30/01/2012

Le peuple : un étrange suspect

front-de-gauche-place-au-peuple.jpg

Populisme, populace, populeux. Autant de vocables suspects qui drainent quelque chose de honteux ; un bubon ignoble sur la face de la société, de la canaille qui pousserait comme du mauvais lierre, de la vermine qui pullulerait juste bonne à cacher sous le tapis. Bref, le peuple, vous l'avez compris, ce n'est  pas l'élite qui se nourrit de  haine sournoise du « profanum vulgus » qu'on écarte d'un revers de main las et supérieur.  Et si par malheur, on souhaitait soulever le tapis pour voir ce qui se trame comme malheur et désespoir là-dessous, scruter le drame des humbles, observer la cour des maudits. Et bien, on vous traite de populiste avec le plus grand mépris, le tout lâché par une lèvre dégoûtée qui fait la moue et qui semble dire d'un ton hautain et dédaigneux : Sale populiste ! A croire qu'on serait un pestiféré à force de frayer avec le peuple d'en-bas.

Le populisme est une récupération du sentiment populaire puis une manipulation du désenchantement. Pareil à  une forte poussée de fièvre éphémère, il  laisse peu de trace en politique.  Acte politique qui consiste à  récupérer un sentiment, à céder au populisme, comme si on abdiquait devant le vulgus populus comme si on cédait à un mauvais penchant, en quête du bon sens populaire qui lui sait toujours où il va contrairement à l'élite corrompue .

Dans le fond,  au-delà des dérives sémantiques, on aimerait pouvoir continuer à s'occuper des problèmes des citoyens dans leur ensemble, avoir une vision globale sans être taxé de populiste, ou alors oui, les problèmes du peuple doit devenir  le problème essentiel et majeur des politiciens, se préoccuper sans complexe de l'intérêt général, en quête de sens et de valeur du bien commun pour le bien-être d'un maximum sans distinction.

On n'ose plus s'intéresser au peuple sans être taxé de démagogue populiste, incitant et forçant à vivre en vase-clos entre bien-pensants et gens de bonnes manières :  un gratin tout crémeux.  Entre membres du parti, on se complaît, on se félicite, on se couvre, on se soutient ;  ronds de jambes et dos profondément inclinés,  on va même jusqu'à se battre pour le parti et ses couleurs,  pour une idéologie très forte. On enlève aux mots leur sens qui devraient d'abord s'adresser au peuple. Du pratique on va vers un abstrait rigide, vidé de sentiment et d'émotion, on manipule des concepts de plus en plus loin du terrain. De catégorie, en groupe, d'abstraction en gruppetto,  on n 'ose plus la démocratie directe, cette démocratie habillée de tous les oripeaux de la distance, de la bonne façon, du ultra-politiquement correct où on n'ose plus appeler un chat un chat. S'adresser au plus grand nombre est devenue une tare, une flétrissure de la pensée.

Alors pour ne plus s'adresser à ce peuple de désenchantés sous peine d'être taxé de populiste, on divise ce peuple en mille feuilles, on le réduit en cohorte, en groupe à risque - ça pourrait tout aussi bien être les gorilles d'Ouganda- ,  en professionnels de la santé mécontents, en ouvriers fâchés, cadres exacerbés, seniors éreintés, juniors incompris, zones de précarité.   Une société scindée en tranches  contestataires parce qu'on n'ose plus dire que le peuple entier est mécontent, que derrière ces groupes analysés de façon neutre, froide, distante, derrières des statistiques, des graphiques on parle bel et bien d' hommes, de femmes, d' enfants, de jeunes, des personnes âgées qui n'ont plus les moyens de vivre. On parle d'hommes, pères de famille qui meurent sur des chantiers sans protection sociale. On parle de femmes seules et d'hommes seuls qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts même en travaillant 50 heures par semaine. On parle de paysans, des hommes qui triment comme des forcenés pour des peanuts.

A croire que c'est devenu un vice de politicien, un travers que celui  de parler des problèmes du peuple, au  risque de mieux voir l'étendue des dégâts, alors on le décortique en catégories scientifiques  pour mieux s'aveugler. "Jamais les injustices n'ont été aussi criantes pour ceux qui travaillent dur" et qu'est-ce qu'on fait de tout ceux qui n'ont jamais eu la chance de savoir combien était dur le travail et qui n'y goûteront jamais à cette redoutable dureté et qui connaissent plus dur encore;  le néant, le vide chahotique.   Cette catégorie que Marine Le Pen a de la peine à nommer et qu'on appelle : chômeurs, le peuple de sans travail.

Mais tout politicien devrait tous les jours se souvenir qu'il est au service du peuple et pas de la caste qu'il sert et sert, en échange,  ses intérêts.

J'évoquerai la définition du Larousse pour redonner au peuple ses lettres de noblesse quand bien même il est si difficile de partager les titres de gloire :

"Populisme n.m 1. Attitude politique consistant à se réclamer du peuple, de ses aspirations profondes, de sa défense contre les divers torts qui lui sont faits.

Une définition humaniste qui place le peuple au centre et qui rappelle à tout politicien qui se targuerait de faire de la politique que le peuple doit effectivement être au centre de ses préoccupations.

 

(Note inspirée par une récente interview radiophonique  de Jean-Luc Mélenchon : Place au peuple !)

 

 

 

 

 

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26/01/2012

FEMMES IN "CON" PETENTES ET HOMMES "CON" PETANTS

DownloadedFile.jpegUn lynchage très particulier de femmes et qui m'a toujours surprise pratiqué par quelques réducteurs de têtes, féminines, de préférence. Une façon de balayer d'une moue méprisante des efforts constants sur des années, des démonstrations sans fin de ténacité et d'endurance, balayés par un lâche et sournois adjectif : "Incompétente !". Enfin les femmes  clouées au pilori du jugement tout masculin.

C'est amusant parce qu'on utilise rarement pour un politicien cet adjectif ou pour tout autre homme arrivé au sommet d'une hiérarchie ; le simple fait d'y être parvenu lui donne ses titres d'honneur considérés comme définitivement acquis et si on doit remettre suite à un scandale , à un faux- pas quelque attitude en question, on ne revient jamais sur le fait de sa compétence ou non.

 

Il en va autrement pour les .femmes, quand bien même elles auraient parcouru le même chemin, à la sueur du même front masculin, en faisant le même dos rond, les mêmes poings rentrés dans la poche, avalant couleuvres et affronts interminables sans sourciller pareilles à leurs homologues, elles ne subissent pas le même traitement  lorsqu'on les voit vaciller, les hommes et la presse deviennent intraitables. On peut enfin se venger sur ces femmes qui se croyaient en droit de frayer avec les "Dieux " masculins.

Pour preuve les diatribes enflammées à l'encontre de Garbani, Bonfanti, Rochat et j'en passe, je n'ai pas calculé le nombre de fois où on a pu les traiter d'incompétentes.

Mais d'où vient ce relent machiste caché derrière ce terme manipulé comme une arme tranchante; une guillotine péremptoire ; l'in"con" pétence manipulée par des "con" pétants ?

Mais d'où vient cette manipulation du "con" ?  Peut-être d'un autoritarisme pénétrant sur l'appétence de cons qui laisse croire encore à quelque supériorité toute masculine.

 

 

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24/01/2012

France - Une campagne contre le harcèlement à l'école qui fait des vagues

agir-contre-le-harclement-a-l-ecole.jpgUne campagne à travers trois petits films d'une durée de deux minutes chacun "Agir contre le harcèlement à l'école "  qui vient de démarrer et proposée par le Ministère de l'Education Nationale et  qui révèle surtout la difficulté d'établir une frontière  si ténue soit-elle entre harcèlement et chipoterie, querelles, taquinerie  à l'école. Certains enseignants dénoncent l'opportunisme électorale et insistent sur le fait que si le gouvernement souhaite agir de façon intelligente, qu'il commence déjà par  supprimer les classes de 40 élèves et qu'il  travaille sur le fond du problème et les  conditions difficiles dans lesquelles évoluent élèves et enseignants . En bref,  "Revoir sa copie."

Le harcèlement toucherait un enfant sur 10 en primaire et au collège et la gamme est vaste, elle part du vol du goûter aux racket et violences sexuelles.

L'aspect "cyberharcèlement" via des smartphones est un éclairage intéressant sur une pratique malheureusement déjà fort répandue et qui inquiète au plus haut point les jeunes et qui aboutissent parfois selon la gravité à des "Conduites suicidaires"

Un message unique à retenir : "Le harcèlement à l'école peut avoir des conséquences sérieuses: perte de confiance, troubles psychologiques, dépression, conduites suicidaires.

Numéro vert 119 , numéro Net écoute 0820.200.000 contre le cyberharcèlement, site d'information, passage antenne, avec le slogan "Avant qu'il n'en garde des traces à vie, agissons".

En Suisse,  on pourrait profiter de cette campagne pour diffuser ces trois films sur le harcèlement  et on risquerait bien de trouver aussi dans le collimateur des enseignants pas si bienveillants.

 

FILM LES RUMEURS

 

LES CLAQUES

 

LES INJURES

 

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23/01/2012

Nouvelle Star de Gaza: le Gazouillis des Gazaouïs

Suite à l'interdiction pour les jeunes gazaouïs de participer à l'émission "Nouvelle Star", nous avons  décidé   sur nos  blogs respectifs , Pachakmac sur blog de 24 Heures et moi sur TDG,   d'ouvrir une fenêtre ouverte sur le monde pour tous les artistes en herbe, ou déjà confirmés, qui auraient  envie de poser un vidéo-clip, un texte, des photos artistiques, voire des tableaux picturaux provenant de la scène artistique Gazaouïe.

Ouïe sur le monde entier, bouches ouvertes pour une terre qui cherche sa liberté, lutte artistique déclarée pour empêcher le baillon de tous les intégrismes religieux ou idéologiques, qu'ils soient de terre d'islam, juive, ou chrétienne.

Fenêtre de liberté, d'honneur, d'échanges intercommunautaires, de progrès intellectuel et spirituel comme artistique, cette fenêtre sera un "Work in progress" à la fois individuel et collectif.

Pachakmac sera le parrain  de cette nouvelle star pas comme les autres et votre humble servante, la marraine.

 

Ci-dessous, deux textes magnifiques, le premier de Pachakmac, et le 2ème d'un poète sublime, Mahmoud DARWICH suivi d'un petit poème écrit par moi et deux photos inédites. Enfin une vidéo hors du commun créée sur un autre poème de Mahmoud DARWICH , si belle que j'en reste bouche bée. En conclusion, un extrait du documentaire « GAZA-STROPHE » de Samir ABDALLAH Khéridine MABROUK.

Bonne chance à tous les candidats qui viendront offrir leurs oeuvres et permettront ainsi à d'autres dans le monde de découvrir leur talent naissant ou confirmé. Merci à toutes celles et tous ceux qui feront confiance à nos deux blogs respectifs pour propager leur bonheur de créer et de chanter à la liberté et à l'amour d'une terre trop longtemps baignée dans la violence et le sang de victimes innocentes.

 

 

Le Résistant

Si tu prends la défense des Sans-Terres

Ton sang prendra la couleur Amour

Si tu prends la défense du plus faible

Ton sang s'élèvera vers la cime Liberté

Si tu rêves de beauté absolue

Ton sang représentera la quintessence Art

Si tu meurs sous les balles de l'oppression

Ton sang se répandra en parterre Fleurs

 

Ali pacha

 

 

 

 

 

 

Photos-0350.jpg

 

 

 

A ma mère

J’ai la nostalgie du pain de ma mère,
Du café de ma mère,
Des caresses de ma mère...
Et l'’enfance grandit en moi,
Jour après jour,
Et je chéris ma vie, car
Si je mourais,
J’'aurais honte des larmes de ma mère !

Fais de moi, si je rentre un jour,
Une ombrelle pour tes paupières.
Recouvre mes os de cette herbe
Baptisée sous tes talons innocents.
Attache-moi
Avec une mèche de tes cheveux,
Un fil qui pend à l'ourlet de ta robe...
Et je serai, peut-être, un dieu,

Peut-être un dieu,
Si j'effleurais ton coeur !
Si je rentre, enfouis-moi,
Bûche, dans ton âtre.
Et suspends-moi,
Corde à linge, sur le toit de ta maison.
Je ne tiens pas debout
Sans ta prière du jour.
J’'ai vieilli. Ramène les étoiles de l'’enfance
Et je partagerai avec les petits des oiseaux,
Le chemin du retour...
Au nid de ton attente !

Mahmoud DARWICH


 

Le chant  des Gazaouïs

 

Mon chant s’élève

Par-delà la grève

Par-delà la montagne

Par-delà la campagne

Par-delà les barbelés

Par-delà les terres morcelées

Laisse-le atteindre les firmaments

Couleurs d’espoir

 

Dans ce rythme nostalgique

Je berce mes rêves magiques

Fragiles roseaux

Que la haine achève

 

Dans les nuages

J'ai écrit ces paroles

Mes chansons s’envolent

Sens ce goût de miel

Qui traverse ton fiel

Donne des ailes à mes mots

Ils sont libres par-delà les

Frontières.

Embrasse mon chant divin

Enivre-toi de ma musique

Bois dans le calice séraphique

De mon chant sacré

 

Djemâa Chraïti

 

Photos-0354.jpg

 

Like almond Flowers or Further

Comme des Fleurs d'amandier ou plus loin

 

 

GAZA-STROPHE, Palestine - Teaser FR from GAZA-STROPHE on Vimeo.

 

 

Un élève palestinien du collège de Ramla à Gaza dans poèmes et récits d'élèves

 

L'olivier

Je t'admire tous les jours
Tu es là, au milieu de la cour
Patient, fort, gigantesque
Tu éparpilles tes branches
Sans crainte, ni peur
Tu supportes fièrement les oiseaux
Les pigeons, les chats et même les hommes
Tu es mon ami, mon courage
Et ma force dépend de toi
Tu es l'olivier de mon pays

Wafah Hmid
15 ans

 

"Le Gazouillis des Gazaouïs"

Laissez moi chanter » - " Laissez-moi danser, laissez-moi  chanter en liberté tout l'été
. Laissez-moi danser, laissez-moi
aller jusqu'au bout du rêve."

 

Laissez - moi comme l’oiseau sur ma branche gazouiller

Je ne veux plus être le corbeau qui zigouille

Dans ma mémoire,  en citrouille

En quête de rêves,  je farfouille

Au souvenir de ces fripouilles

Qui sur mes espoirs s’agenouillent

Mais je ne reviendrai plus bredouille

Même si ces mots fous,  je cafouille

Laissez-moi sans trouille

Sur ma branche encore je gazouille

Heureux de cette grande vadrouille

Ohé ! Je gaz - "ouille!!! " Ohé ! Je gaz - "ouille!!!

Signé la Gazaouïe

 

 

Et de surcroît dorénavant on  l'empêche de chanter !

Film d'animation sur le blocus de Gaza  réalisé par le réalisateur israélien Yoni Goodman, directeur de l'animation de "Valse avec Bachir" et produit par l'ONG israélienne Gisha

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20/01/2012

Les Gazaouïs veulent aussi gazouiller

La-Nouvelle-star-l-emission-interdite-aux-Palestiniens-de-la-bande-de-Gaza_image_article_paysage_new.jpgLa Nouvelle Star, émission phare  et événement arabo-culturel qui permet à des jeunes de chanter en arabe et diffusé sur M6  est dorénavant interdite dans la bande de Gaza.

Réunissant un joyeux cocktail (et pas molotov) "l'agence de presse palestinienne Ma'an et Mix TV, a son siège à Haïfa et est détenue par deux frères arabo-israéliens, le personnel est un aimable cocktail de Palestiniens, d'Israéliens palestiniens et de juifs israéliens qui ne portent qu'un regard professionnel sur le projet". Malgré le franc-succès des deux premières saisons, avec des concurrents palestiniens de Gaza, de Cisjordanie et de Jérusalem-Est ainsi que des Arabes israéliens, Raëd Othman, directeur de Maan, qui coproduit l'émission avec la chaîne arabe israélienne Mix est surpris voire choqué par cette décision .     En effet,  le mouvement du Hamas a décidé d'interdire aux Gazaouïs  de la bande de participer à cette émission décrétée comme "nuisible à la vie quotidienne" et "contraire aux coutumes et aux traditions islamiques".

 

Mais dans ce même communiqué le responsable du ministère de l'Information, Mohammed Abou Hachich accuse la chaîne d'être une "base d'Al-Quaïda"."Nous avons accordé à Maan-Mix toute la liberté, la protection, l'information, la reconnaissance et les mesures dont ils avaient besoin pour opérer librement, mais nous voyons chaque jour qu'ils nuisent à la bande de Gaza, au gouvernement et à notre vie quotidienne" explique t-il dans ce communiqué.

L'émission est donc suspendue aussi bien pour les candidats que pour les téléspectateurs sur le territoire de la bande de Gaza, la production de la chaîne Mix, Maan étant accusée de semer le trouble et le chaos sur le territoire dirigé par le Hamas.

Il ne reste aux jeunes gazaouïs plus qu'à  gazouiller  avec nous en chœur  le :

"Gazouillis des Gazaouïs: «

Laissez moi chanter » - " Laissez-moi danser, laissez-moi  chanter en liberté tout l'été
. Laissez-moi danser, laissez-moi
aller jusqu'au bout du rêve."

Laissez - moi comme l’oiseau sur ma branche gazouiller

Je ne veux plus être le corbeau qui zigouille

Dans ma mémoire,  en citrouille

En quête de rêves,  je farfouille

Au souvenir de ces fripouilles

Qui sur mes espoirs s’agenouillent

Mais je ne reviendrai plus bredouille

Même si ces mots fous,  je cafouille

Laissez-moi sans trouille

Sur ma branche encore je gazouille

Heureux de cette grande vadrouille

Ohé ! Je gaz - "ouille!!! " Ohé ! Je gaz - "ouille!!!

Signé la Gazaouïe

* Un article intéressant à ce sujet dans le Courrier du 7.06.2011

http://www.lecourrier.ch/nouvelle_star_en_palestine_davan...

 

 

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19/01/2012

Les sans-abris, un peuple d'errants

 

soins-sdf.jpgLa crise, les inégalités sociales, l'exclusion  ont créé  un nouveau peuple, un peuple d'errants -  les sans-abris, les expulsés, les mal logés.

En France, 15'000 familles en Ìle de France sont relogées chaque  jour dans des hôtels, un prix exorbitant payé par l'Etat, une facture salée qui est le coût de l'échec de la politique de logement. Le nombre de sans-abris  a doublé en 10 ans, ce qui représentait 1 mio d'euros par jour déjà en 2008 alors que des immeubles entiers sont inoccupés et qu'il faudrait réquisitionner.

Les places d'hébergement d'urgence doivent entrer dans un programme politique cohérent, le parc immobilier devrait  comporter un minimum de 20 % de logements sociaux et augmenter proportionnellement à la crise, entre 30 et 40 % aujourd'hui.

On voit à Paris, maintenant,  des personnes parisiennes et  working poors loger dans des tentes ou des baraques de fortune construites de bric et de broc vers les zone périphériques. Une fois par semaine, elles  louent une chambre pour se laver et cacher ainsi à leurs employeurs qu'elles  sont sans domicile fixe. Certaines parmi elles sont tombées sous le coup d'une loi qui n'est même pas promulguée mais déjà appliquée et qui autorise à expulser en 48 heures des gens de  leur logement et sans jugement.

Parmi les thèmes d'indignation on pourrait brandir haut et fort le droit au logement. Un droit aussi bafoué à Genève, puisque comme en France, des familles logent durant des mois, voire des années dans des hôtels au frais du contribuable, solution qui permet d'épargner les propriétaires qui continuent à avoir leur immeuble vide et que personne ne viendra donc importuner.

On compte en moyenne à Genève quatre procédures d'expulsion par jour de locataires insolvables, le coût du loyer représentant  40 %  ( entre 10 et 15 % pour les assurances maladie ) du salaire, il suffit d'un passage difficile entraînant d'autres urgences et c'est la spirale infernale.

A Genève, on ne loge pas sous tente, mais dans sa voiture et à plusieurs, phénomène en augmentation avec la crise des pays voisins qui forcent des migrants arrivés il y a 10, 15 ans, à repartir chercher du travail ailleurs .

Le droit au logement est un droit humain qui participe à la réalisation d'autres droits humains fondamentaux. Un droit élémentaire que celui d' avoir un toit au-dessus de sa tête.

Ça me rappelle cette histoire qui m'a été relatée d'une jeune femme d'origine africaine incarcérée à Genève qui à chaque permission construisait peu à peu sur un  arbre ; discrète, une cabane pour y vivre et avoir au moins en endroit où loger à sa sortie de prison. Planche après planche, à les hisser tant bien que mal, les attacher avec quelques bouts de ficelle, les clouer cahin-caha ; le tout brimbalant, puis des tissus entassés pêle-mêle qui formaient une illusion de toit que la moindre bruine venait détruire . Dans ce travail de fourmi, il y avait quelque chose de puissant, cette leçon magistrale qui se déroulait sous nos yeux de l'être en quête d'amour-propre, cette soif de dignité même  pour celui qui est tombé au plus bas.

Belle leçon de dignité,  Madame , les Indignés vous en remercient  !

 

 

 

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16/01/2012

Quand le clan s'en mêle

272440480.gifAprès Ben Ali et la clique Trabelsi,  issue d'un milieu très pauvre,  clan de sa coiffeuse de  femme et qui a mis la Tunisie à genoux tant il a extorqué le peuple sous la menace .  Un autre clan ; autrement plus passionnant avec à sa tête un génie, celui de Napoléon et sa nombreuse fratrie corse.

Dans les dernières heures de son exil à St Hélène, l'empereur déchu reconnaissait avoir été peu secondé par les siens qu'il a extirpé de leur condition modeste  et selon son aveu, ils lui ont même fait beaucoup de mal: " "Mes frères n'aiment que le faste, les femmes, la représentation et les fêtes, mes frères ne me secondent pas . Ils n'ont  des princes que la sottes vanité et aucun talent". Ces frères et soeurs si avides  de pouvoir et de titres.

Joseph l'aîné qui après la couronne de Naples portera celle d'Espagne.  Lucien,  fait prince de Canino.  Louis,  roi de Hollande qui recevra  ordre de son frère aîné :" servez ce pays, mais ne cessez jamais d'être français !" -    Jérome,  roi de Westphalie élevé en partie par son grand frère Napoléon.

Et les soeurs, Elisa, l'aînée des soeurs et qui deviendra  Duchesse de Toscane, un physique ingrat qui ne la rendait pas moins avide d'honneurs et jalouse de ses prérogatives.  Caroline, qui enfant était comparée à une Cendrillon légèrement sotte et qui plus tard deviendra  Reine de Naples.

La belle Pauline, princesse de Guastalla,  choisie  comme modèle par les peintres et qui défraie les chroniques de salon avec  ses amours tapageuses et messaliniennes.  Que de lettres son frère Napoléon  ne lui a-t-il donc pas envoyées :" Madame et chère Sœur, j'ai appris avec peine que vous n'aviez pas le bon esprit de vous conformer aux mœurs et aux habitudes de la ville de Rome; que vous montriez du mépris aux habitants, et que sans cesse vous avez les yeux sur Paris."....." Quant à Paris, vous pouvez être certaine que vous n'y trouverez aucun appui, et que jamais je ne vous y recevrai qu'avec votre mari." (la jeune dame avait très vite réalisé sans doute que Paris est plus amusante avec un amant qu'avec un mari !)

Ce clan sur qui Fouché alors Ministre de la Police, - l'homme aux mille yeux  qui a su créer alors le plus grand réseau d'indicateurs et d'espions de France - et qui  connaîtra chaque travers des proches de l'Empereur, "aucune des 100 affaires malpropres de la famille Bonaparte ne lui échappe, des histoires de jeu des frères " . Fouché  saura tenir Napoléon sous la  pression d'une rumeur si vite lâchée sur les siens.

Napoléon s'est beaucoup battu pour la France et tout autant pour ses frères et soeurs à qui il remettait à chacun un peu d'Europe comme une tranche de gâteau, à partager entre eux. Mais, il se montrait aussi très autoritaire quant au choix des époux et épouses, il défaisait une alliance qui ne lui convenait pas, en arrangeait une qui servait ses intérêts. Cet homme dont on admirait le génie et abhorrait le despotisme faisait la pluie et le beau temps. Mais ces frères-là, l'Empereur les jalousait aussi :" Mes frères ont été beaucoup plus rois que moi ! Ils ont eu les jouissances de la royauté, je n'en ai eu que les fatigues."

Jusqu'aux dernières heures du frère;   l'empereur déchu, c'est bien Pauline, l'enfant terrible,  qui l'accompagnera sur  l'île d'Elbe, et qui tentera encore de le rejoindre à Sainte-Hélène.

On le constate avec quelque surprise, chacun à sa façon,  a tenté au mieux de mener la mission qui leur était confiée, au point même de se soustraire aux ordres du frère pour sauver le peu de crédit qu'on accordait alors à l'Empire. Ils sauront tirer,  chacun à sa façon,  leur épingle du jeu et finir une vie en apothéose;  dans ce ciel rougoyant de fin de règne que Napoléon leur a légué,  en s'y immolant tout entier,  corps et âme.

 

Notes de lecture Fouché de Stefan Zweig

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12/01/2012

"Pour voir la lumière, il faut sortir la tête du cul du chameau "

chameau-4.jpgUn an après le début de la  révolution des pays du printemps arabes avec la Tunisie en chef de file,   que dire ? Une joie timorée, beaucoup de vigilance et très très loin de l'euphorie.  Une Révolution n'est que les prémices d'un chantier où tout est à reconstruire. Des années s'écoulent avant de voir émerger les premières constructions solides. Le lendemain de la Révolution française de 1789 , ce sont des charettes surchargées d'humains que l'on voyait traverser la ville et  qui menaient les défenseurs de liberté à la guillotine.  On pouvait apercevoir avec horreur,  des  morts flotter par centaines et cela durant des mois  ;  la Terreur s'était installée et cela au nom de la Révolution qui se fêtait sur des corps de suppliciés exposés sur la place publique.

La « Terreur » des pays arabes serait le tentative d'entraîner ces pays fraîchement libérés du joug des dictateurs vers  un obscurantisme qui n'aurait rien à envier aux prédécesseurs et cela avec des méthodes identiques ; les personnes changent mais pas les rôles ,

Dans les pays du printemps arabes, nous n'avons pas d'autruches  qui auraient pu se mettre la tête dans le sable; fort heureusement il y a un bon vieux proverbe bédouin qui fera parfaitement l'affaire : "Pour voir la lumière, il faut sortir la tête du cul du chameau "

Certes, si prosaïque mais si imaginé qu'il n'est pas nécessaire d'avoir passé un doctorat en biochimie pour deviner le sens caché de cet adage populaire.  Un enfant  en maternel  comprendra d'instinct,  qu'il fait bien noir,  là -dedans et que pour avoir un peu de lumière, il faudrait la sortir cette tête.

L'obscurantisme équivaut à se retrouver dans le cul d'un chameau, un regard court, épais, impossible de tourner la tête ni à gauche, ni à droite, pris dans les noirceurs immondes et malodorantes, celui qui même malgré la plus grande passion du monde ne peut décrire que ce qu'il voit :  un trou profond, obscur et abject.

Ainsi,  l'obscurantiste est  l'aveugle si sûr de sa science qui croit que ce qu'il voit est l'unique vérité et prêt à vous la matraquer à coups de sermons sentencieux quand ce n'est pas à coups de matraque. Un rétrograde qu'on invite de toute urgence, pour son bien et celui du monde, à  revenir à l'ère des Lumières, de la tolérance, de la culture ouverte sur le monde et sur les autres et à revenir bénéficier des lumières  du XXI ième siècle.

Quant à nous autres, plus sages, plus  éclairés et plus lettrés ,  nous refusons de mettre, à notre tour, la tête dans le cul du chameau pour voir le monde. On préfère la lumière, le scintillement, les couleurs joyeuses de la vie, une pensée universelle qui englobe le monde.

On préfère la tolérance au fanatisme, la liberté au dogme, le respect entre hommes et femmes plutôt que la domination, la connaissance large à la monoculture radicale et à son corollaire, l' ignorance. A choisir, on préfère la coexistence pacifique à la haine et à la violence à l'encontre de tout ce qui pourrait être différent. On préfère une religion humaniste, intelligente et respectueuse que celle vue du fond d'un trou par un ignorant dont la vue restreinte et l'étroitesse d'esprit résument sa vision à un gouffre de ténèbres et d'abrutissement.

Nous avons résolument et ce depuis très longtemps, voire des siècles sortis la tête du cul du chameau pour trouver la Lumière, il n'est pas question de l' engrouffrer ou de nous la plonger , à nouveau et par la  force brutale et violente,  dans ces noirceurs sombres et immondes d'un autre temps.

Nous n'avons pas soutenu la Révolution pour nous laisser soumettre, une fois encore  !

Profitons de ce premier anniversaire pour soutenir   de tout notre cœur la résistance du peuple Syrien et gardons une pensée émue pour tous les révolutionnaires qui sont morts au nom de la liberté qui nous est devenue d'autant plus chère et d'autant moins  négociable. On ne la veut ni en pièces détachées, ni en alternance, ni fractionnée, ni en pointillé, ni en point d'interrogation, ni sous condition : La liberté, on la veut tout entière, ici et maintenant  !

 

 

 

 

 

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10/01/2012

Un seul Tunisien Juif insulté et c'est l'esprit de la Révolution qui est trahi et bafoué

Synagogue-Tunis[1].jpg

Nous n'avons pas fait la Révolution pour laisser insulter nos concitoyens Tunisiens de confession juive. Nous ne sommes pas montés au front pour laisser s'installer la haine et la discrimination en Tunisie.

C'est avec force que nous dénonçons les slogans antisémites qui ont fusé jeudi passé à l'aéroport de Tunis - Carthage lors de l'arrivée du représentant du Hamas et de rappeler que ces actes de violence sont contraires à l'esprit de l'Islam;  contraires à l'esprit de démocratie , contraires au respect entre citoyens, contraires à l'esprit d'égalité.

C'est l'occasion de rappeler que les tribus Berbères juives se trouvaient en Afrique du Nord il y a déjà 3'000 ans et que tous leurs descendants sont légitimement chez eux, et cela bien avant l'arrivée des Arabes et de l'Islam.

La loi doit sanctionner ces dérapages qui sont le fait de quelques obscurantistes qui n'ont pas compris l'esprit de la Révolution et que si nous les laissons prendre corps dans cette nouvelle Tunisie post-révolutionnaire, ils feront taches d'huile et nous  subirons  bien d'autres dérives à l'encontre de tout autre groupe minoritaire.

Nous demandons pardon à nos compatriotes pour ces actes d'incivilité et demandons que de tels agissements  soient punis et empêchés à l'avenir.

 

 

Un autre billet qui tombe à pic sur mon autre blog, un conte chamanique sur  :Les frontières

http://tangalle.hautetfort.com/archive/2012/01/08/conte-c...

16:51 | Tags : tunisie | Lien permanent | Commentaires (21) | |  Facebook | | |

09/01/2012

"Les nanas l'ont dans le baba !"

kanreki[1].jpgExcusez la formule triviale, c'est dans ces termes qu'elle m'a été rigoureusement citée par mon interlocutrice, ancienne journaliste et responsable RH.

Samedi, je rechaussai pour la première fois mes skis depuis deux ans . Longues chaussettes rouges en laine épaisse à pompons et montant jusqu'aux genoux, achetées à Belgrade, bonnet de laine tricoté à Sarajevo par les femmes victimes de guerre, le tout sur fond de jogging noir et me voilà à peu près équipée pour cette première  après-midi de ski; sous la neige, la grèle et dans le brouillard.

Légèrement refroidie,voire frigorifiée, je m'en vais boire un thé au restaurant de la piste (ma partie préférée dans les sports d'hiver). Devant la grande baie vitrée, une femme contemple son mari et son fils qui dévalent gracieusement les pentes sous les yeux admiratifs et parfois  las de celle qui sera mon interlocutrice dans les prochaines minutes. .

Je racontai au couple de restaurateurs qui envisage prochainement de prendre leur retraite; le rituel en lien avec l'anniversaire des 60 ans au Japon, le "Kanreki", tradition magnifique. L'homme, le jour de ses 60 ans s'habille tout de rouge et marque ce jour-là, la fin du premier calendrier et se prépare dans de joyeuses festivités à entamer donc un deuxième cycle. Ce qui lui permet d'enlever le masque social de la parfaite normalité attendue après avoir réussi ses études, sa carrière, son mariage, l'éducation de ses enfants et de pouvoir, enfin,  démarrer cette deuxième vie, la vraie vie  rien que pour lui et se laisser aller entièrement à son originalité quitte à devenir un excentrique même un peu fou.  Ainsi, des hommes se lancent dans une nouvelle carrière, plutôt artistique en fonction de leur aspiration à un âge plus avancé mais considéré toujours comme deuxième jeunesse. Cependant, ce beau rituel n'est réservé,  semble-t-il,  qu'aux hommes.

Ma voisine de table , l'oreille tendue, l'ancienne journaliste en question s'exclame :"Nous les nanas, on l'a dans le baba !". "..Pas besoin d'attendre 60 ans, à 45 ans, déjà on n'en peut plus. Nous sommes nombreuses en Europe, à jeter l'éponge et le calendrier on souhaiterait le recommencer tout de suite. La carrière, les enfants, toujours rester mince, porte-jarretelles et bagatelles, on en a marre de cumuler tous les rôles : femme, maîtresse, assistante sociale, infirmière, chauffeur, maîtresse d'école, cuisinière. On a tout voulu. Eh bien ! on a tout eu et on continue à être mettre moins bien payées que les hommes ! En plus de tout ça, il faut rajouter la couche écolo, bientôt ce sont les femmes qui pédaleront à la maison pour assurer l'énergie électrique pour toute la petite famille.

Nous les nanas, on l'a dans le baba !" A quand un Kanreki pour les femmes  ? s'interroge-t-elle, mais à 45 ans, de grâce ! "

 

Si vous souhaitez faire un saut sur mon autre blog et y découvrir mes contes chamaniques : Entre Beauté et Harmonie,  un fil de soie

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