05/03/2012

Et si le bonheur était dans la séparation ?

q9pl3501.gifPenser à contre-courant offre des perspectives enrichissantes et fait du bien à la tête. La séparation ? Un terme entièrement connoté avec souffrance, larmes, grincements de dents. L'usage veut qu'on l'associe de façon inéluctable au divorce, aux pensions impayées, aux enfants déchirés entre père et mère, à la haine toute nouvelle des beaux-parents qui jusque là avaient l'air si sympathiques et si agréables, des gens si comme il faut .  Ce mot porte carrément la lèpre, dès qu'on l'entend on s'en éloigne prestement en sachant que le chapelet des doléances s'est annoncé avec. En googelisant « Séparation » vous obtenez immédiatement « Divorce à l'amiable » - « Divorce et Séparation » « Comment j'ai sauvé mon couple » ;   quant aux termes connexes, sortez le mouchoir, on s'enfuit aussitôt pour conjurer le mauvais sort.

 

On sait combien les mots sont importants, leur signification, le sens qu'ils prennent, les résonances qu'ils créent au fond de chacun de nous . Les mots sont là pour guérir mais aussi pour  miner. Or, il est important de redonner à chacun sa fonction, sa place, une interprétation plus large, sous d'autres lumières et  se souvenir du multiple usage des mots. A force de vous frotter à cet exercice, vous constaterez par vous-même que  la « séparation » interprétée sous un angle différent peut également être porteuse d'espoir. La  « Morale », La « Bienséance » ,  « le mythe du couple inséparable »  l'ont  emmenée sur l'échafaud, une guillotinée de la morale bien-pensante sacrifiée sur l'autel hypocrite des conventions.  Réduite à la chose la plus difforme, on utilise  ce mot « Séparation » avec la plus grande méfiance, pourtant à s'y arrêter un moment, finalement on lui trouverait même  quelques belles qualités.

 

Séparer le grain de l'ivraie, séparer le bien du mal, séparer la religion de l'Etat, se séparer d'un troupeau. Au Moyen-Àge,  les preux chevaliers se séparaient de tous et de tout pour aller à la quête du Graal.  A un moment donné, savoir se séparer de ses enfants, leur offrir leur espace d'autonomie, une liberté pour laquelle les parents les ont préparés depuis toujours ou du moins tel était leur devoir ,  Autant de variantes interprétatives qui ouvrent de nouveaux horizons à cette « Séparation » si malmenée.

 

Les contes de fées regorgent d'histoire où les héros sont des enfants que l'on jette de force et en raison d'une misère profonde sur les chemins inconnus et effrayants. Les parents sont soit pauvres ou ils sont  devenus orphelins et les voilà désormais  abandonnés  au-milieu de la forêt par une marâtre malveillante.

 

La nuit, tandis que les loups aux alentours hurlent, cris sinistres qui paralysent les chers petits perdus dans ces immensités où dans la nuit ne défilent devant leurs yeux apeurés  et innocents que formes étranges et  chiméres . Des épreuves initiatiques à l'issue desquelles les héros reviennent confiants, vainqueurs. Dans une interprétation psychanalytique Brunno Bettelheim analysait et accordait à ces séparations « une nécessité de devenir soi-même ». A travers la séparation, on se réapproprie son moi, un moi inconnu et que l'on découvre riche de multiples facettes.  Une séparation qui tient lieu d'épreuve du feu dont on revient profondément changé, une métamorphose fantastique qui désormais influera sur le cours de la vie.

 

Il est vrai que comme les héros de contes de fée, après une séparation, on erre, perdu, en manque de repères connus,  dans cette grande forêt qui fait peur et où tout semble menacer. Et comme dans les contes, après bien des épreuves, souvent on en ressort un peu égratignés mais vainqueurs.  Un haïku mentionnait ces deux papillons trop serrés l'un contre l'autre pour voler et déployer leurs belles ailes , ils décidèrent alors de s'éloigner. Chacun aussitôt étendit, enfin,  ses ailes magnifiques et prit de la hauteur se découvrant pour la première fois dans toute sa splendeur et toute sa force.  Pour rester encore avec ces éphémères, d'ailleurs le papillon commence sa vie par une séparation, lorsqu'il se sépare de sa chrysalide, douce nymphe nourricière,  pour entamer sa métamorphose et enfin s'envoler.

 

 

 

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Commentaires

Bonjour Djemâa. Le couple, c'est insatiable idéal de bonheur...et oiseau de malheur. Le couple n'a pas d'exemple unique. Il est aussi divers que les individus. Etre ensemble pourquoi? Pour s'aimer, bien sûr. Pour fonder une famille. C'est clair.

Mais la famille est à la fois un lieu de liberté et d'enfermement. Pour certains et certaines, un cocon familial est le plus doux des refuges. Mais ce refuge est aussi un piège qui peut tuer l'amour. Tout est fait pour culpabiliser la séparation signe, pour tout le monde ou presque, d'échec tragique.

Hors cette culpabilité nous coupe de notre imagination pour inventer le couple autrement. Savoir dépasser cette culpabilité pour rester dans l'acte d'amour réciproque. Tenter l'expérience d'autres perspectives sans tomber dans la bête jalousie ou la frustration.

L'adulte est un grand enfant. Dépasser sa blessure narcissique est une preuve de sagesse, de grandeur, et d'amour. Ce n'est pas facile. Mais l'amour est-il facile ou exigeant? Rien de pire que la routine pour tuer l'amour.

Alors?...A vos expériences Mesdames et Messieurs. Rien n'est jamais désespéré pour autant que nous ne fassions pas preuve de désespoir.

Bonne journée, chère Djemâa.

P.S. J'ai déposé un origami pour la Syrie sur mon blog. L'avez-vous vu?

Écrit par : pachakmac | 05/03/2012

Très joli Billet, très significatif, On doit apprendre vraiment la liberté aux enfants dès maintenant, En un mot, les faire connaître déjà le goût du risque! merci

Écrit par : faire part | 05/03/2012

Bonsoir, " Adieu " est un mot à double sens qui résumerait bien votre idée de séparation dans votre billet. Dans le dictionnaire il est dit " au revoir ou bonjour ", en France plus précisément dans la région du Midi.

Écrit par : Cristal Gagnante | 05/03/2012

Le papillon ne vit pas longtemps ! Et ces références littéraires ne sauraient panser les plaies. Il y a une trés mauvaise interprétation de Brunno Bettelheim qui ne correspond pas du tout au message que ce dernier délivre. Sans compter la réf. "Séparer le grain de l'ivraie, séparer le bien du mal, séparer la religion de l'Etat, se séparer d'un troupeau. Au Moyen-Àge, les preux chevaliers se séparaient de tous et de tout pour aller à la quête du Graal"... C'est la réthorique, Que veux-tu dire ? En fait on ne sait de quoi tu parles. Ca intéresse sûrement ceux qui veulent se gargariser mais là c'est n'importe quoi !Dodo. Repos ! C'est décevant, tout le monde se fait larguer et puis vous parlez de textes d'ailleurs que vous ne comprenez même pas, mais c'est plus fort que vous. Ce n'est pas étonnant qu'on vous largue. Quant au Haïku, je te présenterai une Japanese, je suis sûre que tu seras zen aprés l'avoir vue!Il faut y arrêter de vous faire du mal avec des mots et surtout des références que vous ne maitrisez pas.
Moi, je suis libre mais je l'ai payé certes cher mais franchement je ne regrette rien. Vous tenez des blogs ouverts à tous mais on a l'impression d'atterir dans une basse cour dans laquelle si on ne comprend pas le langage on ne peut y accéder. Même à la Sorbonne ils sont plus souples et je sais de quoi je parle. C'est ridicule ! Reprennez-vous "Braves gens" !Quant aux origamis, c'est quoi la trouvaille ? ça fait déjà un an que vous faites des révolutions derrière vos écrans. Oh ! c'est sûr vous ne risquez pas de prendre une balle dans le "derche" Bonne Chance

Écrit par : Kochka | 06/03/2012

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