22/09/2010

"Ma vie sans moi !"

_3-AbsenceB[1].jpg

Ma vie sans moi ou "Je" est un autre, autant de titres qui nous interpellent intelligemment. Si je ne suis pas là où suis-je alors? Vers quoi me suis-je égarée, dans quoi ai-je plongée, à quel mirage ai-je sacrifié mon moi. Perdue dans les aléas de quelque illusion superbe et si dangereuse. Au bout du fil, lorsqu'on me cherche, ça sonne dans le vide, un long écho qui ne renvoie que du silence.  Le vide est pesant, il est lourd, l'absence prend toute la place, encombre. Une carcasse sans un "moi" doté d'une belle présence est un baluchon encombrant.

Le "Je" s'en est allé, il ne reste plus que la façade, les obligations, les titres, les bonnes convenances, un "Je" submergé par les apparences, par un quotidien qu'on pousse pareil à un vieux chariot dans lequel on a empilé tant de choses. On ne se souvient plus de quoi au juste, mais trop de tout et de n'importe quoi, un fatras sans nom.  On  pousse cette montagne qui nous obstrue la vue et nous empêche  de voir le chemin devant soi. Le chariot de notre vie dans lequel on fourre tout, n'importe comment, tant et plus, mais surtout beaucoup de choses inutiles qui nous freinent et souvent nous peinent. Vieux souvenirs poussiéreux, frustrations en pagaille, échecs mal assimilés, vieilles rancoeurs, rancunes tenaces. Le chariot grince de toutes parts et avance péniblement, de moins en moins avec les années qui passent. Au lieu de s'alléger, on en rajoute alors qu'on a plus la force et qu'il faudrait se débarrasser de tout ce qu'on traîne derrière soi.

Ou une vie sans moi, parce que je l'ai plongée dans quelques verres  de trop, au bout d'une injection, cachée derrière des tonnes de médicaments. Ou alors, je l'ai prêtée cette vie, peut-être même donnée à un autre qui joue au yo-yo avec, on décide pour moi, on pense pour moi, et absente je me laisse entraîner vers le meilleur, je le crois, je l'espère, je m'illusionne, mais souvent plutôt vers le pire. Renoncer à soi est le mauvais choix.

 

Le replis sur soi n'est jamais un parcours inintéressant, on tape à sa propre porte. Coucou ? Y-a-t-il quelqu'un pour répondre. Vais-je me reconnaître encore ? Qui suis-je vraiment ? L'attention que l'on porte à soi n'est jamais vaine, l'"attention" un art du retour pour s'observer et se retrouver à la croisée de tous ces chemins qui nous ont plus d'une fois égarés.

 

Se retrouver c'est avancer en cohérence avec soi, même si on trouve qu'on n'est pas si formidable, c'est être là, présent avec toute sa conscience, prendre son destin par la main et avancer avec courage, avec toute la vérité d'une vie vraie, quand bien même le tableau est parfois sombre mais ô combien  sincère.

 

Une vie pleine avec ce moi qui est dans le fond toute ma vie et que je ne peux pas troquer !

 

 

 

* Titre d'un film d'Isabel Coixet

22:02 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

Commentaires

Splendide billet! Merci beaucoup!
Je me suis permise de mettre votre billet ainsi que votre lien TDG lien sur mon blog.
Bien à vous
Damina

Écrit par : Damina | 04/10/2010

Les commentaires sont fermés.