04/04/2010

Une invitée d'exception !

P1010659.JPGLes histoires rocambolesques  naissent toujours d'une situation au départ très simple, voire anodine.  Un ami de Paris me demande de loger  ou chercher un logement pour une rrom de Caracas au  Vénézuela et qui passera quelques mois à Genève.   A priori, rien d'exceptionnel à cela. Toujours curieuse et prête à donner un coup de pouce, j'offre volontiers mes services.

 

Je prends donc contact avec elle directement par email pour m'enquérir de son heure d'arrivée, du vol et des considérations usuelles en lien avec le voyage. Le jour dit, débarque une beauté fulgurante, aux longs cheveux qui lui arrivent en bas de la taille,  un foulard coloré autour de la tête, une jupe ample à grosses fleurs rouges sur fond vert. La voilà ma gitane !  Autour de son épaule, accrochée une sacoche noire dans laquelle on devine  le kit standard  des voyageurs super équipés : ordinateur portable, i-phone.

 

Nous nous embrassons longuement, le simple fait d'avoir un ami en commun et surnommé notre "oncle" suffit à se sentir déjà très intimes.  Je l'amène à la maison, lui désigne sa chambre.

 

Le repas arrivé, elle étend une nappe par terre et m'invite à procéder au rituel antique du partage du niglo (le hérisson) - met très délicat cuit dans la terre glaise et supposé être un moment de grand partage.  Elle en découpe un morceau et me le fourre dans la bouche, à mon tour de lui en donner un morceau. C'est une espèce de rituel amical pour me remercier de lui avoir offert l'hospitalité. Elle ne parle que l'espagnol, moi je n'en connais que quelques bribes. Mais je sais pour l'avoir lu que la viande de hérisson a des vertus thérapeutiques ainsi que sa graisse que l'on utilise comme onguents contre les brûlures et maux d'oreilles. Mais on s'approprie aussi l'intelligence de cet animal qui se cache le jour et voyage la nuit, pareil à un Tsigane.  L'extérieur pique, mais l'intérieur est tendre.

Bref, ce repas tient plus d'un échange chamanique qu'autre chose. Le soir très tard,  mon invitée tapote sur son clavier, très à l'aise, elle écrit  rapidement, avant de se coucher elle me remercie encore chaleureusement de cet accueil.

A l'aube, un bruit étrange provient de la cour devant mon immeuble, un remue-ménage inhabituel. Des cris, des rires. Je me penche par la fenêtre et découvre une vingtaine de roulottes postées entre les immeubles.  Je retiens mon souffle et n'ose pas encore imaginer qu'il puisse y avoir un lien entre ma rrom, le hérisson et ces roulottes. Il suffira de quelques instants pour constater que le lien est immédiat, fulgurant ! lls ont déjà sorti les tables, les chaises, préparent le café du matin. Les voisins sont sortis de chez eux, la plupart ont aussitôt appelé la police.

Mon invitée de marque est connue pour être une grande chamane au sein de la communauté rrom, une guérisseuse, ils viennent de partout pour se faire soigner ou demander conseil.  Deux voitures de police débarquent, ils montent directement chez moi pour me demander de leur dire ce qu'il en retourne.  Je bégaie, m'étouffe, ne trouve pas mes mots : Euh ! un ami, un hérisson, le voyage..... euh!!!!! Ils n'y comprennent rien. Ma chamane-guérisseuse  est déjà descendue de l'immeuble pour accueillir les siens.

Puis finalement, invitée attentive et délicate, elle repartira avec eux tous pour résoudre mon problème de roulottes stationnées devant chez moi.

 

Le hérisson avait bon goût !

 

(je rêve devant ma lucarne en regardant le ciel gris, mon invitée arrivera dans un mois, elle doit me contacter, elle est rrom de Bogota et porte le beau prénom de Dalila , c'est si doux de rêver et d'imaginer les choses, je l'interviewerai certainement, en attendant je plonge dans mon univers polychrome................)

 

 

 

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Commentaires

Que vous racontez bien! On aurait bien mal quelque part pour la rencontrer votre Dalila.
Votre repas "hérisson" me rappelle que quand je suis arrivée à Mallorca, juste après la mort de Franco, les vieux du village m'ont expliqué qu'affamés pendant des années, ils mangeaient tout ce qui bougeait, hérissons compris. Pour séparer la peau picante de la chair, ils introduisaient une paille sous la peau et soufflaient fort. Je doute fort, dans ce cas, que l'intelligence de l'animal...mais quand on a faim!
Hasta pronto, saludos.

Écrit par : colo | 04/04/2010

@Spipou. Effectivement, les commentaires du blog Talisman sont fermés, je ne m'en étais pas aperçue, ceci est inscrit dans les paramètres, j'ai désactivé pour ne jamais les fermer et pourtant rien n'est modifié. Moi-même, j'ai dû te répondre sous ce billet. Me voilà toute perdue, je ne sais plus que faire....

Écrit par : djemâa | 04/04/2010

Ah, bon ! On arrive quand même à communiquer ! ☺ ♪♫

Que penses-tu de l'idée de faire appel à Calixthe Beyala ? C'est peut-être un peu loufoque, je ne sais pas, mais... Sait-on jamais ?

Écrit par : Spipou | 07/04/2010

Oui, une petite précision : je pense qu'elle a une grande importance pour l'homme fort de Tripoli, parce qu'elle lui sert en quelque sorte d'ambassadrice de prestige en Afrique noire, où personne ne prend au sérieux son projet d'Union Africaine... Maintenant, est-ce que la diplomatie suisse l'a contactée ? Est-ce qu'entre écrivains...

Entre parenthèses, je n'arrive pas à comprendre qu'un écrivain de son talent se soit acocquinée avec Khadafi, mais j'ai appris qu'il ne fallait pas vouloir comprendre tous les êtres humains...

Écrit par : Spipou | 07/04/2010

@Spipou- envoie donc ta proposition à Micheline Calmy-Rey,email ci-après, elle est cheffe du Département fédéral des affaires étrangères, un peu de loufoquerie et de créativité serait peut-être la bonne idée pour sortir Max Göldi de là où il se trouve :

E-mail info@eda.admin.ch

Écrit par : djemâa | 07/04/2010

Oui, ben je vais le faire, après tout... D'après ce que j'ai pu lire sur Micheline Calmy-Rey, elle manque un peu d'idées.

Écrit par : Spipou | 08/04/2010

Les commentaires sont fermés.