08/09/2010

Eloge de la misère

1fy98g[1].jpgPauvreté,  fille de la misère, avec tout son cortège de souffrances, de sacrifices, de transgressions, celles notamment de pourfendre les normes bourgeoises. Il est facile d'être conforme lorsque trois fois par jour, on s'installe confortablement devant sa table à s'empiffrer jusqu'à s'exploser la panse et donner des leçons du haut de son confort aux pauvres qui se tiennent si mal, qui envahissent nos rue, salissent nos trottoirs et comble de malheur se prostituent.

Un fait divers sordide,  oui parce qu'il l'est,  d'un enfant de 13 ans,  à Genève,  qui se prostitue, poussé ou pas par sa mère. Contraint de vendre son corps parce que c'est tout ce qu'il reste à faire et plus sordide encore un vieux de 71 ans profite de cette misère pour 50 francs en se justifiant.  Il  pensait que le jeune était déjà âgé de 16 ans comme si cela devait le dédouaner ou l'excuser.

Oui, Messieurs !  La misère est affreuse. Elle révulse. Dans le courant du XIX ème siècle, dans la très bourgeoise Angleterre victorienne, une tradition consistait notamment pour certains  bourgeois à  terminer leur soirée dans des finishing pubs.  Le  romancier péruvien Mario Vargas llosa décrit de façon crue et sans ménager son lecteur, dans une de ses œuvres,  comment les nantis descendaient de leur calèche, ivres,  et s'amusaient dans les pubs,  à l'aube,  avec des enfants de la rue, parfois à peine âgés de 5 ans.  Des enfants pauvres si bien décrits par Charles Dickens dans Oliver Twist, à qui on  lançait  des paris qui entraînaient  parfois  la mort de ces enfants pour qui  était monnaie courante de vendre  leurs petits corps frissonnant de froid et couverts de guenilles pour quelques pounds;  juste de quoi ne pas mourir de faim et de froid.

Oui, Messieurs !  La misère est affreuse et elle l'est encore davantage lorsque les nantis en profitent sans vergogne et sans conscience.

Ce triste fait divers nous rappelle les conditions de précarité et d'exclusion dans lesquelles sont maintenus les Rroms.  Leur offrir de vraies conditions d'intégration à l'échelle européenne feront que nous n'assisterons plus impuissants à la prostitution d'enfants, au lieu de cela on assiste à une chasse à l'homme dans toute l'Europe, une Europe du XXI ème siècle qui ignore et n'en a  cure que certains de ses  ressortissants vivent en marge de cette société comme s'ils vivaient au XIX ème siècle.  Triste constat !

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Commentaires

Les réseaux de pédophilie existent sur Internet et les polices européennes luttent sans cesse pour démanteler ces pornographes qui visionnent et se transfèrent des photos d'enfants et parfois des vidéos d'abus sexuels mettant en scène de jeunes enfants et des nouveaux-nés. Derrière cela, il y a des gens du quart-monde, peu éduqués, désargentés, parfois sans emploi et de l'autre côté des prédateurs, pédophiles et pervers bien organisés parfois des notables qui ont les moyens de payer. Bref, l'exemple de ce garçon Rom certainement poussé par ses proches est un cas parmi des milliers d'autres, mais on pourrait parler aussi des scandales des prêtres pédophiles, des éducateurs abuseurs,des mariages forcés de petites filles, de la prostitution des jeunes,du tourisme sexuel dans le tiers-monde, des cas d'incestes sur des mineurs dans la sphère privée,etc... La misère humaine est sans fond et sans limite.

Écrit par : Demain | 08/09/2010

Sordide c'est évident, exploitation de la misère c'est évident et révoltant.

Maintenant il faut voir qui exploite qui, mais n'étant pas vraiment spécialiste du sujet, ces affirmations sont aussi teintées de questions:

- N'est il pas vrai que la société Roms est (encore) beaucoup plus inégalitaire que la notre ? A savoir a un bout des membres "bas de gamme" du clan familiale, souvent femmes et enfants, contraint à mendier, voir même se prostituer ou voler profitant des lois sur la protection des mineurs. A l'autre bout des "patriarches" roulant en mercedes et se faisant construire des résidences de luxe au pays ?

- Dans le cas de "Jimmy" le proxénète Rom ultra brutal de Zurich, exploitant et martyrisant des filles de sa propre communauté en récoltant jusqu'à 1000 Frs par jour de chacune (...) qui exploite qui ? Qui est le plus a blâmer, les clients qui eux même subissent une forme d'exploitation de leur misère humaine avec du pseudo amour tarifé a la minute près par des mafieux ?

Alors sérieusement avant de citer du Dickens (1812-1870) pour rejeter l'entière responsabilité sur les ignobles nantis de notre société occidentale, considérez aussi un peu la morale, les lois et les coutumes non écrites de l'ethnie des jeunes victimes de ces ignominies.

Écrit par : Eastwood | 08/09/2010

@ Eastwood- Oui, vous avez raison l'exploitation est le lot des miséreux pratiquée partout et à toutes les époques. A ce sujet, je rappelai le kidnapping des enfants montagnards italiens vendus à des filières mafieuses à Londres et à St Pétersbourg : Voici un extrait de la terrible histoire de Eligio Caramboli dans "mendiants et clandestins" et qui retrace le racket des enfants mendiants : http://roms.blog.tdg.ch/archive/2009/04/19/le-racket-des-enfants-mendiants.html
La seule solution est de s'assurer que chacun accède à un niveau de vie qui ne l'oblige pas sous la contrainte à être réduit en esclavage, l'homme est né pour être libre !

Écrit par : djemâa | 08/09/2010

Chère Djemaa,

J'ai l'impression que votre réponse contourne le fond de la question.

Mon propos était de savoir si (au delà de l'urgence que la misère peut parfois justifier) l'exploitation pyramidale des membres de sa propre communauté était tolérable, voir même inhérente a la culture et aux coutumes roms ?

Parce que pour ce qui est du rapport à la société "sédentaire" comment pourrait on en rejeter les lois et devoirs de bases tout en en réclamant les avantages ? (a part en jouant sur l'incroyable faiblesse d'esprit et propension a l'autoflagelation qui est a la mode chez certains de nos con-citoyens)

Faut il rappeler que la suisse a été qualifié de quasi-nazi pour avoir scolarisé de force des enfants du voyage. En termes humains c'est vrai que c'était dégueulasse et générateur de grandes souffrances inutiles.

Ceci dit je serais curieux de savoir ce que vous proposeriez concrètement qu'on offre en terme de droit (ils ont déjà les même droits que tous citoyens de l'UE) et opportunité pour améliorer la vie d'une communauté qui de toute évidence rejette en bloc nos règles, non ?

Écrit par : Eastwood | 09/09/2010

Lors d'un tournage dans les montagnes des Rhodoppes en Bulgarie, pour le moins isolées et apparemment restées au XIXème siècle, nous avons traversé un village tzigane (sédentaire donc), dont la tradition était, d'après nos guides bulgares (orthodoxes), de vendre ses filles pour la prostitution. Notamment dans les villages turcs alentours. Les plus belles ou les plus habiles pouvaient faire de belles carrières de danseuses du ventre où finissaient, jadis, à Istanbul.
Nous avons d'ailleurs assisté deux soirs plus tard au concert d'une de ces stars locales (c'était chaud), dans le cabaret d'une bourgade dont le maire était... Une femme turque, d'une grande intelligence. La seule femme maire dans toute la province.
Les autres filles rentraient au village après quelques temps, avec un pécule pour y faire d'autres enfants... Je n'ai pas vérifié la véracité de la chose, mais nos guides bulgares étaient des jeunes universitaires écolos, plutôt ouverts d'esprits et peu enclins à colporter de simples rumeurs à mon avis. D'après eux, les petits garçons n'étaient pas forcément à l'abri non plus.

Écrit par : Philippe Souaille | 09/09/2010

J'ajoute que nos guides, bulgares orthodoxes, donc (enfin plutôt post-marxistes, mais ethniquement d'origine orthodoxe) étaient pleins d'admiration pour l'ardeur au travail et l'ascèse des turcs, qu'ils attribuaient aux commandements de leur religion. Il s'agit de villages dans des campagnes reculées, où tout le monde peut travailler la terre. Les bulgares la travaillent, les turcs la travaillent (encore plus durement) et les tziganes... Préfèrent jouer les cigales, et faire de la musique, quitte à vendre leur corps. Cela n'a rien de raciste, c'est à dire de génétique: je suis convaincu que si vous échangez n'importe lequel de ces enfants à la naissance, il grandira avec les comportements dominants de son clan d'adoption.
Mais même s'il n'est pas facile de s'enrichir du travail de la terre dans ces régions, on peut en vivre sans avoir à se prostituer. De même que l'on peut, à Genève, si l'on veut vraiment, trouver autre chose à faire que mendier. Il doit y avoir dix mille femmes latino-américaines à Genève, dont un certain nombre sans papiers et donc avec moins de droits que les Rroms, citoyens de l'UE. Or je n'ai jamais vu une seule de ces femmes mendier. Ni arnaquer les gens au bonneteau.
C'est un choix de vie que le leur. Peu compatible avec la pensée protestante qui reste dominante en cette ville, qui tend plutôt à favoriser les fourmis que les cigales.

Écrit par : Philippe Souaille | 09/09/2010

La prostitution peu compatible avec la pensée protestante ? mais l'abus d'enfant l'est peut-être ? Pas une ligne sur l'abuseur d'enfant qui paie 50 francs dans les toilettes pour se payer un môme de 13 ans ? Ceci, Souaille ne semble absolument pas vous déranger, vous avez peut-être intégré dans votre pensée protestante le viol commis sur enfant ?

Écrit par : question | 09/09/2010

N'y a-t-il aucun moyen de la part de la communauté européenne de mettre la pression sur leurs pays d'origine afin d'arrêter la discrimination envers leurs tziganes? De mettre tous les moyens pour leur donner une bonne éducation en les mettant dans des classes mixtes (quitte à n'en mettre qu'un ou deux à la fois, si on craint que le niveau scolaire baisse), afin que les enfants apprennent à se connaitre, à vaincre le racisme et à lier des amitiés. Je ne peux croire que ni en Roumanie ni en Bulgarie on ne peut trouver des personnes altruistes et ayant de l'empathie pour leur prochain, pour faire évoluer les mentalités et aider à l'intégration de ces pauvres gens. Ce sont ces pays-là qui doivent en premier aider leurs compatriotes, mais on entend jamais la communauté européenne les stigmatiser! C'est dans ces pays que ce trouve le noeud du problème!

Écrit par : zakia | 09/09/2010

@question : Vos "questions" puent hypocritement (et bêtement) "accusation" !

Serait-ce votre religion ?

Écrit par : question???? | 09/09/2010

Question:
1) je ne suis pas protestant.
2) je ne vois pas l'intérêt de souligner ce qui me semble évident pour tout le monde, sauf pour vous apparemment.
3) j'essayais, ici comme en général dans ces blogs, d'apporter un éclairage en fonction de mon expérience, de mon vécu, ou de mes connaissances qui sont souvent particuliers, dans la mesure ou ceci apporte une pièce nouvelle au dossier. Il se trouve que je n'ai aucune expérience en matière d'abus d'enfant, ni comme enfant, ni comme abuseur, ni comme client.
4) votre reproche implicite m'attribue une sorte de rôle de guru, comme si vous attendiez mon sermon. Croyez que j'en suis flatté, mais cela ressemble fortement à une relation passionnelle, ce que vous développez à mon égard. Allez en paix mon fils, et surtout n'attendez pas mon jugement, il ne viendra point.

Écrit par : Philippe Souaille | 09/09/2010

Question:
1) je ne suis pas protestant.
2) je ne vois pas l'intérêt de souligner ce qui me semble évident pour tout le monde, sauf pour vous apparemment.
3) j'essayais, ici comme en général dans ces blogs, d'apporter un éclairage en fonction de mon expérience, de mon vécu, ou de mes connaissances qui sont souvent particuliers, dans la mesure ou ceci apporte une pièce nouvelle au dossier. Il se trouve que je n'ai aucune expérience en matière d'abus d'enfant, ni comme enfant, ni comme abuseur, ni comme client.
4) votre reproche implicite m'attribue une sorte de rôle de guru, comme si vous attendiez mon sermon. Croyez que j'en suis flatté, mais cela ressemble fortement à une relation passionnelle, ce que vous développez à mon égard. Allez en paix mon fils, et surtout n'attendez pas mon jugement, il ne viendra point.

Écrit par : Philippe Souaille | 09/09/2010

En Bulgarie et en Roumanie les bulgares et les roumains déversent impunément leurs haines sur les communautés Tziganes, le langage même de ces pays l'atteste, nombre d'expressions allant bien au delà de l'humiliation sont prodigieusement étalées dans le vocabulaire quotidien.
Quand aux aventures de Philippe dans des villages spécialisés dans la prostitution, je ne sais qu'en penser, à chacun sa spécialité !
Mais ce qu'il omet de dire, c'est que ces trafiques et kidnapping ne sont pas le fait des Tziganes, mais le fait des mafias locales, voir politiques, que les partis d'extrêmes droites des ex-blocs soviétiques exposent ouvertement leurs racismes anti-Tzigane et n'ont rien envier aux ss.
Evidement que ces partis politiques sont liés directement à ces marchandages d'enfants et que les aides européennes tombent dans les poches de ceux qui sont à la bases de ces trafiques !
Donc, vivent la nouvelle Europe anti-Tzigane et sa nouvelle devise et ses nouvelles filières de prostitution pédophile !

Écrit par : Corto | 11/09/2010

Zut, j'oubliai nos chères banques suisses et leurs comptes à numéros ! ! !

Écrit par : Corto | 11/09/2010

De toute manière en matière de pédophilie, n'est ce pas dans la ville de Genève qu'il y a quelques mois un avocat J-P. G. a été compétement blanchi par la cours pénale suite aux viols de 3 jeunes garçons ?
Vous savez l'avocat qui a participé aux transfert des milliards palestiniens dans une banque genevoise !

Pas une amende, pas une heure dans les locaux de la police et toujours membre du barreau genevois, quel beau monde, si on compare avec ces Gitans mal habillés !

Écrit par : Corto | 11/09/2010

Ce que je ne comprends point Corto, c'est que non seulement vous traversiez notre bonne ville de perdition, mais qu'encore vous y restiez? Vous avouerez que selon votre logique (si l'on ose qualifier ainsi vos collages pataphysiques) cela prête au soupçon: n'en tireriez vous point quelque profit odieux ou de brutales jouissances malsaines ? Votre insistance à dénoncer les pédophiles de tous poils n'est elle pas le fruit d'une déviance coupable, voire d'un dessein machiavélique visant à masquer vos sombres penchants ?

Écrit par : Veau Gela | 11/09/2010

Mais oui, je sais c'est toujours moi le problème, bande de cons !

Écrit par : Corto | 11/09/2010

Oui, Messieurs ! La misère est affreuse. Elle révulse. Dans le courant du XIX ème siècle, dans la très bourgeoise Angleterre victorienne, une tradition

Écrit par : websites | 19/03/2012

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