19/07/2012

Les Amazigh (Berbères) , grands gagnants de la Révolution tunisienne

tunisie_amazighe.jpgLes Amazigh- Imazhigen - (Berbères)   qui signifie hommes libres puis  nobles  ont  senti,  depuis la Révolution,  le  vent de liberté souffler sur cette communauté tunisienne qui n'a,  jusque là,  connu que le déni de leur culture et de leur identité. Un voile épais d'ignorance s'est enfin levé, de Bourguiba à Ben Ali, on a  voulu exclure les Tunisiens de leur propre histoire, les aveugler en ignorant la réalité la plus incontestable qui soit, une évidence historique, des racines millénaires qui participent aussi à l'identité d'un peuple et qui au lieu de le diviser contrairement à ce qu'on a voulu faire croire, l'enrichit et le rend fier de son histoire et de ses traditions. La Tunisie, comme le Maroc et l'Algérie sont aussi Berbères et peuvent  se targuer d'être héritières de cette culture,  Ô combien tolérante,  et qui nous a nourris à l'ombre de son profond silence. Les Berbères représenteraient entre le 5 et 10% de la population tunisienne

L'esprit de la Kahena n'a cessé de régner sur le pays, les patientes broderies des jeunes fiancées complétées par leur fiancés et ce jusqu'à présent;  non seulement reproduisent les symboles des trois religions monothéiste et animiste,  mais retracent aussi le palais de la reine et les portes par lesquelles,  elle s'échappera. Une autre façon de rappeler que l'esprit berbère ni ne meurt, ni ne se laisse enfermer.

Malgré la tentative désespérée,  dès 1970,  de la part de Bourguiba de faire disparaître et la langue et les signes distinctifs ;  tels que la lune et le soleil que les femmes se tatouaient sur le corps.  Malgré l'ignorance et la négation culturelle de Ben Ali quant à la richesse de ces traditions qui sont quoiqu'on dise et quoiqu'on fasse partout présentes et rappeler que l'Afrique du Nord est assurément d'abord une terre amazighe.  Ibn Khaldoun l'atteste avec son "Histoire des Berbères", la communauté  est bien présente, elle parle Amazigh, l'écrit,  transmet ses savoirs ancestraux, joue de la musique, chante, danse, elle vit de sa vie intense  !!

La Révolution a donc permis de relâcher la pression.  Des associations se sont créées, le drapeau berbère est exposé, la langue parlée voire enseignée, des manifestations culturelles s'organisent beaucoup dans le Sud du pays, on autorise à nouveau les parents à donner des noms berbères à leurs enfants. Mais un vrai travail de reconnaissance de l'identité berbère devrait être effectué plus en profondeur et oser aller plus loin ;  inscrire  la langue officielle Amazigh comme autre langue officielle de la Tunisie. Se souvenir à l'école que Tunis,  à l'origine Tunes signifiait en berbère « promontoire » ou « lieu où passer  la nuit » et ne pas craindre nommer une autre grande figure comme celle de Saint Augustin qui a façonné la pensée occidentale, lui l' amazigh-kabylo berbère. Cesser enfin, d'écraser cette idendité berbère, héritage entier de la Tunisie et voir comment s'enrichir de ce passé lourd d'enseignement.

A Tamazret, en observant les étoiles téter le ciel, dans la région des troglodytes au Sud de la Tunisie , je songe au proverbe berbère : " l'arbre suit ses racines " -  et me persuade qu'un pays aussi suit ses racines auprès desquelles il se substante. Un pays est pétri d'histoire, de racines, de gènes, d'ADN, d'héritage.   Il est un corps vivant qui finit toujours par montrer de quoi  il est constitué : de racines et d'âme !

 

 

 

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Commentaires

Que D.ieu vous lise !

Il est vrai que malgré les résultats électoraux ayant pu laisser entrevoir un resserment, le visage de la Tunisie se déride de tant d'humiliations et d'incompréhensions.

Que les voix du silence laissent soudainement entendre les chants de ces peuples encore timides, que la Tunisie resort forte de cette transition et que finalement, même si, l'islam peut terrifier, en Tunisie, la douce Tunisie, l'arrivée des musulmans qui avaient juré ne pas vouloir accéder au pouvoir, amène avec leur peu d'expérience politique, plus d'ouvertures que les anciens roitelets hiératiques et hermétiques à toute forme d'évolution, au moins et malgré des craintes des laïque, la Tunisie à bougé, sans éffusion et avec un islam qui écoute le peuple.

C'est un retour vers les racines, vers une identité compréhensible par tous, moins voilée, malgré celui des femmes et plus en phase avec une évolution de concert avec la culture ancestrale.

Mais, tout est encore neuf, fragile, mais les musulmans, sont malgré tout plus proche du peuple qu'une bande de pillards en fuite avec des milliards !

La Suisse, par contre, elle, elle ne change pas, lorsqu'il s'agit de rendre l'argent pillé, les milliards fondent en millions et que les paroles données des Suisses s'envolent, à croire que certains pays, regrettent toute forme d'évolution !

Je répète, alors que la famille Ben Ali- Trabelsi a, laissé plus de 40 milliards dans des banques Suisse, que l'ex-ministre a affirmé débloquer ces milliards pour que le peuple tunisien puissent avancer, ces 40 milliards, semblent selon les dernières déclaration avoir fondu en 60 millions, soit 800 fois moins que le montant initial ! Que ce passe t-il, pourquoi ne pas pouvoir faire confiance à ce pays de renomée mondiale pour son sérieux dans le secteur bancaire ?

Pourquoi tant de silence dans ce dossier ? que se passe t-il ??

Écrit par : Corto | 19/07/2012

Bonne nouvelle, Djemâa. Belle Tunisie où je suis allé plusieurs fois (Nefta et le Chott).

Écrit par : hommelibre | 20/07/2012

Je porte toujours autour du cou un symbole amazigh à savoir la lettre yaz. Ainsi, lorsque je suis à nouveau en Suisse je pense à mes multiples séjours dans le Tafilet, la vallée du Ziz, Errachidia, le Dadès et à tout le sud-est du Maroc jusqu’aux confins du désert.

Européen, converti à l’Islam depuis plus de 25 ans, quoi de plus agréable que d’être accueilli par mes amis par ces mots :

oh tamazight"

ce qui veut dire "oh, toi, mon 'pays' (au sens toi qui est du même pays que moi), il est vrai que je séjourne très régulièrement dans cette région et que je me sens très à l’aise par des températures de 45 à 48° et que j’ai lié des liens très fort avec de nombreuses familles.

Les amazigh marocain ont su faire entendre leur voix et les résultats commencent enfin à être perceptibles.

Je souhaite le même succès à mes frères en Islam de Tunisie, d’Algérie et de Libye.

Écrit par : Chihab | 20/07/2012

La lettre yaz - Z- en tifinagh et que l'on retrouve sur le drapeau berbère signifie "homme libre".

Écrit par : Tanirt | 20/07/2012

Chihab, je n'ai jamais entendu que les berbères du Maroc aient du à souffrir de quoi que ce soit ???

Dans les régions berbères le chleh est parlé par toute la population et la culture berbère est présente dans tout le Maroc !

Oû il faut se poser de sérieuses questions, c'est en ce qui concerne l'Algérie, même en Tunisie, on ne peu pas vraiment parler de répressions sanglantes anti-berbères comme en Algéries, loin de là !

Maintenant tout le problème réside dans le fait, que ce sont les membres du FIS algériens qui ont dans les années 90 visés principalement les éthnies berbères qui pose problème, car les membres du FIS algériens sont très proche des islamistes tunisiens, islamistes qui prônent ou prônaient un islam rigoureux et un retour à la charia, charia qui a tout au long des siècles tentée d'éradiquer les cultures non-arabes dans le monde musulman !

Les islamistes prônant la charia, même soft, militent pour l'apprentissage de l'arabe comme unique langue, celle du Coran.
La langue du Coran est une chose, mais toutes les pratiques "payennes" accompagnant lres rituels berbères posent aussi de sérieux problèmes aux islamistes.

Donc, il est vraiment trop tôt pour crier victoire en ce qui concerne la Tunisie et ses ouvertures aux cultures ancestrales non-musulmanes, parmi les islamistes tunisiens, il ne faut pas non-plus écarter les tendances les plus conservatrices de l'islam, ni les risques quen cela comporte !

Comme je l'ai dit plus haut, cette nouvel classe politique n'a pas encore fait ses preuves et il vraiment trop tôt pour tirer des conclusions, cependant, le nouveau président est un homme intéligent, ce que Ben Ali a dû laisser de coté (l'intelligence), ouvert aux problèmes des tunisiens et déclarant vouloir garder les valeurs de laïcité politique dans sa future constitution, ce qui est un gage de bonne volonté et de démocratie, mais ce n'est jamais les premières déclarations faites par les politiques lorsqu'ils arrivent au pouvoir qu'il faille avant tout retenir, l'histoire dans ce cas serait tout autre, mais c'est où ce nouveau président va ammner le peuple tunisien à moyen terme !

Écrit par : Corto | 20/07/2012

Un au revoir avec la parole berbère de la poétesse Ismmattitnt Tmazight...

« Le langage des yeux...quel doux dialogue, quelle merveilleuse cascade d’idées dites dans le silence »
"Tutlayt n waln..., amsawel immimn, imuzzar n iswingimn ittiynnan gh uzmz ifisn".


IMMORTEL

Était-ce un songe ?

Cette mer à mes pieds, sublime et majestueuse
Au loin, j’aperçois une blessure lumineuse
Ce sont les premiers rayons du soleil reflétant à l’horizon
Ce décor est irréel, aurais-je perdu la raison ?

Était-ce un songe ?

Tout à coup, un parfum subtile me transporte vers les nuages
Cet effluve m’est familière mais s’enfuit tel un mirage
Me laissant des souvenirs datant d’un autre âge
Une sensation bizarre m’envahit,
Comme si le passé revenait écrire une dernière page

Était-ce un songe ?

Soudain, je me sens plonger dans un autre monde
Et mes yeux me brûlent à vouloir percer la brume vagabonde
À travers le brouillard, une silhouette s’avance
Le temps s’est arrêté,

Était-ce un songe ?

Cet homme majestueux qui s’avance vers moi
N’est autre que Jdi, qui trop tôt nous quitta
Tu m’accueillis de ton regard, si beau et si perçant
Tu ne me dis pas un mot et pourtant

Était-ce un songe ?

Dans ce silence je compris l’essentiel,
Tu n’es jamais parti, et sur moi tu veilles
J’ai lu dans tes yeux, la réponse à toutes mes questions
La brume s’est dissipée, je vois le bonheur à l’horizon.

UR IMMUT

Matta tiwargiwin ad ?

Taddângiwin ar yyi ssudumnt iwrzan
gh tmaggugt arn ttannaygh azmul-an ismrqqin
iznzarn n tafukt gh utwwan

Matta tiwargiwin ad ?

Usin yyi kra ijjujutn fulkinin s ignwan
ijujjutn lli d nkregh gn yyi marur
fln yyi-d ikwttayn n isgwasn zrinin
syafagh s ixf inu ngaran ditngh
ini izd amzruy ad yurri-n ad smdn tirra gh ul inw ?

Matta tiwargiwin ad ?

Duygh-d afgh-d ixf inu ghid a ur ssinagh
izêri glin yyi s tmdlut an ijlan gh ignwan
gh tuzzûmt-ns had yat tiddi ar di ttâz
tlkm yyi-d, sigh angh ibid uzmz

Matta tiwargiwin ad ?

Argaz ad d ittitin ar-d ittaz ar darngh
ur igi abla Jddi, zik tukr aght lmut
Tsbrkt yyi gh izri-nk, izîln, issimyurn
mqqar lâh awal ayhayya nw

Matta tiwarigiwin ad ?

Gh ifssi-nk sllagh i wawal iddrn
ur tmmuddit, ur tzugt, is yyi tmatrt
ghrigh gh izri nk, ma ur ittaran gh idllisn
Tamdlut tnfassi, zrgh tawmrt gh utwwan




IMMORTEL

Était-ce un songe ?

Cette mer à mes pieds, sublime et majestueuse
Au loin, j’aperçois une blessure lumineuse
Ce sont les premiers rayons du soleil reflétant à l’horizon
Ce décor est irréel, aurais-je perdu la raison ?

Était-ce un songe ?

Tout à coup, un parfum subtile me transporte vers les nuages
Cet effluve m’est familière mais s’enfuit tel un mirage
Me laissant des souvenirs datant d’un autre âge
Une sensation bizarre m’envahit,
Comme si le passé revenait écrire une dernière page

Était-ce un songe ?

Soudain, je me sens plonger dans un autre monde
Et mes yeux me brûlent à vouloir percer la brume vagabonde
À travers le brouillard, une silhouette s’avance
Le temps s’est arrêté,

Était-ce un songe ?

Cet homme majestueux qui s’avance vers moi
N’est autre que Jdi, qui trop tôt nous quitta
Tu m’accueillis de ton regard, si beau et si perçant
Tu ne me dis pas un mot et pourtant

Était-ce un songe ?

Dans ce silence je compris l’essentiel,
Tu n’es jamais parti, et sur moi tu veilles
J’ai lu dans tes yeux, la réponse à toutes mes questions
La brume s’est dissipée, je vois le bonheur à l’horizon.

UR IMMUT

Matta tiwargiwin ad ?

Taddângiwin ar yyi ssudumnt iwrzan
gh tmaggugt arn ttannaygh azmul-an ismrqqin
iznzarn n tafukt gh utwwan

Matta tiwargiwin ad ?

Usin yyi kra ijjujutn fulkinin s ignwan
ijujjutn lli d nkregh gn yyi marur
fln yyi-d ikwttayn n isgwasn zrinin
syafagh s ixf inu ngaran ditngh
ini izd amzruy ad yurri-n ad smdn tirra gh ul inw ?

Matta tiwargiwin ad ?

Duygh-d afgh-d ixf inu ghid a ur ssinagh
izêri glin yyi s tmdlut an ijlan gh ignwan
gh tuzzûmt-ns had yat tiddi ar di ttâz
tlkm yyi-d, sigh angh ibid uzmz

Matta tiwargiwin ad ?

Argaz ad d ittitin ar-d ittaz ar darngh
ur igi abla Jddi, zik tukr aght lmut
Tsbrkt yyi gh izri-nk, izîln, issimyurn
mqqar lâh awal ayhayya nw

Matta tiwarigiwin ad ?

Gh ifssi-nk sllagh i wawal iddrn
ur tmmuddit, ur tzugt, is yyi tmatrt
ghrigh gh izri nk, ma ur ittaran gh idllisn
Tamdlut tnfassi, zrgh tawmrt gh utwwan

Bonne route à vous, très chère Djemâa.

Écrit par : pachakmac | 20/07/2012

Merci Pachakmac- Choisir le silence laisse le poète se recouvrir de lumière et s'inonder de la douce musique de son inspiration . Bon vent à vous !

Écrit par : djemâa | 20/07/2012

Corto consultez l’interview de Jacob Cohen sur You Tube la bête noire de la Ligue de défense juive et vous comprendrez entre autres les déboires des amazigh depuis la fondation du Maroc, c’est-à-dire l’influence néfaste de l’Istiqlal,du Makhzen & Cie.

Jacob Cohen affirme haut et fort que : « Ce sont l’Istiqlal et les Fassis qui ont poussé les Juifs marocains à partir »

Les Fassis ne sont pas les habitants de Fès en général mais des juifs d’origine andalouse qui vivaient à Fès.

Dans la même interview Jacob Cohen affirme que l’Istiqlal et les Fassis du Makhzen ont utilisé la même méthode pour diviser les berbères et les empêcher de pouvoir exercer librement leurs cultures et leurs droits politiques.

Écrit par : Chihab | 20/07/2012

chiahab, vous semblez être à 50 wagons de retard, les principaux moteurs de l'emmigration juive du Maroc vers Israël, ne sont pas ceux que vous décrivez !!!

De nombreux ouvrages traitent de ces épisodes, maintenant concernant la même méthode pour diviser et empêcher les berbères d'exercer leur culture, il semblerait que ça n'ait pas bien fonctionné !!!

La langue berbère n'a absolument pas laissé un pouce carré à l'arabe de la capitale marocaine, quant à la culture berbère, regardez les derniers film marocains, non seulement elle ne s'est jamais aussi bien portée mais le Maroc l'exporte !

Écrit par : Corto | 20/07/2012

Excusez, j'ai écorché votre nom !

Écrit par : Corto | 21/07/2012

Pour compléter le tableau de cette femme fascinante:

La Kahena


La Kahena est une reine berbère connue pour le talent avec lequel elle a su organiser le Maghreb, "de Gabès à Tanger", comment elle, juive, a amené les Berbères païens à adopter cette religion et dans quelles conditions elle fut vaincue, en 702, par les Arabes arrivés de Tunisie, dans les Monts des Aurès où, actuellement se dresse une statue la représentant près de Khenchela.

Extraits de : Ibn Khaldoun - Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale, traduction Le Baron de Slane - Paris, Librairie orientaliste Paul Geuthner 1925 .

Les passages mis en italiques sont de l'auteur de cet article.
Origine des Berbères

En traitant de la race berbère, des nombreuses populations dont elle se compose et de la multitude de tribus et de peuplades dans laquelle elle se divise, nous avons fait mention des victoires quelle remporta sur les princes de la terre et de ses luttes avec divers empires durant des siècles, depuis ses guerres en Syrie avec les enfants d'Israël et sa sortie de ce pays pour se transporter en Ifrikia et en Maghreb. (OP T.1 p.198)

La Kahena, dirigeant politique et chef de guerre
Nous avons raconté les combats qu’elle (la race berbère) livra aux premières armées musulmanes qui envahirent l'Afrique ; nous avons signalé les nombreux traits de bravoure quelle déploya sous les drapeaux de ses nouveaux alliés et retracé l'histoire de Dihya-t-el-Kahena, du peuple nombreux et puissant qui obéissait à cette femme et de l'autorité quelle exerça dans l'Auras depuis les temps qui précèdent immédiatement l'arri-vée des vrais croyants jusqu'à sa défaite par les Arabes. (OP T.1 p.198).
Les origines juives de la Kahena

Une partie des Berbères professait le judaïsme, religion qu'ils avaient reçue de leurs puissants voisins, les Israélites de la Syrie. Parmi les Berbères juifs, on distinguait les Djeraoua, tribu qui habitait l'Auras et à laquelle appartenait la Kahena, femme qui fut tuée par les Arabes à l'époque des premières invasions. Les autres tribus juives étaient les Néfouça berbères de l'Ifrikia, les Fendelaoua, les Mediouna, les Behloula, les Ghiatha et les Fazaz, berbères du Maghreb-el-Acsa. Idris premier, descendant d'El-Hacen, petit-fils de Mahomet, fit disparaître de ce pays jusqu'aux dernières traces des religions chrétienne, juive et païenne et mit un terme à l'indépendance de ces tribus. (OP T.1 p.208-209)

La Kahena, une puissante pretresse

Hassan [1] demanda alors quel était le prince le plus puissant qui restait encore en Ifrikia et on lui désigna une femme qui gouvernait les Berbères et qui était généralement connue sous le nom de El-Kahena[2] . « Elle demeure, dirent-ils, au Mont-Auras ; elle est d'origine berbère, et, depuis la mort de Koceila, les Berbères se sont ralliés à elle ». Cette femme prédisait l'avenir et tout ce quelle annonça ne manqua pas d'arriver. On lui parla encore de la puissance quelle exerçait en l'assurant que la mort dune personne aussi redoutable pourrait seule mettre un terme à la révolte des Berbères . (OP T.1 p.340)
La guerre Arabo-Berbère Hassan contre la Kahena
- La bataille de Nini

La Kahena, avertie que Hassan s'était mis en marche pour l'attaquer, fit démolir la forteresse de Baghaïa, pensant que c'était la possession des places fortes que visait le général musulman. Hassan s'avança pourtant contre elle sans se soucier de ce quelle venait de faire et lui livra bataille sur le bord de la rivière Nini. Après un combat acharné, les musulmans furent mis en déroute ; un grand nombre d'entre eux perdit la vie et plusieurs des compagnons de Hassan furent faits prisonniers. La Kahéna les traita avec bonté et les renvoya tous (vers Hassan) à l'exception de Khaled-Ibn-Yézid, de la tribu de Caïs , distingué par son rang et par sa bravoure , quelle adopta pour fils [3]. (OP T.1 p.340)

- L'erreur de la Kahéna

(Après la bataille de Nini, Hassan se retira de l’Ifrikia et demeura dans la province de Barca durant 5 ans. Par la suite, il reçut des renforts et songea, à nouveau, à envahir les territoires des Berbères).
A son approche (celle de Hassan), La Kahéna dit à son peuple :
« Les Arabes veulent s'emparer des villes, de l'or et de l'argent, tandis que nous, nous ne désirons posséder que des champs pour la culture et le pâturage. Je pense donc qu'il n'y a qu'un plan à suivre, c'est de ruiner le pays afin de les décourager ». Elle envoya donc ses partisans partout afin de renverser les villes, démolir les châteaux, couper les arbres et enlever les biens des habitants. Abd-er-Rahman-Ibn-Ziad-Ibn-Anam rapporte que tout le pays, depuis Tripoli jusqu'à Tanger, n'était qu'un seul bocage et une succession continuelle de villa-ges, et que tout fut détruit par cette femme.

Ainsi, quand Hassan s'approcha de l'Ifrikia, il eut le plaisir de voir les Roum venir à sa rencontre et implorer son secours contre la Kahéna. Il se dirigea alors sur Cabès dont les habitants vinrent au-devant de lui pour lui offrir une somme d'argent et faire leur soumission. Autrefois, ils n'avaient jamais voulu admettre un émir arabe dans leur ville. Aussi, Hassan leur donna pour gouverneur un jeune esclave. De là, il se rendit à Cafsa qui se soumit à son autorité ainsi que Castilia et Nefzaroua . (OP T.1 p. 341).

- Fin et mort de La Kahéna

Quand la Kahéna vit s'approcher l’avant-garde arabe, elle fit venir ses deux fils ainsi que Khaled-Ibn-Yézid (son fils adoptif) et leur annonça quelle même serait tuée et que, eux, ils devaient se rendre auprès de Hassan pour solliciter leur grâce. Le général musulman accueillit les deux transfuges et les mit sous la protection d'un de ses officiers, puis ordonna à Khaled de se porter en avant contre la Kahéna. Les troupes arabes engagèrent contre celles de la Kahéna un combat acharné et le carnage fut si grand que tous les Arabes s'attendaient à être exterminés. Mais Dieu étant venu au secours des Musulmans, les Berbères furent mis en déroute avec des pertes énormes. La Kahéna elle-même fut atteinte et tuée dans sa fuite. Les Berbères demandèrent grâce à Hassan et l'obtinrent à la condition de lui fournir un corps auxiliaire de 12 000 hommes. Cette troupe fut aussitôt mise, par Hassan, sous les ordres des deux fils de la Kahéna.

Dès cette époque, l'islamisme se propagea parmi les Berbères. La guerre étant terminée de cette manière, Hassan revint à Cairouan et réorganisa l'admi-nistration du pays. (OP T.1 p.341-342).
Hubert Hannoun

N.B.

[1] Hassan Ibn-El-Noman, gouverneur de Cairouan.
[2] Kahena signifie devineresse, en arabe, et prêtresse, en hébreu .


[3] Plus tard, Khaled devait trahir la Kahéna .
Il entretint une correspondance secrète avec Hassan pour le tenir informé de toutes ses démarches de sa mère adoptive. Cette trahison est, sans doute, pour une part dans la défaite de La Kahéna devant Hassan.

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Kahena - Wiki (extraits)
"... plusieurs penseurs disent que c'est une des premières féministes bien avant le Moyen Âge1 et une des premières reines guerrières de l'Histoire. De nombreux auteurs la considèrent comme juive2,3, d'autres comme chrétienne4 et Ibn Khaldoun lui attribue des pouvoirs surnaturels5.

- Selon certains historiens , elle aurait été juive, issue de la tribu des Djerawa. Selon les dernières recherches effectuées notamment à l'université de Cambridge autour des manuscrits découverts à la Guenizah du Caire (découverts au début du XXe siècle et analysés depuis l'an 2000), le père de la reine Kahena s'appelait Maatia, dérivatif de Mattathias, nom du prêtre juif, père de Judas Macchabée, qui avait expulsé les Séleucides de Judée en -165.


- Selon l'historien et géographe français Émile-Félix Gautier : « Les Djeraouas ne sont plus des chrétiens comme les Aurébas, mais bien des juifs ». Strabon avait déjà témoigné à l'époque romaine que les juifs étaient nombreux en Afrique du Nord. Selon [Qui ?], certains y étaient venus librement au fil des siècles avec les Phéniciens, dès le temps des Carthaginois, tandis que d'autres y avaient été déportés par Trajan, après avoir tenu tête en Cyrénaïque aux légions romaines. Ainsi avaient-ils participé à la conversion de nombreuses tribus berbères.[réf. nécessaire]

-Selon l'historien Gabriel Camps, spécialiste du Maghreb, les tribus zénètes n'étaient pas juives mais bien chrétiennes. Toutefois, pour Paul Sebag « c'est aller à l'encontre des textes, difficilement récusables20 » qui donnent la Kahena pour juive, et membre d'une tribu berbère judaïsée

Je donne raison à ce dernier sinon comment expliquer qu'il n'y ait pas chez les Arabes des Ben Durand, Ben Dupont ou tout simplement Dupont comme Haddad pour ne citer que ce nom qui es autant juif qu'arabe en Tunisie et Maroc . Ni des Ben accompagnés de noms juifs, notamment en Algérie. Il est vrai que tout le monde veut s'approprier les "biens" - tout ce qui fait honneur et l'honneur - des Juifs.....

Sa plus grande erreur fut l'adoption de Khalid:

Wikipédia: Dihya s'engage une dernière fois dans la bataille en 702 à Tabarqa. La défaite de ses troupes est en partie due à la trahison de Khalid, jeune Arabe que la reine avait épargné et adopté selon la coutume de l'anaïa (protection) en vigueur chez les anciens Berbères16.

Constatant que tout est perdu, Dyhia envoie ses deux fils, Ifran et Yezdia, auprès d'Hassan17,18. Elle continua de combattre mais, trahie, elle est capturée17. Puis, elle aurait été décapitée dans les environs d'El-Djem et sa tête remise au calife17. Suite à cette victoire, Hassan réclame aux Berbères 12 000 cavaliers, dont il confie le commandement aux deux fils de Dyhia, auxquels il attribue aussi le gouvernement du mont Aurès18.

Écrit par : Patoucha | 22/07/2012

Corto ci-après un rappel des méfaits du Makhzen sur les amazigh au Maroc :

Les Amazighs accusent le Makhzen d’avoir gazé leurs compatriotes rifains
Rabat.

- Il n’y a pas que les Espagnols qui ont gazé des Marocains dans les années vingt du XXe siècle. Le président de l’Assemblée mondiale amazighe, une organisation supranationale de défense des droits des Amazighs, Mohamed El Battiui, a accusé le Makhzen d’avoir gazé les Rifains lors de la Guerre du Rif (1921-1927).

El Battiui, qui est professeur universitaire en Belgique, assure dans un communiqué que lors de la Guerre du Rif, le « Sultan des Français », Youssef El Alaoui, père de Mohamed V et grand-père de Hassan II, a encouragé les Espagnols, qui avaient l’intention de quitter le nord du Maroc après la débâcle d’Anoual, à y rester pour combattre Abdelkrim El Khattabi.

Mais le pire, c’est que « le sultan Youssef avait parrainé une escadrille américaine, l’escadrille chérifienne, qui a pris part au largage des armes chimiques sur les populations rifaines », écrit El Battiui dans son communiqué.

« Moulay Youssef » est assurément le digne papa du sultan-roi Mohamed V qui, avec l’aide de son auguste fils Hassan, le futur Hassassin II, brûlera au napalm les mêmes rifains en 1958.

Le même Hassan II qui ne ménagera pas ses efforts pour massacrer allègrement ses compatriotes, cette fois-ci de toutes les régions du Maroc, durant les grandes révoltes populaires des années 60, 80 et 90.

La famille, la famille…

Badr Soundouss

Écrit par : Chihab | 23/07/2012

Peuple Kabile, soulevez-vous, faites comme les kurdes, demandez l'autonomie, c'est le bon moment !

Écrit par : Corto | 03/08/2012

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