23/09/2010

Mon co-loc slovaque

Si on m'avait dit que j'allais bientôt avoir un co-locataire, j'aurais éclaté de rire. Bah ! Ce n'est plus de mon âge, laissons cela aux étudiants, aux jeunes, l'auberge espagnole, c'est fini, j'ai déjà donné.  Puis, par un jour de grande distraction, on m'a demandé si je ne pouvais pas loger un jeune Slovaque, de façon très spontanée, sans réfléchir une seconde, j'ai dit oui du bout du lèvres, toute occupée à faire autre chose.

Le jour où on a sonné à la porte et que j'ai vu débarquer une armoire, aux épaule carrées, chargée de valises et de sacs, je réalisai avec effroi que je venais de commettre une vraie bêtise, à l'exception que j'avais trouvé-là une solution pour nourrir les poissons rouges durant mon absence estivale.  Mon co-locataire très souriant, hormis le slovaque, le polonais et le russe ne parle que l'anglais. Il s'installa donc dans une une chambre vide, je lui fis visiter l'appartement, le balcon sur lequel il peut fumer, donc dehors. Puis le frigo, ses saucisses  schüblig sur le rayon en-haut (parce qu'il est grand) , mes merguèzes halal le rayon en-dessous (parce que je suis petite) .   Je lui montrai l'escalier qui menait à la mezzanine, avec interdiction absolue de  mettre ne serait-ce qu'un seul pied sur la première marche. Là-haut, c'est mon coin de paradis, là  où j'écris et vis.

Donc me voilà partie à co-habiter   avec mon co-loc, il s'en va  à l'aube et revient le soir. Dans le fond, je m'y habitue, jusqu'au jour où c'est la petite copine qui ne parle que le slovaque qui débarque quelques jours, durant les vacances d'été.  Le premier soir de son arrivée, elle concocte un repas intime, bougie, une table joliment dressée. Manque de pot, nous revenions de vacances,  6  nanas qui déboulent plus belles les unes que les autres.  Le pauvre homme, se retrouve avec les sept filles, sa dulcinée tire la tête, adieu le repas en tête-à-tête. Pour finir, je me lève  de table et tient conférence pour la rassurer, ces jeunes filles ne sont que de passage. Puis, elle s'habitue peu à peu à nous, on se sert du dictionnaire pour communiquer. Le jour où je lui ai demandé de m'aider à faire le ménage, on a sorti le dictionnaire et tous les bruits de notre répertoire vocal :Brrrrrrr!Brrrrr ! Passer l'aspirateur, Asp-iRRR-AAA-Teur !!!!

Bref, le jour où elle est partie, je les ai véhiculés à la place Dorcière pour prendre le bus. Elle tenait  serré contre elle un grand ours aux oreilles roses que son amoureux  avait gagné à une fête foraine.  Je leur avais offerts des pâtisseries qu'ils portaient dans un joli carton blanc ;  des babas remplis de rhum et des  larmes de nos deux tourtereaux.  Ah ! Mon Dieu, ces séparations, j'en pleure encore .  Mon Slovaque a traîné sa tristesse pendant des jours et des jours, il perdait du poids à vue d'oeil.

La dernière, c'est qu'il s'est bourré comme un coing. Trois jours de fête, une heure de sommeil et beaucoup d'alcool, il est resté enfermé pendant 2 jours à cuver sa vodka. Je fixai la chambre, une imagination galopante me faisait penser que c'est un monstre, un dinosaure, une licorne étrange, un feu follet bizarre  qui allait sortir de cette antre du Diable. J'appelai tous mes amis, ma famille, me lamentant : Le Slovaque est bourré et si c'était un monstre  !!! Et tous se bidonnent.  Durant son long sommeil, j'ai cleané à fond sa baignoire, il a un doute, il se demande s'il ne se serait pas laissé aller au point d'y avoir  vomi.  Je laisse planer le doute. Dorénavant, après avoir dessoûlé, il  frôle les murs, tout gêné, il s'interroge qu'a-t-il bien pu faire dans cette salle de bain le jour de la grande beuverie ? Je ris sous cape.

Bon, si vous voulez savoir à quoi ressemble une co-location, et bien voilà , c'est sport, mais on ne s'ennuie jamais.  Il parle de bientôt partir, je crois même que j'ai dû m'y attacher à mon jeune slovaque. Pour finir, j'ai regardé sur une carte d'où il venait, un village proche de la Hongrie, où on fait pousser des légumes dans le jardin. Il aime me décrire son pays, son village, ses habitants, ses parents, la maison familiale construite de leurs mains avec l'aide des voisins, je les imagine, me crée des univers slovaques, des ambiances lointaines qui nourrissent ma fantaisie.  Je lui raconte mes voyages. Nous cuisinons et voyageons à travers ces goûts nouveaux que nous partageons.

Ako sa mas ?  Comment ça va ?  il y a un quelque chose de ressemblant, n'est-ce pas ?

 

 

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Commentaires

Beaucoup de joueurs de bonneteau sont slovaque, ils roulent dans de magnifiques voitures, ils gagnent très bien leurs vies à Genève, merci pour eux et c'est bien évidement net d'impôts!

alors de quoi on se plaint?

Écrit par : dominiquedegoumois | 24/09/2010

Tous les slovaques sont-ils joueurs de bonneteau de Goumois ? les raccourcis toujours simplistes d'un esprit étroit.

Écrit par : question | 24/09/2010

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