19/05/2011

L'autobiographie - Mémoire d'une vie en épitaphe

h100.jpgOsez !Osez la mémoire de vos vies, offrez- les en héritage à votre descendance, ô combien souvent elle leur sera utile pour comprendre d'où vient leur  lignée et vers quoi elle tend. Quels sont les combats des ancêtres, leurs choix à un moment donné, les raisons d'un exil ou d'un départ,  dans quel temps ils vivaient et savoir enfin avec quel  matériau formidable se sont  bâties les générations  suivantes.

Les autobiographies célèbres de grands écrivains tels que Châteaubriand et ses Mémoires d'Outre-tombe, Rousseau et ses Confessions, St Augustin, le  précurseur des premières confessions,  ont ouvert la voie à ce genre littéraire largement démocratisé depuis et  très en vogue, de nos jours. Un genre littéraire en soi, nul besoin d'être un grand écrivain pour ressentir la nécessité d'écrire sa propre vie d'autant plus lorsque cette vie a été traversée par les affres de l'histoire.

 

Ce mode de narration particulier où le « je «  prédomine dans un contexte particulier, à savoir,  sa propre époque et qui devient « Mémoires » lorsqu'il met en perspective un temps historique dans lequel le narrateur évolue.

J'ai reçu un texte autobiographique écrit par la grand-mère de mon  correspondant et traduit par son propre fils,  30 pages traduites du hongrois vers le français . Née en 1911 à Budapest, l'auteure retrace « ses souvenirs presque noirs », elle écrit ses mémoires alors qu'elle est déjà une dame âgée et devant sa feuille blanche, elle se souvient.......

A travers  sept époques de sa vie, elle raconte la  guerre, la misère, l'antisémitisme, le départ pour la  France ,   mais aussi elle chante un amour qui durera 51 ans et surmontera toutes les difficultés. Elle mourra quatre ans après la mort de son époux ou plutôt se laissera mourir.

Le petit-fils, aujourd'hui,  s'appuie sur les écrits de sa grand-mère et,  à son tour,  raconte à ses propres enfant la Hongrie de ses grands-parents, à son tour, il transmet à la génération d'après les souvenirs d'une vieille dame qui s'est décidée un jour à  transcrire avec ses mots à elle, une vie, une histoire.  Un héritage unique laissé à la descendance, une mémoire en épitaphe transformée en un lieu de la mémoire collective grâce à laquelle on construit sa propre identité, à travers laquelle on s'affirme.

Contrairement à ce que les gens imaginent et qui les freinent bien trop souvent,   il ne faut pas nécessairement bien écrire pour raconter et se raconter, mais avoir une forte envie de transmettre, être capable de se projeter très loin  au-delà de notre propre existence. Avec les années, parfois avec un écart de cinquante ans ou plus , ce que l'auteur raconte devient en dehors de son cercle familial  tout aussi passionnant pour l'historien ou le romancier.

Imaginait-elle cette vieille dame juive née à Budapest qu'une blogueuse genevoise se passionnerait pour ses écrits ?  Voilà la magie de l'autobiographie, ce n'est pas encore un roman, c'est une source première dans laquelle on puise allégrement.

 

http://www.harcz.com/page2.php L'histoire de Margit Harcz

Photo du mariage de Margit Harcz

 

 

 

Commentaires

Bonjour ! Super votre article, j'incite aussi les personnes au travers de mon site et de ma fondation à prendre le temps de se raconter, de préparer un album de Vie et de le transmettre à leurs proches après le décès... En fait nous faisons plus que cela, puisque notre mission sociétale est de redonner à la mort sa place dans la vie. Si vous avez 5 minutes, venez nous visiter, et n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires ! Bonne journée de Sandrine à Bruxelles.

Écrit par : tenaud | 23/05/2011

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