30/08/2010

LA RUE NOUS PARLE

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Rue Willy Donzé, Hôpital des enfants - De toute urgence ! Comment l'auteur a utilisé les signalisations de l'hôpital pour rajouter son propre texte et quel texte, bravo pour le choix !

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rue Barthélémy MennP1030181.JPG, sur un mur blanc impeccable!

 

 

 

 

 

Boulevard de la Cluse pour dénoncer l'initiative anti-avortement -  Stérilisons les pauvres, plutôt !

 

 

 

 

 

 

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17/08/2010

Blé amer

ble_prix_or_1.jpgLa canicule en Russie et  les incendies ont décidé le gouvernement à imposer l'embargo sur les exportations de blé,  du 15 août jusqu'au 31 décembre, ce qui a eu pour effet   d'amener le cours du blé à son plus haut niveau.  Un emballement généralisé s'est produit suite à cette décision.  La Russie produit le 8% du blé mondial, il est le 3 ème exportateur mondial.  Conséquences, le prix de la farine, du pain, des pâtes grimpera irrésistiblement . On ne craint pas trop de pénurie du côté des pays riches qui ont assuré une provision importante, tirant leçon de 2007, les silos sont pleins à craquer,  toutefois du côté des pays pauvres dont les réserves sont quasi inexistantes, les plus démunis verront les prix exploser.

Les cours annonçaient déjà un bond de 45% en début juillet. Les mouvements frénétiques  commencent, une compagnie de fertilisants canadiens tente de racheter une société céréalière en Australie. Le blé coûte aujourd'hui 80% plus cher qu'il y a un mois, alors qu'il n'y a pas de pénurie. Les transactions vont bon train, elles ont doublé depuis l'embargo russe.   Pourtant, les spécialistes s'accordent pour dire qu'il n'y a pas de pénurie mondiale en vue, les stocks de blé dans le monde étant largement suffisants. Les auteurs de ces transactions sont des fonds d'investissements financiers et des banques (principalement d'Outre Atlantique) quasi ou totalement inconnus sur ce type de marché auparavant.  "Les spéculateurs ont trouvé leur nouvelle Grèce", constate et accuse  Marc Tarabella, eurodéputé et membre de la commission agriculture.

Face à des augmentation importantes, on verra réapparaître des émeutes de la faim dans les pays pauvres semblables à celles de 2007-2008  face à la flambée des produits alimentaires, plus de 53 % au premier trimestre 2008.

 Les spéculateurs s'amusent et s'enrichissent, les pauvres trinquent !

10:14 | Tags : solidarité | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | |

12/08/2010

ANNEMASSE : PETITE INCURSION CHEZ LES VOISINS

Chez nos voisins à Annemasse, on s'aime et on le dit haut et fort

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On nous propose même des ponts pour se rejoindre....

22:29 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

11/08/2010

Les monolithes de la douleur aux HUG

P1030161.JPGPromenade architecturale,  ce matin,  tôt, devant les HUG. Ces monolithes intrigants qui se projettent dans le ciel, façades rigides et lugubres fermées comme des portes de grange à toute perspective artistique, un "meuh" impertinent de notre graffeur à l'attention de ces "MEuhhhhhssieurs" serait idéal au milieu de ce gris plomb qui vous vrille la tête et vous donne du vague à l'âme.

 

Toute cette rigueur calviniste dérange au cœur de la cathédrale de la souffrance et de la douleur  que sont les HUG. On s'attendrait à plus d'humanité, à plus de poésie, à de la couleur, soit une invite  aux joies bien terriennes;  fureur enivrante de couleurs et de formes. Quelque chose pour consoler l'âme et le regard de cette lèpre affligeante que représente la grisaille du ciment dans une ville.

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Si au moins les architectes s'étaient inspirés d'une des scènes finales de l'Odyssée de l'espace, film-culte de Kubrick, où un monolithe noir érigé au milieu de nulle part et venu qui sait d'où, annonciateur de la naissance de l'humanité, objet insolite qui force les hommes préhistoriques à évoluer, les contraints à s'interroger sur cette masse plantée dans leur univers mental jusque là réduit à la chasse et à leur survie.

En observant les monolithes des HUG, l'envie nous prend, hormis de prendre ses jambes à son cou,  de redevenir ces êtres préhistoriques pour revivre, fous d'espoir, l'aube de l'humanité alors que nous amorçons son apogée déclinante face à ces murs lépreux.

 

P1030164.JPG Et  après les monolithes  vers le ciel, les HUG lancent un filet tendu vers les nuages pour attraper les anges ou cueillir le bleu du ciel, sans aucun doute en vue de  colorer le ciment de ces constructions froides et rigides comme un mort.

 

 

 

 

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Enfin un peu de rouge!!!

 

 

 

 

 

 

 

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03/08/2010

PRISON DE DRAGUIGNAN : GARDIENS EN QUÊTE DE PRISONNIERS

dragui 012.JPGQue feraient un médecin-psychiatre sans ses fous, un maître sans ses élèves, un gardien sans prisonniers ?    Ils n'existeraient  plus.

Triste constat auquel est confronté l'ensemble du personnel de la prison de Draguignan, environ 230 personnes  qui ont  pour seule  mission, à ce jour, de garder des murs à défaut de prisonniers. Le 16 juin, lendemain des intempéries, les 450 détenus  ont tous été transférés vers d'autres établissements  de la région.  Depuis, les agents s'occupent aux nettoyages et à l'entretien des lieux. Grève,  « directeurs séquestrés et  relâchés », ils attendent une réponse des autorités,  prévue  en octobre,  pour savoir  à quelle sauce ils seront mangés, entretemps, ils goûtent aux geôles de la longue attente en forme d'interrogation.

dragui 014.JPGUne prison  en grès orange, façon forteresse rappelant celle du Désert des Tartares dans l'œuvre de Buzzati, bâtisse  perdue dans les mirages illusoires où on ne sait plus trop ce qu'on espère et ce qui pourrait se profiler à l'horizon, hormis le doute et l'incertitude.  Les gardiens, eux,  attendent le retour des détenus qui ne demandent qu'à revenir à Draguignan, du reste, ces derniers ont signé une pétition demandant leur rapatriement dracénois ;  vers cette  prison tranquille où règne une bonne ambiance selon un ancien détenu. L' électricité coupée, c'est le générateur électrique qui assure le relais, les subsides qui doivent permettre des travaux de réfection ne parviendront pas avant des mois. Certains avancent même que la prison ne sera jamais rouverte à cause du terrain inondable, alors que d'autres informations contradictoires démentent les craintes : "Le directeur de cabinet du préfet a assuré aux agents qu'un centre pénitentaire serait maintenu à Draguignan".

              dragui 019.JPG                                                  

*Wardani, un jeune  prisonnier en semi-liberté sort de la prison.  Tout en discutant avec moi qui suis assise sur une borne  devant le centre,  carnet de notes sur les genoux et cachée sous mon panama, il  ouvre et referme  le large portail aux différents visiteurs de la prison  en s'adressant à un des gardiens et  en riant : »Vous voyez, c'est moi le portier de la prison , maintenant ! »

 Il me raconte comment le 15 juin, il devait réintégrer sa prison avant 21 h, comme chaque soir.   L'après-midi, il réalise,  de l'eau jusqu'en haut des cuisses,  qu'il ne pourra jamais atteindre le centre pénitentiaire inondé. Paniqué, il fonce au commissariat de police le plus proche, tandis que l'eau envahit tout autour de lui, il crie à un policier qu'il ne peut pas rejoindre la prison,  il hurle alors son nom et son prénom au milieu du chaos  pour être sûr qu'on l'ait bien identifié et ne pas être considéré,  dès lors,  comme évadé. Le policier lui crie, à son tour,  avoir pris bonne note et que la seule chose qui lui reste à faire était de rester chez lui. Ce que fit un Wardani surpris d'être libéré par les flots, contraint à se calfeutrer à la maison pour finalement troquer son jeans et ses baskets trempés contre short et tongs.

 Au cours de notre conversation,  il m'invite à acheter le livre collectif qu'ils ont publié en deux milles exemplaires et auquel a  contribué une trentaine de prisonniers dans le cadre de l'atelier d'écriture et  intitulé « Au Clair de la Plume »

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La femme s'accroche désespérement à sa voiture, petite fourmi agrippée à sa brindille dans un cours d'eau violent.  A Draguignan, ce 15 juin restera gravé  dans les mémoires,  c'est de la folie, on ne sait plus où donner de la tête, toutes les digues paraissent avoir explosé, toutes les rivières avoir débordé après quelques jours de fortes pluies, créant une confusion sans précédent dans cette ville du Var.  Les gens lui crient de lâcher et de tenter de nager vers les côtés, la femme comme tétanisée ne parvient pas à le faire, autour d'elle ce ne sont qu'objets, branches, arbres déracinés qui la frôlent dangereusement, les yeux apeurés, elle et ne trouve pas le courage de commander ses mains de décrocher. La voiture part à la dérive , une petite femme qui sanglote accrochée à elle, emportées par le courant.

Finalement, un homme plonge à sa rescousse, tout habillé, un sac sur le dos contenant un sandwich et une boisson, il prévoyait partir en  randonnée,  il nage prestement vers la malheureuse. Il lui saisit les mains figées sur le véhicule et l'entraîne vers un arbre sur lequel ils grimpent tous deux. Durant quatre heures, ils resteront perchés, assis sur une branche,  l'un en face de l'autre, ils  partagent le seul sandwich.  La femme tremble encore d'effroi, l'homme ne cesse de la rassurer.

Par la suite, on saura que son sauveur héroïque  était un prisonnier en permission;  un Jean Valjean qui venait de sauver l'épouse du chef d'un commissariat  de police d'une ville proche de Draguignan.

 

 

 * Photo prise publiée et prénom cité avec accord de la personne au préalable

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