leurs os de chats faméliques. Ils arpentent le marché à la recherche d'un fruit, ou d'un légume tombé de l'étal d'un marchand distrait.  C'est cher payé l'utopie du back to the roots des "paumés du Larzac".

Au  Café des Négociants, je reconnais "Aigle blanc" ou "Chien vaillant" qui doit en être à son sixième pastagas, il a le visage rouge, le voici au fil des ans, transformé en Peau-Rouge par une couperose galopante, vivre au grand air y est pour un peu, et l'alcool pour beaucoup. Il est depuis plus de 30 ans habillé en Indien d'Amérique du Nord et chef de la petite communauté qui vit sous tipis dans la forêt d'Aups dans le Var. Je me souviens, il y a plusieurs années leur avoir rendus visite, vous pouviez découvrir leur façon de vivre en partageant la soupe au pistou contre  quelques  pièces sonnantes et trébuchantes. Une communauté d'une vingtaine de personnes, les célibataires vivaient seuls dans leur tipi en espérant découvrir l'âme soeur et déménager pour un plus grand deux-pièces sous toile , tandis que les familles vivaient dans une tente plus grande. La jeune femme habillée en " Pocahontas", le front  ceint d'un ruban, tirait d'une anse attachée  autour de sa cuisse, un couteau tranchant pour couper la salade. Ceci m'amusait énormément et je jurais à mes enfants que c'était mieux que le pavillon des Sioux de Disneyland en Floride.  Qu'au moins ceux que nous avions sous les yeux essayaient franchement de vivre comme des Indiens et pour de vrai, pas pour faire semblant.

Un architecte belge, riche héritier, avait renoncé à tout pour joindre cette nouvelle vie toute indienne.  A l'aide de boîtes d'allumettes vides, il fabriquait de petits immeubles, dernière nostalgie d'une autre vie. Les années passèrent, la plupart des hommes décrochaient des travaux de bûcheron et qui leur permettaient de subsister, grâce à cela,  eux et leur famille.

Puis,  l'âge et les joints accumulés ont fait que les mandats s'amenuisaient au fil du temps  et que cette joyeuse tribu d'utopistes a  fini profondément plongé dans le pastaga ou à l'assistance publique excédant par cela les politiciens de la région, de réaliser que  ces Indiens du Var étaient  plus paumés que ceux  d'une réserve américaine et tout aussi imbibés d'alcool.

Ah ! Les utopistes, pour qui je conserve, toutefois,  une certaine admiration. Ceux qui ont rêvé d'un monde meilleur, d'un retour à la nature, d'un partage des biens et des richesses. D'un tous égaux, unis dans nos forces cosmiques universelles et intemporelles. Malgré, un léger regard ironique, force est d'admettre que les utopies nous sont nécessaires, elles nous donnent l'espoir éternel d'un monde meilleur et si parfait. Douce nostalgie, d'un Paradis perdu, lorsque nous étions anges avant de devenir démons.

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