30/05/2012
La fidélité, véritable mouroir !?
Ces quelques lignes consacrées à des hommes qui se sont exprimés de façon libre, sincère et spontanée et qui ont donné libre cours au sujet de la fidélité, ou infidélité et qui expliquent comment elle n'est pas incompatible avec l'amour qu'ils portent à leur femme ou leur compagne et au besoin irrépressible qu'ils ont de gamberger tout en gardant intacte la cellule familiale.
« Tu comprends, j'aime les femmes, je les adore, elles sont irrésistibles, si belles, si tentantes ! » me disent-ils et puis "ce que ma femme ne comprend pas c'est que je puisse avoir une aventure tout en restant profondément amoureux d'elle. Les hommes sont des chasseurs impénitents, ils aiment les aventures mais encore davantage le nid douillet qu'ils ne mettraient pour rien au monde en péril."
Comment concilier l'un et l'autre ? L'amour et l'aventure, et celui encore plus fort et plus profond du lien conjugual dans lequel ils ont mis tous leurs espoirs et toute leur énergie. Ces hommes ont quelque chose de touchant, englués qu'ils sont dans cette antinomie qui les perturbe et à travers laquelle, ils se sentent incompris par la société tout entière et surtout par leur femme.
Après plusieurs années de vie en couple, il y a la lassitude, Madame a de plus en plus souvent des migraines, des «pas ce soir, je me sens fatiguée ! ». « le ménage, les enfants, le travail m'épuisent ! » , autant d'excuses pour camoufler, en réalité, le manque de désir . Ce lit qui autrefois était un joyeux champ de bataille s'est transformé en haut lieu de la défaite, un sinistre Waterloo qui n'en finit plus. - Les mots poétiques se réduisent à la liste des courses : « n'oublie pas d'acheter le sel et le PQ ! ». Peu à peu, la passion, l'érotisme se se sont érodés au fil du temps, bien que des liens très forts se soient tissés ; l'amour s'en est allé, par la grande porte, sans qu'on y ait prêté vraiment attention. L'attachement tissé d'habitudes et de rituels rassurants s'est installé plus fort peut-être que l'amour et puis les enfants sont là, pour rien au monde on ne voudrait y renoncer.
Comment concilier cela ? Seule la série de mensonges arrive à donner le change: « Une réunion qui se termine tard, chérie! !-« Un voyage d'affaires qui me retiendra plusieurs jours ! »- Parfois l'homme devient agressif pour justifier le fait qu'il aille chercher ailleurs, une façon subtile de déculpabiliser sur le dos de Madame qu'il charge sans répit, à coups de petites remarques assassines. Lorsqu'il ne s'agit que d'une aventure d'une nuit par-ci par-là, les dégâts sont moindres. Mais parfois les sentiments leur jouent des tours, ce qui devait ne durer qu'une nuit devient rendez-vous à répétition, puis le doute s'installe. Madame farfouille le portable, fait les poches, observe l'augmentation des dépenses, découvre quelques indices inquiétants pour la paix des ménages . Monsieur résiste, s'enfonce, jure par tous les Dieux et surtout par tous les Diables que ce ne sont là qu' hypothèses insensées et fruits de l'imagination de la jalousie toute féminine.
Que dire ? La fidélité n'est-elle qu'un mouroir, un de ces machins qui vous prépare une tombe profonde dans laquelle on jette tous ses élans amoureux, son romantisme, ses déclarations enflammées ? Que n'a-t- on pas écrit sur la fidélité ? Fidélité, la plus noble des servitudes . L'art de pratiquer l'adultère que par la pensée. Salle d'attente entre deux plaisirs . La fidélité épuise. La fidélité n'est pas plus naturelle à l'homme que la cage au tigre. Une vertu chez l'un, un effort chez l'autre. Mais encore !
Après avoir écouté et suivi tous les périples et les évolutions de l'âme en souffrance toute masculine, j'avance timidement que si Madame, elle aussi se permettait quelques infidélités peut-être que ceci rééquilibrerait cela. Et là ! Surprise. L'homme monte sur ses chevaux et prouve par A plus B que chez la femme c'est tout différent. L'infidélité n'est pas naturelle chez elles, contrairement aux hommes, les femmes sont incapables comme les hommes d'assumer une relation extra-conjuguale, ou extra-relationnelle . L'homme oublie, la femme s'oublie et s'attache. L'homme est un chasseur qui espère le repos du guerrier auprès de sa douce , quant à elle, sa fidélité n'est plus qu'une tragédie baignée dans les larmes amères de l'infidélité de l'autre.
Pour conclure sur un clin d'oeil ironique : "qu'est-ce que la fidélité sinon le désir de poursuivre le même combat avec le même ennemi ?"
Mais dans le fond, nous sommes tous de grands romantiques qui rêvons d'un amour unique et éternel basé sur une fidélité absolue. Ah! Qu'il est bon de rêver: rêvons, rêvons !!!
Je mets un lien sur l'article de Pacha K Mac qui fait écho à mon billet : Fidélité égal servilité ou noblesse d'aimer?
http://pachakmac.blog.24heures.ch/archive/2012/05/30/fide...
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27/05/2012
Les employés Merck Serono résistent aussi avec humour !
08:55 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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26/05/2012
Ô Déesse Océane
Dans ta chevelure d'argent
Tu as ramené l'amant
Perdu dans ses tourments
Sur les rivages de mes désirs
Ardents
Dans ta chevelure d'écume
Chevaux fous aux sabots d'enclume
S'est dessiné notre avenir
Déjà passionné de souvenirs
Dans tes profondeurs abyssales
Des sylphides, belles vestales
Ondoient dans les couleurs marines
Ah ! Amoureuses séraphines
Evanescentes dans les aigue-marines
D'une capricieuse houppe serpentine
Balbutiant entre bleu azur et bleu roi
Parmi tes eaux cristallines
Des coquillages rêveurs
Murmurent des légendes
Qui dans le bleu céruléen
Se transforment en guirlandes
Tressées en offrandes
A ces nymphes mathurines
Mes rêves se sont enivrés
De tes chants psalmodiés
Dans le mouvement de tes vagues
Dans le va-et-vient incessant
Des rouleaux se font et se défont
Et révèlent leurs secrets millénaires
Engloutis dans les sables
De nos mémoires infidèles.
Théoule- sur-mer, samedi 19 mai 2012
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20/05/2012
Mao et la Chine cannibale
(Personnes sensibles s'abstenir) - Quelques amis bien intentionnés m'ont proposé plusieurs titres pour ce billet : « Mao Zedong aux petits oignons » ou « la Chine gourmande ». C'est difficile de faire de l'humour avec de l'anthropophagie au fond de la casserole. Mais il s'agit d'un pan de l'histoire de l'humanité qu'on ne pourra pas évincer. Et avec les oeuvres chinoises traduites on découvrira cette période sombre de l'histoire chinoise, encore peu connue. Le bouillon, il faudra bien le boire jusqu'à la lie, la plus amère et la plus rebutante. Pour lâcher finalement encore un énième "Jamais plus ça"- Ces jamais qui se suivent et s'accumulent, au fil des siècles.
Plongée dans l'œuvre du Chinois Ma Jian - "Beijing coma"- pas moins de 895 pages ; plusieurs pages traitant de cas de cannibalismes m'ont interpellée, après avoir investigué, force est de constater, qu'il ne s'agissait pas de quelques cas isolés ; mais bien d'un phénomène répandu, dans cette Chine, qui a connu la plus grande famine de l'histoire (1959-1961). Mao Zedong a, sans doute, été le plus grand génocidaire de l'histoire du monde ; malgré l'échec de sa réforme économique, à force de s'obstiner, sourd et aveugle, il a, hormis le fait de répandre la terreur, plongé le pays dans une pauvreté sans précédent. La Révolution a engendré 65 millions de morts, dont 30 millions de façon directe.
Pour revenir à l' anthropophagie, elle est profondément ancrée en Asie et elle réapparaît de façon spontanée lors de grandes famines ou de guerres. Les raisons peuvent aussi varier, soit pour des raisons médicales, sacrifices rituels, soit s'inscrire - comme on l'a vu précédemment - dans un processus de cohésion sociale pour bien montrer à quel camp on appartient et comment on traite l'ennemi. Dans Stèles rouges - Du cannibalisme au totalitarisme- Zheng Yi qui a soutenu la révolte estudiantine comme Ma Jian qui la cite dans son oeuvre colossale, sur la place Tian An Men, en juin 1989, révèlent et l'un et l'autre; outre la résistance des étudiants , un pan tragique de l'histoire chinoise avec son corollaire le plus atroce : l'anthropophagie pratiquée sur des milliers de personnes. Les régions de Guangxi ont été particulièrement concernées par ces horreurs et tout cela attisé par Mao, au nom de la révolution politique et de la lutte des classes .
Le cannibalisme largement pratiqué avait pour but de montrer qu'on était d'abord un bon citoyen révolutionnaire, puis accessoirement on utilisait les organes du mort comme médicament. « Deux foies séchés » dont le paysan se servait d'un petit bout, à chaque fois, qu'il avait des douleurs à l'estomac. Séchée,grillée, assaisonnée, marinée, épicée, il ne s'agissait pas de manger la viande crue mais finalement de la préparer au mieux, tant qu'à faire, au moins qu'elle ait du goût. Pour exemple, dans les camps de rééducation de Gansu , 1700 personnes sont mortes de faim, les autres prisonniers ont survécu et on sait comment, pour la plupart, dorénavant.
A Guangxi, notamment, les Comités révolutionnaires devaient non seulement tuer l'ennemi des classes mais de surcroît le dévorer. On cuisait les récalcitrants au régime, dans de grandes cuves avec des pieds de porc, face à la quantité de personnes tuées on décidera de ne garder plus que le cœur, le foie et la cervelle. 350 personnes dévorées ainsi rien que pour l'année 1968, dans cette région. Inutile de préciser que les dévorés disparaissaient définitivement, on ne retrouvait plus aucune trace de ces victimes.
D'autres cas plus cruels étaient mentionnés lors des « tontines », durants lesquelles l'on s'échangeait les enfants pour les manger. Pour ne pas dévorer ses propres enfants on les troquait avec d'autres familles, et c'est en pleurant que l'on déchirait cette chair tendre pour survivre. Des parents rendus fous par la faim. D'autres cas ont été révélés, entre autres, des principaux de collèges dévorés par leurs élèves lorsque ceux -ci avaient osé critiquer la politique de Mao.
On mentionne 1969, toutefois cette pratique qui trouve aussi ses sources dans des rituels ancestraux semble continuer à se perpétuer sous d'autres formes tout aussi barbares et aujourd'hui, pour des raisons médicales ou pour s'assurer des performances sexuelles. Je ne vous inviterai pas à découvrir (personnes sensibles s'abstenir, images insoutenables) la soupe de fœtus, - ledit foetus vendu par des parents pauvres qui ne souhaitaient pas une fille ou malgré l'interdiction avaient fécondé un deuxième enfant ,- et servie dans des restaurants cannibales chinois pour 4'000 dollars et consommée par de richissimes vieillissants
Pour revenir à la Révolution culturelle chinoise, durant ces prochaines années, des registres de région finiront par être révélés aux historiens et traduits et on comprendra définitivement la mégalomanie d'un fanatique qui voulait remuer et révolutionner le ciel et la terre.
En attendant on a surtout révolutionné des chaudrons en touillant dans des bouillons infâââmes !
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13/05/2012
Paul Celan- Bégayer le monde

Sur émission RTS – Entre les lignes – Une émission passionnante que j’ai tenté de retranscrire.
Roland de Muralt dans son opuscule « L’espoir d’une parole à venir », texte bref et d’une étonnante densité, relate la rencontre entre Martin Heidegger et Paul Celan, que s’est-il dit à ce moment-là ? Une réalité historique recomposée, de cette entrevue du 25 juillet 1967.
La poésie de Celan est difficile à lire, c’est douloureux, il n’y a pas de codes, lire Celan c’est lire des poèmes qui exigent que l’on trouve les « Shibboleths » mots-clés, lire jusqu’à ce que l’œuvre livre enfin son énigme. Des "Schlüsselwörter" si secrets. Pénétrer dans le silence du poème. Un remugle de mots dans lequel il est difficile de rencontrer le poète, un poète qui se dérobe et qui exige patience et obstination. Un poète de la Shoah qui a fait de cette Shoah son propre langage, dorénavant il fallait écrire dans les « cendres »pour tenter de « fléchir cet anéantissement absolu .» Ces poèmes sont autant de bouteilles à la mer pour les fantômes et qui tendent vers un ailleurs porteur de destin. Des mots qui sont des navires et qui emporteront définitivement les ombres vers un cap les mettant pour l’infini, à l’abri de la barbarie. Avec Rilke, il est considéré comme le plus grand poète de langue allemande. Le drame, voire un paradoxe pour Celan qui chante la langue des bourreaux. Ecrire une nouvelle langue, parce que la langue est belle, jamais la barbarie ne pourra détruire la beauté ! Malaxer cette langue pour l’embellir, la secouer pareille à de vieux oripeaux fanés pour recréer une langue qui émerge du chaos.
En 1970, il se suicidera à l’âge de 50 ans, en sautant du Pont Mirabeau dans la Seine, ce même « Le Pont Mirabeau », poème d’Apollinaire qu’il avait traduit . La fin tragique d'un poète dont la mère a été tuée d’une balle dans la nuque, le père mort d’un typhus dans un camp, lui-même avait été assigné aux travaux forcés, contraint de casser des pierres.
Pour Adorno « écrire un poème après Auschwitz est barbare." Non ! pour Celan, après Auschwitz, c'est essentiel pour survivre, il faut écrire la poésie, mais quelle poésie dorénavant ? Il ne reste plus que des mots pour donner la parole aux morts. La barbarie ne peut pas tuer la beauté. Mais elle tue pourtant les poètes. Celan écrit en allemand, la langue de Hölderlin, mais néanmoins aussi la langue des barbares. Les SS hurlaient dans cette langue. Lui-même n’a jamais voulu écrire en français. Il écrira la langue de Goethe; mais il l’utilisera en la malaxant, en la triturant, une langue distordue. Heidegger qui a adhéré au parti nazi en 1933 et qui s’étonne de découvrir que Celan soit juif , derrière l’étonnement, une question plus angoissante . Un Juif, aux yeux de Heidegger, a-t-il le droit d’écrire en allemand ? La rencontre de 1967 est déterminante pour Celan qui attendra des excuses de la bouche de Heidegger, celui-ci l’invite chez lui dans sa Hütte, et qui selon toute vraisemblance n’ont jamais été dites, ni prononcées, peut-être ni même pensées.
Une rencontre cruelle pour Celan, le silence de Heidegger tombe pareil à un linceul sur le poète. Quel lien entre les deux ? Pourquoi le poète accepte-t-il cette invitation de celui qui a adhéré au Parti nazi ? Hölderlin, serait-il leur trait d’union. Heidegger ayant beaucoup écrit sur le poète allemand. Deux intellectuels qui se rencontrent ? autre hypothèse. Celan savait, au fond de lui, que Heidegger n’apporterait jamais ces mots de compassion, celui qui s’est projeté comme le philosophe du nouveau régime. Le plus grand échec d’une rencontre. Que dira-t-il à Hannah Arendt, son ancienne maîtresse et son ancienne étudiante, la plus brillante et qui est venue, sans doute, elle aussi chercher auprès du philosophe allemand comment il pourrait justifier cela, avec quels mots, quels regrets ? Pour seule réponse, un silence aussi ?
Aller au bout de l’enfer pour que les morts puissent en revenir, l’orphisme extrême. Avec une langue ténébrique, qui bégaie, les mots lancés comme des pierres, il parle aux ombres, il les faits parler, la tentation du silence et dire jusqu’à l’étouffement. Faire advenir fantômes et ombres . Mais avec le souci d’être compréhensible et de témoigner. Il éructe comme s’il étouffait, mais il continue à témoigner, porte-parole de ses ombres. La syntaxe se casse, les mots ne sont pas terminés, après l’étouffement, la destruction. Une poésie qui est la prolongation du poète et qui disparaît avec lui, il bégaie…… Celan posera la question à Heidegger de manière maladroite et en bégayant : Vous n’avez rien à me dire ?
Un silence obtus orgueilleux du philosophe et qui a aussi contribué à perdre le poète qui deviendra profondément dépressif jusqu’à en mourir.
La mort douloureuse d’un poète qui n’avait plus que des mots à bégayer pour décrier le monde de la barbarie !
TTTTTTuuuuuuu jouuuuuurssss bégayyerrrrrrrrrrr !!!!!!
22:44 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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11/05/2012
SERONISSIME - LE LABEL DE CEUX QUI NE BAISSENT PAS LES BRAS
Il y a eu Serono, puis Merck Serono et maintenant je propose Seronissime, la génération d'après. Plus que le premier et que le second, un label de qualité, la marque des entrepreneurs qui ne se déclarent ni vaincus, ni manipulés.
Un groupe de chercheurs et d'employés qui prennent en main leur avenir et recréent leur propre société. Des hommes et des femmes qui étaient la substance d'une entreprise, sa matière grise et que l'on déplace comme des pions ou qu'on sort de l'équichier à coups de pied et qui décident de reprendre les rênes de leur vie professionnelle.
Il est bon parfois d'être visionnaire ou d'avoir un rêve magnifique, les plus grandes réalisations naissent toujours d'un rêve que l'on croyait irréaliste et pourtant qui a fini par se réaliser.
La Suisse en aidant ces employés hautement qualifiés à repartir sur de nouvelles bases s'assure garder des compétences, se donne les moyens de se positionner comme pôle d'excellence dans le domaine de la biopharma. D'un échec, on déciderait tous ensemble de serrer les rangs et de trouver les meilleures solutions possibles pour donner un souffle nouveau à un secteur davantage soumis au jeu des actions qu'à une dynamique de construction.
Oui ! rêvons tous ensemble. Mettre à disposition des locaux adaptés à la recherche pris en charge en partie par des aides du Canton. Des sources de financement privés pour soutenir les laboratoires de recherches. Des chercheurs qualifiés qu'on garde et qu'on irait de surcroît chercher au sein du même groupe incapable de leur offrir des conditions de travail décentes, un avenir assuré, aujourd'hui. Par la même occasion on viderait l'entreprise de sa ma matière grise, cette même entreprise qui a oublié que ce sont des femmes et des hommes qui lui ont permis de se maintenir et de s'accroître jusque là.
Des millions qui ont été investis dans la formation de ces scientifiques , des années de savoir-faire. Pourquoi les laisseront-on partir à notre tour ?
Seronissime, c'est dépasser Serono et Merck, c'est notre nouveau label 100 % suisse , un label qui trouve son ancrage dans notre environnement apte à rebondir, à décider, à ne pas baisser les bras. Non seulement il en va de l'avenir des employés de Merck Serono mais d'une région tout entière et des milliers d'autres emplois locaux touchés par une décision totalement arbitraire et du fait d'une longue liste d'incompétences. A ce sujet l'article du Temps et son enquête sur un naufrage est très révélateur d'un management et d'une stratégie en œillères.
Seronissimement vôtre ! Le capital ne manque pas, c'est la vision qui fait défaut.
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07/05/2012
"Maman, regarde-moi, je suis sur le pont !"
![vg_04_24_pont_sur_autoroute[1].jpg](http://regardscroises.blog.tdg.ch/media/02/00/582664386.jpg)
Par tous les temps, par toutes les saisons, il parcourt le pont de long en large, le visage buriné, rivé par-dessus la rampe ; il scrute rapidement à l'intérieur de chaque voiture qui passe rapidement, pour happer le visage de sa mère, il la cherche, la guette, la supplie d'apparaître, patiente du matin au soir.
Il est tendu, le visage crispé par cette douloureuse attente ; les muscles de ses mâchoires semblent courir sous la peau, il regarde ainsi depuis des années des milliers de voitures défiler sur l'autoroute. Et soudain, son visage s'illumine, là ! Il l'a vue, assise, sereine dans une voiture, elle porte sa jolie robe bleue, si printanière avec ses grands motifs marguerites, comme à chaque fois, elle lui fait un signe léger de la main. Sur son tendre visage un sourire, lointain, si énigmatique. Le cœur du fils bat, il crie: "Maman, je suis là, sur le pont !" , il lui tend les deux bras, comme pour l'enlacer. Sous lui, la voiture disparaît, il traverse le pont en courant pour la voir surgir de l'autre côté, juste le temps de la voir s'éloigner. Ses yeux sont pleins d'amour, il l'a vue, aujourd'hui, enfin, cela faisait une semaine qu'il arpentait ce pont en désespérant de la voir surgir . Or, il peut maintenant abandonner le guet et vaquer à ses occupations ; heureux, souriant, il va jardiner chez les uns et les autres en chuchotant, sur un ton de confidence, à qui veut bien l'écouter :"Aujourd'hui, je l'ai vue !"
Cela s'est passé, il y a exactement 35 ans. Le temps a passé, depuis ce jour, où sa mère a disparu dans un accident de voiture. Il s'en souvient comme si c'était hier; un choc, un bruit épouvantable de tôle froissée, un cri, pour finalement comprendre et réaliser après un long coma dont il aurait préféré ne jamais en sortir : la tragédie, que dorénavant des deux , il est le seul à avoir survécu. Rien n'y fait . On a beau eu le soigner, le piquer de partout, le ligoter, l'enfermer, le bourrer de neuroleptiques, puis essayer les anxiolytiques qui lui font prendre au moins 15 kilos, à chaque fois. Inlassablement, il revient se river sur ce pont avec un espoir sans cesse renouvelé; voir Maman. Et des années de séances, pour le persuader qu'il ne la voit pas en réalité, que c'est le fruit de son imagination, - on est même allé le convaincre qu'il était schizophrène - , n'ont servi à rien.
Il s'en persuade un moment, que ce ne sont-là que des visions, les gens qui le lui disent ont certainement raison : il s'abstient, il évite le pont, contourne le village, mais à quel prix. Quelle souffrance, que d'interrogations coupables. Et si Maman m'attendait ? Et si Maman était passée sans m'avoir vu, aux aguets sur le pont, comme d'habitude? C'est sûr ! pense-t-il, elle se sentira abandonnée, délaissée. Il faut que j'y aille ! Elle va sûrement s'imaginer que je l'ai oubliée.
Un fils doit toujours attendre sa mère, une mère doit pouvoir compter sur son fils! songe-t-il. Quel que soit le temps, peu importent les heures debout à lutter contre le froid, dès qu'il la verra, il sentira cette douce chaleur maternelle monter en lui. Ses baisers si tendres qu'il recevait en tendant la joue et en respirant son parfum. "Une Maman, on ne l'abandonne pas" , c'est ce qu'il a essayé d'expliquer, en vain à son médecin-psychiatre. Dans le village, tous le surnomment "l'homme du pont."
La journée est terminée, Jean vide son verre de blanc d'une traite en le reposant bruyamment sur le comptoir en zinc tout en discutant avec ses copains. Il livre des bouteilles de vin dans toute la Haute-Savoie, cette autoroute, il l'emprunte, au minimum, cinq fois par semaine et cela depuis plusieurs années. Les copains le taquinent :"Alors, comment va ta dame à la robe bleue aux marguerites?" . Il est dorénavant habitué, à ces plaisanteries et se défend gentiment : " Elle est bien gentille, cette femme. Elle reste au bord de l'autoroute, bien que ce soit interdit, elle tend un pouce timide, je l'emmène, chaque fois que je la vois et lorsqu'elle passe sous le pont, elle salue, d'un geste de la main, un homme qu'elle dit être son fils et qui paraît l'attendre ! ça fait des années que ça dure, elle porte toujours la même robe, par tous les temps, elle ne semble même pas ressentir le froid. Les gens ont de drôles d'habitudes. Elle ne dit rien, elle se contente de sourire en hochant la tête. Les gens sont parfois si étranges, conclut-il, en soupirant. …………………………..
Récit inspiré par la vraie histoire de"l'homme du pont" qui vendredi en me croisant m'a dit avoir vu sa mère
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04/05/2012
La symphonie arachnéenne
Un son « doux et profond » telle est la conclusion d'un chercheur japonais qui a réussi à tisser des cordes de violon avec des soies produites par 300 araignées.
De facture légère et souple plus résistantes que des câbles en acier, les fils soyeux offrent de nombreuses applications. Après plus de 35 ans de recherches, le professeur Shigeyoshi Osaki a dû apprendre à communiquer avec les araignées, car aussitôt qu'elles sentent une pression sur le fil, elles le coupent. A force de patience et d'observation, il a fini par comprendre leurs habitudes. En leur tapant sur l'abdomen avec une brindille, il est parvenu à les inciter à produire leurs fils de soie et créer un violon avec 3000 à 5000 brins par corde.
Une idée en entraîne une autre, il est facile d'imaginer que l'araignée plantée au milieu de sa toile, entende une musique quasi-céleste, toile transformée en instrument à vent. Le moindre souffle qui rencontre un fil produit un son, si ténu soit-il. Une espèce de cathédrale acoustique d'oû émergerait une série de sons plus beaux les uns que les autres. Notre mélomane se balançant au cœur de sa toile , avec ses minuscules pattes de velours faisant office d'archets qu'elle pose, sur un fil ou un autre, cheffe d'orchestre d'une symphonie fantastique. La musique est sans doute partout. La goutte d'eau qui tombe , le doux carillon éolien, le bruit cosmique mentionné par les poètes qui chérissent le chant des étoiles !
Faut-il s'imposer plus de silence pour entendre cette musique omniprésente. J'écoute et entends le doux piaillement des oisillons, au-dessus de ma fenêtre, qui réclament , à cor et à cri. la becquée.
Bon week end
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02/05/2012
Deux personnages en quête d'auteur
Quand vous rencontrez sur votre chemin des personnages à la Kerouac, ça vous décoiffe ! Pour vous parler de ces deux-là, je ne sais même pas par où commencer, tant il y a de la confusion, du chaos, de la tendresse, du génie......
Ce soir-là, ils s'étaient déjà avalé quelques bouteilles de bière, la femme écrivaine-journaliste qui a découvert tard l'écriture et le cameraman qu'on envoyait régulièrement en mission ; avec pour tâche, ramener des images de guerre, d'éviscérations, d'enfants brûlés vifs, torturés, de femmes battues, violées, d' explosions, de charniers, de destructions et ceci jusqu'à ce jour, ô combien fatal, où la seule chose qu'il avait vue et qu'il avait réussie à ramener de sa mission étaient des anges. Il avait vu des anges, il en avait plein la tête. Sans doute, pour ne plus voir l'horreur pour ne pas devenir fou. Evidemment, renvoi immédiat de la chaîne de télévision.
Donc, ces deux tendres égarés qui ont commencé leur vie avec un mode d'emploi à l'envers, l'une ayant subi des agressions très jeune, le second ayant perdu sa mère sous la roue d'un camion sous ses yeux, alors qu'il n'avait que trois ans, se rendent à une manifestation contre les replis identitaires. Grands défenseurs de liberté, ils ont toujours défendu l'Irak, la Révolution tunisienne, la Syrie, contre l'apartheid, pour l'idée d'une France multiculturelle. Deux Français, elle, menue, avec ses yeux d'un bleu pervenche, ses jolies fesses; petites boules de pétanque rangées très serrées dans le jeans, tandis que lui, ma foi, c'est bien vrai , il a une gueule d'ange. Un visage poupin, de grands yeux, lacs de montagne bleu profond, des cheveux blonds dorés, ondulés comme des champs de blé. Il a sûrement vu des anges en se regardant dans le miroir et il s'est confondu avec l'un deux , une fraction de seconde.
Après la manifestation, les voilà arrivés avec leurs deux bicyclettes volées, chargés de rêves d'une humanité meilleure et d'alcool devant une disco réservée uniquement « Black ». On refuse aux deux Blancos d'y entrer, du racisme mais à l'envers, cette fois-ci . Elle hurle en trépignant : « De Dieu, quand je pense tout ce qu'on s'est battu contre le délit de faciès à l'entrée des discos », ils gueulent, abreuvent allègrement les malabars, à l'entrée, en les traitant de tous les noms d'oiseaux, avant de les quitter. Ils enfourchent leurs bicyclettes, un vent fort et l'alcool aidant, ils zigzaguent dangereusement, s'emboutissent, s'écroulent sur l'asphalte en un bruit épouvantable.
La voiture de police débarque tous girophares allumés ; contrôle d'idendité, elle, éméchée trouve que le flic lui parle mal, elle lui balance une claque et notre « ange » a la vessie pleine à craquer, tout naturellement il confond la voiture de police 17 avec un urinoir et se lâche abondamment et bruyamment. Enfin soulagé ! Il ferme les yeux de plaisir tandis que le chaud liquide bruisse doucement contre la carrosserie immaculée de la voiture. Les seuls mots qui lui parviennent de façon cohérente : »Eh ! Le con, il pisse contre notre bagnole ! » lâché par un homme à l'uniforme qui se tient juste à côté de lui et qui n'en croit pas ses yeux et encore moins ses oreilles.
Tout ceci s'est fini devant un juge, encore un peu biturés d'une autre fête, ils ont bafouillé, éructé, se sont énervés pour finalement écoper, un mois pour elle, trois mois pour lui.
Je les vois tricoter cette vie comme ils peuvent, avec maladresse, humour, exagération. Ils essaient de faire tout juste, comme les autres, une maille à l'endroit, une maille à l'envers, une maille à l'endroit, une maille à l'envers, une maille.....En un rythme méthodique, régulier, aucune incohérence, ça file tout droit, tout ennuyeux. Et tout un coup, paf ! C'est plus fort qu'eux, ils vous lâchent une maille ou deux, une béance à travers laquelle, vous pouvez découvrir leur vie d'estropiés au grand cœur. On leur tape sur les doigts, reprenez les aiguilles et reprenez le grand tricot de votre vie, tout droit, ni gauche, ni droite, pas une maille de travers. De la discipline, voyons, faites comme tout le monde, pardi !
Dorénavant, ils sont passés à la Badoit, qu'ils ingurgitent à grands baquets, cul sec !
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01/05/2012
Merck Serono - "On n'ira pas en Chine"
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