29/06/2011

TUNISIE- De "Ni Allah ni maître" à "Laïcité, inch'Allah"

L'idéologie salafiste menace dangereusement les artistes tunisiens, coups, insultes, avocates traitées de p.... ! Un cinéma sauvagement attaqué, le Cinéma Afric'Art à Tunis a été saccagé le 26 juin , des spectateurs menacés de mort . La société civile condamne ces agressions qui mettent en danger la vie culturelle tunisienne . De nombreux artistes ont été menacés ces derniers mois par des fondamentalistes exigeant la charia et la mise en place  d'un régime islamiste.

Qui les soutient, qui les finance ?  Al Qaïda ?  Que la Tunisie reste vigilante pour ne pas sombrer dans la violence et les bains de sang.

 

TUNIS (AP) - Une centaine d'islamistes ont tenté dimanche 26 juin de s'opposer à la projection à Tunis d'un film de la réalisatrice Nadia Féni, une Tunisienne résidant en France, traitant de la laïcité, a constaté un journaliste de l'Associated Press. Intitulé "Ni Allah ni maître", le film avait déjà été mal accueilli dans les milieux islamistes il y a plusieurs semaines.

Aux cris de "Allahou Akbar" (Allah est le plus grand) et "la Tunisie est un Etat islamique", les manifestants, la plupart barbus et qui scandaient des slogans hostiles à la laïcité, ont brisé les vitres du "Cinéma Africa" en plein centre de Tunis. Huit d'entre eux ont ensuite pénétré dans la salle, où ils ont été interpellés par les forces de l'ordre accourues les lieux, sous les acclamations du public. Le patron de la compagnie "Familia Productions", Habib Belhedi a été agressé et avait l'oeil tuméfié.

"Les salafistes voulaient empêcher la projection du film. Nous leur avons suggéré de le voir pour ensuite donner leur point de vue, mais ils ont refusé", a déclaré à l'AP le critique cinématographique Naceur Saâdi, connu pour être un fervent défenseur de la liberté d'expression et de création.

La projection du film était une initiative de l'association "Lam Echaml" (Rassemblement de toutes les parties) visant à contrecarrer les actes agressifs dont plusieurs artistes tunisiens ont été victimes. Le réalisateur Nouri Bouzid, honoré lors du dernier festival de Cannes, a ainsi été dernièrement violemment agressé à la tête par un islamiste.

Source : AP-NouvelObs

 

Suite à la polémique qu'a créé le film " Ni allah, ni maître" , réalisé par la tunisienne Nadia el Fani, cette dernière a décidé de changer le titre de son film à cause de la mauvaise interprétation de celui-ci. "Ni allah, ni maître" devient alors "Laïcité, inch'Allah".

Nadia el Fani se défend d'avoir attaqué ou voulu offenser les musulmans en optant pour le titre remis en cause, Ni allah, ni maître. En cherchant à mettre fin à la polémique et accusation dont certains continuent à dire et prétendre qui, selon la réalisatrice, laissent certaines personnes dire qu'elle attaque l'islam, uniquement sur la base du titre, le nouveau titre, "Laïcité, inch'Allah" vient essayer de remédier au malentendu créé par le premier titre. La réalisatrice a obtenu le prix international de la laïcité. Le film sortira en France le 21 septembre prochain.

 

 

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25/06/2011

LA DISCRIMINATION POSITIVE - Le chemin est encore long

 

Photo_egalite_des_chances[1].GIFHier soir, un joli panel d'intervenants au café les Recyclables sur le thème de la discrimination positive. Tandis que nous sommes assis à attendre les derniers invités, nous voyons par la grande baie vitrée une voiture de police s'arrêter, en sort un homme de couleur enchaîné les mains derrière le dos et accompagné d'une femme policière, petite et blonde. Il est grand, d'un certain âge, les cheveux déjà blancs. C'est comme si cette image était une métaphore puissante annonciatrice de la table ronde.  Tout est  déjà dit !  La discrimination enchaîne et tue de manière insidieuse.

Assis à ma gauche, Gorgui Ndoye,  journaliste à l'ONU,  nous raconte qu' il y a quelques années, il a été appréhendé à la Gare de Cornavin alors qu'il tirait des photos dans un magasin et dont il estimait le tirage mauvais.  Il s'en  plaint auprès de la vendeuse qui appelle aussitôt la police qui l'embarque. Emmené au poste , il sera  injurié et battu puis finalement ce ne seront plus que de plates excuses face à la méprise.  A ma droite, c'est une citoyenne suisse de couleur qui raconte l'exclusion professionnelle depuis des années alors qu'elle est universitaire et prête, toutefois,  à accepter n'importe quel emploi.  Mais elle ne sait plus pourquoi véritablement elle est discriminée parce que trop âgée, femme ou de couleur ? Elle résume bien de cette façon quelles différentes formes les discrimination peuvent revêtir : multiples et combinatoires.

Face à ce constat quelles sont les pistes ? Une discrimination positive, n'est-ce pas encore une autre forme de discrimination. Les interventions sont nombreuses, on constate le  manque de mesures pragmatiques pour permettre une meilleure approche de l'autre. Le CV anonyme ne semble pas faire d'émules, surtout lorsque comme en France certains  responsables des Ressources humaines savent  d'ores et déjà qu'il leur faut sélectionner un BF(blanc et français) .   Mais forcer par le biais de mesures d'engager autrement, permet de changer aussi les mentalités "normopathes" découvrir autrement des personnes différentes. Il s'agit plus d'apprendre à confronter la diversité.  L'UNIA est citée en exemple, elle  collabore déjà activement à l'engagement basé sur la diversité et la richesse linguistique qu'elle induit.

Contrairement aux apparences souligne une intervenante, la discrimination n'est pas uniquement dirigée vers la migration, bien au contraire la plupart des cas traitent de citoyens discriminés et on peut l'être pour bien d'autres raisons que celles de l'origine  ou de la couleur. Lier la discrimination à la migration est faux.  Elle rappelle que la plupart des génocides se déroulent entre citoyens.

Pour ma part, j'ai  rappellé qu'il y a 8 ans encore on pouvait lire dans les offres d'emploi de l'Etat et de certaines  communes qu'on recrutait :"Suisses, Permis C ou Frontaliers" : Adieu les permis B !   Le délégué de l'intégration de l'époque,  face à ce constat, a haussé les épaules. Que voulez-vous  la discrimination est coutumière.  Bien naturellement, elle est ancrée, institutionnalisée, on ne la remarque même plus tant elle a été intégrée dans les schémas de pensée.

Les médias ont largement participé à créer la discrimination, depuis quelques années on observe qu'ils pointent du doigt plus particulièrement les minorités ethniques impliquées dans des faits divers . A ce sujet, un analyste canadien constatait "que les medias grossissent les attitudes de la minorité dominante, réinterprètent et diffusent cette idéologie à ceux qui ne détiennent pas le pouvoir, mais qui néanmoins sont les membres du groupe dominant : celui des Blancs. »  Au   CRFJ (Centre romand de la formation des journalistes à Lausanne) un séminaire traite de la question de comment véhiculer l'image des Africains à travers la presse suisse et quels pièges et raccourcis éviter.

En conclusion, nous nous sommes quittés en nous souhaitant à tous bonne chance, le travail devant soi est encore long, il est difficile d'aborder la discrimination positive tant qu'on n'a pas encore recensé toutes les formes insidieuses de la discrimination tout court à l'égard de la diversité  dans son ensemble.

Et la première grande  mesure à laquelle ne jamais  renoncer est de continuer à réduire les inégalités et ne pas les considérer  comme un fait établi, une évidence, une fatalité ! L'inégalité de traitement est profondement injuste et doit être considérée comme telle et mobiliser toutes nos forces encore et encore.

 

C'était le 24 juin 2011 / 18:00 sur le thème

« On m'engage pour ma différence ;

la discrimination positive en question »

Un Café Licra qui nous a invités à débattre de la discrimination en milieu professionnel. En Suisse les salaires des étrangers sont

de 16 % inférieurs à ceux des suisses, et les femmes gagnent en moyenne 20 % de moins que les hommes ! La soirée a été animée par Jean-Philippe Rapp, Président Licra CH. Parmi les invités : Monique Eckmann, Prof. HETS GE, Sylvianne Zeder-

Aubert, Présidente du Tribunal des Prud'Hommes GE, Muriel Golay, Dir. du Service de promotion de l'égalité hommes-femmes,

Brigitte Mantilleri, Déléguée à l'égalité à l'UniGe, Djemaâ Chraiti, Resp. Interface Entreprises DIP, Marie-Claire Caloz-Tschopp, Dir. de Progr. au Collège International de Philosophie, Gorgui Ndoye, Journaliste à l'ONU.

 

 

 

 

 

 

 

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21/06/2011

"ON M'ENGAGE POUR MA DIFFERENCE; LA DISCRIMINATION POSITIVE EN QUESTION"

Photo_egalite_des_chances[1].GIFLes politiques de discrimination positive sont de plus en plus revendiquées afin de faire face aux inégalités et aux discriminations que subiraient  certaines catégories de la population appartenant à des groupes minoritaires.

La discrimination peut prendre des formes très variées, la discrimination au travail peut être directe ou indirecte et  peut se situer en amont de l'embauche, pendant la durée des rapports de travail, lors d'un licenciement ou même après la fin du contrat. Pour exemple concret, nous pouvons citer, qu'en 2000, les salaires des travailleurs étrangers étaient en moyenne inférieurs de 16% par rapport aux salaires des travailleurs indigènes.

Le milieu professionnel offre un fort potentiel d'intégration et est un domaine clef pour la lutte contre la discrimination puisqu'il représente un environnement chef du point de vue de l'intégration. En Suisse, il faut savoir qu'un travailleur sur quatre n'a pas le passeport suisse.

Plus concrètement, la discrimination au travail peut prendre les formes suivantes: licenciements abusifs, harcèlement raciste, mobbing, discrimination de salaire, etc. En conséquence ces actes discriminatoires auront pour effet d'engendrer des conflits, de diminuer la motivation, de renforcer l'absentéisme, et donc d'augmenter les coûts de l'entreprise.

Le constat ci-dessus à engendré ces dernières années, des stratégies de renfort pour la promotion de l'égalité de la part des entreprises, des Autorités publiques et des syndicats. Par exemple, le BIT met à disposition un manuel spécial pour la gestion de la diversité en entreprise. Parmi ces mesures misent en place pour lutter contre la discrimination au travail, nous pouvons également citer la discrimination positive, les quotas positifs et les CV anonymes.

 La LICRA, en tant qu'organisation non-gouvernementale, défendant la promotion de l'égalité de traitement de tous les êtres humains, tant en milieu professionnel qu'ailleurs, organise son 5 ème CAFE LICRA du 24 juin, dès 18h30, avec pour but de sensibiliser le grand public.

(Rédaction: Leila Lohman, Source: "Un monde de travail sans discrimination", SLR)

 

Vous êtes cordialement invité à débattre du sujet le :

24 juin 2011 / 18:30 AU CAFE LES RECYCLABLES / 53 rue de Carouge /Genève

« On m'engage pour ma différence ;

la discrimination positive en question »

Un Café Licra vous invite à débattre de la discrimination en milieu professionnel. En Suisse les salaires des étrangers sont de 16 % inférieurs à ceux des suisses, et les femmes gagnent en moyenne 20 % de moins que les hommes ! La soirée sera animée par Jean-Philippe Rapp, Président Licra CH.

www.licra.ch Avec le soutien du Bureau de l'intégration des étrangers du canton de Genève

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18/06/2011

La nouvelle classe sociale : le précariat

images.jpgIls sont jeunes, surdiplômés, ils enchaînent les stages les uns derrière les autres. Un avenir flou, même pas artistique, mais  plutôt l'angoisse qui se nourrit des  couleurs les plus sombres de la palette, Le Courrier International dans son numéro 1075 (du 9 au 15 juin 2011) ,dresse un portrait effarant de cette nouvelle profession : Stagiaire qui se profile dans toute l'Europe et ailleurs. Un stage en espérant l'emploi, un emploi qui finalement n'existe plus. Une analyse point de situation qui laisse songeur.

Au royaume enchanté de Mickey en Floride, les stagiaires sont partout,  impossible de les compter tant ils sont nombreux. Les "cast members" entre 7 et 8'000 viennent du monde entier pour "décrocher les oreilles" c'est-à-dire le papier attestant du stage dans ce royaume désenchanteur. Pas de jours de congé,  pas de congé maladie, ils travaillent comme des forçats souvent tard le soir. Soit, de la main-d'oeuvre bon marché payée au lance-pierre.  Selon une enquête réalisée par Yougov pour l'organisation Internocracy, près d'un dirigeant d'entreprise sur cinq reconnaît prendre des stagiaires pour réduire ses coûts de main-d'oeuvre. Le travail gratuit stade ultime du capitalisme entraîne une déconnection complète entre les notions de travail et de rémunération.  On voit apparaître des stages non rémunérés adjugés aux enchères comme une place chez Versace qui a atteint 5'000 dollars.  Dream Careers vend 2'000 stages dans le monde. Le grand gagnant reste évidemment l'employeur. De mémoire d'homme, on n'avait  jamais vu une telle auto-exploitation.

925242-1096254.jpgCôté Grande-Bretagne où 37% des stages ne sont plus rémunérés (50% aux Etats-Unis) , on constate que la gauche n'a rien prévu, elle a laissé le précariat s'installer de manière inexorable et fait le lit de la montée de l'extrême-droite comme dans d'autres pays industrialisés. On se soulève comme en Espagne,  les indignados veulent tous le changement mais sous quelle bannière politique précise ?  Le 1 er mai, le précariat s'organise sous le label MondoMayDay, c'est la jeunesse du monde entier qui commence à défiler du Japon au Moyen-Orient.  En Grèce, les jeunes défilent sous la houlette de son mouvement Den plirono "Je ne payerai pas". Peur, fragilité, vulnarabilité partagée, même quand on travaille, on n'arrive pas à joindre les deux bouts. La mondialisation néolibérale fait ses victimes, on ne les compte plus, mais ce sont d'abord les jeunes qui sont touchés et qui cherchent des solutions dans des mouvements extrêmes, voire dangereux, on se retourne vers les étrangers, il faut bien trouver des coupables. Selon le Guardian "Si la gauche européenne ne répond pas aux aspirations des salariés les plus fragiles et les plus exposés à la crise, c'est l'extrême-droite qui s'en chargera. Il faut réinventer la trinité progressiste de l'égalité, de la liberté et de la fraternité."

Les gouvernements bénéficient volontiers de cette manne gratuite que représente le stage,  la plus forte concentration se trouve à Washington à la Maison Blanche, en Italie les ministres italiens en usent et en abusent, ni emploi, ni formation en perspective pour ces 200 jeunes par an qui passent par les différents ministères italiens. les ONG sont sur le banc des accusés, elles devraient mentionner des bénévoles et non plus de stagiaires.  Cette nouvelle économie d'emplois dérégulés nous laisssent sans repères.

Au Portugal près de 300'000 Portugais doivent cumuler les emplois pour joindre les deux bouts. Phénomène qui touche aussi les classes moyennes.  Un seul boulot ne suffit plus !

En Croatie, 30,7 % des jeunes sont sans emploi, le pays se retrouve en queue du classement européen. Le droit du travail dissuade les entreprises d'engager, charges sociales trop lourdes. 80% des jeunes commencent par un CDD, ce qui facilite leur renvoi.  Aujourd'hui, 71% des hommes et 50% des femmes âgés 20 à 30 ans vivent chez leurs parents. Ils hésitent à se marier  et avoir des enfants faute de pouvoir se loger entraînant ainsi une baisse de la natalité.  Qui pour payer les retraites dans quelques années à cette allure de dégradation se demande un démographe à la faculté de Zagreb ?

Quelles solutions pour mettre un terme à cette tragédie  ? L'émigration, l'exemple en Suède où chômage des jeunes est le plus élevé avec 25% contre 8% en Norvège,  ceux ci émigrent en Norvège pour prendre les emplois dont ne veulent pas les Suédois , ce sont 80'000 jeunes qui ont émigré ainsi vers un pays voisin où le coût de la vie y est nettement plus élevé.

Le chômage n'est pas une fatalité, on préconise le retour aux grands travaux . Pour Paul Krugman, Prix Nobel d'économie, il serait possible de créer massivement des emplois par la mise en place d'un Work Progress Administration, lancement sur le modèle du New Deal de grands chantiers pour donner du travail aux chômeurs sur des projets utiles au pays. En parallèle lancer des programmes de renégociation des emprunts pour ceux qui se seraient le plus endettés avec la bulle immobilière,  entre autres mesures.  Selon lui "Les décideurs politiques sont en train de sombrer dans un état d'impuissance autoalimenté : plus ils ne font rien, plus ils se convainquent qu'il n'y a rien à faire. Nous qui savons que c'est faux, nous devons tout mettre en oeuvre pour briser ce cercle vicieux ."

Il ne reste plus que l'indignation des Indignados et à nous de nous indigner avec eux !

 

images-1.jpg

 

Résumé d'une série d'excellents articles source : Courrier International/No 1075/du 9 au 15 juin 2011

 

 

 

 

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15/06/2011

Jeux de mains au petit matin

Joconda-Mains.jpgHier matin, à l'arrêt du bus, se déroulait sous mes yeux une  scène singulière, un vieux couple, très vieux qui avait dû traverser une vie ensemble, se tenait l'un en face de l'autre. Et avec grâce et élégance, le Monsieur aux cheveux blancs prenait les mains de sa belle de toujours, qui légèrement rougissante l'écoutait lui parler de ses mains qui selon lui avaient gardé tout leur mystère et toute leur magie.

Il les tournait et retournait délicatement pareilles à des marionnettes qui se seraient laissées faire . Tout en paraissant s'adresser à elles, il laissait échapper un  doux murmure pour parler de ses mains qui racontaient une vie et qui semblaient dire :"Femmes vous tenez notre destin entre vos mains !"

C'était une si belle déclaration, il lui racontait sans doute, ses mains si douces, si fidèles, celles qui ont bercé des enfants, séché des larmes, cousu et recousu, brodé  des pans de vie dans la pénombre des moments noirs et sombres.  Ces mains ouvertes dans lesquelles, il semblait lire leur destin à deux, il y reconnaissait, les crises, les réconciliations, les presque ruptures les grandes retrouvailles et soixante plus tard, il les tient entre ses mains à lui, il reconnait le long chemin parcouru à deux.

Le bus finalement arrive, il les attire vers sa bouche qui tremble légèrement d'émotion  et les embrasse longuement ses deux témoins fidèles de leurs deux vies.

Une belle scène pour une journée Fuchsia : "Mains maternelles - mains merveilleuses ! Ne se reposent jamais, ne refusent jamais, Peinent, agissent jusqu'à la fin : Encore à la tombe elles bénissent." Ah ! Mains de femme soupirait Verlaine, qui font souvent le bien et peuvent tout !

 

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12/06/2011

Libye - Les dernières convulsions du monstre Kadhafi

 

lc069f0.jpgInterview en direct avec une libyenne originaire de Zawiyah,  Hayat

Le fou est devenu si fou, qu'il s'attaquerait avec ses mercenaires venus de partout et surtout d'Afrique, même aux ruines du pays comme celles de Sabrata, vieille cité romaine. La bête fulmine, crache, souffle du feu mais la population résiste comme celle de Zawiyah qui se trouve à 45 km à l'ouest de Tripoli. Aujourd'hui, elle a des raisons de se réjouir mais aussi de rester inquiète, pareil au phénix, elle s'est soulevée a été massacrée et renaît de ses cendres, des résistants ont réussi à échapper aux troupes pro Kadhafi, ils se sont entraînés durant des mois dans les montagnes avec d'autres résistants montagnards et sont revenus se battre, se venger de la brigade 32 qui assiège la ville depuis plusieurs mois.  Une partie de la ville a été libérée cette nuit, un  haut gradé proche de Kadhafi, Khweldi,  serait grièvement blessé  par l'intervention de l'OTAN, tombée à point nommé, celui qui a été  responsable du massacre de Misrata serait mort hier soir. Quelle victoire !

 

Des tanks stationnés depuis des mois et  qui se dirigeaient  vers la ville de Zawiyah ont été heureusement  bombardés par l'OTAN. Les pertes en vies humaines dues aux combats entre les forces de Kadhafi et les combattants de la ville sont lourdes mais une partie de la ville est libérée. 17 capturés des forces de Kadhafi et des dizaines de morts de ce côté-là, 20 combattants morts et 37 civils de l'autre côté.

Quand les forces de Kadhafi ont encerclé et envahi la ville, la population a subi des sévices innommables :  viols sur les femmes, souvent perpétrés devant la famille,  tortures, disparus, blessés en  masse, tombes de résistants déterrées pour faire disparaître les corps et ne laisser aucune trace du combat, exécutions sommaires de jeunes hommes sous les yeux de leur famillle aux cris de "Zenga Zenga, Dar Dar" ( rue par  rue , maison par maison)  menaces  qu'avait promises  Kadhafi dans ses discours télévisées et malheureusement tenues.

Même si la victoire semble proche, et malgré la joie passagère des internautes libyens qui respirent en  constatant les premiers succès de l'OTAN qui par sa riposte rapide montre qu'ils sont  vraiment présents et éloignent bien  la menace pour le moment, tout le monde reste sur le qui-vive.

Ceci a crée un mouvement dans les quelques heures dans les autres villes assiégées telles que Sabrata, Zliten, Sabha, des rapports font état d'un regain de résistance toutefois à Yefren et Kalaa dans les montagnes la résistance est farouche et la population paie un lourd tribut. Le peu de nouvelles qui nous viennent des régions de montagne de Nafousa décrivent un tableau d'horreur et de consternation. On donne du fil à retordre à la bête immonde mais elle s'acharne de tout son être avec le dernier souffle qui lui reste.

On sent venir la fin, mais on pressent déjà  tout le travail qu'il faudra accomplir : des maisons détruites, des régions saccagées, des femmes et des enfants traumatisés, un pays entier à reconstruire.

Ne nous abandonnez pas , pas maintenant, nous y sommes presque arrivés ! Nous avons besoin de votre soutien et de celui de l'OTAN jusqu'à la fin !

 

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11/06/2011

Un fuchsia qui vire au rouge sang -Solidarité avec les femmes battues

Sur you tube plusieurs vidéos expliquent combien Allah aime les femmes et les respecte au point d'avoir érigé une étiquette de comment les battre proprement sans leur casser les os, in The Wive beating etiquette.  Je dénonce cette violence qui émane des fanatiques  wahabites appliquant la charia d'un autre âge  en solidarité avec toutes les femmes battues du monde entier. Ces vidéos d'incitation à la violence à l'égard des femmes devraient être interdites sur internet.

Sur cette vidéo comparées à des chameaux ou des ânes, un religieux explique que pareils aux animaux on ne frappe pas une femme au visage.

http://www.youtube.com/watch?v=6Y7Ruan6xOI&feature=re...

 

L'Islam aurait selon cette vidéo  même traité de la masturbation féminine beaucoup plus grave que celle des hommes selon les préceptes religieux, à mon avis le prédicateur en question a regardé trop de films pornographiques !

!

 

Les Wahabites devraient être interdits de voyage en Europe et dans le reste du monde à moins de changer carrément de siècle.  A quand le siècle des lumières !  Hormis l'atteinte aux  femmes  c'est toute la pensée scientifique et culturelle  qui est freinée par ces doctrines moyen-âgeuses. On n'a quasiment pas vu un seul brevet sur la recherche réalisé  dans ces régions du monde. Quant à l'astro-physique vous oubliez !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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08/06/2011

Une prison de points d'interrogation ???

P1030716.JPGIl y a des questions sans réponses qui vous enferment, qui vous font tourner en rond, en bourrique, qui vous rendent fous, vous anéantissent, vous  donnent le tournis. La liste infinie des pourquoi, comment, est-ce vraiment possible, pas mon fils. Toutes ces questions qui se lisent au fond des yeux de Bedrie, 64 ans et  originaire de  Pozheran  au Kossovo.

Elle ne parle pas du tout le français, elle est assise en face de moi dans le restaurant de son fils qui se remplit au fur et à mesure de notre conversation. Un autre de ses fils traduit ce qu'elle me dit , quellle souffrance pour une mère que celle de rentrer dans une prison pour rencontrer son fils qu'elle n'avait pas vu depuis des mois .  Elle décrit de la main l'uniforme des policiers, les barreaux de la maison d'arrêt de Favra, le grand portail d'entrée qui se ferme sur vous comme un tombeau.  Elle secoue la tête, elle ne comprend pas ce qui a bien pu se produire.  A Pozheran, tout le monde s'exclame "Jeton traficant de drogue ? Impossible !" On le connaît, un gars sympa qui n'a jamais touché à ça. Pizzaiolo et comédien à ses heures. On secoue la tête d'incompréhension :  Non! Certainement pas lui !

Cette maîtresse d'école qui durant 25 ans a  enseigné les  rudiments scolaires à des enfants de 7 à 11 ans et qui a vu passer plusieurs centaines d'élèves dont son fils emprisonné,  aujourd'hui, à Genève.  Le père lui aussi était enseignant d'Albanais et proviseur à l'école, le premier diplômé de sa volée, décédé d'un cancer en  1996.  A eux deux, ce sont des générations qu'ils ont vu défiler. Leurs six fils ont été élevés dans le goût des études, de l'effort et du travail, tous les fils ont un métier et travaillent d'arrache-pied.

Que s'est-il passé ce jour-là à Onex ?  Une descente de police dans un bus, deux traficants kosovars arrêtés et le fiston qui se trouve être au bout du bus assis, il ne les connaît pas. Il rentrait chez un ami chez qui il logeait pour se reposer avant de reprendre son travail comme pizzaiolo dans un restaurant. Il est arrêté puis  fouillé, constat :  ni drogue , ni argent, selon le rapport de justice, mais voilà il est aussi Kosovar et dans le même bus. Triste remake de Midnight Express, version genevoise, à la différence près que lui a 0 drogue sur lui. Un toxicomane  semble le reconnaître, il hésite, n'en est pas sûr, il l'a peut-être bien vu, une fois  à 20h dans la forêt d'Onex, quand bien même ce dernier ne pouvait y être puisqu'il travaillait déjà au restaurant comme tous les soirs jusqu'à 23 heures. 10 autres confirment ne l'avoir jamais vu. Vous savez bien ce que vaut la mémoire en dentelle d'un toxico, faite de trous, d'absence, de vague, de flou psychédélique, où tout est noyé dans un magmas intemporel. Les jours, les dates, les heures se confondent.  Un policier aussi "bebelote", hésite lors de l'audience, au poste de police on a interrogé Jeton sans traducteur, il ne comprend pas les questions.  Tout  s'enchaîne. On suppute, on émet des hypothèses, on tire des conclusions hâtives sans preuves. Entre l'interpellation et la condamnation, il s'est passé plus de huit ans.

Mais la machine infernale est lancée ! Jeton Qerimi écope de 30 mois de prison ferme, son recours est rejeté sans avoir été pris en considération. Il ne reste plus qu'à espérer que la demande de grâce aboutisse.

La mère secoue la tête , "Non ! Mon fils ne méritait pas ça", ce fils féru de théâtre,  amateur éclairé et qui adore la poésie. Son fils aîné,  à la  Maison d'arrêt de Favra , tente de faire bonne figure  en voyant sa mère, il la rassure, lui montre qu'il est en forme et que  tout va bien. C'est sûrement  une erreur, un cauchemar qui prendra bientôt fin, tente-t-il de la convaincre.  Il y a tout de même une justice dans ce pays, il faut y croire très fort. Gardons confiance ! C'est juste une erreur qui sera corrigée. On ne peut quand même pas détester à ce point les Kosovars pour tous les associer à des traficants de drogue  et les jeter en prison sans preuves tangibles !

 

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