06/10/2010

LE JOUEUR - RIEN NE VA PLUS !

 

casino10.jpg"Il se trouvait assis......lui-même, en personne....Lui, lui... exactement tel que je venais de le voir en songe.......exactement tel qu'il était la veille, les yeux fixement dirigés sur la boule, blême comme un spectre........Ses mains agrippaient, en se crispant, l'argent qui était autour d'elles, comme des vampires luxurieux. Ses narines recommençaient à frémir par intervalles. Son état d'individu entièrement possédé par la folie du jeu était, pour moi, encore plus terrible et plus effrayant que la veille. Le monde entier, l'humanité entière s'étaient fondus, pour lui, dans ce carré de drap tendu. Il me dévisagea les prunelles vitreuses et comme quelqu'un qu'on ne connaît pas, absolument pareil à un ivrogne. Le jeu l'avait enivré. Dans cet état de possession démoniaque. Une description grandiose faite par Stefan Zweig dans Ving-quatre heures de la vie d'une femme.

 

On compte en France, 18'000 interdictions dont le 90% sont des interdits volontaires. 1 à 3 % des individus seraient touchés par la dépendance au jeu reconnue comme un trouble, "jeu pathologique". Les jeux les plus addictifs seraient ceux avec gain immédiat, genre machines à sous . Les joueurs compulsifs  sont plutôt des hommes qui ont tendance à miser de plus en plus,  pris dans l'engrenage de jouer de plus en plus fréquemment pour récupérer les sommes mises et perdues. Cette dépendance est assimilable à une drogue qui fait réellement basculer des vies : dettes, mensonges, tout le temps est consacré au jeu, attitude compulsive et obsessionnelle, illusion de contrôle. Le jeu pathologique provoque un comportement antisocial, la rupture des relations affectives avec la famille (divorce, mésentente, isolement), des difficultés professionnelles (absentéisme, chômage, licenciement...).

A travers le jeu, le joueur cherche à se réaliser, il se berce d'illusion.  En quête de sensations fortes, elles finissent par s'émousser, il font donc miser plus souvent et davantage.  La recheche de liberté devient dépendance.  On connaît la fin...Acta est fabula.

Le joueur de Stefan Zweige finit par se suicider , le joueur de Dostoïevski,  Alexis Ivanovitch, finit par tout perdre et de surcroît l'amour d'une femme pour qui il s'est ruiné, poussé par elle à la dépendance du jeu.  "Demain, demain, tout cela finira" et qui recommencera à jouer éternellement ruinant finalement sa vie, à force de la miser tout entière sur le tapis.

 

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