30/10/2010

"La generación de los mileuristas" : une génération sacrifiée



generation.jpgMADRID - Ils sont masterisés, labellisés, formatés universitaires. Pour la plupart d'entre eux  leur parcours est tout juste, et pourtant leur passage au monde du travail est un échec retentissant. Lorsqu'on  a 30 ans  et que l'on gagne mille euros, il faut s'estimer satisfait d'avoir obtenu un emploi même précaire après deux ou trois ans de recherches pour dégoter enfin  un travail fixe. On compte quatre millions de personnes en Espagne qui gagnent mille euros ou moins selon l'INE (Instituto Nacional de Estadística.)

Ils sont jeunes, ils ont entre 25 et 28 ans , l'âge auquel  ont termine l'université et souvent sans aucune expérience du monde du travail.  Les statistiques de ces jeunes au chômage montrent que c'est une génération sacrifiée. À travers les différents témoignages,  on constate que les jeunes qui terminent l'école obligatoire et qui suivent une formation professionnelle même sur un très court terme s'en sortent mieux. Les autres, universitaires, sociologues, psychologues  peuvent se trouver réduits à travailler par exemple comme téléopérateurs pour l'assistance aux personnes âgées et ne toucher que 750 euros par mois. Avec un tel salaire, soit on partage un appartement à plusieurs, soit on reste chez les parents.  Des parents souvent mis à contribution  pour entretenir leurs enfants incapables de vivre avec leurs seuls salaires. Hier,  cette première génération  payait la répression et l'état policier sous Franco,  aujourd'hui, ils paient pour la crise économique.  Des jeunes à entretenir d'une part , des parents déjà vieux à soutenir, d'autre part. Sans doute, une génération aussi sacrifiée, comme celle de leurs enfants.

Quelques témoignages saisis sur le vif :


Marta, 28 ans, elle est travailleuse sociale diplômée travaillant comme téléopératrice, elle travaille 40 heures par semaine et touche 950 nets. Elle vit chez ses parents.
Julio, 26 ans, il est sociologue et travaille comme tel depuis 2 ans et demi dans les  techniques du marché du travail. Avec 40 heures par semaine, il gagne 1100 euros nets par mois et partage un appartement avec d'autres amis qu'il paye avec les charges 500 euros. Il prévoit de s'acheter un appartement en location-vente que la communauté de Madrid met à disposition dans les zones périphériques excentrées. Il pourra ainsi accéder,  lui, à un logement indépendant et ses parents passeront à la caisse, une fois de plus.
Carmen, 35 ans, esthéticienne. Elle a eu son premier enfant à 34 ans, elle est enceinte du second et devrait accoucher d'ici 5 mois. Elle touche 1000 euros par mois, et la crèche pour ses deux enfants lui coûtera 800 euros. Malgré tout, elle préfère travailler pour rien que de perdre un job qu'elle ne retrouvera sans doute jamais. Son mari est chauffeur de bus et touche 1700 euros par mois. A eux deux ils remboursent leur hypothèque à  1000 euros par mois pour un appartement d'environ 80 m carré. Comptez combien il leur restera par mois pour les 4 ?

Pour Pilar, psychologue madrilène cumulant 3 emplois -2 dans son domaine d'activité en qualité de psychologue pour enfants et adolescents et le troisième comme professeur d'espagnol, s'en sort, elle, avec 1000 euros par mois - elle estime que cette situation de précarité entraîne beaucoup de stress, une forme larvée de dépression et de négativisme. Il n'y a pas de corrélation entre l'effort fourni et le résultat obtenu. Comment réagir à cela ? Elle constate une posture de soumission, on s'habitue à l'indignation qu'on fait sienne, plus assez de force pour crier, on n'ose même plus participer à un mouvement de contestation de peur de perdre le peu qu'on a déjà réussi à obtenir. Elle estime que la seule réponse est de devenir fataliste.  On se laisse malgré soit  envahir par un sentiment d'impuissance, voire d'indifférence. Pour elle,  une des conséquences  liée à cela est une baisse du taux de natalité. L'âge moyen pour créer une famille va au-delà des 30 ans. La société devient de plus en plus âgée, c'est une vraie « catástrofe » selon Pilar. Dans le meilleur des cas l'on émigre, on cherche ailleurs la reconnaissance professionnelle ou l'on va apprendre les langues étrangères.

Pour Rafa, chauffeur de taxi, le constat est tout aussi sévère. Chauffeur de taxi à 60h par semaine pour 1000 euros nets, il estime que la non régulation des flux migratoires en provenance de l'Amérique du Sud détériore un marché du travail déjà fragilisé. Pour lui,  il n'y a pas de futur ou alors ce futur commence à la fin du mois et s'étend jusqu'au 15 du mois d'après. À partir de là, on compte moins de voitures car l'on a plus les moyens de se payer l'essence. Les centres commerciaux se vident ou alors on vivote à crédit. Quelle solution ? La révolution ? Il nous brandit sous le nez le calendrier annuel espagnol truffé de jours de fêtes saintes, et agacé il constate que athés ou religieux, on ne pense qu'à faire la fête. Comment penser à la Révolution ? "On devient fataliste, on devrait nous proposer un autre modèle économique, je ne sais pas lequel, mais en attendant on fait la fête. Preuve en est, pour le 1er novembre, à la commémoration des morts qui est  supposé être un jour triste,   les Espagnols arrivent encore à faire la « fiesta », boire rire et manger". Il hausse les épaules, d'un air désabusé et répète "comment faire la révolution avec des gens comme ça ?"

 

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Merci à Julia Chraïti-Martin pour la traduction des interviews

Crédit photo D. Chraïti

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28/10/2010

RESPONSABILITE SOCIALE DES ENTREPRISES : UNE MODE OU UNE VRAIE BONNE IDEE ?

PAR MARION MOUSSADEK - JOURNALISTE INDEPENDANTE RP

photo2.jpgEconomie européenne - Aujourd'hui, s'ouvre le sommet sur la responsabilité sociale des entreprises, à Bruxelles. A l'île Maurice, cette mesure incitative est obligatoire depuis peu pour toutes les PME.

« Je n'en reviens toujours pas. Avant, chaque matin, dans mon village, je regardais partir la navette des employés de l'hôtel avec envie. Je me disais qu'ils avaient une chance inouïe de travailler là-bas. Maintenant, je fais partie du convoi matin et soir ! », raconte Vanetta Sarah, 28 ans. Cette Mauricienne originaire du sud de l'île, un des coins les moins développés de ce lopin de terre grand  comme le canton de Zurich, a arrêté l'école à 13 ans -« dans ma tête, je me disais tout le temps que ce n'était pas fait pour moi »-. Contre toute attente, elle peut aujourd'hui se targuer d'être gouvernante dans le superbe hôtel de luxe Charles Telfair, pieds dans l'eau...de l'océan indien. Une aubaine pour cette jeune fille qui tournait en rond à la maison avec sa mère, en attendant chaque jour que ses ouvriers de père et frère rentrent dîner.

 

 

A qui doit-elle cette formidable opportunité ? A un levier, appelé « responsabilité sociale des entreprises », RSE, ou CSR, Corporate Social Responsiblity, pour les plus avertis. Mais encore ? Le gouvernement mauricien qui a rendu ce levier obligatoire pour toutes les compagnies privées, le définit ainsi : « les firmes étrangères ou locales devront reverser 2% de leurs bénéfices nets à des ONG ou des programmes nationaux qui contribuent au développement social et environnemental du pays [...] en vue de promouvoir une convergence entre l'économie, le développement social et l'environnement ».  Le thème réunit aujourd'hui les ténors de l'industrie avec des représentants de GDF Suez ou encore d'IBM Europe, emmenés par le vice-président européen de l'industrie et de l'entreprenariat Antonio Tajani et le commissaire européen à l'emploi Laszlo Andor.

Comportement responsable

Ces sommités vont se creuser la tête pour que le tissu économique européen tende à «un comportement responsable [qui] se traduit par une réussite commerciale durable ». Les firmes sont libres de choisir sur quel projet elles veulent jeter leur dévolu, mais quoiqu'il en soit, la mise en place d'une RSE implique nécessairement trois acteurs : gouvernement, secteur privé et société civile.

A l'île Maurice, ces trois protagonistes ont été déterminants pour Vanetta et une centaine d'autres jeunes que s'est engagée à former cette entreprise dans l'année à venir. Pour mettre en place cette politique, ce superbe complexe hôtelier de luxe, Veranda Resorts, qui compte notamment 2 hôtels 5 étoiles au sud-ouest de l'île, le Charles Telfair et l'Heritage Awali, ainsi que quelque 300 villas individuelles en cours de construction destinées à être vendues aux riches étrangers, s'est dotée d'une fondation.

 

 

 

photo1.jpgPas d'assistanat

Cette fondation de « L'atelier du savoir de Bel-Ombre »  se charge d'injecter ces fameux 2% dans les domaines qui lui semblent les plus pertinents. Et ils ne manquent pas : création de crèches, de pistes cyclables, de chapeaux à partir du vétiver qui pousse sur le golf 18 trous... Pour chacune de ses activités, la fondation Bel-Ombre forme (réparateurs vélos), accompagne (cours d'entreprenariat par exemple) et insère (stage suivi d'emploi).

Son directeur, un passionné qui soulèverait des montagnes, Bernard Li Kwong Ken, insiste pour se démarquer de la politique d'assistanat : « Notre fondation est comme un centre d'incubation ! Nous avons plusieurs programmes d'insertion de la population locale. Tout doit être pensé avec son corollaire systématique. Par exemple, nous avons formé des dames aux métiers de la petite enfance pour qu'elles soient capables de gérer une crèche. Cette garderie créée permet désormais aux mères, que nous avons parallèlement formées à différents métiers, à laisser leur enfant en toute sécurité et à aller travailler. Si nous mettons en place le tri des déchets (ndlr : inexistant dans tout le sud de l'île), le verre pulvérisé pourra être utilisé pour sculpter des figurines artisanales. »

6 000 dollars par villa vendue

Filles-mères ou anciens sucriers restés sur le carreau suite à la rationalisation imposée par l'OMC : ces mesures permettent aussi de réinsérer des Mauriciens qui travaillaient pour la première ressource du pays, le sucre, désormais reléguée en troisième position...après le textile. Sur les 300 employés que compte le seul hôtel Heritage Telfair, implanté en plein ancien domaine sucrier, une centaine devrait, à terme, être formée par la fondation de l'atelier du savoir de Bel-Ombre, dont le financement paraît incroyablement simple.

Sur chacune des 288 villas du domaine dit Valriche, « la vallée des ruches », vendues de 1, 2 millions à 2,5 millions de dollars, quelque 6 000 dollars iront à la fondation du savoir de Bel-Ombre. Une somme qui a notamment permis de mettre en place un programme d'alphabétisation. « Nous avons le cas d'une retraitée de 59 ans, analphabète, qui, chaque mois, se faisait voler son chèque de pension par ses enfants. Au bout de 2 semaines à fréquenter notre atelier d'alphabétisation, elle savait lire et reconnaître l'enveloppe qui arrivait à son nom. Pour elle, ça a été la fin du calvaire », raconte Bernard Li Kwong Ken.

Gagnant-gagnant

Mais attention, cours d'alphabétisation, projets de création de pistes cyclables, vannerie produite à partir du vétiver qui pousse sur le golf : aucun de ces programmes louables ne se fait entre deux portes, même si, comme d'autres, Vanetta a été recrutée par la fondation du savoir de Bel-Ombre, au cours d'une opération de porte-à-porte. Il aura fallu un stage de 3 semaines en « Life skill management », trois mois de cours à l'école hôtelière à Eben, à 1heure de là, pour que celle que les enfants de son village appelait « marraine » -« le peu de choses que je savais, je les leur ai transmises »-, se retrouve « housekeeper » en fin de formation à l'hôtel. Avec la nouvelle opportunité que représentent le complexe de villas de luxe en construction qui surplombent le golf, Vanetta a même pu s'offrir le luxe de choisir son employeur. « Je vais désormais être la gouvernante d'un client privé sud-africain qui a acheté 10 villas. Il m'offre le double de mon salaire actuel ». Un solde dont le chiffre - 10 000 roupies par mois (340 francs suisses environ)- a été soufflé par l'employeur actuel lui-même. Qui accompagne donc jusqu'au bout.

Un employeur qui reconnaît à demi-mots que tout le monde trouve son compte dans cette politique imposée par le gouvernement : « En laissant la population autochtone à l'écart du développement touristique, qui plus est, de luxe, en laissant ces poches de pauvreté à nos portes, on attiserait l'envie et la jalousie. Là, tout le monde ressort gagnant : l'environnement est sécurisé, notre complexe draine des emplois. Tout le monde est content », lâche un directeur d'hôtel. Un dernier commentaire de Vanetta le confirme : « Aux yeux du village, et de mes parents qui sont désormais infiniment fiers de moi, j'ai réussi ».

 

Marion Moussadek

Aujourd'hui, les discussions du réseau européen de la CSR, dont quelque 70 multinationales sont membres, sont à suivre en ligne, sur Facebook notamment.

http://www.csreurope.org

 

Un grand merci à Marion Moussadek, journaliste indépendante et très engagée  pour sa contribution à ce billet.

 

 

10:31 Publié dans Solidarité | Tags : rse | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | |

19/10/2010

Racines ensablées, racines oubliées

Racines ensablées, racines oubliées


Terre.jpgLors d’une interview  radiophonique récente, un journaliste interrogeait l’écrivaine guadeloupéenne, Maryse Condé, sur son “déracinement”, sur l'exil de celle qui est née à Pointe-à-Pitre, a vécu plusieurs années en Afrique et vit désormais entre Paris et New-York. De sa voix grave et chaude, avec cet accent mâtiné des îles, elle raconte non pas le déracinement mais ces  racines que l’on porte en soi, avec lesquelles on vit, on voyage, on grandit, qui façonnent nos âmes et nos caractères. Ces racines qui projettent devant nous ces routes de vie riche aux héritages enracinés au fond du coeur.
Ces racines qui nous ont constitués dès l’enfance, ces odeurs, ces lieux géographiques, ces ciels aux couleurs de feu, ces mers bleus azurs, ces langues en quadriglossie, ces histoires magiques si bien contées, ces goûts culinaines, les parfums enivrants d’un musc  poivré ou de l’ambre gris qui grésille sur les charbons ardents d’un encensoir.  Tout cet univers qu’on a emmené avec soi, qui nous a formés, enrichis. Contrairement aux arbres, il n’y a pa de déracinement, nous ne sommes pas liés à une terre, à un carré de pré. Le croire, c’est souffrir, car cette terre ne sera jamais celle qu’on a connue, imaginée, rêvée, cette terre laissée derrière en exil, ne sera plus que la source de nos nostalgies. Le décalage est toujours cruel. Oui, ! les sédentaires adorent mentionner le voyage, le départ comme une mort, un arrachement, le voyageur s’en contente, il s’en nourrit, en redemande.  C’est la confrontation aux changements qui nourrissent abondamment nos ancrages qu’il faut entretenir de mille couleurs, de mille sensations, de mille impressions.
C’est parfois la force et l'omniprésence des racines et des traditions qui peuvent peser chez certains. Lorsqu’on ne sait plus les faire vibrer, rechercher les résonances dans tout ce  cortège des possibles renaissances, une nostalgie teintée de souvenirs qui sombre dans l’enlisement, à l’heure où les vies s’ensablent dans un quotidien qui ne supporte plus la puissance de nos héritages. Tout ce qu’on a reçu  et qui devait nous donner des ailes, nous écrase dorénavant, le fardeau de ces racines mortes que plus aucune expérience ne fait revivre.
Pareils aux banyans, nous sommes condamnés à toujours renaître là où on se plante, telle est la richesse et la puissance de nos racines, elles nous donnent la force de pousser très haut, tendus vers le ciel, en quête de  ses espaces infinis et qui transforme la terre entière en terreau fertile.

Djemâa Chraïti

(illustration: © panthesja - Fotolia.com)

 

REPRIS PAR LE BLOG COLLECTIF ANIME PAR HAYKEL EZZEDINE (GRAND BRAVO en passant )

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13/10/2010

RETRAITES EN FRANCE : ACCROCHEZ-VOUS TRES FORT !

MANIFESTATION CONTRE LA REFORME DES RETRAITES A ANNECY
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un grand merci à Eric ROSET pour sa photo
Exigeons un référendum sur la réforme des retraites !
signez la pétition
A l'attention de Mesdames et Messieurs les Députés Madame la Députée, Monsieur le Député,


Le gouvernement veut légiférer pour reculer l'âge de départ à la retraite au-delà de 60 ans.
Le seul argument avancé par le gouvernement est soi-disant mathématique : l'espérance de vie augmente, donc le départ à la retraite doit être plus tardif.

Nous citoyens, refusons cette argumentation démagogique qui consiste à nous faire croire que l'équation de la réforme des retraites se résume au seul âge légal de départ pour les motifs suivants :
- 2/3 des plus de 55 ans sont au chômage et ne parviennent pas à trouver un emploi
- Jusqu'à 35 % de chômage chez les jeunes dans certaines régions
- L'âge réel moyennement constaté de départ est de 61.5 ans
- Aucune politique industrielle n'a été mise en place par le gouvernement pour lutter contre le chômage
- Aucune politique de lutte contre la dégradation des conditions de travail et contre la précarisation du marché de l'emploi : les femmes en sont les premières victimes
- Aucun critère de pénibilité des secteurs d'emplois n'est exigé
- Aucune mesure juste de taxation du capital n'est envisagée pour arrêter de faire peser le poids des retraites sur la seule valeur travail
- Enfin, le Fonds de réserve pour les retraites instauré par le gouvernement de Lionel Jospin n'a pas été abondé par la droite depuis 2002
Le gouvernement ferait mieux de s'atteler à prendre les mesures nécessaires pour que chaque citoyen ait la possibilité de travailler 41 ans !
Ainsi que le prévoit l'article 11 de la réforme constitutionnelle du 22 Juillet 2008, nous citoyens, vous demandons d'apporter votre soutien pour exiger la mise en place d'un référendum d'initiative populaire.

59 % ces citoyens jugent inacceptable de reculer l'âge de départ à la retraite au-delà de 60 ans !

Je vous demande donc, Madame, Monsieur le Député, de prendre en considération cette demande en signant cette pétition.

Persuadé de l'intérêt que vous porterez à vos concitoyens, veuillez recevoir, Madame, Monsieur le Député, mes salutations distinguées.
SIGNEZ LA PETITION SOUS LIEN SUIVANT :
Crédit photo :
Eric Roset, Photographe
RP
9 rue Guillaume de Marcossay
Case Postale 9
CH - 1211 Genève 4
Tél. : +41 79 273 81 72
http://www.eric-roset.ch

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12/10/2010

TROINEX - LA CUEILLETTE DES POMMES

Verger de Troinex- La matin, à l'heure où le ciel rosit,  la rosée matinale scintille sur les herbes, l'air est frais. Les cueilleurs se rassemblent et se préparent à se disperser entre les allées d'arbres, la récolte est de 130 tonnes par an.   On aurait déjà envie de les croquer ces pommes , attirantes comme un doux péché.

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Un peu taquin, le cueilleur dit qu'il faut prendre la pomme comme le sein lourd d'une femme, délicatement !

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La vue depuis le verger de Troinex

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11/10/2010

Racisme aux frontières : une policière témoigne

image002.jpg«Je suis flic et je m'appelle Sihem Souid. C'est un nom tunisien, comme le sont mes parents. Mais moi je suis française», dit d'abord cette fonctionnaire âgée de 29 ans. Après trois années passées à la police aux frontières (PAF) d'Orly, elle décrit les coulisses policières d'un grand aéroport parisien. «Un œil sur le visage du passager, l'autre sur son passeport. Tout est en règle. Un coup de tampon. Au suivant. Visage, passeport, photo, tampon. Au suivant.»

De ces gestes répétitifs, le livre de Sihem Souid donne les ressorts cachés. Il explore cet univers policier marqué par une double discrimination. Primo, les «abus de pouvoir» visant certains étrangers qui se présentent aux guérites, spécialement lorsqu'ils arrivent du continent africain et même s'ils sont «en règle»... Secundo, les discriminations infligées dans la police à certains fonctionnaires - en fonction de leur origine ethnique ou de leur orientation sexuelle.

Ce récit de l'intérieur sur la PAF, signé sous son nom par une «femme flic», est sans précédent. Non sans risque pour sa carrière, puisque Sihem Souid est toujours en poste dans la police (elle a quitté la PAF d'Orly pour se retrouver, fin 2009, dans une cellule d'aide aux victimes de la préfecture de police de Paris). «Avec ce livre, il est possible que je perde mon emploi. Mais si la vérité est à ce prix, je n'aurai aucun regret», assume-t-elle.


Racisme aux frontières : une policière témoigne (1/2)

A l'entendre aujourd'hui, la jeune femme n'a pas tout perdu de la «vocation» et de «l'idéalisme» qui l'animaient lors de son entrée dans la police. Reçue major de sa promotion en 2006, elle est passée par la voie des «adjoints de sécurité». Son credo était, alors, de «préserver les libertés, les défendre contre la loi du plus fort, celle de la rue ou celle de l'argent qui procure des privilèges». Elle a déchanté depuis, mais espère toujours visiblement faire évoluer les comportements policiers.

Lutter contre l'immigration clandestine ne l'a jamais gênée. Mais elle mesure ses naïvetés de 2006, quand elle intègre la police aux frontières. «J'imagine, sotte que je suis, que mes collègues pensent comme moi: pitié et hospitalité pour les victimes. La loi, aussi dure soit-elle, pour les autres, les fraudeurs et les usurpateurs. Comme je me trompe! Pour nombre de flics de la PAF, un étranger est d'abord un suspect, un parasite potentiel, une espèce de sous-homme indigne, menteur, tricheur, sournois.»

Et l'on dit: «Je vais contrôler les bougnes» ou «Tiens, voilà encore un avion de nègres»

«Tout est bon pour l'empêcher de passer nos guérites, continue la fonctionnaire, au sujet de la perception de cet «étranger» par ses collègues policiers aux frontières. Même celui qui a ses papiers en règle. Je crois que la politique du chiffre, la pression exercée sur les agents afin que les statistiques correspondent à la fermeté affichée du gouvernement, ne suffisent pas à expliquer cette situation. Alors quoi? Eh bien je pense tout simplement que cela reflète fidèlement l'état d'esprit de nombreux fonctionnaires de la PAF d'Orly. Les étrangers nous emmerdent. Qu'ils restent chez eux. Point.»

La jeune policière pointe les effets pervers du système, dont «les dysfonctionnements de nos hiérarchies et leur soumission au pouvoir politique, quitte à trafiquer les chiffres». Elle décortique la pression des statistiques, des notations individuelles et des primes au rendement qui conduisent les policiers à refouler des étrangers à tour de bras. «Grâce à nos graphiques très détaillés, la hiérarchie peut connaître le rendement de chaque agent, c'est-à-dire le nombre de personnes à qui il refuse l'entrée du territoire et les raisons de ce refus.»

D'autant plus que chaque agent a, lui aussi, accès à ses propres statistiques. La suite est logique, pour Sihem Souid. «Ce soir il y a à Dakar, à N'Djamena et à Alger, des pauvres types qui bouclent leur valise et vérifient une dernière fois leurs papiers. "Tout y est: le visa, le billet retour. La réservation d'hôtel? La voilà..." Combien d'entre eux seront refoulés demain, malgré des papiers en règle, parce qu'aujourd'hui un flic de la PAF a trouvé que ses statistiques personnelles n'étaient pas satisfaisantes?»

Affectée à un service chargé de la réglementation et des statistiques, la policière connaît la machine administrative. Elle décortique les «petites combines» de ses collègues d'abord soucieux de présenter des statistiques personnelles satisfaisantes. Abîmer volontairement un passeport permet de justifier un refoulement et d'améliorer son bilan du mois. Même chose si on applique strictement la règle des «53,27 euros» (le touriste étranger doit disposer de cette somme d'argent liquide, multipliée par le nombre de jours à passer en France qui est indiqué sur son visa).

Mais comment croire que les dérapages verbaux de ses collègues relèvent du vocabulaire professionnel? «Melons», «crouilles», «couscous», pour les Arabes. «Nègres» ou «bamboulas» pour les Noirs africains. «Ce sont les mots de tous les jours. Le langage courant de la PAF. On pose sa casquette sur la tête et on dit le plus naturellement du monde: "Je vais contrôler les bougnes" ou "Tiens, voilà encore un avion de nègres".»

Les mêmes blagues racistes, les mêmes rires reviennent à l'ordinaire: «Quelle est la différence entre un Arabe et E.T.? E.T. a compris qu'il devait rentrer chez lui.» Quand un policier, d'origine turque, s'aventure à faire un rapport sur une collègue qui s'est exclamée «Encore des bougnoules», au sujet de passagers d'un vol en provenance du Maghreb, l'affaire est aussitôt oubliée par la hiérarchie. Et «la policière raciste est promue».

«Tout le monde le sait et tout le monde la ferme»

Entre autres histoires, le livre de Sihem Souid dit celle d'Antoinette, une Française d'origine congolaise et de retour de République démocratique du Congo avec sa fillette de quatre ans. La passagère a été placée en garde à vue, parce qu'elle avait confié un bagage en excédent à un homme qui s'avérera en possession de faux papiers... Normal. Sauf qu'Antoinette s'est finalement retrouvée «nue dans une cellule, rabaissée, humiliée, déshumanisée, au point qu'une policière puisse filmer cette scène honteuse et barbare comme si elle était banale, ordinaire.»


Racisme aux frontières : une policière témoigne (2/2)

«Mon silence me rend-il coupable des agissements de salauds qui bafouent les règles élémentaires de la plus simple humanité?», se demande Sihem Souid. Un jour qu'elle réagit, un collègue lui lance, devant d'autres policiers restés muets: «Tu nous fais chier avec ta justice et ton droit! Si tu prends leur défense, c'est que t'es d'origine tunisienne, c'est tout!»

Dur à entendre, pour des fonctionnaires comme elle qui doit souligner «combien nous aimons ce pays, le nôtre. Combien nous avons dû nous battre pour intégrer la police et dépasser un nombre incalculable de préjugés, y compris jusque dans nos familles et chez nos proches, qu'il a fallu leur faire comprendre qu'un flic n'est pas seulement celui qui vous contrôle dix fois par jour parce que vous avez une tête d'Arabe, et donc d'assassin, de dealer, de violeur, de racaille et, maintenant, de terroriste».

A son poste d'adjointe administrative, la jeune policière voit également défiler les «petites magouilles» de certains chefs policiers d'Orly. «Les billets d'avion gratuits délivrés aux flics galonnés, les caisses de champagne offertes au patron de la PAF» qui «passe une semaine à Djerba, en Tunisie - un pays de bougnoules -, offertes par Tunis Air. Cadeaux et extras compris.» Ou encore le cas de ce hiérarque qui, en échange de billets gratuits, annule des amendes frappant une compagnie (un avionneur transportant un sans-papiers jusqu'à Orly est passible d'une contravention de 5.000 euros si le clandestin est majeur, et de 10.000 euros s'il est mineur).

«Tout le monde le sait et tout le monde la ferme», commente Sihem Souid. Qui mettra les pieds dans le plat, elle, en répétant ces accusations à l'IGPN (où elle croisera «des fonctionnaires fiables et droits»). Son témoignage provoquera ceux de nombreux collègues et cet afflux conduira au départ du directeur de la PAF d'Orly. Mais «le racisme continue»...

«On n'aime pas les "bougnoules", les "nègres", les "pédés" et les "gouines"...»

En même temps que la stigmatisation des «étrangers», Sihem Souid dénonce les discriminations internes à la corporation. «Nous sommes 300 policiers des frontières à vivre ensemble quotidiennement», relève-t-elle. «On ne compte plus les membres de la PAF d'Orly qui s'estiment victimes de comportements discriminatoires liés à leur origine ethnique, à leur sexe ou à leur orientation sexuelle.»

Comme Nadia, adjointe de sécurité, et Eve, brigadière chef. Toutes deux sont «pacsées» et en butte aux propos homophobes d'une autre policière qui «ne veut pas de gouines dans son bureau». Cette dernière aussi sera promue, au détriment d'Eve. «C'est comme ça à la PAF d'Orly : on n'aime pas les "bougnoules", les "nègres", les "pédés" et les "gouines". C'est même conseillé de les détester. Cela facilite et accélère les promotions.» Sihem Souid dénoncera, à l'IGS, les «diatribes homophobes» de la chef de Nadia. Cette déposition la fera passer «du statut de la fonctionnaire exemplaire à celui de l'incompétente doublée d'une fraudeuse», estime-t-elle.

Mais Sihem Souid n'est pas seule. En tout, sept policiers de la PAF d'Orly se sont sentis visés par des discriminations racistes ou sexuelles. L'un s'est aperçu que le mot «Arabe» était écrit en rouge dans son dossier administratif. L'autre a refusé de participer aux «petites fêtes bien arrosées» régulièrement organisées dans le bureau de son commandant. Quand ils ont fini par en parler à leur hiérarchie, comme par hasard, tout s'est compliqué dans leur vie professionnelle. Blagues vaseuses, dénigrement du travail, harcèlements, mutations, guerres d'usure. En avril 2009, les sept fonctionnaires n'ont pas lâché prise; ils ont déposé des plaintes pénales contre leur hiérarchie et la presse s'est emparée de l'affaire.

Sihem Souid est restée dans la police. Depuis novembre 2009, elle travaille dans une cellule d'aide aux victimes (notamment les violences conjugales et intrafamiliales) de la préfecture de police de Paris. Dans son service, elle a rencontré «des gens consciencieux, ouverts, humains. Ils correspondent exactement à l'idée que je me faisais des flics. J'espère simplement qu'ils représentent la majorité de la police nationale et que les flicaillons de la police aux frontières que j'ai croisés à Orly ne sont qu'une monstrueuse minorité. Je l'espère de toutes mes forces».

Le livre de Sihem Souid, Omerta dans la police (Le Cherche Midi), sera le 14 octobre en librairie.

Erich Inciyan
Hugo Vitrani

 

Sources : http://www.inversalis-productions.eu/blog/2010/10/racisme-aux-frontieres-une-policiere-temoigne/

 

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08/10/2010

Bolivar : fragments d'un rêve

 

pic_simon_bolivar_470_fr.jpgBolivar : fragments d'un rêve

Un poème épico-musical que  personnellement j'ai beaucoup aimé !

En Amérique du Sud, il est le Libertador. Sous la plume de l'écrivain William Ospina, on vit son dernier voyage le long du fleuve Magdalena"Les faits auxquels nous allons assister ici se sont produits il y a presque deux siècles, mais pour moi c'est de l'actualité. Ils se sont déroulés dans toute l'Amérique du Sud, mais ils doivent tenir dans cet espace. Sur une scène." Et le pari est tenu, Omar Porras, le metteur en scène le relève avec brio.

 

"Bolivar : fragments d'un rêve" nous emmène, à travers le témoignage de plusieurs de ceux qui l'ont connu,  à la rencontre du personnage qui inventa un monde et incarna les forces d'une époque. Un contrepoint entre le récit historique et la fable imaginaire. Bolivar nous apparaît peu à peu, c'est  un projet, un rêve, un idéal, une force tellurique qui défia le colonialisme et inventa les premières républiques sud-américaines. Evoqué tour à tour par des musiciens et des personnages historiques, Bolivar surgit devant nous comme le visage conflictuel d'un continent, une aventure passionnelle et déchirante; à la frontière de l'histoire et du mythe.

Un spectacle qui marque les 20 ans d'une compagnie en résidence au Théâtre Forum Meyrin depuis 2003.

 

 

Texte William Ospina / Mise en scène et adaptation Omar Porras

Teatro Malandro

Du mardi 28 septembre au dimanche 10 octobre 2010 à 20h30 (les dimanches 3 et 10 oct., à 17h, relâche le 4)

Théâtre

 

Durée 1h40

 

 

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06/10/2010

LE JOUEUR - RIEN NE VA PLUS !

 

casino10.jpg"Il se trouvait assis......lui-même, en personne....Lui, lui... exactement tel que je venais de le voir en songe.......exactement tel qu'il était la veille, les yeux fixement dirigés sur la boule, blême comme un spectre........Ses mains agrippaient, en se crispant, l'argent qui était autour d'elles, comme des vampires luxurieux. Ses narines recommençaient à frémir par intervalles. Son état d'individu entièrement possédé par la folie du jeu était, pour moi, encore plus terrible et plus effrayant que la veille. Le monde entier, l'humanité entière s'étaient fondus, pour lui, dans ce carré de drap tendu. Il me dévisagea les prunelles vitreuses et comme quelqu'un qu'on ne connaît pas, absolument pareil à un ivrogne. Le jeu l'avait enivré. Dans cet état de possession démoniaque. Une description grandiose faite par Stefan Zweig dans Ving-quatre heures de la vie d'une femme.

 

On compte en France, 18'000 interdictions dont le 90% sont des interdits volontaires. 1 à 3 % des individus seraient touchés par la dépendance au jeu reconnue comme un trouble, "jeu pathologique". Les jeux les plus addictifs seraient ceux avec gain immédiat, genre machines à sous . Les joueurs compulsifs  sont plutôt des hommes qui ont tendance à miser de plus en plus,  pris dans l'engrenage de jouer de plus en plus fréquemment pour récupérer les sommes mises et perdues. Cette dépendance est assimilable à une drogue qui fait réellement basculer des vies : dettes, mensonges, tout le temps est consacré au jeu, attitude compulsive et obsessionnelle, illusion de contrôle. Le jeu pathologique provoque un comportement antisocial, la rupture des relations affectives avec la famille (divorce, mésentente, isolement), des difficultés professionnelles (absentéisme, chômage, licenciement...).

A travers le jeu, le joueur cherche à se réaliser, il se berce d'illusion.  En quête de sensations fortes, elles finissent par s'émousser, il font donc miser plus souvent et davantage.  La recheche de liberté devient dépendance.  On connaît la fin...Acta est fabula.

Le joueur de Stefan Zweige finit par se suicider , le joueur de Dostoïevski,  Alexis Ivanovitch, finit par tout perdre et de surcroît l'amour d'une femme pour qui il s'est ruiné, poussé par elle à la dépendance du jeu.  "Demain, demain, tout cela finira" et qui recommencera à jouer éternellement ruinant finalement sa vie, à force de la miser tout entière sur le tapis.

 

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01/10/2010

Quiconque nourrit un homme est son maître

jacklondon.jpgQuiconque nourrit un homme est son maître,  texte publié en 1902 dans the "Critic magazine" et signé Jack London. Un regard acerbe sur la triste condition des écrivains, ces candidats-artistes à la litttérature au ventre qui réclame et à la bourse vide confrontés au terrible paradoxe: l'immortalité ou du pain et de la viande ou comment et selon quels usages doit-il chanter la joie de son coeur pour qu'une fois imprimé, ce chant lui fasse gagner son pain ?

 

Au début du XX e siècle le "rédacteur en chef est dominé par le directeur commercial qui garde les yeux rivés sur le tirage" puisque le gros tirage "apporte la publicité qui fait rentrer l'argent" et les articles lus par le plus grand nombre ne sont évidemment pas les meilleurs mais les plus rentables et pour flatter ce plus grand nombre on va le nourrir de ce qu'il aime et non pas de ce dont il aurait besoin pour se grandir, pour s'éduquer, pour se cultiver.

 

 

Le rédacteur en chef ne fait pas « commerce d'immortalité ». Peu lui importe les textes ou les nouvelles qui s'inscriront dans la durée : « Le plus grand nombre réclame de la littérature immédiate », se moquant de « l'estimation à long terme ». Ce public est prêt à payer quelques cents pour acheter le magazine et, donc, nourrir l'écrivain... Or, « quiconque nourrit un homme est son maître ». Tout le paradoxe de l'homme de plume réside dans ce dilemme : l'ambition face à la nécessité ; l'immortalité ou du pain et de la viande : « Le monde s'oppose étrangement et implacablement à ce qu'il échange la joie de son cœur contre le réconfort de son estomac ».

"Entre une liberté d'exister insolente et la résignation à un quotidien pot-au-feu, il y a peu d'espace habitable. C'est pourquoi, Jack London prend la mer" pour ne pas se laisser dominer lui et son art par la sordide nécessité,  pour ne pas renoncer à ses rêves ambitieux. Il y a quelque chose de très contemporain dans ce texte où Jack London s'attriste de constater que les valeurs les plus profondes de la vie sont aujourd'hui exprimées en termes d'argent. Que dirait l'auteur, aujourd'hui ? Comme hier, il fuirait vers le grand large, vers l'appel de la forêt, vers le Grand Nord, ce vagabond magnifique s'en irait sillonner le monde en posant cette question sans réponse à ce jour : "comment est-il possible de défendre un idéal humain avec des hommes ?"

 

Dans la petite collection

Jack London

Quiconque nourrit un homme est son maître

Préface de Jean-Marie Dallet

 

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LE TEMPS DES TENTATIONS

P1030320.JPGElle est ronde, pulpeuse, sucrée, d'une couleur délicate, tendre et appétissante, elle est irrésistible. Coquins et coquines, je vous préviens tout de suite, ne vous enflammez pas,  calmez vos ardeurs,  ressaisissez-vous tout de suite, car la Tentation,  hormis toutes celles que vous connaissez et que vous pratiquez régulièrement avec toute la fantaisie, avec toute la créativité qui sont les vôtres, est aussi une variété de pomme.

 

 

 

 

P1030315.JPGComme Hypolithe, notre blogueur,  réclamait  à cor  à et à cri de la campagne, en observant les vergers  magnifiques de Troinex et de Meinier, je me suis dit qu'à cela ne tienne,  allons-y pour les pommes. Quelle aventure ! J'appelle Claude Ménetrey, le propriétaire de toutes ces tentations. Une voix grave d'un bourru au bout du fil  : Attendez, j'vous entends pas , je descends de mon tracteur !  On fixe un rendez-vous, le jour dit il pleut, on annule.

Et voilà pas qu'aujoud'hui, grand ciel bleu, je fonce à Meinier, notre Claude y possède aussi un  verger en plus de celui de Troinex, et sans prévenir, je débarque chez lui. Dans une belle ferme ancienne, une porte avec des petits coeurs en haut d'un escalier, une belle dame aux yeux bleus me reçoit. Je demande où est son fils, dans quel verger il se trouve ? Je propose d'aller le chercher, vous verrez rajoute-t-elle, vous le reconnaîtrez facilement : " il est grand, il porte une casquette et on l'appelle Kilnius (?). Me voilà partie avec mes chaussures de ville, ma plume, mon carnet noir en Moleskine  et mon appareil photo au milieu des longues rangées d'arbres. Je marche comme sur des oeufs pour ne pas trop laisser adhérer la boue à mes chaussures. Des ramasseurs de pomme m'accueillent plutôt amusés, ils semblent se demander de quelle planète je leur arrive. Ils appellent leur boss sur son portable. En l'occurrence, il est absent, loin de Genève. J'imagine le bourru qui doit pester au bout du fil - "Ces nanas qui préviennent même pas, ces scribouillards !"

Une petite causette sur les pommes, quelques photos puis un tantinet refroidie, je cours boire un café à Meinier, au café restaurant la Tour. 6 gaillards costauds d'une entreprise de bâtiment y boivent leur café, la serveuses latino toute sympathique leur annonce en grand pompe que ce matin, la tournée est offerte par le patron. C'est leur dernier jour de chantier.  Je pense que c'est drôlement sympathique les ambiances de village.

 

P1030317.JPGP1030324.JPGSoit Hypolithe, encore un peu de patience, on y arrive à la campagne. Voilà déjà une courge pour vous et un arbre aux couleurs automnales. Quant à moi, je prends mon courage à deux mains et m'en vais rappeler notre Claude pour fixer un nouveau rendez-vous. Tiens en passant, on m'a dit qu'il adore les Tentations et voler aussi dans les airs. Ça va être un sacré portrait !

 

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