07/10/2011

17 octobre 1961-"La Seine était rouge du sang des Algériens"

cache-250x247_manif17oct61-250x247-c5e78.jpgPour lutter contre 50 ans d'oubli

"Ce jour-là, je m'en souviens comme si c'était hier. Nous avions mon père et moi pour se laver,  tiré les quelques gouttes d'eau du robinet installé devant notre baraque faite de bois et de tôle, dans le bidonville de Nanterre.  Il m'avait dit nous allons défiler comme des hommes, montrer aux Français que nous ne sommes ni des rats, ni des animaux sauvages, que  nous ne  courbons pas le dos, ni ne rampons, mais que nous sommes des hommes et des femmes debout et fiers qui voulons vivre décemment et permettre aux Algériens de vivre dans une Algérie indépendante. Il m'avait même mis un peu de son gel dans les cheveux, je portais mes plus beaux habits pour ce grand défilé qui me faisait grandir d'un coup.  Cette grande manifestation qui me fera effectivement vieillir en quelques minutes, devenir vieux pour toujours.  Je lui tenais la main, des milliers de gens nous entouraient . Ma mère, mon petit frère et ma petite soeur devaient participer à une manifestation identique le lendemain. Ils chantaient, criaient, tapaient des mains en rythme, riaient. Puis, je ne sais plus ce qui s'est passé, tout est devenu trouble, cris, coups de feu. Nous nous sommes mis à courir, mon père est tombé, des policiers l'ont tapé et tapé, j'entendais le bruit de ses os se fracasser,  bien que je me bouchais les oreilles, les mains collées très fort contre elles. J'étais caché derrière une voiture, puis ils l'ont attrapé à plusieurs et l'on jeté par-dessus bord avec beaucoup d'autres hommes . J'ai fermé les yeux et je ne sais plus comment je suis arrivé chez moi...........Ma mère suppliait en demandant : où est ton père ? Je répondais inlassablement, la rivière l'a dévoré, il a été emporté par l'eau, l'eau rouge, si rouge de Paris. "

 

cache-255x258_rafle-255x258-f2511.jpgUn pan de l'histoire française post-coloniale qu'on a voulu noyé dans une amnésie générale. Le 17 octobre 1961, à 20h30 malgré le couvre-feu imposé  aux "Français musulmans d'Algérie" de 20h30 à 5h30  , à peu près 30'000 Algériens passent outre l'interdiction,  sous l'impulsion du F.L.N,   et  défilent dans une manifestation pacifique. En face 7'000 policiers, les ordres de Maurice Papon appuyé par Charles de Gaulle  étaient clairs :   "si vous tirez les premiers, vous serez couverts", mais encore ; "pour un coup rendu, vous en donnerez dix". Rafles, disparitions, tortures, corps balancés dans la Seine étaient déjà monnaie courante avant le massacre du 17 octobre . Des policiers qui  en-dehors de leurs heures de service, s'adonnaient à la "ratonnade" comme on pratiquerait la chasse, mais la chasse à l'homme, la chasse  à l'Algérien, la chasse au faciès.  Malgré la circulaire du 7 octobre  du F.L.N qui mettait  fin aux attentats débutés en 1958 dans la métropole et qui visaient particulièrement l'appareil  de production (ports, raffinerie)  et des policiers, malgré le fait que le F.LN avait passé le mot d'ordre,  pas d'armes, pas de violence durant la manifestation, contrôlant eux-mêmes les manifestants, les fouillant pour s'assurer  qu'ils ne portaient rien sur eux, ils seront pris pour cible.   La police charge violemment la manifestation pacifique  : matraques, coups de crosse,  coups de pieds.

 

 

 

matraque-051ea.jpgLa chasse durera toute la nuit, pendant des jours et des jours on verra des cadavres remontés à la surface de la Seine.  Plus de 11'730 Algériens sont interpellés puis internés au Palais des Sports, au Parc des Expositions, au stade de Coubertin, au Centre d'Identification de Vincennes, durant  quatre jours.  Impossible de dénombrer exactement le nombre de morts, le pouvoir organise la  censure, aucun accès aux archives autorisé, toute commission d'enquête sera interdite.

Il faudra attendre 1980 pour que la presse puisse enfin lever le voile sur ce massacre, sur les ratonnades d'octobre et qui pointera du doigt nettement Maurice Papon, identifié comme auteur de crimes contre l'humanité et qui ne sera jamais ni traduit devant un tribunal, ni jugé, ni puni pour cette nuit d'horreur.  Ce même Maurice Papon qui a été condamné à Bordeaux en 1998 à dix ans de réclusion criminelle pour son rôle dans l'arrestation de Juifs lorsqu'il était secrétaire général de la préfecture de la Gironde entre 1942 et 1944. Après plusieurs recours, en 1999,  il fuira en Suisse, retrouvé, il sera  incarcéré à la prison de Fresnes, un mois plus tard transféré  à la Prison de la Santé.  Finalement la peine de celui qui portait fièrement et illégalement  l'insigne de commandeur de la  Légion d'honneur est suspendue pour des raisons de santé. L'ancien fonctionnaire de Vichy et le complice de crime contre l'humanité sera enterré avec sa croix de commandeur de la Légion d'honneur reçue des mains du Général de Gaulle.  Les symboles sont plus forts que les crimes ! Quelle insulte à la mémoire de toutes les victimes de Maurice Papon.

Le massacre du 17 octobre 1961 en aura  mis du chemin pour se faire une place dans la mémoire collective aprés l'amnésie, puis la tentative d'oubli durant 50 ans .  Dorénavant, misons  sur la juste mémoire, pour ne pas s'enterrer avec l'oubli, pour ne pas s'empêcher de recréer un identitaire solide afin d'ancrer ses savoirs dans les racines d'une réalité non-refoulée. Un oubli qui empêcherait de reconfigurer sa propre histoire, la vraie, pas celle d'un imaginaire fallacieux et trompeur qui rend toute destinée si friable, même celle d'un peuple tout entier.

 

Le CCA commémore le 17 octobre 1961 - 50 ans d'oubli - par la :

Présentation de la pièce "La Pomme et le Couteau"

Dans le cadre des commémorations du 50e anniversaire des évènements du 17 octobre 1961, le Centre culturel algérien de Paris organise, le vendredi 14 octobre en soirée, une présentation théâtrale de la pièce "La Pomme et le Couteau" d'Aziz Chouaki. La pièce, adaptée des écrits d'Abdelmalek Sayad et Jean-Luc Einaudi, est mise en scène par Adel Hakim. Dans le cadre de ces commémorations, l'association Les Oranges de Nanterre, le collectif Daja et des comédiens du théâtre des Quartiers d'Ivry, dirigé par Adel Hakim, ont décidé de travailler ensemble sur ce spectacle consacré à cette tragédie.

LE FILM "ICI, ON NOIE LES ALGERIENS" DE YASMINA ADI

 

 

23:03 | Tags : 17 octobre 1961, la pomme et le couteau | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook | | |

Commentaires

Il est dommage qu'on en fasse pas autant pour les morts d'apres le 19 mars:80 morts à la rue d'Isly,60 000 harkis massacrés,2200 pieds noirs enlevés par le FLN et jamais retrouvés,attentats OAS ,massacre d'Oran...
Au fait derriere le 17 octobre et le 19 mars,il y avait toujours un general...Zut,je blasphème....

Écrit par : cirta | 08/10/2011

J'y étais aussi, j'avais 5 ans et demi et je m'en souviens parfaitement, j'en garde des images terribles que je n'oublierai jamais! Sauf que ma mère, mon petit frère de 8 mois et moi-même avions été emmenés à la prison de la Santé, je me rappelle des charriots remplis de biberons en verre qui clinquaient entre eux et qui étaient distribués aux mamans pour les bébés!!
Mon père avait réussi à rentrer à la maison, nous vivions dans des barraques affreuses, un bidonville rue des Renouillers à Colombes. J'ai bien vu comment on jetait des personnes dans la Seine, les coups de feu qui sifflaient, les gens qui courraient partout afin de se protéger, j'avais perdu une chaussure en vernis noir, j'avais une jolie robe à carreaux rouges, oranges et jaunes et une veste blanche!
Ah la bêtise humaine!!!!

Écrit par : Hamida Ait Khelifa | 08/10/2011

"j'avais perdu une chaussure en vernis noir"

En perdant une chaussure en vernis noir, vous perdiez beaucoup plus que cela. En fait il ne vous a été laissé aucun choix que celui de vous faire voler l'innocence de l'enfance.

"Ah la bêtise humaine!!!!"

La bêtise ? Le cynisme, le sadisme et la barbarie.

Écrit par : Giona | 08/10/2011

Maurice Papon l'homme aux mains tachées de sang a été protégé et couvert par le gouvernement français jusqu'à la dernière heure, enterré avec les honneurs et sa fameuse croix de la Légion d'honneur. Tant qu'on ne reconnaîtra pas ce genre de criminel officiellement comme coupable, on ne soignera jamais les victimes et leurs descendants à qui on nie un statut de victime, silence coupable et complice des autorités jusqu'en 2011. Arrachons-lui officiellement outre-tombe sa médaille qui est un prolongement du respect que le gouvernement lui accorde. Cet homme même mort ne mérite pas le respect, ni les insignes honorifiques. Cet homme est un criminel. Le reconnaître aujourd'hui est tenir compte des milliers de victimes qu'a fait le criminel Papon.

Comment Papon recherché en France est -il arrivé en Suisse ? avec l'aide de qui ? Comment a réagi le gouvernement suisse par rapport à cette présence indésirable le sachant coupable de crime contre l'humanité ? Autant de questions qui méritent des réponses transparentes.
A son retour de Suisse, Papon est incarcéré au carré VIP de la prison de la Santé . On a essayé de comprendre pourquoi cet homme a bénéficié de quelques privilèges matériels par rapport aux autres détenus qui eux certainement n'auraient pas pu avoir les mains aussi sales !

Écrit par : Bof | 08/10/2011

En lieu et place, collons-lui la médaille du déshonneur faite de cris et de sang de ces hommes, femmes et enfants qu'il a fait torturer et assassiner à Vichy puis plus tard à Paris !

Écrit par : justes | 08/10/2011

Toute ma sympathie pour tout ce que vous avez vécu. Aujourd'hui, plus personne ne peut se rendre compte de l'état du racisme anti-algérien de la France à cette époque. Jeune étudiant, j'ai travaillé chez Schneider transports à Lausanne comme aide-chauffeur et un de mes premiers voyages s'est fait avec un chauffeur d'origine algérienne. Les remarques racistes ou au moins désobligeantes que celui-ci a du entendre sans moufter à chaque arrêt dans un restaurant routier ont profondèment marqué ma vie pour pas mal d'années.

Cela dit, le monde a changé à 180°. La vengeance est un plat qui se mange froid, et c'est généralement une très mauvaise tambouille néfaste à tout le monde.

Écrit par : Géo | 08/10/2011

Contrairement à ce qu’il prétendait Maurice Papon n’a jamais été résistant. Charles de Gaulle qui connaissait exactement le passé et les exactions de ce fonctionnaire à Vichy pensait sérieusement que : « Oui, Papon, c’est tout à fait convenable, c’est sérieux. En effet, c’est une bonne idée. » en vue de sa nomination comme trésorier de l ‘UDR.
Préfet de police de Paris entre 1958 et 1967, condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l'humanité pour des actes commis en tant que fonctionnaire du régime de Vichy, il est également connu pour son rôle capital dans la répression sanglante des manifestations du 17 octobre 1961 et du 8 février 1962, ainsi que pour avoir dirigé la société française des verreries champenoises, en 1977, quand Pierre Maître, syndicaliste, fut assassiné par un commando de la Confédération des syndicats libres.
Maurice Papon adopte en 1940 les idées de la Révolution nationale du Maréchal Pétain et de son gouvernement. Il est nommé en 1942 secrétaire général de la préfecture de la Gironde, à Bordeaux, en zone occupée. Bras droit du préfet de la Région Aquitaine Maurice Sabatier, il dirige le Service des questions juives. Jusqu'en mai 1944, ses services recenseront les Juifs dans les hôpitaux, les sanatoriums et les maisons de retraite et organiseront l'arrestation et la déportation des Juifs de la région bordelaise vers le camp de Drancy créé en 1941.


En avril 1958, Maurice Papon est nommé préfet de police de Paris par la IVe République finissante. Il obtient à cette époque la carte de « combattant volontaire de la Résistance » qui reconnaît sa participation à la Résistance, donc bien après la résistance !

À ce poste stratégique, Maurice Papon joua un rôle important dans la crise qui suivit le Soulèvement d'Alger le 13 mai 1958. Il participa aux réunions gaullistes confidentielles qui assurèrent l'exploitation de la crise et préparèrent à Paris le retour au pouvoir du général de Gaulle . Cette action occulte lui valut son maintien en fonction par la Ve République. En juillet 1961 il reçoit des mains de Charles de Gaulle la croix de commandeur de la Légion d’honneur.

Outre le 17 octobre 1961, le 8 février 1962, une manifestation contre l'OAS, interdite par le ministère de l'Intérieur, est brutalement réprimée. Huit manifestants sont tués suite aux coups reçus ou périssent étouffés en fuyant l'extrême brutalité de la police, dans la bouche de métro Charonne : c'est l'affaire de la station de métro Charonne. Un neuvième meurt peu après des suites de ses blessures. Jean-Paul Brunet et Alain Dewerpe estiment qu'une responsabilité collective, des forces de police au chef de l’État, le général de Gaulle, en passant par le préfet Papon, s'établit. Elle relèverait de l'« autoritarisme » du régime gaulliste, qu'ils analysent (surtout Alain Dewerpe) à cette occasion.

De 1978 à 1981, il est ministre du Budget dans les deuxième et troisième gouvernements de Raymond Barre. Dans un entretien accordé à France Culture en février 2007, M. Barre a déclaré que la nomination de Maurice Papon s'était faite sur son initiative.

Papon, alors ministre du Budget, décide de déclencher un contrôle fiscal contre l'hebdomadaire satirique, Le Canard enchaîné.

Le 6 mai 1981, le journal « riposte », sur le mode de l'arroseur arrosé , en publiant un article de Nicolas Brimo révélant le rôle de Maurice Papon dans la déportation des Juifs bordelais. On y trouve deux documents datés l'un de février 1943, l'autre de mars 1944 et signés de la main de Maurice Papon, alors secrétaire général de la préfecture de Gironde. Ces pièces, communiquées par Michel Slitinsky, montraient la participation du secrétaire de préfecture à la déportation des juifs vers l'Allemagne.

L'affaire déclenchée quatre jours avant le scrutin présidentiel fut dénoncée comme une opération politique. Elle touchait un ancien préfet, député RPR du Cher, ministre du Budget du gouvernement de Raymond Barre. Mais l'indépendance reconnue du Canard enchaîné, tout comme la réticence manifestée par le président François Mitterrand à la tenue du procès Papon, devaient faire litière de cette accusation.

Il est inculpé en 1983 de crimes contre l'humanité mais ce n'est qu'en 1997 que débute son procès, après 17 années de batailles juridiques. Il est renvoyé, le 18 septembre 1996, devant la cour d'assises de la Gironde par la chambre d'accusation de la cour d'appel de Bordeaux. Il est condamné en 1998 à une peine de 10 ans de réclusion criminelle, d'interdiction des droits civiques, civils et de famille pour complicité de crimes contre l'humanité par la cour d'assises.

Son procès est porteur de significations différentes pour les Français ; pour certains, il représentait une dernière chance de confrontation du peuple français avec son passé collaborationniste, pour d'autres il symbolisait le ravivement inutile de blessures anciennes et de facteurs de divisions. Maurice Papon a bénéficié de la défense brillante et offensive de l'avocat Jean-Marc Varaut. Mais par son attitude jugée arrogante, et par son absence complète de regrets et de remords, Maurice Papon a cristallisé les sentiments de haine de beaucoup, bien au-delà des victimes elles-mêmes.

Papon a été jugé coupable d'avoir ordonné l'arrestation de 1 560 juifs, dont des enfants et des personnes âgées, entre 1942 et 1944. La plupart des victimes ont été déportées à Auschwitz.

Une des questions principales du procès était de déterminer dans quelle mesure un individu doit être tenu responsable lorsqu'il fait partie d'une chaîne de responsabilités. Le procureur général requiert une peine de 20 ans de réclusion criminelle, alors que la réclusion criminelle à perpétuité était encourue. La peine finalement prononcée a été dénoncée par les avocats du condamné comme une peine de « compromis ».

Laissé en liberté provisoire au début de son procès par une décision de la cour d'assises de la Gironde présidée par Jean-Louis Castagnède, Maurice Papon s'enfuit en Suisse en octobre 1999 à la veille de l'examen de son pourvoi en Cassation. Arrêté au bout de 48 heures dans un hôtel helvétique, et aussitôt extradé, Maurice Papon est finalement emprisonné à la prison de Fresnes, dont il sort le 18 septembre 2002, après 3 années de détention, sur la base d'un avis médical concluant à "l'incompatibilité de son état de santé avec la détention en raison de son état de santé" et de la « loi Kouchner », nouvellement votée. Il est alors assigné à résidence dans sa maison familiale de Gretz-Armainvilliers en Seine-et-Marne.

Cette remise en liberté a été très critiquée. Le rapport médical décrivant Papon comme « impotent et grabataire » parut démenti spectaculairement quand l'ancien prisonnier quitta à pied la prison de la Santé. La libération de Papon a été rendue possible par la loi « Kouchner » du 4 mars 2002 qui prévoit que les prisonniers peuvent être libérés s'ils souffrent d'une maladie incurable ou si leur incarcération met en danger leur santé. Papon est le deuxième Français à bénéficier de cette loi, alors que 27 octogénaires français sont entrés en prison en 2001. La libération de Maurice Papon a été approuvée par l'ancien garde des Sceaux et ancien président du Conseil constitutionnel, Robert Badinter. Elle avait été aussi demandée par des personnalités aussi peu suspectes de complaisance que l'ancienne résistante Germaine Tillion, cofondatrice du réseau du Musée de l'Homme.

Dans un arrêt du 12 avril 2002, le Conseil d'État, considérant que les faits pour lesquels Maurice Papon a été condamné résultent à la fois d'une faute personnelle et d'une faute de service, c'est-à-dire de l'administration, a condamné l'État à payer la moitié des dommages que la Cour d'assises de la Gironde avait attribués aux parties civiles. Mais, de son côté, Papon a organisé son « insolvabilité ».

Le 25 juillet 2002, sur requête de M. Papon, la Cour européenne des Droits de l'Homme a jugé contraire aux principes du procès équitable l'obligation de se constituer prisonnier avant l'examen d'un pourvoi en cassation, qui faisait alors partie du code de procédure pénale. Contrairement cependant à ce qu'ont affirmé des partisans de l'ancien préfet, cette décision ne portait en rien sur le fond du jugement et de sa condamnation.

Maurice Papon a eu de nouveau affaire à la justice en 2004-2005, pour avoir arboré illégalement la Légion d'honneur en public, alors que ses décorations lui avaient été retirées suite à sa condamnation.

Après sa libération pour raison de santé en septembre 2002, Maurice Papon vend la maison familiale qu'il possède à Gretz-Armainvilliers et s'installe dans un petit pavillon moderne au 44 rue Arthur Papon (du nom de son père) où il est assigné à résidence.

Hospitalisé le 8 février 2007 à La Francilienne, clinique de Pontault-Combault en Seine-et-Marne à la suite de problèmes cardiaques et pour une intervention sur son pacemaker, il y meurt le 17 février 2007 à l'âge de 96 ans. Sa mort a suscité peu de réactions spontanées des milieux politiques et associatifs.

L'avocat de Maurice Papon, Francis Vuillemin, a déclaré que son client serait enterré avec la légion d'honneur, affirmant dans un communiqué : « Je veillerai personnellement à ce que l'accompagne dans son tombeau la croix de Commandeur de la Légion d'honneur que Charles de Gaulle lui a remise de ses propres mains, pour l'éternité. » « Le délit de port illégal de décoration ne se conçoit que dans un lieu public. Le cercueil est le lieu le plus privé qui puisse être et un cadavre n'est plus un sujet de droit, il n'y a donc pas d'infraction. » a déclaré l'avocat à Reuters

Michèle Alliot-Marie a déclaré quant à elle : « La République a fait ce qu'elle devait faire, il y a eu procès, il y a eu décision de justice, à la suite de la décision de justice, la République a décidé de retirer la croix de commandeur de la légion d'honneur à Maurice Papon, il n'est plus commandeur de la légion d'honneur, c'est tout. Ensuite ouvrir les cercueils, c'est quelque chose qui pour moi me déplaît ».
Maurice Papon a été inhumé le 21 février 2007 dans le cimetière de Gretz-Armainvilliers aux côtés de ses parents et de sa femme, Paulette, décédée en mars 1998, deux jours avant la fin du procès. Selon son avocat « il a été inhumé avec la légion d'honneur retirée après sa condamnation, malgré l'indignation de ses victimes et de la classe politique ».

Ses funérailles ont été célébrées par le père Michel Lelong, prêtre récipiendaire de la légion d'honneur connu pour son dialogue avec l'islam (quel dialogue pour celui qui enterrait le boucher du 17 octobre 1961 ?) et son hostilité au sionisme et à l'Etat d'Israël (utiliser les Arabes pour détester Israël et afficher un antisémitisme ouvert, un grand classique). Une quarantaine de personnes, autant de journalistes et de policiers, ont assisté à cette oraison funèbre dite par ce prêtre catholique membre de l'épiscopat. Maurice Papon « a trouvé lumière et réconfort dans l'exemple du Christ condamné injustement », a notamment déclaré le père Lelong.

Écrit par : empapahonter | 08/10/2011

A celle qui adore les avions privés ! - Michèle Alliot-Marie concernant l'affaire Papon dit : « La République a fait ce qu'elle devait faire, il y a eu procès, il y a eu décision de justice, à la suite de la décision de justice, la République a décidé de retirer la croix de commandeur de la légion d'honneur à Maurice Papon, il n'est plus commandeur de la légion d'honneur, c'est tout. Ensuite ouvrir les cercueils, c'est quelque chose qui pour moi me déplaît ».
Si la République lui a retiré sa croix de la Légion d'honneur , on n'avait pas à l'enterrer avec et de sus avec tout le tralala. Cette croix de commandeur devrait être récupérée même au fond de sa tombe et dédiée à ses victimes, chère Mme Alliot-Marie !

Écrit par : BOF | 08/10/2011

N’oublions jamais les massacres de Sétif du 8 mai 1945 faisant 17'000 morts et 20'000 blessés.
Nous avons vu là toute la barbarie française qui n’a rien à envier à celle des nazis.

Écrit par : Chegga | 11/10/2011

N'oublions pas non plus les 800'000 ou le millions de victimes algérienne !

Écrit par : Corto | 12/10/2011

Je vous signale : " Les ratonnades d'octobre". Par Michel Levine
Editions Jean-Claude Gawsewitch 2011.

En octobre 1961. A Paris, en pleine guerre d'Algérie, Maurice Papon, préfet de police et chef de la répression, instaure un couvre-feu pour les Algériens, citoyens français de seconde zone : chasse au faciès, interpellations systématiques, bouclages de quartiers, etc. Les conditions de vie deviennent infernales pour des milliers d'hommes et de femmes.
En protestation contre ces mesures qui rappellent l'occupation nazie, le F.L.N. organise le 17 octobre une manifestation pacifique. Aussitôt, Papon "chauffe ses troupes". La machine à tuer est en marche…On retrouvera des centaines de cadavres dans la Seine.
Le crime commis, c'est le grand silence de la part des autorités et des médias, un mutisme absolu qui durera longtemps. Pour la première fois, on dévoile ce qui était ignoré de l'historiographie officielle ou soigneusement refoulé. L'auteur s'est livré à une véritable enquête, interrogeant victimes, avocats, témoins.
Michel Levine revient sur cette période tragique de l'Histoire à l'occasion du 50e anniversaire des évènements d'octobre 1961.

Michel Levine est historien des Droits de l'Homme. Il a notamment publié chez Fayard Affaires non classées (Archives inédites de la Ligue des Droits de l'Homme).

Écrit par : Vaduz | 21/10/2011

Je vous signale la réédition de l'ouvrage : " Les ratonnades d'octobre". Par Michel Levine
Editions Jean-Claude Gawsewitch 2011.

En octobre 1961. A Paris, en pleine guerre d'Algérie, Maurice Papon, préfet de police et chef de la répression, instaure un couvre-feu pour les Algériens, citoyens français de seconde zone : chasse au faciès, interpellations systématiques, bouclages de quartiers, etc. Les conditions de vie deviennent infernales pour des milliers d'hommes et de femmes.
En protestation contre ces mesures qui rappellent l'occupation nazie, le F.L.N. organise le 17 octobre une manifestation pacifique. Aussitôt, Papon "chauffe ses troupes". La machine à tuer est en marche…On retrouvera des centaines de cadavres dans la Seine.
Le crime commis, c'est le grand silence de la part des autorités et des médias, un mutisme absolu qui durera longtemps. Pour la première fois, on dévoile ce qui était ignoré de l'historiographie officielle ou soigneusement refoulé. L'auteur s'est livré à une véritable enquête, interrogeant victimes, avocats, témoins.
Michel Levine revient sur cette période tragique de l'Histoire à l'occasion du 50e anniversaire des évènements d'octobre 1961.

Michel Levine est historien des Droits de l'Homme. Il a notamment publié chez Fayard Affaires non classées (Archives inédites de la Ligue des Droits de l'Homme).

Écrit par : Vaduz | 31/10/2011

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