30/04/2010

Les portefaix du Paradis

 

'interrogation-1.jpgIl y a des réflexions qui trouvent aussitôt des réponses désarmantes, et évidentes,  qui vous arrivent aussi naturellement qu'un souffle. Et d'autres qui vous tarabustent sans relâche, vous taraudent à tout propos , vous agacent tapies dans votre  conscience, un moindre frémissement et les voilà qui surgissent à la surface, à vous encombrer, à vous taguenasser sans pitié. Comme celle par exemple, de savoir si nous sommes détenteurs du Paradis, ou partie intégrante de ce Paradis, et aurions-nous simplement recouvert notre Paradis d'un linceul triste et gris tissé  de nos petitesses, de nos vies étroites engluées dans un quotidien banal et vulgaire à pleurer ?

Cette énigme m'a été en quelque sorte révélée par les visions des toxicomanes, et ces questions incessantes qui m'interpellent au vu de leurs expériences, et de ce qu'ils racontent.  De ces voyages dont on ne revient plus tant c'est si bon d'y être. Ils émergent avec quelque chose de subtil et d'inconnu sur leur visage, avec cet air de voyageurs qui nous reviennent de contrées inconnues jusque- là.  Mais encore cette discussion avec une bipolaire qui décrit précisément à quoi ressemble-t-on  lorsqu'on est "tout en haut, au sommet, c'est le Paradis où tout est beau, tout n'est que lumière, les gens sont si bons, soi-même on se sent inspiré, généreux, puissant, incroyablement bien " - Quelques fous dans un  moment de lucidité racontent cet au-delà entr'aperçu entre deux délires, ils vous décrivent avec maints détails l'Eden et préfèrent garder  la raison perdue pour y rester le plus longtemps possible, ils sont là béats, heureux, on les envierait presque, heureux les simples d'esprit, ils ont un abonnement au Paradis et le Paradis est là, si près, au bout de la raison.

 

Force est de constater que tout ceci Paradis est ancré en nous, une émanation du cerveau, ces dimensions que l'on connaît si peu et qui vous invitent à découvrir des mondes célestes, des couleurs, des atmosphères, des visions à la beauté si délicate, des musiques séraphines.  Et si nous étions déjà au Paradis sans le savoir et que cruauté du sort nous l'aurions oublié ?

Assurément  les portefaix du Paradis, les humains,  le portent en eux comme un fardeau trop lourd dans ce monde, ils  l'enfouissent, l'ensevelissent pour ne pas confronter  la beauté et l'infinie plénitude et  éviter ce  retour  sur  nos destinées, si amère,  parfois si dur et si injuste. Les poètes s'y sont brûlés les ailes, à voler si haut, partir si loin, quelle folie !

Et quant aux toxico et à tous ceux qui ont entr'aperçus ce Paradis, nous devrions leur faciliter l'atterrissage en leur offrant encore de la beauté, encore un sens, un idéal,  un univers de calme et de douceur et les accueillir dans le monde de terriens avec beaucoup d'amour et d'affection, ils nous reviennent de si loin.

En conclusion, sommes-nous condamnés à n'être que les portefaix du  Paradis, si lourd fardeau,  certains prétendent le contraire le Nirvâna est là,  à portée de main, en nous, suffit-il encore de l'atteindre ? Le Paradis, ici et maintenant !

 

 

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Commentaires

Très Beau Texte. Profond, plein de sens, subtil et généreux.

Écrit par : NDOYE GORGUI | 03/05/2010

mon amie....

il doit être ici forcement , puisque tu es là...

luzia

Écrit par : luzia | 03/05/2010

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