08/04/2012

18 ème commémoration du génocide des Tutsi au Rwanda

340697-genocide-tutsi-survenu-rwanda-1994.jpgSamedi à Onex -  L'Association Ibuka qui œuvre pour la mémoire et la justice a choisi pour thème « Sortir du génocide et témoigner pour réapprendre à vivre " . Un génocide qui a touché  1 million de personnes tuées en 100 jours, dès le 7 avril 1994.

Dans une salle comble où les participants venaient principalement de la Suisse et de la Belgique et de la France,  ce fut un instant empli de dignité et de douleur. On pouvait voir sur certains rescapés les coups de machette mutilant atrocement .  Le témoignage d'une rescapée a littéralement bouleversé la salle, un long récit entrecoupé de silences douloureux,   Marie Niyonteze, auteur du livre : Retour à Muganza : Récit d'un avant génocide, et qui nous a retracés les signes avant-coureurs du génocide dont elle-même a été victime.

Deux représentants pour les communautés ;  juive avec son représentant  M. Victor GANI, Vice-Président  de la (CICAD) ,  et arménienne en la personne de  Stefan Kristensen, philosophe, membre de l'Union arménienne de Suisse (UAS)  sont intervenus pour rappeler combien les génocides se ressemblent. Comment, les mémoires historiques sont ensuite récupérées,  comment les  détracteurs de la mémoire  manipulent la mémoire collective, le négationnisme rampant, le révisionnisme sournois que les victimes doivent de surcroît supporter.   Et pour résister, il ne reste plus que la mémoire des survivants, ces récits qui doivent devenir un preuve devant des tribunaux.  Des horreurs qui ont pris  des années à pouvoir être révélées , quand elles le sont, comment trouver les mots pour raconter l'indescriptible ? Où trouver la force pour raconter et ensuite ne pas parvenir à trouver d'oreilles attentives. On préfère l'oubli. Cet oubli qui permettra de tout effacer pour tout recommencer.  Participer encore une fois à «  L'agonie de l'humanité « selon la poème de  Deogratias Mazina  -  Une humanité, broyée, hachée, violée, coupée en morceaux, mise à genoux.

" Devenir témoin, un processus difficile ". L'exposé d'une psychologue et psychanalyste,  Mme Godard , retrace le long parcours jusqu'au témoignage. Et puis après quoi ? Croiser parfois le tortionnaire qui,  lui,  n'a pas été condamné, par manque de preuve et qui s'en glorifie au coin d'une rue devant la jeune fille qu'il a violée. Comment répondre à cela ? Lorsque victimes et tortionnaires se retrouvent à vivre,  côte à côte, à se croiser au quotidien.  Des groupes de soutien se sont constitués, des tribunaux  populaires « les gacacas » qui signifie sur l'herbe,  en langage kinyarwanda. Les Rwandais ont trouvé par ce biais-là, la seule manière de traiter des cas à une si large échelle. Pratique d'un point de vue logistique. Mais certains témoins se sont vus menacés ou intimidés, et pourquoi exposer les violences sexuelles alors que les coupables ne sont plus là ?

Au moyen de ces  gacacas, c'était une autre tentative de réconciliation nationale . Pardonner , oui ! Oublier, jamais !

A mon avis, pardonner certes ! Mais faudrait-il encore que les bourreaux, que les tortionnaires fassent un travail sur eux. Un travail qui devrait être mené en parallèle à celui des victimes. Analyser avec les massacreurs comment ils en sont arrivés à se transformer, plus bas que la bête la plus sauvage. Un processus qui doit aussi être décrypté et compris par les bourreaux. Afin que cela ne se reproduise jamais plus.

Et puis comment pardonner,  lorsqu'on sait qu'un évêque valaisan, Monseigneur Perraudin, a été enterré avec tous les honneurs quand on sait quelle a été sa participation dans le génocide. Comment l'église catholique a fermé ses portes aux Tutsi qui se faisaient massacrer à la machette, inondant le parvis de l'Eglise du sang des innocents ou alors à l'intérieur même des églises où ils s'étaient réfugiés pensant être en sécurité. Que l'Eglise reconnaisse aussi son implication dans cette tragédie. Comment pardonner, lorsqu'on a vu un Papon se faire enterrer avec tous les honneurs et son insigne de la  légion que j'appelerai de "déshonneur"  ?

Pardonner oui, mais que chacun, au préalable,  reconnaisse ses responsabilités, que les pays impliqués reconnaissent leur participation active dans ces massacres.

Le pardon  a un prix, celui de la reconnaissance des actes des bourreaux  et du silence complice du monde.

 

Paix à l'âme des Tutsis génocidés et à tous les génocidés du monde.

 

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DISCOURS PRONONCES LORS DE LA COMMEMORATION :

Votre Excellence Madame l'Ambassadeur,

Chers compatriotes,

Chers invités,

Mesdames, Messieurs,

Je vous prie de vous lever et de garder une minute de silence en hommage aux victimes du génocide.  Merci.

Le mot rwandais « IBUKA » qui est le nom de  notre association, veut dire « souviens-toi, sous entendu, ce qui s'est passé au Rwanda en 1994.

 

Aujourd'hui, nous nous souvenons qu'il y a exactement 18 ans, notre pays a connu l'inoubliable printemps. En effet, le printemps rwandais de 1994, a été celui de larmes et de sang. Les Tutsi ont subi des horreurs et des atrocités inimaginables. Je ne dois pas les répéter ici, le monde entier a pu suivre ces scènes atroces sur les télévisions et dans la presse écrite.

Au lendemain de ce génocide, l'associatioon IBUKA- Mémoire et Justice, a été créée à Genève, le 28 mai 1995. Il s'agit d'une association sans but lucratif qui regroupe les survivants du génocide des Tutsi, les proches des victimes ainsi que toutes les personnes soucieuses de la mémoire des victimes et du sort des rescapés.

Elle se propose de réagir face aux causes et conséquences de ces terribles événements en œuvrant contre l'idéologie génocidaire, en soutenant les rescapés vulnérables, en promouvant la conservation et la transmission de la mémoire des victimes, et enfin, en appelant à toutes les instances concernées pour que justice et réparation soient faites.

 

Notre association, comme toutes les associations qui ont pour but de faire connaître au  monde les tragédies qui se déroulent un peu partout, agit bénévolement. Or, nous avons de multiples projets dont le but est de venir en aide aux rescapés.  Des projets d'envergure, comme des soins médicaux pour des cas graves nécessitant une intervention chirurgicale à l'étranger ainsi que la prise en charge des antirétroviraux, nécessitent bien sûr un investissement financier important que notre association n'est pas à même de prendre en charge à elle seule.

Nous espérons, avec l'aide de ceux et celles qui sont solidaires à notre cause, pouvoir réaliser quelques uns de ces projets. Si par exemple, chacun de vous, présents ici, met une contribution dans ce panier-ci, cela nous aidera à soulager des rescapés en mettant un peu de paume sur leurs profondes blessures.

Nous avons aussi les dépliants qui décrivent brièvement nos activités, nos coordonnées et quelques bulletins de versement. Servez-vous, je vous en prie.

Je vous remercie d'ores et déjà de votre générosité et de votre attention.

Samuel Musabyimana, responsable de la mémoire au sein de l'association Ibuka Suisse.

Je passe la parole au Maître de cérémonie, Albert Mukwiye.

 

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Votre Excellence Madame l'Ambassadeur,

Chers compatriotes,

Chers invités,

Mesdames, Messieurs,

 

Au nom de l'association que j'ai l'honneur de présider et en mon nom personnel, je tiens à vous remercier sincèrement d'être venus nombreux partager avec nous le souvenir des nôtres emportés par le plus odieux crime contre l'humanité, le génocide des Tutsi perpétré au Rwanda en 1994. Permettez-moi de vous dire que les témoignages de solidarité et de sympathie que vous nous exprimez par votre cordiale présence nous vont droit au cœur et les mots ne sauraient exprimer pleinement notre gratitude.

Chers invités, votre présence est un signe de soutien aux rescapés et aux survivants : des hommes et des femmes qui ont souffert dans leurs corps, dans leur âme et dans leur dignité ; des hommes et des femmes qui, tous, ont perdu des êtres chers ; des hommes et des femmes qui, s'ils n'étaient pas pris dans l'ignominie du carnage, ont vu l'horreur se perpétrer devant les caméras du monde et dans l'indifférence du monde. Et qui resteront marqués à jamais.

Votre présence est la preuve vivante pour tous les génocidaires, que le monde n'a pas oublié, que le monde ne veut pas oublier, ne peut pas oublier. C'est aussi le signe tangible pour les trop nombreux négationnistes qu'aucun génocide, que ce soit celui des Arméniens, des Juifs et des Tutsi ne disparaîtra jamais des mémoires. Par votre présence, vous exprimez que vous ne pouvez pas permettre que le négationnisme tue une deuxième fois les victimes, en les précipitant dans l'oubli de l'histoire. Vous voulez prouver que vous devez empêcher l'oubli.

 

Aujourd'hui, le 7 avril 2012, marque le triste 18ème anniversaire du déclenchement du génocide des Tutsi au Rwanda.

Nous avons intitulé le thème d'aujourd'hui, « Sortir du génocide et témoigner pour réapprendre à vivre ».

Au Rwanda, en 1994, les Tutsi furent tués pour ce qu'ils étaient, c'est donc un génocide qui est défini comme « l'extermination physique, intentionnelle, systématique et programmé d'un groupe ou d'une partie d'un groupe en raison de ses origines  ethniques, religieuses ou sociales ».[]

 

Le titre du livre rédigé par Alison Des Forges « Aucun témoin ne doit survivre le génocide au Rwanda » en dit long sur le but des génocidaires. Quel était ce but ?

« Exterminer les Tutsi de telle sorte que nos enfants aillent voir au musée de quoi ils avaient l'air », tels étaient les propos des autorités de la première République. Les Hutu et les faux histories prétendant que les Tutsi étaient venus de l'Ethiopie, où ils devaient retourner par le Nil, voici ce qu'a dit un ancien journaliste de la triste célèbre Radio Libre des Mille collines  « Renvoyez-les d'où ils sont venus par les voies les plus rapides » disait Léon Mugesera à Kabaya en 1992 (aujourd'hui dans les prisons rwandaises, extradé du Canada): La suite est connue : des milliers de corps que les rivières Akanyaru, Akagera et Nyabarongo charriaient et exposaient aux écrans de télévision du monde entier. Les pêcheurs du Lac Victoria ont été les seuls à crier au secours parce qu'ils étaient privés de poissons pendant plusieurs jours. Personne d'autre ne s'était inquiété de la catastrophe.

Comme pendant les autres génocides qui ont précédé celui des Tutsi au Rwanda, le pouvoir en place tenaient des discours politiques qui diabolisaient la minorité tutsi en la qualifiant d'étrangers usurpateurs et ingrats et des discours qui déshumanisaient et chosifiaient les Tutsi aux yeux des Hutu en employant les termes tels que : serpents, ennemis, cancrelats, etc.

 

L'histoire s'est plusieurs fois répétée. Après la Shoah, combien n'ont-ils pas cru qu'une chose pareille n'était plus possible, que les nations ne permettraient plus que de tels crimes ne se perpétuent, que les peuples de la terre se mobiliseraient à temps ?

 

Parlant de l'holocauste, en 1958, Primo Levi n'a-t-il pas écrit, je le cite : « si une chose est certaine en ce monde, c'est assurément que ça ne nous arrivera pas une deuxième fois ». En 1986, presque trente ans plus tard, le même auteur a écrit, je le cite encore : C'est arrivé, cela peut donc arriver de nouveau ; tel est le noyau de ce que nous avons à dire. Cela peut se passer, et partout », fin de la citation.

Il avait raison. Cela s'est passé au Rwanda en 1994. Pourrions-nous affirmer que l'histoire ne se répétera plus ?

Capable du meilleur et du pire, l'espèce humaine comporte une formidable dose d'ambiguïté et nous ne serons pas en paix avec nous-mêmes tant que nous n'aurons pas la certitude que ces pulsions sanguinaires de masse qui font d'ordinaires et paisibles concitoyens des meurtriers d'une violence inimaginable sont définitivement derrière nous. C'est pourquoi il faut encore et toujours en parler. Témoigner pour réapprendre à vivre comme le dit notre thème.

 

Seuls les témoins, les survivants peuvent de façon crédible nous en parler. La vie continue et il le faut. Mais la vie qui continue ne doit pas occulter le souvenir, le souvenir traumatique de la réalité de la bête humaine et la nécessité d'humaniser l'humanité.

 

La tentation d'oublier est grande, trop grande. L'oubli, c'est non seulement insulter les victimes, trahir leur mémoire, c'est aussi occulter la terrible ambiguïté de notre espèce, la nécessaire méditation sur notre vraie nature, sur ce qui peut conduire à pareille catastrophe et comment on peut prévenir l'apparition du mal absolu qu'est le génocide, le massacre des innocents par millions, la victoire de la haine sur l'amour, la chute abyssale où l'homme va infiniment plus bas que la pire des bêtes.

 

Notre objectif à tous est clair : la défense de la mémoire de ces hommes et ces femmes, en dernier hommage à celles et ceux qui ont vécu ce douloureux pan de l'Histoire. Une reconnaissance de leurs souffrances. Un témoignage pour qu'hier ne se conjugue pas avec demain.

 

Partager avec toutes les générations cette expérience effroyable. Raconter, témoigner de l'assassinat de vies très chères qui ont été rayées de la surface de la terre, mais jamais de nos mémoires. C'est grâce au récit des rescapés et des témoins que nous assurons la pérennité de notre histoire collective et individuelle. Cette histoire est liée à une terre, à un peuple, à un continent.

 

Cette prise de conscience est le résultat d'un travail de volonté, d'acharnement et de beaucoup de patience. Notre engagement à tous pour une noble cause est aussi synonyme de sacrifice au bénéfice de la défense de cette Mémoire, de notre Mémoire. Ce passé funeste que nous voulons partager pour alerter contre les atrocités d'aujourd'hui et les massacres de demain engage chacun de nous à devenir les porteurs de ce flambeau de la Mémoire. Telle est la mission que nous devons nous assigner pour défendre cette Mémoire.

 

Mais cela n'est pas encore suffisant. Gardons à l'esprit ceux qui continuent à nier notre Histoire, à souiller la mémoire des victimes. Je pense aux « assassins de la mémoire », comme Pierre- Vidal Naquet les désigne.

 

Ne croyez pas que ce combat ne soit destiné qu'aux « Autres ». Nous devons aussi nous battre contre nos propres démons et contre la volonté de certains de favoriser l'émergence de débats sordides et interminables sur la comparabilité des crimes et des souffrances. Les oppositions se déplacent et les victimes luttent entre elles plutôt que de faire front commun. Contre cela aussi nous devons nous battre.

 

C'est en effet une tâche difficile de défendre la mémoire et combattre l'oubli. Nous savons que notre cause est juste et nous avons accepté de relever ce défi.

 

Vous tous, réunis aujourd'hui, êtes conscients que notre histoire forge notre identité, modèle nos pensées et guide notre engagement.

 

Nous tous, avons la conscience de ce qu'est l'atrocité et la souffrance.

 

C'est ensemble que nous devons lutter car nous sommes les meilleurs remparts face à la haine.

Permettez-moi encore une fois de m'inspirer de l'association HEVEL pour rappeler que chaque fois qu'un peuple victime marque un point dans son combat pour la dignité, cela conforte tous les autres peuples victimes, même si parfois le chemin peut leur sembler encore long à parcourir : toute compétition entre victimes ne profite qu'aux bourreaux. Les peuples victimes ne peuvent vaincre le négationnisme que s'ils s'unissent et s'entraident ; afin de comprendre et d'expliquer les mécanismes et les procédés des négations ; afin de guérir ensemble du traumatisme trans-générationnel, et afin de prévenir de futurs génocides. C'est la raison pour laquelle je me réjouis de la présence parmi nous, de Monsieur Victor Gani, Vice- Président de la Coodination Intercommunautaire Contre l'Antisemitisme et la Diffamation (CICAD) et Monsieur le Docteur Stefan Christensen, membre de l'Union arménienne de Suisse, des représentants des communautés qui ont subit le génocide et qui nous donneront un message de soutien et de réconfort.

 

Pour terminer, je vous réitère mes remerciements de votre présence, merci à tous ceux et à toutes celles qui, de près ou de loin ont contribué à l'organisation de cette cérémonie. Un grand merci va à SE Madame Soline NYIRAHABIMANA, Ambassadeur du Rwanda en Suisse, qui prononcera une allocution de circonstance.

Mes remerciements vont à Monsieur Gervais Gahigiri qui représente Madame Carole- Anne KAST, Maire d'Onex qui n'a pas pu assister à notre cérémonie. Il prononcera une allocution de circonstance. Un grand merci va également à Madame Marie Niyonteze, venue de Belgique pour nous apporter son témoignage comme rescapée de ce génocide et accompagner nos réflexions pendant le deuil et le recueillement en hommage aux nôtres.

Un grand merci va à Madame Marie-Odile Godard, notre intervenante principale venue de France et dont son exposé va nous réconforter dans notre combat.

 

Je vous remercie de votre attention.

 

Dr. Michel Gakuba,

Président de l'association IBUKA - Mémoire et Justice Section Suisse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires

Survivre est un drame, parfois, car on survit peut-être dans le corps mais l'âme continue à fuir dans les ténèbres pendant des générations .... une douleur qui ne se calmera jamais, les génocides se ressemblent, mais il y a deux façons de se souvenir des génocides, l'une fait en sorte de ne jamais oublier et de veille sur le monde , tout le monde entier, et l'autre c'est celle de ceux qui pensent que on peut faire des comparaisons entre génocides, touchant à une rhétorique de la violence, comme s'il pouvait y avoir un génocide plus important que d'autres ..après être revenus de l'enfer les survivants des génocides sont frères et sœurs, peu importe leur ethnie ou nationalité, car leurs âmes sont liées d'un sentir commun , un amour pour la vie..féroce...

les autres ? les autres continuent à croire que la raison passe avant le cœur, en perpétuant la barbarie...par fois la barbarie s'habille en beaux propos et similitudes de bien penser, se tapant sur la poitrine devant l'hôtel à l'église et après cautionnant le meurtre...

cela me touche de lire que des gens de différents pays se réunissent pour ne pas oublier ce génocide là, il faut bien que quelqu'un commence à arrêter avec les différences, même si l'on aurait préféré que se soit été pour de plus belles raisons ..

bonne pâque à toi Djemâa ...

Écrit par : luzia | 08/04/2012

650'000 machettes en provenance de France, débarquée au Rwanda, 10 jours avant le début du génocide !!!

Le coltan ce métal convoité par SGS-Thompson, des marchands d'armes près sur le terrain, les ong averties avant le début du génocide, des soldats de l'armée française qui encadrent les Outous, les radios locales contrôlées par des français, y compris l'église catholique qui mettent le feu sur les ondes !

Et toujours pas un seul traitre mot sur le rôle de la France dans ce génocide, alors même que la France fait la morale aux turques pour une affaire vielle de 100 ans et qui n'est toujours pas acceptée comme telle par les turques voulant entrer dans l'europe !!

Ce monde est rempli d'ordures et toutes ces ordures remplissent des comptes à numéros en Suisse !

Stop, stop !!!!

Écrit par : Corto | 08/04/2012

j'ai trouvé sur wikipedia ceci qui me semble une correcte analyse même sur ce sujet, il y a des génocides de toutes formes au monde, les gens semblent désensibilisées sur ces sujets ,c'est devenu banal, on détruit les conditions de vie de peuples entiers on les obligeant à mourir de faim, on a exterminé de milliers d'indiens au nord d’Amérique et au sud aussi on vole leurs terres , ces génocides là n'ont jamais été sanctionnées,ou sont les procès contre les curés qui on enlevé des enfants indiens qui allèrent mourir dans les maisons de dieu ? les enlèvements d'enfants indiens et aborigènes aussi en Australie, un meurtre ethnique , un tentative de génocide éducatif , ou sont ces enfants morts au nom du seigneur ? ...

Le mal est banal, et banal est aussi l'hypocrisie qui circule quand on parle de génocide, comme si cela arrivait seulement ailleurs ..ou que chez les sauvages..



LA BANALITÉ DU MAL
--------------------

Le concept :

Hannah Arendt est une philosophe et une spécialiste de théorie politique, juive allemande, réfugiée aux États-Unis. En 1961 et 1962, elle suit en Israël le procès d'Adolf Eichmann, criminel de guerre nazi, en tant qu'envoyée spéciale du New Yorker. Elle estime qu'Eichmann, loin d'être le monstre sanguinaire qu'on a décrit, est un homme tristement banal, un petit fonctionnaire ambitieux et zélé, entièrement soumis à l'autorité, incapable de distinguer le bien du mal. Eichmann croit accomplir un devoir, il suit les consignes et cesse de penser. C'est ce phénomène qu'Arendt décrit comme la banalité du mal. Il ne s'agit pas de le disculper : pour Arendt, cette attitude est impardonnable, et Eichmann est coupable. Ce concept pose des questions essentielles sur la nature humaine :

" ..l'inhumain se loge en chacun de nous. Dans un régime totalitaire, ceux qui choisissent d'accomplir les activités les plus monstrueuses ne sont pas si différents de ceux qui pensent en être incapables. Continuer à « penser » (c'est-à-dire s'interroger sur soi, sur ses actes, sur la norme) est la condition pour ne pas sombrer dans cette banalité du mal ou encore dans la « crise de la culture ». ..."

Dans un régime totalitaire, cela est rendu plus difficile par l'idéologie, la propagande et la répression.


Erreurs d'interprétation répandues

La banalité du mal n'est donc pas la « banalisation » du mal
Le concept de banalité du mal ne disculpe pas les auteurs de crimes

Écrit par : luzia | 09/04/2012

j'ai trouvé sur wikipedia ceci qui me semble une correcte analyse même sur ce sujet, il y a des génocides de toutes formes au monde, les gens semblent désensibilisées sur ces sujets ,c'est devenu banal, on détruit les conditions de vie de peuples entiers on les obligeant à mourir de faim, on a exterminé de milliers d'indiens au nord d’Amérique et au sud aussi on vole leurs terres , ces génocides là n'ont jamais été sanctionnées,ou sont les procès contre les curés qui on enlevé des enfants indiens qui allèrent mourir dans les maisons de dieu ? les enlèvements d'enfants indiens et aborigènes aussi en Australie, un meurtre ethnique , un tentative de génocide éducatif , ou sont ces enfants morts au nom du seigneur ? ...Le mal est banal, et banal est aussi l'hypocrisie qui circule quand on parle de génocide, comme si cela arrivait seulement ailleurs ..ou que chez les sauvages..



LA BANALITÉ DU MAL
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Le concept : Hannah Arendt est une philosophe et une spécialiste de théorie politique, juive allemande, réfugiée aux États-Unis. En 1961 et 1962, elle suit en Israël le procès d'Adolf Eichmann, criminel de guerre nazi, en tant qu'envoyée spéciale du New Yorker. Elle estime qu'Eichmann, loin d'être le monstre sanguinaire qu'on a décrit, est un homme tristement banal, un petit fonctionnaire ambitieux et zélé, entièrement soumis à l'autorité, incapable de distinguer le bien du mal. Eichmann croit accomplir un devoir, il suit les consignes et cesse de penser. C'est ce phénomène qu'Arendt décrit comme la banalité du mal. Il ne s'agit pas de le disculper : pour Arendt, cette attitude est impardonnable, et Eichmann est coupable. Ce concept pose des questions essentielles sur la nature humaine :


" ..l'inhumain se loge en chacun de nous. Dans un régime totalitaire, ceux qui choisissent d'accomplir les activités les plus monstrueuses ne sont pas si différents de ceux qui pensent en être incapables. Continuer à « penser » (c'est-à-dire s'interroger sur soi, sur ses actes, sur la norme) est la condition pour ne pas sombrer dans cette banalité du mal ou encore dans la « crise de la culture ». ..."

Dans un régime totalitaire, cela est rendu plus difficile par l'idéologie, la propagande et la répression.



Erreurs d'interprétation répandues

La banalité du mal n'est donc pas la « banalisation » du mal Le concept de banalité du mal ne disculpe pas les auteurs de crimes

Écrit par : luzia | 09/04/2012

@Luzia- Merci Luzia pour l'exemple de Eichmann. Ceci démontre la nécessité de travailler autant sur les bourreaux que sur les victimes. Le bourreau doit comprendre au fond de lui le cheminement qui l'a mené à commettre les pires atrocités. Le laisser croire qu'il l'a fait au nom d'une religion, d'une cause ou d'une idéologie, c'est le laisser penser qu'il a eu raison et l'autoriser lui et d'autres à recommencer. Il doit comprendre que l'homme qui en extermine un autre a échappé à tout sens. La banalité du mal, c'est laisser croire qu'une cause est plus importante qu'une vie. Aucune cause, ne mérite le sacrifice d'aucune vie.

Écrit par : djemâa | 09/04/2012

Concernant la "banalisation du mal", je m'excuse, mais cela ne s'applique nullement au cas Rwandais si l'on prend en cause le fait que les instigateurs et organisateurs de ce génocide n'ont jamais été dénoncés, en l'occurrence, le complexe industrio-politico-barbouze français.

Ce génocide n'avait que pour but de permettre de déstabiliser la région afin de permettre à des sociétés françaises de s'accaparer de minerais très en vogue dans les nouvelles technologies de l'électronique.

Ce génocide a été méthodiquement programmé et organisé par la France, en complicité avec l'église catholique française.

Écrit par : Corto | 12/04/2012

Donc, comme les auteurs-organisateurs ne sont pas dénoncés et reconnus comme les uniques responsables uniques de ce génocide, le principe de la "banalisation du mal" n'est pas applicable, manque de coupable reconnu comme tel !

Depuis la France a encore mis au grand jour ses méthodes fascistes vis-à-vis du continent africain, avec la Cote d'Ivoire et les massacres organisés également par la France et restés non dénoncés !!!

Écrit par : Corto | 12/04/2012

Quel silence dans les débats, suffit-il de dire la vérité pour voir l'ensemble de la blogosphère se taire ?

Écrit par : Corto | 13/04/2012

Je crois que l'argument qui relie tout bourreaux est la justification que lui permet de faire ce qui est insoutenable..

il y a des atrocités commises tout les jours qui se basent sur un bien penser qui les cautionne, de la même manière on applaudit des atrocités car elles rassurent ..comme par exemple les guerres voulues par le capital pour piller des ressources intéressantes économiquement , ainsi l'abomination prend des semblances libertaires qui cachent le jeux sale, et c'est pour agir sur ce territoire de non étique qu'il servent les bourreaux ....c'est lamentable...

Écrit par : luzia | 13/04/2012

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