27/04/2011

“Ouvrir grand les yeux pour voir la vie !”

25835_1382220401895_1423525430_31036368_3208152_n.jpgLes blogs offrent l’occasion de rencontres singulières comme la dernière en date avec Dominique Fischbach, réalisatrice documentaire à Paris. En cherchant sur internet des articles ou des témoignages sur les femmes cheffes d’entreprise, elle tombe sur mon blog genevois  de la Tribune de Genève et mes billets sur la Smala de Gorée, aussitôt elle me contacte et finalement je la rencontre à Paris pour parler du prochain documentaire sur Marie-Jo qui se déroulera à Dakar et sera diffusé sur une des grandes chaînes françaises.

Blog  ? Une expérience  essentiellement virtuelle ? Détrompez-vous, preuve en est  !

 

 

 

 

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Au Train Bleu, restaurant mythique  de la Gare de Lyon à Paris, une grande jeune femme s’avance vers moi accompagnée de sa scénariste, tout de suite je perçois quelque chose de chaleureux dans sa façon de vous aborder. Dominique de parents coopérants français est née au Maroc qu’elle a quitté en 1974 pour Nice, les mêmes palmiers mais avec la chaleur humaine en moins, selon elle. Pourtant Dominique a su la garder cette solarité et en faire un métier. “Parce qu'un jour, j’ai quitté mon Maroc natal, j’ai débarqué en France, et j’ai écarquillé les yeux. Et ce premier regard, de surprise, de découverte, je l’ai tant aimé que j’ai voulu le garder. Alors je me suis mis à filmer les gens. Ceux qui m’intriguent, ceux qui me touchent, ceux qui me font rire,ça va souvent de pair, ceux qui ne me ressemblent pas quoique… Je ne les juge pas, les gens, j’observe, c’est tout. Je guette le non-dit de leur quotidien, et lorsque j’aperçois des instants de poésie, je les filme. Parce que ces bouts de vie, faudrait jamais les laisser s’enfuir.” . Voilà Dominique, elle s’est présentée encore mieux que tout ce que j’aurais pu écrire sur elle.

Son premier documentaire retrace la vie de ses voisins à Paris, elle se souvient qu’au Maroc, toutes les portes étaient ouvertes on allait chez les uns et chez les autres.  Alors elle s’est demandée qui étaient ses voisins. Et à travers son regard, on s’aperçoit qu’ils ont tous quelque chose de beau à dire, que chacun d’eux a un jardin secret qu’il nous dévoile tendrement face à une caméra pudique, à peine présente. Cette façon de regarder le monde et de s’émerveiller face au concierge peintre qui fait pousser des plantes dans une baignoire campée au milieu de sa courette. A chaque étage, un voisin ou une voisine, qui raconte, on les découvre, nous-mêmes fascinés et on finit même par se poser la question :”Mais, en réalité, qui sont nos voisins ?”.  La magie semble toujours être là, à portée de main, au bout du regard, il suffit d’ouvrir les yeux tout grands et les oreilles,  rajoute Dominique, pour découvrir la vie  !

 

Prochain billet sur son documentaire “Et Dieu croqua la femme “

http://www.dominique-fischbach.com/

 

 

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26/04/2011

De l'exil à l'intégration ? Reflets de vie

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Dans le cadre du 25 ème Salon du livre et de la presse, une table ronde est prévue le Vendredi 29 avril de 18 h à 19 h  au Grand Café littéraire avec pour  titre "De l'exil à l'intégration ? Reflets de vie" et  à laquelle je participerai avec d'autres intervenants.  Rencontre organisée sous l'égide du Prix "Femme exilée, femme engagée" animée par   Mme Marion Moussadek, journaliste RP et suivie d'un apéritif.

De 15h à 18 h je dédicacerai mon dernier roman "Sarajevo, le poisson rouge" sur le stand Publibook et ce sera un plaisir de vous y rencontrer et de tailler la bavette (vous n'êtes même pas obligé d'acheter un livre pour cela )ou de boire un verre ensemble après la table ronde (et même pour ça vous n'êtes ni obligé d'acheter un livre ni de participer à la table ronde .)

"L'inventeur des dédicaces n'a pu être qu'un mendiant"


 

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21/04/2011

De la vendetta albanaise à la vendetta sicilienne

LaLoiduKanun[1].jpgPlongée dans l'œuvre du grand écrivain albanais,  Ismaïl Kadaré, "Froides fleurs d'avril" , un passage de son roman sur les pratiques du Kanun, code coutumier du XV ème siècle,  encore très présente  aujourd'hui, éveille  mon attention.

Après quelques recherches sur le sujet, je constate qu'il est intéressant d'observer ces pratiques d'un autre temps , encore en cours, et que le corpus de règles fait office d'organisation sociétale dans certaines régions du Nord de l'Albanie.  Le Kanun de Lekë Dukagjini est un code de droit coutumier médiéval mis au point au XVe siècle. Sorte de « constitution » divisée en douze sections, il régissait l'ensemble de la vie sociale. Marginalisé pendant le régime communiste, il a depuis refait surface. Le kanun est aujourd'hui surtout respecté dans le nord de l'Albanie où la question de la vendetta reste très préoccupante, la " reprise du sang" moyen-âgeuse n'étant qu'une infime partie du Kanun volumineux.

L'écrivain caricature cette vieille tradition  en faisant dire à une de ses héroïnes qu'un oncle vivant dans les montagnes descend spécialement en ville pour leur rappeler à la jeune fille et  à sa famille qu'ils ont une dette de sang à payer qui remonterait à un quart de siècle.  Vengeances, règlements de compte, via les codes du Kanun très stricts, les Albanais n'ont rien à envier à la Mafia Italienne qui elle aussi  établit  ses propres lois fondées sur l'honneur avec ses codes très précis auxquels on ne peut déroger au péril de sa vie et celle des  siens.  On hérite de vendettas sur plusieurs générations avec les meubles.  Des familles entières sont cloîtrées vivantes en Albanie,  pour effacer une dette d'honneur par le bannissement ou l'auto-bannissement, une punition sévère par la rupture complète de lien social.

Comment enrayer ce phénomène qui perdure, cette loi coutumière vieille de cinq siècles qui est une  véritable entrave à la démocratie et largement dévoyée de ses fonctions premières de régulation de société ? Dévoiement, certes, lié à un certain vide laissé par l'Etat de droit, à un moment où le pays était fragilisé par un processus de transition vers une société démocratique.

Par une justice de proximité lancent  quelques juristes, pour autant que la corruption larvaire qui permet de prolonger ces règlements de compte d'un autre âge soit combattue de façon énergique .

Selon l'auteur du rapport qui souligne les similitudes entre l'Albanie, la Corse, la Sicile, la Crête, "la persistance de cette tradition dans l'une des régions les plus pauvres d'Europe ne surprend pas. C'est dans l'équation intégrant les facteurs économiques, la perception relative de la présence de l'Etat, et le référent culturel et historique qu'il faut trouver les raisons de cette prégnance. En effet, dans les sociétés pauvres, traditionnelles et éloignées des principaux axes de communication et de commerce, les seules richesses sont les valeurs qui les fondent comme l'hospitalité, la réputation, la parole donnée et le respect de l'organisation clanique de la famille.   De plus, sans perspectives de travail stable et rentable dans ces pays où le taux de chômage est très élevé, ces personnes n'ont pour ainsi dire, « rien à perdre ». Dans ces sociétés du « peu » et de la précarité (Crète , Sicile, Corse), on observe la permanence de ces traditions lorsqu'elles préexistaient à l'Etat et d'autant plus lorsque le rapport à celui-ci est largement biaisé comme en Albanie, au Kosovo ou dans les pays d'accueil."

En Sicile, on voit le même phénomène, une décentralisation qui laisse des régions entières livrées à la pauvreté et au chômage. A travers des règles de vie on se créer une identité très forte, une appartenance comme source de survie d'un groupe fragilisé, livré à l'abandon. L'exode rural participe aussi à la mise sur pied d'un réseau criminel basé sur des codes claniques, des besoins de repères tangibles.  Une enquête montrait que 40% des crimes de sang albanais sont plutôt liés à des commerces en lien avec le réseau de prostitution, une famille peut aussi être amenée à mettre sa fille sur le trottoir pour payer sa dette. Ce qui prouve que le Kanun a perdu sa fonction de régulateur de société imaginée à l'époque et ses objectifs sont détournés au profit d'intérêts privés et crapuleux et participe largement au crime organisé.

 

Données chiffrées sur la situation du Kanun en Albanie.

A l'heure actuelle, la vendetta en Albanie fait partie des préoccupations de la société civile car elle touche de nombreuses familles, situées principalement dans la moitié nord du pays. Elle n'est pas considérée, en temps que tel, comme une question majeure relevant de l'Etat. De ce fait, elle demeure en dehors des champs d'interrogations du gouvernement albanais. Mais dans tous les cas, le Parlement se refuse à faire référence au Kanun pour résoudre les cas de vendetta.

La collecte de données chiffrées sur les cas de meurtres et d'enfermements liés au " Kanun " s'est révélée difficile. Les données rassemblées sont largement contradictoires et rendent difficile un suivi fiable.

Les assassinats :

Les autorités ont noté une diminution des assassinats entre 1998 et 2003, avec, pour cette période, un total de 330 cas d'homicides clairement liés à des règlements de compte pouvant être associés au Kanun. Mais ce serait 10 000 personnes qui auraient à subir, de près ou de loin, les méfaits du Kanun. L'activité criminelle varie, selon les années, en fonction de la stabilité politique et économique, de l'activité déployée par la justice et la police. Les autorités ont dénombré dans l'ensemble du pays :

  • En 1978 573 assassinats dont 45 intrinsèquement liés au Kanun
  • En 1979 497 dont 41
  • En 2000 275 dont 18
  • En 2001 208 dont 19
  • En 2002 179 dont 12

En 2002, l'action de la police a permis l'arrestation de 77 auteurs de vendettas parmi les meurtriers recherchés.

Les familles cloîtrées :

On relève également une baisse du nombre des familles cloîtrées entre 2000 et 2002 : de 2 500 à 1378 familles " élargies ".

A Shkodër, certaines sources évoquent le nombre de 460 familles qui seraient retranchées chez elles. Selon la presse, elles seraient 600. L'Institut pour la démocratisation et la médiation, qui travaille dans cette ville, en a recensé 250. A Tropoje, 81 familles seraient concernées.

, au Nord du pays, elles seraient de l'ordre de :

  • 67 dans le district de la Grande Malesie,
  • 49 dans celui de Kukës,
  • 48 dans celui de Burrel.

On note cependant un phénomène d'extension géographique de la vendetta en raison d'un fort mouvement d'émigration interne qui a poussé les populations rurales du nord vers l'Albanie centrale et qui vivent cloîtrées. On recense également des familles qui, soumises à un changement brusque de leur environnement économique et social, sont cependant victimes de la vendetta et vivent cloîtrées. On en dénombre 140 à Tirana, 98 à Durrës, 111 à Vlora, 62 à Berat, 33 à Lushnja ; des régions d'Albanie qui se trouvaient traditionnellement en dehors de la zone d'influence du Kanun du Nord.

Les enfants privés de liberté :

Les données qui concernent plus particulièrement le cas des enfants fluctuent, elles aussi, en fonction de leur source. Selon le ministère albanais de l'Education nationale, les enfants privés de scolarité parce que cloîtrés chez leurs parents, seraient très exactement 147 fin 2002. Une association qui s'occupe de réconciliation, en compterait 400. D'autres chiffres repris dans les médias parlent de 800... De nos jours, la pratique de la vendetta a peu à voir avec les coutumes réunies au sein de l'ancien Kanun. Il s'agit plutôt d'un phénomène nouveau, lié aux incertitudes pesant sur la société post-communiste depuis le début des années 1990, qui n'entretient qu'une liaison formelle et superficielle avec le Kanun pour mieux dissimuler son absence de contenu et de respect de la République pourrait être le meilleur vecteur d'un message public de réconciliation nationale.


Source le Courrier des Balkans

Rapport de Kolë Gjeloshaj Hysaj Politologue, collaborateur scientifique au Germe auprès de l'Institut

de sociologie de l'Université libre de Bruxelles

 

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16/04/2011

La sorcellerie expliquée aux gens simples d'esprit

talisman.pngSur un marché français, je passe devant un étal tenu par un religieux musulman à la barbe parfaitement taillée, pointue au bout. Il  porte une longue jebba brune, il vend encens, parfum de rose, savon d'Alep, pierre d'alun, gant de crin pour le hammam .  Mais aussi,  des ouvrages religieux, qui trônent côte à côte avec des  livres  de recettes de cuisine : Salades d'ici et d'ailleurs, les Tajines, et au milieu de tout cela, un petit ouvrage sur La sorcellerie & et les moyens de s'en protéger , je me le procure dévorée par la curiosité.

En introduction un passage spécialement dédié au lecteur « Celui  qui observe notre situation actuelle pourra constater qu'il existe de nombreuses maladies contemporaines. Ces maladies sont liées à l'éloignement de la voie divine..Parmi ces maladies, on trouve la sorcellerie, le mauvais œil, la possession (il s'agit du djinn qui s'en prend à l'homme) et les maladies psychologiques.

Le petit ouvrage édité à Bruxelles, recommande les invocations comme par exemple celle qui précède l'entrée aux toilettes : « Ô Allah ! Je me mets sous Ta protection contre les démons mâles et femelles. ». L'invocation avant les rapports conjugaux « Seigneur, éloigne de nous le Satan et éloigne-le de ce que Tu nous accordes. »

 

Parmi les recommandations s'éloigner des désobéissances, parmi elles on retrouve :

Ecouter les chansons et la musique. Regarder ce qui est interdit ou prohibé- Accrocher des images sur lesquelles se trouvent des êtres humains ou des animaux et poser des statuettes.

Pour les femmes éviter de porter du parfum en présence d'hommes qui ne sont pas pour elles des Mahârim (hommes avec qui elle ne peut pas se marier comme son père, ses frères, ses oncles...) ni s'isoler avec eux.

Et surtout éviter de se rendre chez les sorciers, devins et autres charlatans de la sorte.

Et à quoi les reconnaît-on ?

-      Ils demandent au malade son nom et le nom de sa mère

-      Ils prennent un objet personnel du malade comme son mouchoir, son chapeau ou un de ses sous-vêtements.

-      Ils donnent au malade une amulette qui contient des feuilles sur lesquelles sont tracés des cadres remplis de chiffres et de lettres.

-      Ils murmurent des paroles incompréhensibles.

-      Ils confectionnent des talismans qui sont des symboles incompréhensibles.

 

Il ne nous reste plus qu'à invoquer Allah, à notre tour,  et que dans sa grande bonté et son infinie  miséricorde il nous protège des esprit simples  et des fanatiques !

 

 

 

 

 

 

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14/04/2011

100'000 livres pour la Tunisie

images.jpgL'Amicale Tuniso- Suisse a décroché le gros lot, elle pourra bénéficier en grande partie de la collecte  de livres organisée par la maison Payot et destinée à être distribuée au Centre de la Tunisie. Entre 80'000 et 100'000 livres acheminés par  containers avec le soutien de la Mission de la Tunisie auprès de l'ONU à Genève. Une belle action de solidarité qui fait rêver. Imaginer ces livres qui prennent les chemins de la Révolution, qui traversent la mer, apportent un souffle nouveau et qui offrent des horizons inconnus  à tous ces futurs lecteurs.  Des livres qui se passeront de main en main, navigueront dans les bibliothèques, dans les écoles. Ces milliers de pages qui se tourneront inlassablement.  Je me souviens en Tunisie, avoir lu mon premier livre en français  "Le docteur Ibrahim" de John Knittel,  ma plus grande  leçon d'humanité. Que de graines semées dans les coeurs et les esprits !

Très belle action de solidarité !

 

 

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

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PAYOT LIBRAIRE RÉITÈRE SON ACTION SOLIDAIRE DE COLLECTE DE LIVRES

" Pour la troisième année consécutive, Payot Libraire organise dans ses 11 librairies de Suisse romande une collecte de livres solidaire, au bénéfice cette année de l'Amicale Tuniso-Suisse et de l'Hospice général de Genève. L'opération commence le 15 avril pour se terminer le 23 avril, Journée mondiale du livre, en partenariat avec RSR La Première.

Le 23 avril aura lieu la Journée mondiale du livre à l'occasion de laquelle les 11 librairies Payot de Suisse romande, sous l'égide de la FPPL (Fondation Payot pour la Promotion de la Lecture), organisent une récolte de livres en s'appuyant sur la générosité de la population. Pour Payot

Libraire et la FPPL, cette action permet de poursuivre dans une voie d'engagement culturel et social, mais également de mettre l'accent sur la promotion de la lecture et de l'éducation pour tous. L'opération, baptisée PartagerLire, a permis de récolter en 2010, comme en 2009, plus de

100'000 livres, et a par ailleurs valu à Payot Libraire de recevoir en 2010 le Prix suisse de l'Éthique, décerné par la HEIG-VD.

Les livres collectés cette année seront distribués d'une part par l'Hospice général aux bénéficiaires de l'aide sociale dans le canton de Genève, et d'autre part par l'Amicale Tuniso-Suisse aux bibliothèques et établissements éducatifs de diverses régions du centre de la Tunisie, particulièrement dépourvues de livres. L'Amicale Tuniso-Suisse reçoit pour cette action le soutien de la Mission de Tunisie auprès de l'ONU à Genève.

Toute personne souhaitant offrir un ou plusieurs livres est invitée à se rendre dans l'une des librairies Payot* dès le 15 avril et jusqu'au 23 avril 2011.

* à l'exception de Payot Genève Aéroport et Payot Berne.


IMPORTANT : Tous les livres, en français ou en langue étrangère, sont les bienvenus. Les
ouvrages en mauvais état (couvertures abîmées, déchirées, avec pages manquantes), les
ouvrages ayant un contenu obsolète ou sectaire, ainsi que les revues ou les livres de Club
(Reader's Digest notamment) seront refusés.


Pour tout complément d'information :
Aurélie Baudrier-Rasson
Directrice de la communication
Payot Libraire
Tél.  021 341 32 52
a.baudrier@payot.ch
Côtes de Montbenon, 30
Case postale 6730
CH-1002 Lausanne
www.payot.ch

Communiqué+de+pressePartagerLire+1.7-2.jpg

 

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11/04/2011

Visions du Réel - Epilogue

epilogue1.jpgUn documentaire belge  en compétition internationale de Manno Lanssens sur la fin d'une femme sur les 12 derniers mois.  Âgée de 50  ans , Neel est atteinte d'un cancer en phase finale et  opte pour  l'euthanasie. Elle prépare ses trois enfants et son époux à accepter cette fin qu'elle a choisie.

Le spectateur, entre dans l'intimité de cette famille qui fait face à la mort de cette femme et mère si courageuse face à la douleur, à la déchéance d'un corps qui part en miettes, elle finira par peser à peine 40 kg. Epuisée, en pleine conscience, elle décide de ne pas aller plus loin, de ne plus pouvoir continuer ainsi. Son  critère de décision est clair, quand la vie n'offre plus rien, hormis la douleur, et que le plaisir même infime a disparu., on ne peut plus vivre, ce n'est plus une vie.

On assiste pudique à ce départ. Entourée des siens, un petit-fils, la veille qui lui donne le dernier baiser « qui la rend libre », Neel  meurt dans les bras de sa fille aînée.

Un film profond, émouvant qui interroge sur notre choix qui nous appartient ou pas de dire : STOP !

Le film a reçu la mention spéciale du jury

 

 

 

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08/04/2011

De l’auto-critique à l’auto-compassion

presence-zen.jpgMon invité - Dr Jean- François Briefer, psychologue à Genève

Qui ne s'est pas vu une fois ou l'autre submergé par un flot d'auto-critiques ? Sans doute personne. En effet l'autocritique est un phénomène universel qui accompagne nos vies d'êtres imparfaits. On a tous quelque chose qu'on n'aime pas en soi, qui nous dérange, quelque chose qui nous crée de la honte, de l'insécurité, ou nous donne le sentiment de ne pas être adéquat, de ne pas être assez bien, pas à la hauteur... Notre condition humaine fait que nous sommes imparfaits, en proie au doute, capable d'erreur à tout moment. Mais nous sommes aussi perfectibles, d'où l'intérêt de s'engager dans le regard critique sur soi et la remise en question.

L'autocritique est donc un phénomène normal, voire salutaire. Son absence serait le signe inquiétant d'une difficulté à tenir compte de ses erreurs, donc mettrait en péril notre possibilité d'apprentissage et d'évolution personnelle. En cherchant à éviter de voir ses manques et ses faiblesses, on n'aboutirait à l'effet inverse de celui recherché, à savoir une fragilisation de l'individu.

Ceci étant dit, notre propos va concerner plus précisément ceux que l'autocritique dérange, voire fait souffrir en raison de son excès et de sa nature envahissante. On sait que ces sentiments d'insatisfaction et de honte jouent un rôle dans divers troubles psychiques tels que la dépression, l'anxiété et les addictions. Poussé à l'extrême il peut devenir une forme d'auto-harcèlement qui entretien un stress permanent. Dans le cas de la dépression, un niveau élevé d'autocritique ralenti l'évolution vers la guérison.

De quoi est faite cette vulnérabilité ? Elle repose sur toute une variété de souvenirs émotionnels négatifs liés à des sentiments de honte, de rejet, de critique, d'humiliation, de non respect de soi. Souvenirs d'événements douloureux qui constituent autant de petits ou de grands traumatismes. Le traumatisme n'est en effet pas nécessairement un événement grave. Il s'agit de tout évènement qui a un effet négatif durable. Il peut même passer inaperçu pour tout autre personne que soi. Néanmoins, dès le moment où son souvenir s'enracine dans nos pensées et vient les contaminer intempestivement, alors c'est que trauma il y a eu ! Il s'agit alors de pensées intrusives qui traversent notre esprit sans qu'on le veuille vraiment et qui peuvent littéralement prendre le contrôle de notre vie si on les laisse faire, nous plongeant dans le regret de ne pas avoir su réagir comme on l'aurait voulu...

Cette façon trop sévère de se juger peut aussi s'enraciner dans des schémas relationnels qui remontent à l'enfance. Dans ce cas il n'y aura pas nécessairement besoin de souvenirs sur lesquels s'apitoyer, mais il s'agira plutôt d'un mode relationnel établi avec soi même sur le mode de ce qui nous a été transmis principalement par nos parents. Le manque d'encouragement et les critiques systématiques sont en effet de puissants générateurs d'autocritiques pour l'avenir de l'enfant une fois qu'il les aura intériorisés.

Mais alors que faire pour retrouver la sérénité, lorsque ces « petites voix » rabaissantes nous tiennent compagnie un peu trop souvent ?

Tout d'abord en prendre conscience. Cela peut sembler parfaitement trivial, pourtant les choses sont plus complexes qu'on peut le penser. Il est en effet difficile de se rendre compte que nous pouvons avoir différents niveaux de conscience en ce qui concerne nos pensées. Parfois nous sommes véritablement maître à bord, comme dans le cas d'une réflexion intense, d'une résolution de problème, mais dans d'autres situations des pensées peuvent venir dans notre esprit sans qu'on le désire réellement, c'est ce qu'on appelle en psychologie les pensées automatiques. Ces pensées automatiques sont d'autant plus rapidement activées qu'elles viennent souvent en pensée, car les circuits cérébraux qu'elles mettent en jeux sont comme facilités. Or c'est ce qui se produit souvent lorsque la « petite voix » de l'autocritique s'active, cela devient un automatisme, un mode de relation à soi installé et prêt à s'actualiser à la moindre petite faille...

Ensuite il va falloir transformer ce mode de relation à soi en cultivant le mode compassionnel tel que nous l'enseigne la méditation et les approches inspirées du bouddhisme. La première attitude à adopter est celle de l'acceptation. Lorsque l'autocritique porte sur des traits de personnalité, par exemple se trouver trop introverti, trop impulsif, trop possessif etc., la personne entre dans une forme de combat avec elle-même, il y a d'un côté le juge rationnel qui émet ses normes idéales de comportement et de l'autre le soi meurtri qui subit la critique. Cette lutte a un prix, elle mobilise énormément d'énergie et de ressources et  elle tend à occuper une place toujours plus importante dans la vie de la personne. Par ailleurs cette lutte pour supprimer ce qui ne va pas, fait oublier qu'il importe surtout d'aller vers ce qu'on veut, vers ses valeurs, d'utiliser cette énergie pour œuvrer à la réalisation de ce qui compte vraiment pour soi comme le montre la thérapie ACT (Assertive Commitment Therapy). Abandonner la lutte signifie d'abord accepter les attitudes négatives telles que les jugements autocritiques. Dans ce sens les pratiques méditatives constituent un très bon entrainement mental pour développer cette attitude d'acceptation de ce qui est dans le moment présent. Plus proche de notre culture les philosophes stoïciens allaient déjà dans le même sens, en effet pour Epictète « Il ne faut pas vouloir que ce arrive n'arrive pas, il faut vouloir que ce qui arrive, arrive, comme il arrive. ». Face aux événements psychologiques cette assertion est d'une grande pertinence.

L'acceptation peut également être favorisée par la recherche du positif dans l'attitude de l'autocritique gênante. Au lieu de se mettre à vilipender cette manie auto-dénigrante, il s'agira d'y voir une intention positive, dans la mesure où ce qui la motive est tout-de-même la recherche de l'amélioration. La critique vise à créer une motivation au changement, elle n'est donc pas à rejeter en bloc. Toutefois c'est la façon dont elle traite le soi qu'il faut modifier, pour se traiter avec plus d'empathie et de compassion.

 

Enfin pour faire un peu plus de place à la partie de soi non coercitive, il va falloir mettre en œuvre des techniques d'imagerie. Peu de monde se doute à quel point l'imagination peu avoir des effets tangibles sur nos vies. Saviez-vous que le simple fait d'imaginer une chaleur dans vos mains, telle que la technique de relaxation du training autogène inventée par Schulz le suggère, peut en augmenter la température de 10 degrés ? Si la relaxation est toujours bénéfique chez un individu tendu et anxieux comme c'est le cas lorsque l'autocritique prime, l'imagerie de compassion ajoute un plus en créant son propre havre de paix intérieur, suivez le guide :

Imaginez un lieu en vous-même de sécurité où vous allez pouvoir développer des sentiments de chaleur affective et de compassion vis-à-vis de vous-même. Puis focalisez votre attention sur une image évoquant la compassion avec les qualités de chaleur humaine, d'acceptation de soi, de bienveillance. Laissez venir en vous se qui vient sans vouloir l'obtenir à tout prix. Soyez réceptif, abandonnez-vous à vous-même... Entrer en contact avec votre humanité et ses forces et faiblesses qu'on a tous. Le sentiment d'échec, d'être inadéquat fait partie de notre condition humaine.

L'image qui vous apparaîtra ainsi servira d'ancrage pour vivre et ressentir des sentiments positifs, à user sans modération. Vous trouverez des méditations guidées en anglais sur ce modèle sur le site de Kristin Neff (http://www.self-compassion.org).

 S'approprier quelques techniques d'assainissement du rapport à soi n'est pas un luxe. Notre société de plus en plus compétitive, axée sur la performance et le rendement à tous crins nous pousse à nous dépasser sans cesse et promeut ainsi des valeurs opposées à l'acceptation et à la compassion. Nous sommes en effet dans une évaluation permanente de nos performances qui influence grandement l'estime de soi. Compétition et comparaison obsédante avec autrui, avec son collègue, avec son voisin dans une course folle vers une illusion de mieux être qui si souvent réduit notre qualité de vie.

Si l'estime de soi résulte d'une auto-évaluation, la compassion pour sa part présente cet caractéristique d'être universelle, tout être humain (y compris soi-même !) mérite compréhension et empathie.

 

 

                                                                                                Jean-François Briefer

                                                                                                www.ressourcespsychologiques.ch

 

 

 

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07/04/2011

Hommage à un chantre de la Paix- Juliano Mer-Khamis

43970_s.jpgQui pourrait se glorifier d'avoir achevé une colombe de la paix ?  Un artiste  arabe-israélien, de mère juive et de père arabe,  engagé pour la paix et le dialogue lâchement abattu de 5 balles à Jénine dans le Nord de la Cisjordanie, le 4 avril.

Un Israélien qui vivait dans un camp de réfugiés palestiniens et qui y dirigeait un « Théâtre de la liberté « . Une liberté qu'il aura payée au prix de sa vie.

Il y a quelques années, j'avais vu la projection du film sur sa mère Arna Mer Khamis, une militante juive très engagée dans la lutte contre l'occupation «  Arna et les enfants de Jénine". Un documentaire touchant, réalisé par son fils Juliano qui retraçait l'épopée de la création d'un théâtre dans un camp palestinien par cette femme magnifiquement engagée. L'engagement de toute une vie d'une militante qui restera dans ce camp palestinien jusqu'à sa mort en 1994. Un documentaire d'un fils aimant qui parle d'une mère qui est la sienne et d'une artiste qui oeuvrera pour la paix à travers le théâtre où tous les enfants de Jénine sont passés une fois ou l'autre.

Non ! Ce n'est pas un simple fait divers. C'est assassiner tous les espoirs de paix et de dialogues, c'est s'acharner sur un symbole porteur d'espoirs. Tuer un artiste équivaut à  tuer notre dimension universelle, celle de toutes nos illusions d'un monde meilleur.

 

 

 

 

 

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04/04/2011

La smala de Gorée - Marie-José nommée femme cheffe d'entreprise de l'année

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Photo 002.jpgAvec d'autres femmes , Marie José de Dakar a été nommée  femme cheffe d'entreprise de l'année.

Vous vous souvenez, il y a un peu plus d'un an,  je vous  racontais comment elle avait perdu son mari, Eric Girardon, un français amoureux du Sénégal et comment le petit bout de femme se retrouva du jour au lendemain à la tête d'une entreprise de recyclage de matière plastique, Transtechindustries,  avec trente ouvriers à diriger.

Mais aussi, en plein deuil, à part reprendre l'entreprise , devoir continuer à s'occuper des 14 enfants, pour la plupart adoptés. Elle y est parvenue, en  forçant le respect, parce quand on  est une femme, il faut se battre pour l'imposer. Et elle a su s'imposer dans le monde de l'industrie où se sont majoritairement des hommes  qui y travaillent et commandent d'une main de fer.

 Bravo Marie-Jo, nous sommes très fiers de toi et bravo aux enfants d'avoir aussi soutenu votre maman !!

 

 

 

 

 

 

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