20/10/2011

Elections tunisiennes- Le premier coup d'envoi à Genève

IMG_0001.jpgCe matin, debout à 5h, je me dirige vers l'Hôtel Warwick où se tiendra le bureau de vote tunisien et ce,  jusqu'à samedi 19h,  à  Genève. Je dois officier en qualité de membre bénévole vendredi toute la journée, mais je suis  déjà venue donner un coup de main et par la même occasion voter.  Il fait encore nuit, j'attends l'arrivée du Président en charge du bureau genevois, Abdeljelil, le nez plongé dans un livre à la lumière de la porte d'entrée de l'hôtel encore fermée à cette heure.

Dans la salle du sous-sol de l'hôtel, c'est dans une  joyeuse fébrilité que nous procédons à la mise en place de cette première journée, nous avons tous suivi un cours de formation pour cela.

 

 

 

P1040361.JPG

 

Je serai la première à glisser ma feuille dans l'urne, un moment historique , pile à 7 heures devant les premiers observateurs.

Grand moment d'émotion depuis ce jour où juste après la révolution, le 21 janvier je me dirigeai vers l'Ambassade de Berne pour obtenir le renouvellement de mon passeport que l'on me refusait depuis presque trente ans. Décidée, j'ai menacé de camper devant l'ambassade jusqu'à l'obtention de celui-ci, heureusement on me l'a octroyé quelques heures plus tard. Sous le coup de l'émotion, ce jour-là, j'ai failli prendre l'autoroute en sens inverse.

 

 

P1040357.JPG

De nombreux Tunisiens de Genève, des autres villes suisses et dans le monde se sont fortement mobilisés pour ces premières élections en vue d'établir l'assemblée constituante. Chacun a compris que la Tunisie, le premier pays du printemps arabe, le premier à avoir montré le chemin de la Révolution doit maintenant montrer à tous les autres pays qui ont suivi que nous sommes tous sur la voie de la reconstruction à travers ces premières élections libres qui nous changeront définitivement du 99,99% pour l'ex-dictateur.

 

 

 

P1040359.JPG

 

Des bénévoles fin prêts à recevoir les premiers votants.

 

 

 

 

 

Et pour moi personnellement et ma famille, le changement risque d'être essentiel, pouvoir enfin enterrer mon père, Lazhar Chraïti, dignement. Condamné et exécuté en janvier 1963, jusqu'à ce jour, nous ne savions pas où il avait été enterré avec ses compagnons de lutte, nous n'avions essuyé que des refus catégoriques. Les premiers test ADN viennent d'être effectués  et peut-être que d'ici quelques mois, nous pourrons enfin accomplir notre devoir à l'égard d'un être cher qui nous a quittés dans des conditions dramatiques. Il aura fallu attendre 48 ans et une Révolution  !

20:05 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.