19/01/2012

Les sans-abris, un peuple d'errants

 

soins-sdf.jpgLa crise, les inégalités sociales, l'exclusion  ont créé  un nouveau peuple, un peuple d'errants -  les sans-abris, les expulsés, les mal logés.

En France, 15'000 familles en Ìle de France sont relogées chaque  jour dans des hôtels, un prix exorbitant payé par l'Etat, une facture salée qui est le coût de l'échec de la politique de logement. Le nombre de sans-abris  a doublé en 10 ans, ce qui représentait 1 mio d'euros par jour déjà en 2008 alors que des immeubles entiers sont inoccupés et qu'il faudrait réquisitionner.

Les places d'hébergement d'urgence doivent entrer dans un programme politique cohérent, le parc immobilier devrait  comporter un minimum de 20 % de logements sociaux et augmenter proportionnellement à la crise, entre 30 et 40 % aujourd'hui.

On voit à Paris, maintenant,  des personnes parisiennes et  working poors loger dans des tentes ou des baraques de fortune construites de bric et de broc vers les zone périphériques. Une fois par semaine, elles  louent une chambre pour se laver et cacher ainsi à leurs employeurs qu'elles  sont sans domicile fixe. Certaines parmi elles sont tombées sous le coup d'une loi qui n'est même pas promulguée mais déjà appliquée et qui autorise à expulser en 48 heures des gens de  leur logement et sans jugement.

Parmi les thèmes d'indignation on pourrait brandir haut et fort le droit au logement. Un droit aussi bafoué à Genève, puisque comme en France, des familles logent durant des mois, voire des années dans des hôtels au frais du contribuable, solution qui permet d'épargner les propriétaires qui continuent à avoir leur immeuble vide et que personne ne viendra donc importuner.

On compte en moyenne à Genève quatre procédures d'expulsion par jour de locataires insolvables, le coût du loyer représentant  40 %  ( entre 10 et 15 % pour les assurances maladie ) du salaire, il suffit d'un passage difficile entraînant d'autres urgences et c'est la spirale infernale.

A Genève, on ne loge pas sous tente, mais dans sa voiture et à plusieurs, phénomène en augmentation avec la crise des pays voisins qui forcent des migrants arrivés il y a 10, 15 ans, à repartir chercher du travail ailleurs .

Le droit au logement est un droit humain qui participe à la réalisation d'autres droits humains fondamentaux. Un droit élémentaire que celui d' avoir un toit au-dessus de sa tête.

Ça me rappelle cette histoire qui m'a été relatée d'une jeune femme d'origine africaine incarcérée à Genève qui à chaque permission construisait peu à peu sur un  arbre ; discrète, une cabane pour y vivre et avoir au moins en endroit où loger à sa sortie de prison. Planche après planche, à les hisser tant bien que mal, les attacher avec quelques bouts de ficelle, les clouer cahin-caha ; le tout brimbalant, puis des tissus entassés pêle-mêle qui formaient une illusion de toit que la moindre bruine venait détruire . Dans ce travail de fourmi, il y avait quelque chose de puissant, cette leçon magistrale qui se déroulait sous nos yeux de l'être en quête d'amour-propre, cette soif de dignité même  pour celui qui est tombé au plus bas.

Belle leçon de dignité,  Madame , les Indignés vous en remercient  !

 

 

 

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Commentaires

Bonjour,

Je me permets ici de vous faire part d'un article rédigé par mes soins concernant la politique du Ministère Public face aux affaires d'abus parental.
N'hésitez pas à le lire et à réagir librement sur son contenu, toute intervention est la bienvenue, l'objectif étant de créer un débat publique sur cette question d'importance.

Voici le lien : http://gregoiresapereaude.blog.tdg.ch/archive/2012/01/19/les-defaillances-de-la-protection-de-l-enfance-et-la-mauvais.html

Je vous souhaite une excellente continuation et bien du plaisir sur le blog de la Tribune de Genève.

Cordialement,

Grégoire.

Écrit par : Grégoire | 20/01/2012

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