07/08/2011

DOULEUR, CETTE HÔTE INDESIRABLE

 

souffrance.jpgElle d'une indélicatesse épouvantable, elle s'impose à n'importe quel moment du jour et de la nuit. Elle prend toutes ses aises tandis que vous êtes affairé à autre chose.  Impatiente, elle n'attend même pas que vous ayez fini ce que vous avez entrepris, elle arrive sans crier gare. Elle envahit tout sur son passage. Elle ne partage rien, ne pense pas à vous et à votre vie.  Une pernicieuse, même pas bruyante, elle pourrait prévenir, mais elle arrive silencieuse, sournoise, sans bruit, sans trompette, ni cor, c'est le corps tout entier qu'elle vise et finit même par engloutir votre âme, si on n'y prête pas attention.

Mais d'où vient-elle cette effrontée, sans manières, la disgrâcieuse qui vous pourrit vos instants les plus précieux et sans remords ? Où a-t-elle donc fait ses écoles pour se tenir si mal. Mais à l'école de  la vie me répond-on ! C'est ainsi, sur les bancs,  il n'y a pas que les premiers de classe. La douleur était là tapie, à attendre son tour, mauvaise élève, elle sait bien que personne ne l'aime, surtout pas les jeunes. Personne ne souhaite vraiment être ami avec elle et encore moins l'avoir pour compagne de jeux. Pour se venger, elle patiente dans l'ombre et s'attaque aux plus faibles.

Bien sûr ! Les poètes ont essayé de nous démontrer les bontés cachées de cette grande vicieuse, "cette douleur qui nous vient comme une joie", celle qui nous fait sortir les grands pinceaux pour de nouvelles fresques insoupçonnées et que l'on découvre grâce à elle.  Pour Alfred de Musset, elle nous fait grandir : " l'homme  est un apprenti, la douleur  est son maître, et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert."

Mais il est temps que cette impudente retourne à son livre des bonnes manières, un peu de savoir-vivre,  voyons !   Lui imposer,  coûte que coûte,  un peu de tenue, de compassion. Elle ne peut envahir entièrement votre vie, parce qu'à la laisser s'installer pareillement, elle la grignote, la dévore sans honte.  Vous lui tendez le petit doigt, elle engloutit tout.

Non ! Non !  Chacun à sa place, qu'elle toque à la porte de nos vies et on verra bien ce qu'on peut pour elle.

(petit clin d'oeil à Luzia, courage carissima !!! et à  tous ceux  qui souffrent )

 

Dessin Gloria Antezana © 2011

 

 

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Commentaires

Merci Djemâa,

ça fait chaud au cœur...

bises...

luzia

Écrit par : luzia | 07/08/2011

La douleur, c'est comme la sirène des pompiers ou un feu rouge. Elle indique un conflit sous-jacent. Le problème c'est que nous avons perdu le sens du langage du corps ainsi avons-nous pris l'occasion de prendre des comprimés pour camoufler les symptômes, comme si nous tournions l'ampoule du clignotant rouge qui nous indique qu'il n'y a plus d'huile dans le moteur. De même qu'il y a plusieurs langues, il y a plusieurs sens à la douleur et donc plusieurs outils différents pour traiter les conflits sous-jacents et, par là, lui enlever sa raison d'être.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 08/08/2011

L'illustration retranscrit parfaitement la douleur... Cette sensation désagréable annonciatrice d'un mal...

Écrit par : lingerie | 17/08/2011

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