28/01/2011

TUNISIE - AU BOULOT !

 Le FMI pourrait revoir la croissance de la Tunisie à la baisse

La composition du nouveau gouvernement est finalement constituée. Dorénavant, il est urgent de se remettre au travail. le Fonds monétaire international (FMI) prévoit de ramener à 3-4% sa prévision actuelle d'une croissance de 5% en 2011, a indiqué jeudi à Davos (Suisse) son directeur pour le Moyen-Orient et l'Asie centrale, Masood Ahmed.
"Je m'attends à ce que ce taux de croissance soit abaissé probablement d'un ou deux points de pourcentage", a affirmé à l'AFP M. Ahmed, dont les responsabilités couvrent également le Maghreb. L'ampleur du ralentissement de la croissance en Tunisie dépend toutefois du temps qu'il faudra au nouveau gouvernement pour ramener la stabilité, a-t-il expliqué.
"Cela dépend beaucoup du temps qu'il faudra pour que la situation soit normalisée" et pour que le secteur touristique par exemple puisse reprendre une activité normale, a-t-il ajouté dans un entretien en marge de la 41e session annuelle du Forum économique mondial (Wef). Une baisse de 20% de l'activité touristique provoquerait une baisse d'un point de pourcentage de la croissance du produit intérieur brut (PIB) tunisien, a-t-il expliqué.
Selon Monsieur Ahmed Le chômage des jeunes est tout aussi important en Tunisie qu'en Egypte, a-t-il relevé, appelant les pouvoirs en place à relever ce défi. "Donner des emplois exige une croissance plus rapide", il est nécessaire de diversifier les investissements.

En attendant, que chaque personne qui souhaite participer à la Révolution du Jasmin prévoit  un séjour touristique en Tunisie pour relancer l'économie.

Alors de ce pas je m'en vais acheter nos billets d'avion avec le  slogan :  "Soutenons la Révolution du Jasmin, tous en Tunisie!"

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Commentaires

Espérons que les choses reprennent vite le chemin de l'activité habituelle normale. Mais les révolutions sont souvent des gouffres dont on n'atteint le fond que bien plus tard qu'on le croyait au départ. A partir du moment où il y a eu des morts parmi les manifestants, et où finalement le gouvernement est tombé quand même, il faut s'attendre à ce que cela dure, car le camp des manifestants est en réalité animé par une colère profonde, à cause des morts. Ils réclament une forme de justice. Le gouvernement essaye de temporiser et de lâcher progressivement du lest, mais à mon avis, on n'est pas encore au bout, maintenant, il y a la question du Premier Ministre, et ensuite, on cherchera peut-être ceux qui n'étaient pas en trop grand désaccord avec les anciens dirigeants. Et si Ben Ali et son entourage ne peuvent pas être ramenés en Tunisie, je ne pense pas que le peuple acceptera d'en rester là.

Écrit par : RM | 28/01/2011

"En attendant, que chaque personne qui souhaite participer à la Révolution du Jasmin prévoit un séjour touristique en Tunisie pour relancer l'économie."

Participer à la révolution du Peuple (Pas du jasmin ou de l'orange ou de je ne sais quoi d'autres pour ne pas évoquer la rue, le famine, la répression etc.)
Un appel indécent du moins très mal à propos.
Si on n'a rien à apporter concrètement à la population.
Participer comment? En tant que Touriste? Pour visiter quoi? les blessés pour qui on est incapable d'apporter soins et réconforts, justice et droits?
Faire pression sur la rue pour favoriser un nouveau gouvernement fantoche?
Créer des divisions en faveur des pays occidentaux qui ne voient en ces révoltes que désordres et dangers pour leur commerces extérieurs, qu'empêchement de puiser librement dans les matières premières et dans la main d'œuvre bon marché?
Combien de temps encore toute l'Europe (OTAN) les USA compte dépecer les pays Arabes et Nord-Africains?

Ce petit message me fait penser à ceux de la diaspora Chilienne ou Hondurienne qui s'empressaient de rentrer au pays pour assurer le relai de la dictature et se bien placer dans les rouages de l'état, elle, majoritaire, pendant que les siens crèvent de faim dans la répression, se pavane à l'étranger pour apprendre le double langage ou la langue de bois - Attendre au chaud jusqu'au bon moment pour recueillir honneurs et privilèges.

Si vous n'avez pas de réponses ou de solutions crédibles à apporter aux jeunes sans travail, aux personnes âgées, aux malades, aux paysans surexploités, aux pêcheurs pauvres, tous vivant avec moins de deux dollars par jour, alors, votre séjour de Touriste devient parasitaire car, ce qu'il faut pour ces pays, pour la Tunisie, c'est autre chose que quelques centaines de francs suisses laissés à votre passage. Une aumône! Une insulte à leurs problèmes!
Il veulent de la démocratie. Celle modelée par eux et pour eux, pas concoctée par les pays riches (qui sont déjà bien incapables de vivre la leur, incapables de l'améliorer), ils veulent un marché du travail sain (sans les essaims de négriers érigés en bureaux de l'emploi ou savamment en officines de consultants ou d'agents de recrutement de personnels qui ont la science de la ponction des travailleurs et petits employeurs), ils veulent une éducation de qualité, des infrastructures, des logements et la liberté d'expression.

Votre tourisme ne pourra pas apporter le millième de cela en un tour de piste au bord de la mer. Votre tourisme sera senti comme une provocation, du voyeurisme face à la douleur de la situation qui a perduré pendant 23 ans.

Il ne faut surtout pas usurper la révolution de tout un peuple pour favoriser sa confiscation!
Restons à notre place, revoyons nos idéologies meurtrières du tout compétitif, du tout libre échangiste, de la dévastation par le spéculatif.
Restons à notre place, car les conflits peuvent aussi surgir chez nous. La précarisation comme réponse aux mêmes aspirations profondes finira par nous exploser à la figure. Retenons la leçon de ces soulèvements dans le Maghreb. Nous en aurons bientôt besoin.

Dans son message à propos de ces évènements, les propos du Grand Patron des Banques Privées ne sont pas dénués du bon sens et d'inquiétude, mais il n'avait pas osé aller jusqu'au bout de sa pensée.
Moi, je dis que les perfusions ne suffiront plus, la dignité ne se contentera pas d'assistance et du coma artificiel. Les hommes veulent récupérer leur vie, leur existence, leur destin, leur dignité.
Le Patron des Banques, lui, pensait sûrement tandem mesures et dispositifs répressifs sophistiqués.

Écrit par : Nepotin | 28/01/2011

En 2009, le nombre de Tunisiens résidant à l'étranger est évalué à 1 098 212 personnes dont 83 % résident en Europe sur 10 millions 276 milles restés au pays, ce qui signifie que la Tunisie a déjà un pied bien ancré dans l'UE via ses ressortissants. Ils sont les premiers à apporter une manne financière au pays conséquente et pratiquent aussi le tourisme à grande échelle lorsqu'ils sont de retour au pays. Il est certain que ceux-ci feront tous un effort particulier cette année pour soutenir la révolution populaire et aider le pays à se reconstruire, ne serait-ce même qu'en y retournant plus que de coutume cette année.

Écrit par : infor | 29/01/2011

Pensez-vous que les ressortissants de ces pays pauvres, qui vivent en Europe et qui ont une meilleur situation que dans leur pays d'origine, vont quitter l'Europe pour défendre la liberté et aider leurs concitoyens ?

Écrit par : Ivan Skyvol | 29/01/2011

@ Ivan Skyvol

Ils ne quitteront pas immédiatement l'Europe où ils ont élu domicile et fondé leur famille. Ils le feront lorsque l'Europe connaîtra le paroxysme de la pauvreté, l'humiliation pour une place de travail ou l'éviction aux candidatures pour un logement.
Le projet Franco-Valdo-Genvevois met en place un processus de sélection par la puissance économique des individus (similaire au développement des quartiers riches à Tunis et au Caire). De ce pas-ci, on est en train de préparer une frustration et un sentiment d'injustice sociale profonds dans la population de la région.
La diaspora a sans doute des liens familiaux qui sont un profit évident pour elle dans les économies qu'elle peut réaliser en rentrant chez elle pour les vacances. Ce qu'elle rétrocède à ses proches n'est pas une réponse aux besoins vitaux des siens: libertés, démocratie, puissance publique, projection dans le futur.
Depuis longtemps, les Tunisiens et les Arabes ne mesurent plus ces gains démocratiques à la grosseur des billets occasionnellement envoyés par la diaspora, ni aux subventions internationales qui sont de vraies perfusions détournées au profit du régime.
Ce que ce peuple attend de la diaspora, c'est qu'elle organise des aides publiques structurés et du soutien politique sans se mettre en avant, sans récupérer son succès. C'est le poids de la diaspora auprès des gouvernements occidentaux quant à respecter son droit à l'autodétermination qui sera significatif.

Écrit par : Nepotin | 29/01/2011

@ Nepotin,

Merci pour vos commentaires explicites.

Écrit par : Ivan Skyvol | 30/01/2011

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