03/02/2012

Enfant violé, enfance volée

image .jpgRécemment,  je lisais l'appel à témoin concernant cette fillette violée à Gland dans le local technique d'un immeuble, puis une manchette de journal qui annonçait  que l'Eglise « toute soutane » dehors dénoncera les cas d'abus sexuels ;  la plupart du temps commis à l'encontre  d'enfants,  appelés actes de pédophilie et tombant sévèrement sous le coup de la loi.

Il y a des institutions auxquelles on ne touche pas, le gouvernement a accepté durant des décennies, et cela certainement depuis des siècles de fermer les yeux et de se boucher les oreilles sur ces pratiques que l'on ne veut ni voir et encore moins dénoncer.

Combien d'enfants abusés par an ici et ailleurs, autant de fillettes que de garçonnets ?  On en compte trois par jour , en Suisse  selon l'Office fédéral de  la Statistique, viols dénoncés. Mais  qu'en est-il de tous les autres passés sous silence , à combien les évaluer ? Trois vies d'enfants et plus  brisées par jour. Enfants qui deviendront sans aucun doute des adultes perturbés, fragiles et souvent dépressifs au risque de devenir à leur tour abuseurs.

Qu'est-ce qui manque pour changer les choses ? Du courage, de l'anticipation, de l'information claire, accepter que dénoncer le viol n'est pas tabou mais une question de survie mentale pour les victimes qui ont besoin d'être reconnues comme telles et pour cela, elles doivent être appuyées dans leur démarche qui exige beaucoup de volonté surtout lorsque  l'auteur du crime se trouve être  au sein de la famille.   Oser affronter le mal en acceptant que viols et abus  ne doivent  plus être un sujet tabou mais un problème de société auquel il faut faire face.

Pour illustrer l'exemple , cela me rappelle un enseignant, il y a plus de 10 ans,  qui s'est suicidé quand finalement il a été accusé de viol,  fait  avéré. Des pratiques régulière sur ces élèves depuis peut-être des années. Côté école. 0 information à l'attention des parents. Bien cacher le scandale sous le tapis pour ne pas faire de vagues. Personnellement, je l'ai su lorsque la mère d'une élève m'a déclaré les tentatives de suicide répétées  de son enfant jusqu'à ce qu'enfin, après trois ans de silence, la fillette devenue adolescente perturbée lâche la vérité et se soigne.

Entre autres solutions de prévention et je profite de ces lignes pour féliciter l'initiative   qui a proposé aux hommes violents de leur  mettre à disposition  un numéro vert gratuit et anonyme pour téléphoner et demander conseil pour les aider à sortir de la spirale. Après le  constat qu'il y a autant  de souffrances du côté des auteurs des infractions de violence que du côté des victimes. Sur le même modèle les pédophiles pratiquent aussi une forme de violence contre laquelle ils luttent, poussés de façon irrésistible et pathologique sans pouvoir y mettre un terme. Le travail de prévention pourrait aussi être développé sous cet angle et empêcher de nombreuses personnes à ne pas passer à l'acte et leur proposer des soins immédiats.

Oui, il faut du courage à la victime pour parler, vaincre le silence,  aux auteurs d'infraction d'accepter qu'ils sont malades et qu'ils ont pour la plupart besoin de soins et aux institutions de  prendre leur responsabilité.

 

(à l'attention d'Homme Libre, ce billet  ne concerne pas les fausses déclarations, déplorables et punissables de viol dans le cadre de conflit entre couple, je mentionne les vraies victimes )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires

Pas de souci Djemâa, sur les vraies victimes nous sommes d'accord, sans réserve.

Écrit par : hommelibre | 03/02/2012

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