20/03/2012

Saint-Pol-Roux et la barbarie

images.jpegLes évènements de Toulouse ont réveillé le souvenir d’ une autre barbarie ou quand l’ignorance aveugle croise la lumière des visionnaires et des innocents et détruit en quelques secondes ces vies.

Survoler pareils à des mouscouls au-dessus des métaphores enluminées de Saint-Pol-Roux. Sur le tracé étincelant d’une vie de poésie aux rimes cristallines ;  le cheval fougueux du cavalier fou a marqué ce destin pour l’éternité.

Dans un jardin, enterré à l’ombre d’un saule pleureur, assurément, des manuscrits abandonnés par le poète qui n’a pas fini de livrer ses secrets, ses trésors enfouis dans la terre . Celui qui a vu en une nuit, en octobre 1941, par la main lâche d’un soldat allemand, partir en fumée trente ans de labeur réduit en cendre ou déchiré et qui ne s’en est jamais relevé, à ce grand malheur, un autre plus insurmontable encore ; le viol de Divine, sa fille bien-aimée, par ce même envahisseur, il en mourra. Le pillage d’une vie entière consacrée à l’écriture par un barbare à la main lourde, chargée de traîtrise et surtout d’ignorance.

Sur les pas de cette tragédie, notre imagination fouille la terre, retourne le sol, avec nos griffes acérées,  on sarcle sans relâche, on interroge l’ombre du vent, le val solitaire, le fouillis de ruines dévorées par le lierre. En l’absence de l’œuvre, les visions défilent dans l’immobilité d’un paysage figé et condamné par cette absence de preuve. Le vent qui caresse le visage murmure le message posthume du poète, il suffit de tendre l’oreille pour percevoir les signes qu’il nous envoie du fond de son infini bleu éther, de son Elysée survolé par les cormorans aux larges ailes déployées, ils fendent l’air de rimes gracieuses ciselées par la bise marine pour consoler le poète.

« L’œuvre majeure est dans le silence, bercé par l’Océan…………..il suffit d’écouter l’Océan. »

Continuons ensemble à grignoter nos provisions d’espérance et compter sur un monde meilleur : l’Âge futur qui nous éloignera de la bêtise et de la barbarie, à tout jamais !

 « Le vrai poète, ce n’est pas ce pêcheur de rimes d’or au fond d’un encrier noir, c’est cette multitude extrayant sa détresse et sa gloire dont elle signifie le drame symphonique dans l’espace qui s’en meublera »

 

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Commentaires

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Écrit par : moving companies | 15/04/2012

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