27/05/2011

FRANCE TELECOM - "C'EST FINI LA PECHE AUX MOULES !"

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La Baule - Assise à une terrasse, au soleil, je converse avec un Breton du cru qui me commente les infos, puis arrêt sur images avec la vague  de suicides chez Télécom.

"Vous comprenez avant à la poste, c'était facile, me dit-il, on triait le courrier, on sortait boire un verre de blanc avec les clients à qui on remettait un mandat, puis on rentrait tranquille à la maison un brin joyeux, la bicyclette zigzaguante. Les jours de marée basse,  très basse, lorsque la mer se retire au moins de 100 mètres,  tout le monde se mettait en arrêt maladie pour la pêche aux moules, c'était une tradition. Personne n'avait rien à y redire, le chef fermait les yeux, parce que lui aussi il y allait à la pêche !".

Quand France Telecom a racheté une partie de la poste tout a changé, les nouveaux cols blancs arrivés droit de Paris masterisés des hautes écoles, avec les tableaux de bord, les processus de rentabilité, les indicateurs, les flux et reflux non plus ceux de la mer mais ceux des nouvelles techniques de management,  tout a changé. La pêche aux moules, c'était fini. Ils n'y comprennent  rien les citadins, les grandes marées basses ça n'arrive pas que le week end ou jours fériés, ça vient quand ça vient, et ben quand c'est là,  faut y aller ! Les moules, avec les nouveaux processus, elles restent là à attendre, y a plus personne qui a le temps de les pêcher, elles restent Gros-Jean comme devant à faire les belles.  Si c'est pas une misère ça, et ben évidemment reste plus qu'à se flinguer ! Même plus le temps de vivre !"

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22/05/2011

Le mimosa pudica, éloge d'une fascination

02.jpgUne plante incroyable que j'avais déjà découverte au Sri Lanka, elle pousse comme du trèfle plein les champs, au bord des routes, elle appartient à la famille des Fabaceae, elle pousse dans les régions tropicales, chaudes et humides.  Elle a autant de présence dans un appartement qu'un animal de compagnie. On lui  a attribué de nombreux synonymes qui la résument bien : sensitive, sensitive pudique, malice des femmes, herbe demoiselle, honteuse, Marie-honte, honteuse femelle, herbe mamzelle, feuille honte, trompe-la-mort, mori vivi, quitem tranquille, mimosa sensitiva.

Elle réagit au moindre contact,  des réactions  immédiates les plus spectaculaires du monde végétal, ses folioles et ses feuilles hyper sensibles se referment au moindre danger :  eau, vent, chaleur, au toucher. La nuit dès le coucher du soleil, toutes ses feuilles et ses folioles se referment, et la matin la voilà épanouie, toute ouverte. La légende dit que pour échapper à un berger, une belle nymphe se transforma en sensitive. Elle rappelerait la sensibilité d'un poète, un rien la touche, sensible à son environnement, elle réagit au moindre changement.

C'est une petite plante dont les  tiges sont  hautes de 10 à 40 centimètres et on pourrait passer des heures à l'observer et la voir  se transformer. Elle a des vertus thérapeutiques, soporifiques et en Amazonie, on l'applique sur les plaies pour stopper les saignements. Les Mayas lui reconnaissaient des vertus relaxantes et antidrépressives.

Une belle découverte, mais elle est si sensible qu'on préfère ne pas l'importuner et juste l'admirer.  Les enfants restente fascinés devant cette merveille de la nature  et il est vrai qu'elle a quelque chose de très émouvant comme tout ce qui démontre de la sensibilité.


 

 

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20/05/2011

Comment j'ai croisé DSK à Heraklion

digital_transgression.jpgQuelle chance, je ne possède pas de TV, j'ai très peu lu la presse donc  heureusement pour moi, j'ai échappé au fleuve charriant le scandale DSK. Toutefois, une scène, depuis l'affaire DSK me revient en mémoire, celle du moment où j'ai croisé, il y a quelques années,  Dominique Strauss Kahn  à l'aéroport d' Athènes avec sa petite famille, puis le voyage que nous effectuâmes alors,  en avion,  jusqu'à  Heraklion en Crète.

Arrivés à l'aéroport de Heraklion, nous attendions nos bagages devant le tapis, j'observai ce groupe familial qui offrait un tableau curieux : Anne Sinclair qui attendait leurs bagages, un jeune couple avec un jeune  enfant, une de leur fille je suppose, accompagnés d'une nounou et  fait surprenant qui portait l'enfant dans un pagne sur le dos comme en Afrique. Dominique Strauss-Kahn un peu en retrait  me regardait avec grande attention. Comme on regarderait un bonbon ou une sucette sous un délicat cellophane rose, légèrement scintillant et dont le papier crisserait sous les doigts fébriles.  Prête à éclater de rire, je trouvais ce regard insistant un peu osé compte tenu du fait qu'il était en famille et moi aussi avec la mienne.  Une forme de transgression assurément ! Un séducteur  hors pair qui, à mon avis,  a beaucoup de charisme et de charme,  nul besoin de violer,  les femmes doivent tomber  droit dans son escarcelle sans même y être invitées.

Nous avions alors un lien commun, sa mère comme moi était née en Tunisie, Jacqueline Fellous, journaliste  qui signait souvent ses articles sous le pseudonyme  de Féline. Son félin de fils, avait ce regard de chasseur  prêt à dévorer sa proie d'un coup de dent.

Mais, DSK, malgré un regard de velours derrière les canines acérées n'a pas compris qu'on lui pardonnerait beaucoup de crimes, mais pas le manque de jugement, le manque de tempérance. L'ubris ((l'hybris)  l'a cloué au pilori. Dans la Grèce Antique, on  considérait l'hybris comme un crime, une faute fondamentale qui exige du  transgresseur de réintégrer les limites qu'il ne peut outrepasser sous réserve de s'attirer les foudres des dieux. DSK et la tragédie grecque.

Le châtiment de l'hybris est la destruction et c'est bien ce à quoi s'évertuent les Américains, férus de pseudo moralité, ils n'ont pas été aussi féroces avec Bill Clinton et sa Monica Lewinsky, une moralité toute tissée de manipulation et d'hypocrisie.

Qui veut la peau de Dominique Strauss-Kahn ?

 

 

 

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19/05/2011

L'autobiographie - Mémoire d'une vie en épitaphe

h100.jpgOsez !Osez la mémoire de vos vies, offrez- les en héritage à votre descendance, ô combien souvent elle leur sera utile pour comprendre d'où vient leur  lignée et vers quoi elle tend. Quels sont les combats des ancêtres, leurs choix à un moment donné, les raisons d'un exil ou d'un départ,  dans quel temps ils vivaient et savoir enfin avec quel  matériau formidable se sont  bâties les générations  suivantes.

Les autobiographies célèbres de grands écrivains tels que Châteaubriand et ses Mémoires d'Outre-tombe, Rousseau et ses Confessions, St Augustin, le  précurseur des premières confessions,  ont ouvert la voie à ce genre littéraire largement démocratisé depuis et  très en vogue, de nos jours. Un genre littéraire en soi, nul besoin d'être un grand écrivain pour ressentir la nécessité d'écrire sa propre vie d'autant plus lorsque cette vie a été traversée par les affres de l'histoire.

 

Ce mode de narration particulier où le « je «  prédomine dans un contexte particulier, à savoir,  sa propre époque et qui devient « Mémoires » lorsqu'il met en perspective un temps historique dans lequel le narrateur évolue.

J'ai reçu un texte autobiographique écrit par la grand-mère de mon  correspondant et traduit par son propre fils,  30 pages traduites du hongrois vers le français . Née en 1911 à Budapest, l'auteure retrace « ses souvenirs presque noirs », elle écrit ses mémoires alors qu'elle est déjà une dame âgée et devant sa feuille blanche, elle se souvient.......

A travers  sept époques de sa vie, elle raconte la  guerre, la misère, l'antisémitisme, le départ pour la  France ,   mais aussi elle chante un amour qui durera 51 ans et surmontera toutes les difficultés. Elle mourra quatre ans après la mort de son époux ou plutôt se laissera mourir.

Le petit-fils, aujourd'hui,  s'appuie sur les écrits de sa grand-mère et,  à son tour,  raconte à ses propres enfant la Hongrie de ses grands-parents, à son tour, il transmet à la génération d'après les souvenirs d'une vieille dame qui s'est décidée un jour à  transcrire avec ses mots à elle, une vie, une histoire.  Un héritage unique laissé à la descendance, une mémoire en épitaphe transformée en un lieu de la mémoire collective grâce à laquelle on construit sa propre identité, à travers laquelle on s'affirme.

Contrairement à ce que les gens imaginent et qui les freinent bien trop souvent,   il ne faut pas nécessairement bien écrire pour raconter et se raconter, mais avoir une forte envie de transmettre, être capable de se projeter très loin  au-delà de notre propre existence. Avec les années, parfois avec un écart de cinquante ans ou plus , ce que l'auteur raconte devient en dehors de son cercle familial  tout aussi passionnant pour l'historien ou le romancier.

Imaginait-elle cette vieille dame juive née à Budapest qu'une blogueuse genevoise se passionnerait pour ses écrits ?  Voilà la magie de l'autobiographie, ce n'est pas encore un roman, c'est une source première dans laquelle on puise allégrement.

 

http://www.harcz.com/page2.php L'histoire de Margit Harcz

Photo du mariage de Margit Harcz

 

 

 

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13/05/2011

JOB D'ETE, C'EST PARTI !

ICE CREAM VENDOR .jpgLa course est partie pour les étudiants, la quête effrénée d'un job d'été qui se fait rare, réduit en peau de chagrin, d'année en année. Je m'en souviens comme si c'était hier,  qu'à mon époque, les examens à peine terminés, il suffisait de deux coups de fil et c'était parti pour tout l'été.

Caran d'Ache comme ouvrière, Placette comme vendeuse, serveuse dans un restaurant, je me suis fait renvoyer le même jour après avois laissé tomber le plat de frites dans le décolleté profond d'une dame qui gloussait désespérement. Nous n'avions que l'embarras du choix.

Et quels souvenirs !  A  la Placette (Manor)  ce fut  le meilleur des jobs d'été, des fous rires à n'en plus finir. Etudiants du monde entier, de toutes les confessions, c'était "l'esprit de Cordoue" qui régnait dans le magasin.  A la fin de la journée, nous nous retrouvions pour boire des verres à une terrasse.  J'étais au stand de vente de bijoux en or, mon ami Albert aussi étudiant, était planté au rayon musique à l'extérieur du magasin, il dansait en interpellant les jolies filles. C'était une occasion unique de voir des étudiants de toutes filières travailler ensemble :  ingénieurs, étudiants en médecine, artistes.

Aujourd'hui, trouver un job d'été est devenu une vraie galère. Soit, l'office du tourisme a créé 28 jobs d'été via des unités mobiles d'information, des  " Geneva Tourists Angels " se déploieront dans les zones touristiques en ville de Genève et qui auront pour mission de conseiller les touristes.. Belle initiative ! Il faut s'inscrire à la Boîte à Boulot, bon niveau d'Anglais requis.

Je reviens au temps des chariots à bagages de l'Aéroport que les étudiants poussaient tout l'été, maintenant,   il faut soit glisser une pièce, soit payer avec une carte de crédit. Adieu, le petit boulot !

Et si l'Aéroport de Genève faisait aussi un effort juste pour l'été ? Engager des étudiants pour pousser les chariots de juin à août ?  Disons la création d'une vingtaine de postes. De ce pas, je les contacterai pour leur soumettre cette brillante idée, qui ne tente rien, n'a rien.

On pourrait profiter de ce billet pour faire connaître tous les tuyaux pour les jeunes en quête d'un job d'été.  Si vous  avez d'autres pistes c'est le moment où jamais.

Un coup de pouce pour nos jeunes, ils en ont vraiment besoin !!!

 

Un ancien billet rédigé par moi et qui reste d'actualité. 14.04.2008

Chariots inhumains à l'aéroport

La lettre du jour | Pour rebondir sur le courrier du lecteur en lien avec les chariots payants de l'aéroport, j'aimerais ajouter que non seulement on rend la vie impossible aux usagers qui en arrivant en Suisse n'ont pas les deux francs pour le chariot, mais pire c'est un job d'été, voire un job tout court en moins pour les jeunes. Pousser les chariots à l'aéroport pour les jeunes en «retard d'éclosion», qui s'occupaient en attendant de mûrir ou pour le job alimentaire, était devenu une institution bien genevoise.

| 14.04.2008 | 00:01
Ce sont encore et toujours les jeunes qui font les frais des petites économies misérables d'un technocrate qui pense avoir trouvé la solution pour réduire les frais. Economies de bout de ficelle, parce que les jeunes inoccupés en été auraient aussi pour quelques-uns tendance à faire des bêtises alors qu'ils ne demanderaient qu'à travailler.
Non aux chariots payants, non à la réduction des coûts au détriment de notre jeunesse.
Assez! Assez de cette politique sournoise qui ne tient plus compte des humains!

 

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09/05/2011

Tunisie - Une journée à la Goulette

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4 mai 2011- La Goulette a fort peu changé en un demi-siècle, ses immeubles d'une blancheur immaculée aux volets bleu turquoise, les bougainvillées qui explosent accoudées aux murs blancs, légèrement penchées, corbeilles pleines et généreuses qui s'offrent au regard des passants.

 

 

 

 

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Le linge bariolé suspendu à un  fil tiré selon la bonne exposition au soleil , est balayé par le vent et séché au soleil, tradition immémoriale. Dans cette ambiance surannée qui rappelle la belle époque, celle où le creuset multiculturel accomplissait des miracles de cohabitation, s'étale sous nos yeux effarés le désastre de la destruction,  en partie,  de la "Petite Sicile".

 

 

 

 

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Dans le quartier de la "Petite Sicile", l'église Saint-Augustin et Saint-Fidèle érigée en 1848 par des frères capucins siciliens a été rénovée, même la Révolution n'a pas osé s'attaquer à cette blancheur toute virginale. En face de ce monument, la maison de Claudia Cardinale n'est plus qu'amas de poussière, en lieu et place des immeubles clinquants imposés par Imed Trabelsi,  l'ex-maire de la Goulette  pour qui la mémoire collective exprimée à travers son  architecture n'est plus que vieille nostalgie et vieilles dentelles, on lui laisserait volontiers l'arsenic.

La gare T.G.M, blanche et bleue, déverse et reçoit son flot de passagers avec la même constance, on se croirait plantés dans un décor de film ancien.

 

A la Goulette, le temps continue à passer lentement, si lentement qu'il faudrait  l'achever à coups de sieste délicieuse et parfois langoureuse, il suffirait de rencontrer une عَروسُ البَحْرِ  , une sirène de mer aux chants  voluptueux qui transformerait nos souvenirs en plaintes ardentes et déployerait des  voiles plus légers que les ailes de papillons pour nous enfouir dans cet antan si cher que l'on porte en bandoulière magnifiquement attaché à notre mémoire.

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Tunisie- Carthage ses odeurs et ses rumeurs

P1030703.JPGDans la  Rome antique , on redoutait déjà Carthage,  ses odeurs et ses humeurs. Les odeurs et les rumeurs nous plongent directement dans la réalité post-révolutionnaire. Me voilà seule devant mon thé de menthe et mes pignons légèrement grillés, samedi  - 20h 10.  Mes cinq amis se sont volatilisés en l'espace d'une demi-heure. Le téléphone arabe fonctionne à merveille , dans le hall d'un hôtel à la Marsa, samedi soir, 20 h04  les sonneries de portable semblent vibrer  à l'unisson et  annoncent le  couvre-feu récemment instauré pour 21  heures, tout le monde se lève comme un seul homme et s'en va.

Tous doivent être rentrés à l'excception du personnel travaillant dans les services de nuit, tels que les urgences et hôtellerie.

Seule à ma table, je regarde le fond de mon verre de thé de menthe, deux pignons collés contre la feuille de menthe,  impossible de les récupérer, à moins d'aller farfouiller avec l'index; lorsqu'on veut quelque chose, on finit souvent par devoir aller le chercher.

Déjà, la veille à Tunis, j'étais  aux alentours des 13h,  confortablement installée sur une terrasse de l'avenue Habib Bourguiba, je discutais avec un journaliste, nous nous séparons, puis tout sombre en l'espace de quelques minutes, les hurlements, les gaz lacrymogènes, nous courons pour échapper à la manifestation qui risque de dégénérer. Les policiers crient : "doucement ne courez pas ! A mon attention :  "Pas de photos, Madame, s'il vous plaît !"

Le nez qui pique, les yeux qui brûlent méchamment, puis un mal de tête terrible tenace qui ne me lâchera plus de toute la nuit . Il paraît que les gaz lacrymogènes traditionnels sont en rupture de stock, l'armée alors utiliserait  ceux qu'on emploie pour les sangliers et les scorpions, un mal de tête épouvantable ! Oui ! Un scorpion perdu dans le désert à 52 degrés, incapable même de piquer avec ces gaz, suis-je entrain de songer.  Ma nièce psychologue fait de l'humour  :" Tu vois Tata, à Tunis, on reste fit, on fait même du jogging sur le boulevard principal en plein après-midi, elle lance cela, tandis que nous nous éloignons de l'artère principale les yeux déjà en larmes, au pas de course.  "

Tout cela à cause de déclarations ostentatoires sur Facebook de Farhat Rajhi , président du Haut comité des droits de l'Homme et des libertés fondamentales qui annonce l'éventualité  d'un coup d'état militaire en cas d'arrivée au pouvoir des islamistes aux prochaines élections.  Pour ma part, je rends attentif mon entourage, au trop d'information qui tue l'information; désinformation, rumeurs, réseaux sociaux surchargés de buzz et de fausses rumeurs. Comment encore être apte à analyser quoi que ce soit , Il y a comme une forme d'hystérie,  un manque de distance, tout arrive brut,  en masse.  On est passé de la censure au trop d'information. De rumeurs en rumeurs, la démocratie tâtonne, se cherche. Les jeunes sont branchés en continu sur facebook et Twitter. Leurs parents sont figés devant la télé ou l'oreille collée à la radio presque 24h sur 24h. Pour la moindre déclaration de travers, tout le monde sort dans la rue !  Le pays entier est fébrile, aux aguets, l'oreille exagérement tendue jusqu'à l'épuisement. Eternellement tendu, sur le qui-vive, fébrile, le Tunisien est dévoré tout entier par sa révolution, il y a jeté toute sa vie. C'est l'apprentissage de la démocratie, une leçon intensive et qui coûte chère.

Mais chacun reste optimiste, c'est normal après 50 ans de dictature il faut trouver ses marques, ses repères. Il faut y croire, mais il faut rester prudent, les contre-révolutionnaire, eux,  avancent à grands pas, les casseurs sont payés pour "foutre le bordel" et faire regretter la période Ben-Ali. Mais le processus est engagé tout n'est plus qu'une question de temps, c'est une période mouvementée , il faudra bien la traverser, restons sereins soupire-t-on de ci et de là  ......!

La révolution amène un fort souffle  de liberté qu'il faut gérer avec le même soin que le despotisme pour ne pas s'égarer  et se concentrer résolument à construire un monument formidable dont on ne connaît pas encore la forme précise, mais auquel on aspire profondément.

 

Petit clin d'oeil, librairie Al Kitab, avenue Habib Bourguiba

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06/05/2011

Tunisie - Un Libyen pour tous, tous pour un Libyen

P1030691.JPGSur fond de révolution et de crise, il y a encore de la place pour s'occuper des 35'000 réfugiés libyens. Il y a de ces initiatives spontanées qui rappellent heureusement que nous sommes encore capables de tendre la main à notre semblable. De nombreuses familles tunisiennes accueillent les familles chez elles et partagent depuis février leur vie quotidienne avec leurs hôtes particuliers. Les femmes s'organisent cuisinent ensemble, trouvent des solutions pour que chacun trouve sa place dans cette nouvelle configuration.

 

 

P1030701.JPGPour exemple cette association Benevolus qui a vu le jour,  il y a peine deux mois,  portée par un élan de solidarité. Un médecin neurologue Karim Ben Youssef qui manifeste devant l'ambassade de  Libye à Tunis et qui se porte volontaire pour aider concrètement les réfugiés, rejoint par une équipe  à l'image de la jeunesse tunisienne surdiplômée : un infographiste, un réanimateur anesthésiste, une psychologue, des médecins assistants, un artiste tous avec des petits boulots précaires mais qui trouvent du temps pour soulager la peine des réfugiés libyens.

 

 

P1030690.JPGPartout où nous allons nous entendons parler de ces rescapés qui se trouvent actuellement plutôt dans le sud,  à devoir loger d'urgence, à soigner pour des post-trauma surtout chez les femmes et les enfants, les personnes âgées étonnamment résistent mieux car déjà habituées à 10 ans d'embargo et de règne despotique, tout ce qui vient après ne peut être que meilleur selon elles.

L'association depuis ses trois tentes érigées dans le jardin des Droits de l'Homme à Tunis reçoit les dons, nourriture, médicaments, jouets, habits,  couvertures puis organise des caravanes en partance pour le Sud.

J'ai aussi rencontré des hommes d'affaires libyens de la diaspora qui font du fundraising pour participer financièrement à l'organisation humanitaire.

P1030697.JPGQue faut-il penser de tout cela ? Alors que le Sud émerge à peine de sa révolution qui a entraîné une grave crise économique et sociale, ce même Sud délaissé trouve encore assez de force et de générosité pour ouvrir grand ses frontières et ses  portes à 35 '000 réfugiés. Malgré l'afflux massif de plus de 1'400 personnes par jour, les frontières demeurent ouvertes.

Voilà peut-être la leçon tunisienne !

 

http://www.facebook.com/pages/BENEVOLUS

 

 

 

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03/05/2011

TUNISIE - La Raïssa Calmy-Rey

 

P1030610.JPGUn nom qui a de la peine à se prononcer en Tunisie mais qui court sur toutes les bouches, celui de la" Raïssa" Micheline Calmy-Rey surtout suite à l'annonce du chiffre de  60 millions des fonds gelés de Ben Ali et du clan ce qui représente 90 millions de dinars tunisiens. Lors de cette annonce relayée par le journal télévisé tunisien, j''ai entendu de puissants youyous et des félicitations qui fusaient de partout.

La Présidente de la Confédération  a lancé  un message clair et  bienvenu en  ces temps difficiles.  La Suisse a été le premier  pays à avoir annoncé le blocage des biens de Ben Ali. Un partenariat judiciaire tuniso-suisse  sera établi pour régler la question de l'origine des fonds et 'une enquête approfondie  permettra de révéler l'origine exact des fonds.  « Nous ne voulons pas que des biens mal acquis soient sur le territoire suisse. La loi suisse est très stricte quant au blanchiment d'argent. Les procédures judiciaires sont en cours, c'est difficile de dire combien de temps cela peut prendre », a précisé la présidente de la Confédération suisse . Elle ajoute : «Ces biens ont été bloqués, c'est une mesure conservatoire. Maintenant il appartient aux autorités tunisiennes d'apporter les preuves que ces biens sont d'origine criminelle ».

Ce fut aussi l'occasion de rappeler que 100'000 touristes suisses viennent chaque année en Tunisie et qu'il est important de relancer le tourisme helvétique vers ce pays,  les autorités tunisiennes ont aussi demandé d'envoyer des observateurs suisses pour les élections du 24 juillet.

 source  partielle :  Gnet Globalnet - Chiraz Kefi

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01/05/2011

Tunisie - La venue de Calmy-Rey

 

P1030606.JPGC'est ce qu'on appelle être là, à la bonne heure et au bon moment. Cet après-midi, je longeai le bord de mer à la Marsa quand je décidai de visiter l'hôtel Mövenpick en cours de rénovation et sur qui je tombe ?  Nez à nez sur Calmy-Rey reçue en grande pompe  accompagnée de  toute une délégation suisse et tunisienne.

Les chaussures encore pleines de sable, je la salue et me présente devant toute la presse ainsi que  devant le staff de la sécurité médusé par cette apparition soudaine non annoncée et non badgetée. Ce fut fait avec un tel naturel que tout le monde a été pris de cours. Un responsable de la sécurité m'a demandé qui j'étais, je lui ai répondu spontanément blogueuse à la Tribune de Genève. Il a hoché la tête d'un air dubitatif, tandis que je prenais des photos.

 

P1030615.JPGMicheline Calmy-Rey effectue actuellement une visite en Tunisie, où elle présidera, dimanche, l'ouverture de la conférence régionale des ambassadeurs suisses au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, conférence qui se tiendra pour la première fois en Tunisie, à Gammarth. Il est prévu que la Présidente rencontre le président par intérim Foued Mebazaa et le Ministre des Affaires étrangères, Mouldi Kéfi.

Il est vrai que la Présidente suisse a la cote en Tunisie même chez les personnes lambda et jusqu'au vendeur de glibettes qui la félicitent d'avoir été la première responsable politique à décider le gel des fonds de Ben Ali en Suisse et cela sans hésiter, ni tergiverser.

Geler les fonds, c'est bien, les restituer au peuple tunisien, c'est mieux encore. Il serait nécessaire d'aller plus loin, avec les fonds volés et ramenés en Tunisie, aider de toute urgence une bonne partie du peuple qui souffre du manque de rentrées d'argent avec entre autres la manne touristique devenue inexistante ces derniers mois.

Les traites doivent continuer à être payées coûte que coûte tandis que l'argent se fait rare et suffit à peine à se nourrir. Ce que préconisait un chauffeur de taxi serait de suspendre toutes les traites bancaires jusqu'à fin août en espérant un retour à la normale d'ici là.  Et tout ça grâce à l'argent volé de Ben Ali et de son clan. Le pauvre homme, père de 5 enfants dont 3 au chômage,  me racontait comment les chauffeurs de taxi avaient l'obligation d'acheter uniquement des Polo Volkswagen concession appartenant à Mohamed Sakhr El-Materi, corruption parmi tant d'autres, qu'ils payaient des frais de dossiers tournant autour de  1'400 dinars contre 120 dinars pour d'autres marques.  Et qu'ils continuent chaque mois à payer le prix fort de ces corruptions. Il serait juste de suspendre leurs dettes exorbitantes en rapport à leurs revenus engrangées par les corrupteurs d'hier.

Une bonne idée ou une utopie ? Je vous laisse en juger.

Les photos viendront lorsque j'aurais mis la main sur le câble de mon appareil photo numérique

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