07/06/2010

BURQA , SIRENE ET ROCK'N ROLL

sirène.jpgLa musique est trépidante, voire assourdissante, je danse un rock'n roll sur un parquet parisien bien ciré, avec l'écrivain Jean-Pierre Gattégno qui adore les thrillers qui se déroulent dans des cabinets de psychiatres.  Tout en se trémoussant sur la piste de danse , on parle de nos ouvrages. Les miens, les siens, mes doutes, mes hésitations, ses projets, ses succès, il raconte ses origines ottomanes et grecques, et insiste sur  le beau regard velours des femmes turques  :

 Il me semble n'avoir pas bien entendu, sur fond de musique rock'n roll, je crie  : "Tu dis quoi ??" - "Burqa?"

 Il annonce un projet encore vague d'un prochain thriller aux allures de burqa,   la belle Jamila aux yeux de biche qui se promène dans ses voiles aux mille mystères, les hommes qui l'approchent en tombent immédiatement et irrésistiblement amoureux , ils la suivent et disparaissent à tout jamais, sans laisser aucune trace.

Mon imagination s'enflamme, ce voile féminin devient en quelque sorte un triangle des Bermudes où en guise et à la place des bateaux , ce sont les hommes qui se volatiliseraient, épaves évaporées sans laisser de traces, disparitions mystérieuses inexpliquées inspirant mythes et légendes.  L'Atlantide engloutie, aspirée par une force irrésistible, le  Triangle du Diable aux phénomènes paranormaux.  Ou encore,  la belle est une nouvelle sirène version XXI ème siècle , non plus aux seins nus,  mais voilée,  ce coup-ci. Rappelez-vous que les marins devaient se boucher les oreilles pour ne pas se laisser séduire par le chant des sirènes qu'ils  imaginaient  très belles  et qui pouvaient les mener à  leur perdition, même Ulysse faillit succomber à leur charme et dut être attaché au mat de son bateau pour ne pas céder à leurs chants envoûtants.  

Aujourd'hui, les marins modernes   ont besoin de découvrir ce qui se cache derrière le voile, pour ne pas être engloutis. La burka se situe dès  lors dans l'imaginaire entre zone interdite et mante religieuse ou alors plus fantasmagorique, les amants de Jamila seraient aspirés par un trou noir, destination l'infini, pour le néant dans les bras de la belle. Après son œuvre "Mortel  Transfert", Gattégno  pourrait signer "Mortelle Burqa"  ! Un thriller dorénavant perdu dans les voiles de l'Orient, mais surtout une oeuvre qui prendrait  ses racines dans l'inconscient collectif où  les sirènes des mers sont remplacées par des voiles  qui nous mèneront dieu sait où ?

  La burqa inspire, attire, révolte, mais ne laisse personne indifférent. Et derrière ces voiles vaporeux, les grands yeux de Jamila se posent sur le monde, elle l'observe, le soupèse, le découvre tout en le connaissant parfaitement, le fait de pouvoir observer et ne pas être observée, à son tour, pareille aux sirènes de nos légendes qui surveillaient les hommes sur le pont du bateau avant de se mettre à chanter jusqu'à leur faire perdre la raison.

 La femme à la burqa ?  Une sirène des temps modernes qui enflamme l'imagination  et rend véritablement fous les hommes qui ne se bouchent plus  les oreilles, mais se cachent les yeux,  cette fois-ci,  pour ne pas succomber à l'inconnu  !

 

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