30/08/2011

Cäsar Ritz - La Légende d'un Valaisan à Paris (3)

DSC01485.jpg

"Le Roi des hôteliers, et l'hôtelier des Rois" ainsi surnommait-on César Ritz  qui est au faîte de sa gloire en 1902.  Il dirige le Ritz de Paris depuis 1898, tout semble lui réussir. Son talent d'artiste transforme tout en chef-d'œuvre comme d'un coup de baguette magique.

Mais il supporte de moins en moins la pression,  son besoin de perfection exacerbé l'épuise peu à peu, l'angoisse au point de lui donner des insomnies, d'humeur irritable tout devient trop lourd à gérer. Sa créativité qui le poussait en avant et lui donnait des ailes, un pur sang puissant qui le transportait au sommet de la célébrité, , n'est plus qu'un fardeau pénible et écrasant.   En 1902 le diagnostic détecte une profonde dépression nerveuse. Son épouse et Escoffier prennent en main l'entreprise.

La descente aux enfers atteint son point culminant en 1906, il a alors 52 ans. Cette chute entraîne un court séjour en sanatorium pour maladie mentale.  Pourtant Le Ritz de Londres ouvre ses portes la même année.

Incapable de recouvrer la santé, épuisé, le légendaire pionnier de l'hôtellerie se retire en 1907, il décèdera  à l'âge de 68 ans  ans, en Suisse le 26 octobre 1918.   Seul et oublié de tous.

 

L'"idée Ritz" continue son bonhomme de chemin. Le Ritz de Paris est acheté par Mohamed Al-Fayed en 1979. César aurait-il pu imaginer lui qui aimait tant servir les Grands qu'un jour son Palace serait au cœur de la tragédie de la mort de Lady Dy et de Dodi Al-Fayed qui y possédait sa suite attitrée, par un  funeste samedi du 30 août 1997 ?

Le Ritz Paris est comme ces grands fleuves qui charrient la vie et voit le temps s'écouler lentement à travers les siècles. Mohamed Al-Fayed qui a vainement cherché le fantôme de son fils dans ces longs couloirs aux tapis épais a  décidé de remettre le Ritz selon des sources bien informées.

Un dernier hommage à Cäsar Ritz.

 

prologue

En souvenir aussi de mon arrière grand-mère maternelle d'origine valaisanne, Bertha Wyss de Bramois qui est partie travailler comme gouvernante auprès d'une riche famille à Milan entre 1914 et 1915 et qui y découvrit le théâtre et l'opéra avec l'éminent Caruso  dont elle parlera toute sa vie durant. Ceci nous rappelle que les Suisses ont aussi émigré pour chercher du travail ailleurs.

FIN

 

 

13:36 | Tags : ritz, césar ritz, cäsar ritz, palace ritz | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

29/08/2011

Cäsar Ritz- La légende d'un Valaisan à Paris (2)

 

ritz.jpgL'exposition universelle de Paris qui débuta le 1 er avril 1867 attirera foule de visiteurs venus  de toute l'Europe. Princes et rois ne manqueront pas à l'appel. Le peuple acclame l'arrivée du Tsar Alexandre sur son orlov noir qui caracole fièrement sous une pluie de fleurs et les applaudissements de la foule. 10 millions de spectateurs sont agglutinés pour entreapercevoir Louis de Bavière, le sultan Abdulaziz ou le prince japonais Tokugawa Akitake. Moult spectacles de rue pour impressionner le peuple; jongleurs, cracheurs de feu, dresseurs d'ours, bonimenteurs, joueurs de bonneteau.   La ville entière est transformée en auberge géante, les pâtissiers envahissent les trottoirs au milieu des fumées lourdes des rôtisseurs.  Les grands hôtels débordés par une clientèle exigeante ne savent plus où donner de la tête, les brigades de cuisine s'arrachent les cheveux.   La ville est  transformée en immense bordel où les coquins de grand chemin se faufilent allègrement au milieu de cette foule extatique. Noble moment de fierté nationale où la débauche tout aussi éloquente que les discours patriotiques fuse de toutes parts.

Tout Paris semblait plonger dans le doré et la luxure excitant la  rêverie  des manants pendant des années et alimenter leurs longues soirées d'hiver près du feu !

C'est dans cette effervescence que Ritz rejoint la capitale française.  A 17 ans,  le voilà tour à tour cireur de chaussure, plongeur, sommelier, garçon de courses, portier de maison close, serveur. Qu'importe l'assassinat de l'Empereur Maximilien,  en juin et qui met rapidement fin aux festivités. Pour lui, l'aventure ne fait que commencer,  on s'extasie face à la rapidité du jeune César, on l'adopte,  preuve en est, son nom est francisé . Cäsar devient César. Il s'adapte, observe, comprend vite les problèmes, il est  encore plus rapide à trouver des solutions. Il travaille au Grand Hôtel Le Splendide, puis « Chez Voisin ».  Son registre d'inventivité est inépuisable. L'artiste transforme tout ce qu'il touche en prouesse esthétique.

A 27 ans, il devient directeur d'hôtel . Appelé à la rescousse, il se retrouve à diriger des hôtels de luxe à Nice, San Remo, Monte Carlo, Lucerne et Baden-Baden. Il est le premier à installer des salles de bains dans chaque chambre d'hôtel à Londres. Il fait installer l'électricité dans le Grand Hôtel de Rome, la soirée de l'inauguration rencontre la panne d'électricité, qu'importe, il fait allumer des milliers de bougie, féerique. On en oublie l'électricité pour laquelle on était venu.  A 38 ans,  marié avec Mlle Beck qui en affiche 21 et dont il aura par la suite deux fils,  il achète son premier hôtel.  Le 1 er juin 1898, il   inaugure le  Ritz à Paris, place Vendôme,  au rendez-vous Sarah Bernhardt, Proust.  Il s'associe au plus grand cuisinier de la fin du XIXème siècle et début XX ème, Georges Auguste Escoffier, un tandem qui allie luxe, raffinement et haute gastronomie.

Ritz est devenu un adjectif qui exprime le chic, l'hospitalité, l'élégance : « So ritzy !  » s'exclame-t-on en anglais.

Mais le destin est là, tapi dans l'ombre et qui frappe si cruellement un homme au sommet de sa gloire.

 

(suite à venir )

 

 

 

 

20:41 | Tags : ritz, césar ritz, cäsar ritz, palace ritz | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

28/08/2011

Cäsar Ritz, la légende d'un Valaisan à Paris

DSC01467.JPGNiederwald - Dans une vallée généreuse, la Vallée de Conces, d'un vert luxuriant où les prairies  riantes glissent légères et douces vers le Rhône pour l'admirer  ruisseler gaiement et sauter  à cloche-pied sur les rochers blancs lavés par ce cours incessant. C'est un tableau qui a accueilli le jeune Cäsar Ritz, le 23 février 1850 . Et le jeune Cäsar a toute sa vie rendu hommage à cette vallée hospitalière qui a fait de ce cadet d'une fratrie de 13 enfants, un artiste délicat.

(photo maison natale à Niederwald)

 

 

 

 

 

DSC01483.JPGCe berger qui contemplait cette nature si changeante, qui observait les brumes fantomatiques tourbillonner, ces voiles légers qui voilent et dévoilent les tendres collines en offrant à chaque fois un spectacle nouveau. L'œil de l'enfant exercé saura observer les grands avec la même acuité et comprendre le monde des puissants pour celui qui toute sa vie durant a côtoyé rois et princes, ministres et artistes.

Envoyé à Sion à l'âge de 15 ans pour y apprendre le Français, les parents se rendront vite compte que les études l'ennuient, qu'il rêvasse au fond de la classe à ses voyages futurs comme ces voyageurs qu'il croise et qui sillonnent toute l'Europe. Ces dames élégantes qui dans leur diligence postale faisaient rêver le jeune berger.

 

 

DSC01476.JPG

 

Déçu par ce si peu d'enthousiasme scolaire, son père Anton l'envoie travailler à l'hôtel "la Couronne et Poste" à Brigue.  L'hôtelier observait d'un air fermé d'armoire normande ce jeune apprenti à l'âme d'artiste qui passait et repassait amoureusement sa main sur les nappes brodées en admirant cette surface parfaite, celui qui travaillait si rapidement à coups d'assiettes brisées finira par se faire renvoyer sur des paroles sévères :

« Tu ne seras jamais un vrai hôtelier ! »

 

(La suite sous peu dès réparation de mon ordinateur , billets en trois volets)

 

 

Un paysage hospitalier

DSC01465.JPG

 

10:18 | Tags : ritz, césar ritz, cäsar ritz, palace ritz | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

18/08/2011

De pont en pont

num%C3%A9risation0001.jpgUne artiste-peintre, Gloria Antezana, à ma demande,  m'a envoyé un magnifique tableau d'un pont issu de son imaginaire. Ce pont incroyable fait d'humains reliés  les uns aux autres et qui permet de passer de l'autre côté de la rive.  La femme vers l'homme, le Yin vers le  Yang et vice versa.  Un pont par-dessus les haines, les différences, les rivalités, un pont solidaire où tous différents nous parvenons à créer symboliquement accès à d'autres rivages, ceux d'un monde meilleur sans doute et qui nous permet d'aller toujours plus loin embrasser l'univers tout entier.

Les hommes ont toujours été fascinés par les ponts qui repoussent les limites territoriales et qui nous convient à découvrir de nouveaux horizons. Allégorie de la condition humaine, elle montre aussi nos fragilités, un pont qui explose et qui nous réduits par la force des choses  à nos limites bassement terriennes. Invite à l'entre-deux, nous rêvons d'être invités par-delà le pont à un monde imaginaire et féérique. Ponts légers qui nous transportent. Rimbaud leur a consacrés des poème où il chante ces architectures enchanteresses.  "Des ciels gris de cristal. Un bizarre dessin de ponts, ceux-ci droits, ceux-là bombés, d'autres descendant ou obliquant en angles sur les premiers, et ces figures se renouvelant dans les autres circuits éclairés du canal, mais tous tellement longs et légers que les rives, chargées de dômes, s'abaissent et s'amoindrissent" . On y soupire, on s'y jette. Sous  le pont Mirabeau  d'Apollinaire coulent la Seine et nos amours.

Tandis que Ivo Andric nous transporte sur le pont de la Drina, un pont qui se trouve être héros principal du roman et qui retrace quatre siècles d'histoire de la ville bosniaque, Visegrad.  Un pont en fresque historique où Juifs, chrétiens, orthodoxes le traversent. Les métiers artisanaux disparaissent au profit de nouveaux métiers qui meurent à leur tour.  On y palabre, on y joue aux cartes, grands et petits au fil des siècles qui fraient les uns avec les autres, le pont les accueille tous de façon égale. Personnages principaux et secondaires se croisent et recroisent sur ce pont, une belle fresque de la Comédie humaine.

L'histoire a ses ponts, tel que le  Pont de la Corne d'Or, à Istanbul,  le Pont Galata,  dessiné par Léonardo da Vinci et qui sera refusé par Beyazit II suivi d'un autre projet de Michel Ange qui n'aboutira jamais. Michel- Ange aurait bien accepté de le faire s'il n'avait été menacé d'excommunication par le pape Jules II. Le pont de la rivière Kwaï en Thaïlande prévu pour rallier la Birmanie dans le but d'envahir l'Inde. Sous la férule des Japonais,  sa construction qui devait durer 5 ans a été réduite à 16 mois en faisant travailler des prisonniers jour et nuit, 30'000 alliés torturés pour les faire travailler plus vite à côté de 100'000 travailleurs asiatiques. Mais encore un autre  pont au cœur de la bataille celui de Mostar en Bosnie. Bombardés, explosés, on les reconstruits pierre par pierre, on y meurt, on y laisse chair et sang.

Et des tragédies plus personnelles comme celle racontée au Caire,  l'architecte qui se suicide après avoir constaté qu'il a mal calculé son pont sur le Nil.

A chaque pont son histoire, le Pont sur  la Rade de Genève s'il devait un jour exister fera couler l'encre grise des historiens qui s'étonneront dans un siècle, voire moins, que ce projet ait soulevé tant d'indignation. Mais ce pont est déjà entré dans l'histoire genevoise, son absence même a pris corps dans les annales du temps.

"Il est plus important de créer des ponts que des murs"

illustration de Gloria Antezana © 2011

12:49 | Tags : ivo andric, pont sur la drina, pont de la rivière kwaï | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | |

13/08/2011

LA NOURRICE

 

img_1117_4.jpgTmima quittait son mellah tous les jours, de son pas nonchalant, un panier en osier qu'elle balançait d'une main pour récolter son salaire, l'équivalent d'une théière remplie de blé, tandis que de l'autre, elle tenait son petit dernier. Elle ondoyait son corps altier aux seins lourds, la tête couverte, drapée dans son izaar retenu par un losange en argent parfaitement ciselé, une ceinture épaisse à la taille enserrant  une large jupe qui claquait au vent dans ces petites ruelles poussiéreuses des villages marocains. Ses bijoux cliquetaient d'une cadence régulière et ce bruit chéri annonciateur de l'arrivée de Tmima résonnait au loin et du même coup rassurait les familles qui savaient enfin que la petite bouche affamée et hurlante serait bientôt nourrie par la nourrice juive.

 

Oh oui ! qu'elle les nourrissait ces petites bouches,  sans distinction, ni de sexe, ni de religion, ces minuscules bouches  aux lèvres vermeilles avides de son lait qu'elles tétaient goulûment au risque de s'étouffer. Accueillie et  traitée comme une reine, elle n’hésitait pas à se lever la nuit pour courir apaiser une faim urgente. On se confondait en excuses, elle consolait les mères sans lait en leur tendant son mouchoir, petit bout de tissu qu’elle sortait d’entre ses seins généreux pour sécher les larmes de la pauvre petite. “Wakha,  Tmima est là, compte sur moi !" Disait-elle en embrassant la mère éplorée.

Tmima en a allaité des enfants, ô combien !  Sans le réaliser, elle a tissé un lien solide entre eux, dorénavant  frères et soeurs de lait liés à vie. Aujourd’hui, ils ont dépassé la soixantaine tous ces enfants bien nourris. Ils continuent à se rencontrer fréquemment unis par ce même elixir. Certains ont dû quitter le pays et continuent malgré cela à se voir régulièrement, à se donner les nouvelles des uns et des autres, à partager joies et peines, naissances et deuils, leurs enfants ont pris le relais, juifs et musulmans, hommes et femmes tous nourris par Tmima.

A l'heure de toutes les haines, on en rêve de cette mamellle magnifique et bienfaisante;  source de vie, indépendamment de la religion des uns et des autres. A quelle mammelle métaphorique nous faudrait-il se nourrir tous ensemble pour devenir  frères et soeurs  à vie ?  A la source commune de la tolérance, sans doute, mamelle généreuse qui ne se tarit jamais et nous comble profondément.

 

*C’est le fils d’un de ces frères de lait qui m’a raconté cette histoire, je le remercie du fond du coeur.

 

 

11:04 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

08/08/2011

L'AFGHANISTAN RACONTEE PAR DIMA EX-SOLDAT SOVIETIQUE

 

2007-11-28-19-11-02_0052-copie-1.JPG.jpegC'est le 1er septembre 1987, le jour de la rentrée des classes, la « fête des fleurs » également. Dima n'accompagnera pas sa petite fille de 3 ans à l'école pour rencontrer la future institutrice de sa Macha comme il en avait toujours rêvé.

Il a été mobilisé par l'armée rouge pour intervenir en Afghanistan, un conflit qui s'enlise depuis 1979. Il doit intégrer la 40ème Armée dans le cadre du plan « Chtorm 333 » destiné à maintenir « la paix en Asie Centrale ». Depuis presque 10 ans, cette guerre a fait des milliers de morts, civils et militaires. Ce conflit est en fait entretenu pour alimenter la propagande anti-moudjahidines, des « guerriers saints » mais fondateurs de l'Afghanistan qui est devenu un enjeu économique dans la guerre froide.

Dima a bien conscience qu'il  n'est pas sûr d'en revenir. Il n'a plus de nouvelles de ses copains partis quelques mois auparavant. Encore une fois, l'Ukrainien servira de chair à canon pour les bons « tovaritchis » (camarades) soviétiques. Les hommes désertent dans toute l'URSS pour éviter cet engagement non fondé.

Il atterrit à Tachkent, en Ouzbékistan où il devra faire ses armes. Sur le tarmac, il fait déjà 45 °c. Dima n'aime pas cette chaleur.

Lui et ses « camarades » sont conduits dans un camp militaire « en transit ». Des camions attendent dans la cour de la caserne. A l'appel, la plupart des soldats ne veulent pas embarquer. Ils pleurent et appellent leur mère. Ils savent qu'ils ont peu  de chance de la revoir.

Oui, les « Patchounes » n'ont pas l'intention de se laisser « coloniser », ni par les Soviétiques, ni par les AMIS (Américains). Ils sont chez eux et ont construit leur société, que cela plaise ou pas. Même depuis Alexandre Le grand jusqu'à Brejnev, les Patchounes ont imposé leurs « lois » et l'indulgence, ils ne connaissent pas. Seuls, Genghis Kahn avait su les « driver ».

Dima arrive dans un aéroport près de Kaboul. Il tient la photo de sa petite Macha dans ses mains moites. Dans le camp, les autres soldats ont déjanté. Il y a en un qui creuse avec ses mains pour s'échapper de l'enfer et l'autre qui a vu la vierge.

Le lendemain, à 4h30, Dima doit lui aussi monter dans le « camion ». La plupart de ses compatriotes se sont défoncés avec de l'opium et de la vodka,  toute la nuit. Eux  sont des « Zombis ». Le MI-24 Hind, un hélicoptère typiquement soviétique, s'éloigne de la vie. Il amène les nouvelles recrues dans les montagnes afghanes. Les jeunes soldats n'ont jamais sauté en parachute. Ce n'est pas grave ! On les pousse ! Dima par chance, rebondit  dans un « bouquet d'arbres » qui amortit sa chute. Mais les balles sifflent de toutes parts. Il se réfugie avec deux autres « Tovaritchis » (camarades) dans une petite grotte.

Mais, malgré le « drapeau blanc » que Ivan et Iaroslav déploient, les « Patchounes » après des années d'invasion, ne font pas de concessions. Ils dessoudent les deux « pacifistes ». Dima se cale derrière un rocher, il n'en bougera plus pendant plusieurs jours. Il a faim et commence à délirer. La seule chose en sa possession, c'est l'ouvrage de Tolstoï « Guerre et paix » qu'il lit sans répit.

Après avoir consommé les rations de ses camarades, ça pue la charogne. Ses camarades se décomposent sous un soleil de plomb. IL entend les Migs tournés au-dessus de sa tête mais il ne peut pas se signaler.

Un soir, il voit un berger avec son troupeau de petites chèvres. Il sort aussi le drapeau blanc. L'homme, un « Patchoune » a pitié de ce « spectre soviétique ». Il l'emmène dans sa ferme située un peu plus bas. Dima est sauvé.

Dima retrouva sa famille après 18 mois d'absence. Aujourd'hui, il dénonce le « non fondé » des agressions américaines ou occidentales sur ce territoire. Nul ne peut vaincre les « Patchounes » et c'est pour cela que Ben s'y était réfugié alors que les compromis qu'il avait pris avec la « Maison Blanche » n'avaient pas été tenus.

 

MERCI A  CHANTAL, VOYAGEUSE-BAROUDEUSE  D'AVOIR RETRANSCRIT L'INTERVIEW DE DIMA, EX-VETERAN UKRAINIEN  ET MERCI A DIMA DE NOUS AVOIR MONTRES AVEC COURAGE ET A VISAGE DECOUVERT L'ENFER DE L'AFGHANISTAN

 

 

07:08 | Tags : afghanistan, chtorm 333 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

07/08/2011

DOULEUR, CETTE HÔTE INDESIRABLE

 

souffrance.jpgElle d'une indélicatesse épouvantable, elle s'impose à n'importe quel moment du jour et de la nuit. Elle prend toutes ses aises tandis que vous êtes affairé à autre chose.  Impatiente, elle n'attend même pas que vous ayez fini ce que vous avez entrepris, elle arrive sans crier gare. Elle envahit tout sur son passage. Elle ne partage rien, ne pense pas à vous et à votre vie.  Une pernicieuse, même pas bruyante, elle pourrait prévenir, mais elle arrive silencieuse, sournoise, sans bruit, sans trompette, ni cor, c'est le corps tout entier qu'elle vise et finit même par engloutir votre âme, si on n'y prête pas attention.

Mais d'où vient-elle cette effrontée, sans manières, la disgrâcieuse qui vous pourrit vos instants les plus précieux et sans remords ? Où a-t-elle donc fait ses écoles pour se tenir si mal. Mais à l'école de  la vie me répond-on ! C'est ainsi, sur les bancs,  il n'y a pas que les premiers de classe. La douleur était là tapie, à attendre son tour, mauvaise élève, elle sait bien que personne ne l'aime, surtout pas les jeunes. Personne ne souhaite vraiment être ami avec elle et encore moins l'avoir pour compagne de jeux. Pour se venger, elle patiente dans l'ombre et s'attaque aux plus faibles.

Bien sûr ! Les poètes ont essayé de nous démontrer les bontés cachées de cette grande vicieuse, "cette douleur qui nous vient comme une joie", celle qui nous fait sortir les grands pinceaux pour de nouvelles fresques insoupçonnées et que l'on découvre grâce à elle.  Pour Alfred de Musset, elle nous fait grandir : " l'homme  est un apprenti, la douleur  est son maître, et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert."

Mais il est temps que cette impudente retourne à son livre des bonnes manières, un peu de savoir-vivre,  voyons !   Lui imposer,  coûte que coûte,  un peu de tenue, de compassion. Elle ne peut envahir entièrement votre vie, parce qu'à la laisser s'installer pareillement, elle la grignote, la dévore sans honte.  Vous lui tendez le petit doigt, elle engloutit tout.

Non ! Non !  Chacun à sa place, qu'elle toque à la porte de nos vies et on verra bien ce qu'on peut pour elle.

(petit clin d'oeil à Luzia, courage carissima !!! et à  tous ceux  qui souffrent )

 

Dessin Gloria Antezana © 2011

 

 

11:23 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

05/08/2011

LA FORCE DE NOS REVES

 

images-anges-ange-14-big.jpgLes rêves sont les photophores de nos vies,  ils baignent de lumière nos chemins escarpés, ils irradient les coins les plus obscurs de ces passages de vie teintés de douleurs.  Quoi de plus vain que renoncer à ces rêves.

Rêver est un tremplin vers l'espoir, ce verbe se conjugue plus souvent au futur; sa puissance réside dans sa capacité à nous projeter vers ces lointains rivages auxquels on aspire tant. Paradis rêvés que l'on porte en soi, trésors chéris qui nous donnent des ailes, les ailes légères des anges qui nous offrent une liberté éthérée et céleste.   St Exupéry le résumait si bien : "Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas vos rêves". La vraie pauvreté est celle de ne plus avoir de rêves, cette absence qui nous anéantit et nous condamne à une pesanteur étouffante où avancer, jour après jour, devient insupportable.

 

Pourquoi persister à croire  que les jeunes rêvent  et les vieux  cultivent  avec nostalgie les souvenirs de rêves de jeunesse.  Alors qu'importe l'âge, le futur est toujours devant soi si exaltant et jubilatoire.

Sans doute, il y a toujours des briseurs de rêves, aigris et amers qui haussent les épaules à toute proposition, qui ricanent à  toute idée nouvelle, qui s'opposent à tout changement. Laissez faire ! Les pauvres ! Ils n'ont plus de rêves, quel cauchemar !

 

Et toi ? Quel est ton rêve ? Dessine-moi ton rêve sur le grand tableau de tes espoirs......................................

 

 

08:55 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |