13/04/2010

La smala de Gorée - Après la tempête

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En décembre, je rencontrai des ouvriers inquiets, nerveux, déstabilisés après la mort de leur patron Eric, son épouse Marie-Jo dorénavant veuve depuis à peine trois semaines qui reprenait les commandes au pied levé sans expérience dans le domaine du traitement des déchets. Cette usine qui semblable à un navire traversait une tempête sans précédent, tous à bord face au danger de couler, ils se sont soudés comme un seul homme pour faire corps derrière un capitaine fraîchement arrivé, frêle femme, minuscule  et qui dirigeait tant bien que mal l'entreprise qui pouvait s'échouer d'un instant à l'autre avec ces récifs monstrueux qui avaient pour noms des retards de paiement, des commandes qui n'arrivaient plus, et surtout l'absence soudaine et douloureuse du patron et mari  disparu.

Hier, j'ai rencontré tout le monde, des administratifs aux ouvriers dans les unités de production. Ils sont fiers d'avoir su traverser cette période, le chef de l'unité de production debout devant le moule entrain de le préparer à la cuisson, crie très fort à cause des bruits des machine : " Tu vois, on s'en est sorti, parce que toute l'équipe était derrière sa nouvelle patronne!", tout cela dit avec un certain respect dans la voix. Après mon tour d'horizon, j'entre dans le bureau de mon amie, l'embrasse et la félicite d'avoir réussi à redonner confiance à tous ces pères et mères de famille, travailleurs qui étaient à deux doigts de perdre leur emploi. Ils portent encore sur leur visage, la fatigue et malgré tout la joie d'avoir tenu  bon.

Le nouveau stagiaire, Moussa me fait un compte-rendu de son stage, je lui suggère de tenir à jour son journal de bord. Les élèves de l'école Steiner sont passés, il y a quelques jours, ils ont ramassé des déchets plastiques en grande quantité et destinés au  recyclage, les ouvriers sourient encore de cette belle rencontre,  inattendue.

Ce matin, j' ai le nez plongé dans la lecture du  prochain contrat:  une mission de 7 mois au Tchad, le transport de 70 tonnes de machine pour recycler et fabriquer en grandes quantités des  fosses septiques qui serviront à l'assainissement individuel,  collectif et semi-collectif  à N'Djamena. Cheffe d'industrie, une des seules peut-être à Dakar, la voilà bientôt au Tchad à aller et venir entre le nouveau chantier et l'usine Transtech. Dangereux, trop chaud, compliqué ? J'imagine toutes les difficultés poindre à l'horizon. Dans tous les cas, ce serait l'occasion d'un reportage unique.

Dans deux jours, je me rendrai à Keur Massar pour un prochain billet ! Grâce à Marie-France de Meuron, Marie-Jo y a décroché un chantier. Et puis, ce sera aussi l'occasion de revoir les élèves de l'école Steiner .

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Commentaires

Bonjour DJEMAA, c'est toujours avec une attention soutenue que je vous lis. Après le Sénégal, le Tchad ... ayant connu ces deux pays, je serais ravie et disposée d'entrer en contact avec vous. N'ayant pas votre adresse mail, je vous laisse le soin de me contacter à l'adresse affichée lors de la parution de ce commentaire, si le coeur vous en dit.
Bien cordialement!

Écrit par : Roxane | 13/04/2010

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