20/03/2011

Salon du livre de Paris - Présence suisse

P1030568.JPGParis, samedi- une foule compacte qui coule pareille à un fleuve entre les stands, un salon bondé avec comme invitées d'honneur les lettres nordiques. Sur le stand des éditeurs suisses, je croise Jean-Michel Olivier, assis à sa table derrière sa pile de livres : "L'Amour nègre". Assise à ses côtés, j'engage la conversation. Quelle impression ça fait d'être à Paris ? Il se sent un peu étranger, mais dans le fond il a été bien accueilli, puis il ne s'attendait pas du tout à recevoir le Prix Interallié, face à des maisons d'édition mammouth, son éditeur l'avait prévenu, il y avait  peu de chance de l'obtenir. Surprise ! Le livre est couronné.

Quant au titre, il fera couler beaucoup d'encre sous les commentaires du quotidien Libération, pour finir un internaute répond brillamment et coupe court à l'esclandre : "mieux vaut l'amour nègre que la haine blanche !" Tout est dit.

Jean-Michel Olivier est euphorique, emporté par  le flot du courant qu'induit le succès. Mondanité, conférences, voyages, des propositions originales comme la dernière pour le café Maestro Lorenzo qui invite l'auteur à écrire des nouvelles en lien avec le café.

L'écrivain reste humble, parce que la littérature nous force à le rester. Et au milieu de 2'000 écrivains au Salon, on se sent comme une goutte d'eau dans la mer, on lance sa bouteille dans cet océan et qui sait quelqu'un la trouvera peut-être.  Après avoir été vampirisé, happé par ce tourbillon, il ne reste plus qu'à reprendre le chemin de l'écriture fait d'exigence et de perfection. En écriture, on n'arrive jamais nulle part, il faut continuer à aller de l'avant, faire toujours mieux, évoluer sans cesse. C'est un peu comme l'expansion de l'univers, plus on avance, plus il s'élargit devant soi.

Je l'observe du coin de l'oeil, quelques secondes, avec son pull rouge à fermeture éclair, sous son costume bleu, c'est vrai, il y a quelque chose de très humble chez lui, une tranquillité à peine surprise par tout ce ramdam autour de son oeuvre.

 http://jmolivier.blog.tdg.ch/archive/2011/03/16/la-vie-es...

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Sur le même stand un peu plus loin, je croise Slobodan Despot qui organise un apéritif pour fêter les cinq ans de sa maison d'édition Xenia, cinq ans d'audace pour celui qui ose éditer. Je l'interpelle, qu'est-ce que vous osez de plus que les autres maisons d'édition ?  Rééditer par exemple l'oeuvre complète de UNABOMBER, le militant radical anti-industriel , dans le fond ça reste une critique de notre société qui reste intéressante à découvrir, répond-il sans hésiter. Slobodan Despot ? peut-être mon futur éditeur, il aura fallu se rendre à Paris pour en rencontrer un, en chair et en os.

http://www.editions-xenia.com/

 

 

 Quant à moi, comme à la Foire du Livre de Bruxelles, je me promène avec mes livres dans ma valise à roulettes. Lorsqu'on n'a pas vraiment d'éditeur qui assure la promotion de vos oeuvres  il faut de bonnes jambes. La dédicace de la veille fut  longue et fastidieuse, heureusement qu'un lecteur féru a commenté mes livres qu'il a quasiment tous lus,  avec beaucoup de spontanéité et de sincérité, il m'a fait part de ses impressions plutôt flatteuses. Puis une femme Bosniaque, prend le "Sarajevo, le poisson rouge", elle porte sa main à son coeur, non je ne  peux rien lire sur la Bosnie, il y a encore trop de souffrance. Patienter derrière ma pile de livres, c'est encore une autre façon de parader derrière une vitrine, mais à Amsterdam ça rapporte plus de s'exhiber ainsi, une mise à nu éprouvante.   Jean-Michel Olivier rit de cette comparaison. Mais surtout un évènement comme le Salon du Livre, c'est l'occasion de rencontrer des gens, d'acheter des livres, de découvrir de nouveaux auteurs, de rencontrer des poètes qui traînent aussi leur valise avec des oeuvres aux titres qui font  rêver  dont un qui retient toute mon attention : "A fleur d'âme" et ramèner encore et encore des livres du monde entier. Quelle magnifique occasion de découvrir l'âme d'autres peuples sous de nouveaux horizons et s'autoriser par ce biais une pensée universelle et une meilleure compréhension du monde !

 

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