25/09/2010

ZOE VALDES - LA DOULEUR DU DOLLAR

 

dollar_valdes99.jpgBoléro et Cha-cha-cha plein la tête. Voilà une oeuvre qui décoiffe, la trame de l'histoire se déroule dans une Havane décadente, poussiéreuse, en ruine, où tout tombe en désuétude,  surtout le moral.

A travers la vie amoureuse de l'héroïne,  Cuca Martinez née en 1934  à Santa Clara, qui devient bonne à la Havane, on découvre la vie d'une mère célibataire. Une vie  parsemée de sacrifices, d'attentes cruelles. Des lesbiennes Mechu et Puchu qui la soutiennent, des histoires d'amour écorchées, désespérées,  la seule chose à laquelle on peut se rattacher, c'est la musique, un chant par chapitre, ou une référence à un  film.  Personnages hauts en couleurs, déjantés mais qui tentent de se soutenir et de survivre avec le peu qui leur reste au pays du rafistolage, des files d'attente et des tickets de rationnement pour lesquels il faut avoir des relations et parfois y sacrifier son corps et son âme et beaucoup de temps.

Un pays qui plonge peu à peu dans un univers de ruine, le Montmartre devient le Moscou, le charme des lieux volent en éclat. Tout, sous la plume de Zoé Valdés, semble devenir illusion,  tout semble déglingué. On ne sait plus à quoi se raccrocher même les rêves se volatilisent au profit d'un mensonge d'Etat, celui de XXL, le poids de la dictature, de la théâtralité, de la fanfaronnade où les colombes de la paix finissent par lui chier dessus. Une économie qui part  à vau-l'eau, même pour se maquiller les travestis utilisent du cirage à chaussures.

 

De ce grand amour que vivra Cuca Martinez avec un mafieux, Juan Martinez the "Ouane", il lui laissera une enfant sur les bras et un dollar sur lequel est inscrit un numéro de compte. Ce dollar qu'il viendra rechercher 30 ans plus, après des années d'absence à New-York,  il découvre un pays en ruines, tout a changé, à l'exception d'une femme qui a arraché toutes ses dents par amour pour lui et qui continue à l'aimer. Seule la force de l'amour a survécu dans ce pays en détresse et la puissance des chants et  l'amour blessé d'une romancière qui rend à bel hommage à son pays perdu :

 

 

 

 

" La vie est un songe et tout s'en va

Il faut vivre le moment heureux,

Il faut jouir autant que tu pourras

Car au bout du compte,

La vie est un songe

Et tout s'en va "

Arsenio Rodriguez compositeur cubain

 

Zoé VALDÉS

La douleur du dollar

Traduit de l'espagnol "Cuba"par Liliane Hasson

Actes Sud, 1996,

 

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