28/03/2010

La smala de Gorée- Retour au Sénégal

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Chose promise, chose due, la tête fourrée dans la liste des courses à acheter pour Dakar -  nous prévoyons de fêter nos anniversaires sur place - 1 er avril pour moi et 4 avril pour Marie-Jo,  je repars ainsi pour 15 jours. Vous vous souvenez en décembre, je vous racontais l'histoire d'une amie auprès de qui  je devais me rendre en vacances, des pieds en éventail sur la plage dans mon imaginaire de vacancière, je terminai en réalité par travailler à l'usine Transtech avec elle. Debout à 6h30, dans la chaloupe pour le trajet Gorée- Dakar, puis l'usine.

Marie-Jo venait de perdre son mari Eric, directeur d'une  usine de recyclage de déchets plastiques, et  dès lors contrainte de reprendre  les commandes de l'affaire, du même coup, après sa mort, elle devenait veuve avec 14 enfants dont une bonne partie sont des orphelins adoptés.

A vous  tous blogueurs qui me lisez , il est important que je vous explique que le blog sur la "Smala de Gorée" a crée un réseau de soutien extraordinaire. Nous avons reçu des appels téléphoniques en Afrique, des emails de soutien et puis des propositions concrètes d'aide. Comme la dernière - et je viens de l'apprendre seulement hier- d'une blogueuse émérite Marie-France de Meuron qui en se rendant au Sénégal pour suivre les travaux de l'Hôpital de médecine traditionnelle Keur Massa près de Dakar a rencontré une  Marie-Jo, subjuguée et qui décrit cette rencontre magnifique avec  Marie-France que je ne connais pas encore. Elle a reçu la commande d'un  chantier d'assainissement  et qui donnera encore du travail à l'usine. Pour sa part, Marie-Jo a engagé un jeune stagiaire, une connaissance de celle-ci. Et je vous jure, que je me réjouis de rencontrer ce jeune Moussa qui m'a écrit des emails pour me demander un stage en décembre. Tenace, il a fini par l'avoir et bravo à lui !

Puis, Reginald  de Darest à Genève qui ému par cette histoire s'est fait mentor pour suggérer des pistes de réflexion et d'action pour l'usine Dakaroise. A Place des Affaires, Enza Testa, propose à Marie-Jo un stand l'année prochaine, à Dakar Sylvestre qui a pris sur lui de créer en temps record  le site internet de l'usine financé en partie par son frère Oscar à Genève.  Spipou de Paris qui nous a proposé son soutien sur la protection des brevets.   Bref, vous le constaterez, vous n'étiez pas simplement sur des blogs à tapoter dans une vie virtuelle, mais la réalité pour certains vous avez su la prendre à bras-le-corps et je vous en remercie tous.

Donc, comme je vous l'écrivais dans les premières lignes, je me prépare à repartir. Inquiète par cette urgence de déposer 40'000 euros sur le compte d'une banque française à Dakar sous peine de fermer l'usine et que nous n'avons naturellement pas.  Le bankster est têtu, il ne veut rien entendre. Je console mon amie, tu ne les trouveras pas sous le sabot d'une mule, mais croyons au miracle, même si à Lourdes nous n'en voyons plus depuis fort longtemps, peut-être qu'à Dakar, les miracles se font encore.

Qui sait- une main généreuse, plusieurs qui s'associent en échange d'un séjour gratuit sur l'île de Gorée ?

(suite ...mon départ est prévu le 9 avril 2010, je reprendrai le blog de manière continue de Smala de Gorée)

 

 

 

 

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27/03/2010

LE TALISMAN

P1010591.JPGDurant deux ans, le talisman de Kandy partait des uns aux autres, pour soulager, consoler, prévenir, je le prêtais toujours volontiers à qui me le demandait m'excusant auprès du sage Tamoul, l'artisan du talisman,  de lui donner tant de travail. Il devait constater que la vie en Europe était dure, autrement qu'au Sri Lanka. Les souffrances des hommes étaient infinies et multiples sur cette terre.

En 2004, je retournai au Sri Lanka, un arrêt à Kandy n'était pas prévu dans mon itinéraire.  Jour après jour, je le portai, les Sri Lankais souriaient en me voyant porter "leur talisman" par ce geste, je leur ressemblai un peu.

Assise sur la plage, je joue avec l'objet en regardant l'Océan, un chien à mes côtés hurle à la mort, pareil à un loup. Le cou tendu, en regardant le ciel, il fend l'air d'un hurlement long et sinistre et dont l'écho reste suspendu dans l'air comme une menace. Je m'étonne, puis tous les chiens s'en vont.  Les vagues sont cassées, inhabituelles, un nageur est déporté vers le large, il faut aller le chercher. Un vague sentiment, quelque chose d'indéfinissable, un malaise inexpliqué. J'entends sous moi, un bruit qui vient du profond de la terre, un choc . Je me penche vers ma voisine, vous avez senti quelque chose, avez-vous entendu le hurlement du chien  ? Elle secoue la tête pour dire non, elle ne voit rien, elle n'entend rien et j'ai tout senti, tout entendu. Mes yeux anxieux reviennent se poser sur l'Océan, interrogatifs.

Le soir , nous fêtons Noël, sur ma belle robe orange achetée au marché, le talisman brille. Une table est dressée dans le jardin à 150 mètres de la plage. Musique traditionnelle, une riche odeur de curry embaume l'air, tout est si tranquille, si paisible dans ce magnifique décor vert émeraude. Les hibiscus d'un rouge tendre, repliés sur eux-mêmes, à la nuit tombée, paraissent des enfants sagement endormis. La tête penchée , on les entendrait presque respirer, en s'approchant tout doucement sur la pointe des pieds. Un rêve d'hibiscus, un papillon bleu aux larges ailes qui viendrait le chatouiller dès l'aube naissante,à l'heure où le ciel applique ses premiers pinceaux sur la toile opalescente du matin mêlant les tons pastels, un gris ardoise sur fond d'améthyste. Le pinceau revient quelques minutes plus tard pour proposer un mauve glycine sur gris de lin. Le peintre s'amuse.

Les gens chuchotent, assis  autour de la longue tablée aux nappes blanches, les flamme des bougies vacillent légèrement dans ce décor crépuscule des Dieux.

Calme, paix et harmonie ! Néanmoins, un calme inhabituel, pas le moindre cri d'un oiseau nocturne, pas de lézards pour décorer les murs des cabanes. Le temps semble suspendre son souffle, plus rien ne bouge, hormis les humains qui ne sentent plus grand chose et qui s'agitent tard dans la soirée en dansant et buvant, aveugles à ce je-ne-sais-quoi  qui plane dans l'air et qui fige la nature.

 

(suis-je capable de raconter la suite avec la distance nécessaire à la narration littéraire ............... ?)

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24/03/2010

Assises pour le droit à la formation scolaire et professionnelle : dessine-moi un sans-papiers !

assises 009.JPG Combien de sans-papiers en Suisse. Quelques chiffres flous , tout et son contraire. 100'000 ou 300'000  ? Posons la question différemment. Combien de familles suisses , de personnes âgées et invalides ont besoin d'un sans-papiers .L'Italie a osé  regarder les choses sous cet angle et répond une famille sur sept. Un constat révélateur et qui a permis des régularisations en masse de badante (auxiliaires de vie )  entre 300'000 et 400'000 .  Et qu'en est-il en Suisse ? Quand osera-t-on lever ce voile sur les besoins d'une économie domestique qui se sert auprès des sans-papiers.

 

Parmi eux combien d'enfants sans-papiers, là aussi, on ne peut se fier à aucun chiffre précis. Mais un seul enfant qui n'aurait pas droit à sa formation scolaire ou professionnelle serait un enfant de trop au regard de la Convention pour les droits de l'enfant et du Pacte 1 de l'ONU.

 

Les jeunes sans papiers ont accès à l'école primaire et obligatoire, parfois ils suivent le cursus des hautes écoles. Celui qui n'est pas scolaire n'a pas de chance, il doit continuer la formation professionnelle à plein temps à l'école, il ne pourra pas entamer un apprentissage pour la simple raison que sans statut légal, il est impossible de signer le contrat d'apprentissage qui un contrat de travail qui présuppose un permis de séjour.

 

La solution serait que la Confédération  et l'Office fédéral des migrations autorisent les sans-papiers de signer des contrats d'apprentissage. En attendant, Genève pourrait délivrer des titres cantonaux - un CCC au lieu du CFC - certificat cantonal de capacité en lieu et place du certificat fédéral  de capacité.

 

Lors des Assises de nombreuses questions sont soulevées. Dans la plupart des cas, ce sont aujourd'hui des adultes qui entrent en formation. Convention de l'enfant jusqu'à quel âge ? La formation des jeunes est prévue jusqu'à 25 ans.

Ne pas permettre à un jeune de se former, c'est de le contraindre à traîner dans la rue. Cela coûtera plus cher à la société.

 

A l'issue des Assises, le comité propose une résolution adoptée par l'assemblée générale de clôture des Assises pour le droit à la formation scolaire et professionnelle pour les sans-papiers. :

1- dépôt d'une initiative parlementaire fédérale pour garantir la formation scolaire et professionnelle ainsi que la prise de contrat d'apprentissage pour les sans-papiers (...)

2-De prendre contact avec les cantons et les communes où des procédures législatives sont en cours afin d'élargir ou d'ouvrir l'accès à l'éducation scolaire ou à la formation professionnelle des sans-papiers porter (....) sur le plan fédéral le débat (...)

3 - Mettre en place un groupe de spécialistes avec des spécialistes d'autres cantons en vue d'élargir l'interprétation restrictive du Tribunal Fédéral quant au droit à l'éducation et à la formation.

4 En attendant  permettre aux sans-papiers d'accéder à la formation professionnelle duale et de la reconnaître par une certification cantonale (CCC)

5 De proposer aux cantons et communes avec lesquels le canton a pris contact de se reconnaître mutuellement ces attestations cantonales de formation.

6 De ne pas procéder à l'expulsion de  jeunes sans-papiers scolarisés ou en formation ni de leur famille ou famille d'accueil, pour leur permettre de poursuivre sereinement leur formation.

 

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22/03/2010

Ces sans-papiers qui nous ressemblent tant

 

baluchon.gifUn article intéressant paru mercredi passé et qui nous interpelle :"A Genève, les nouveaux sans -papiers sont Européens" signé Marion Moussadek. Le cas de  Vania, une jeune portugaise qui vient tenter sa chance à Genève, avec ses 650 euros par mois chez elle, elle ne s'en sortait  plus. Elle débarque à Genève, dépassés les trois mois réglementaires, elle n'a toujours pas décroché un contrat de travail et se retrouve par faute de revenus insuffisants sans permis de séjour. Petits boulots de nounou par-ci par-là, elle renvoie son fils chez les grands-parents et continue vaille que vaille à tirer le diable par la queue plongeant du même coup dans une grande précarité, sans statut légal.

C'est le nouveau constat. L'Europe se transforme en grand Pôle pour l'emploi, mais l'emploi devient rare pour tous, en deux ans, environ 5 millions d'emplois sont passés à la trappe.

 

Certains s'entassent dans les voitures pour y dormir à 4 ou 5 en attendant de décrocher un job à Genève, souvent des migrants de la première vague venus du Portugal ou de l'Espagne, les premiers aussi touchés par la crise et qui a frappé les moins qualifiés.  Ils emportent leurs baluchons encore si légers après 20 ou 30 d'emplois précaires et reprennent le chemin de l'exil en quête de travail.

L'Union européenne, n'est devenue  que l'expression d'un néo-libéralisme sauvage, la politique sociale  a été balayée d'un revers de la main et transforme ce creuset européen en gouffre sans fin de la précarité.

Les Suisses vont-ils aussi devoir repartir baluchon sur l'épaule pour aller Dieu sait où quémander un emploi ?

 

Le collectif de soutien aux sans-papiers organise des assises «pour le droit à la formation scolaire et professionnelle pour les jeunes» le 24 mars de 8h à 17h30, à la Maison des associations.



 

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21/03/2010

LE TALISMAN

 

P1010591.JPGSous le charme du mystérieux bijou acquis de la façon la plus étonnante qui soit, je le gardai quelque temps dans une boîte en bois ouverte, relégué dans une pièce haute et claire à côté de mes livres posés en vrac sur une longue table.  J'y jetai  parfois un coup d'oeil furtif  craignant de réveiller le vieux Tamoul, l'artisan-sage qui l'avait crée, son âme drainée,  à présent,  vers l' Europe, loin des champs de théiers de Kandy, en colère sûrement ?

Puis avec les beaux jours, j'exhibai  mon trophée, il ne se passait jamais un seul jour sans qu'on m'interpellât à son sujet , les gens se sentaient encouragés à dire combien un tel objet pourrait leur être nécessaire, peut-être même indispensable dans leur vie. Et sans hésiter, ils se lançaient dans  une diatribe sans fin sur leur condition d'existants:  vies entravées par des problèmes de coeur, d'argent, professionnel. Et parfois avec tous les maux en même temps. On poussait le culot jusqu'à me demander  carrément de le prêter:  telle cette  mère pour son fils qui devait être opéré, elle le lui glissa sous l'oreiller. Du coup, elle m'appelait tous les jours pour me donner des nouvelles et du fils et du talisman.

Un homme venait de perdre les faveurs de la bien-aimée, il se crut obligé de me raconter en long et en large ses problèmes de couple, leurs relations cahotantes qui peinaient à démarrer pareilles à ces voitures qui toussotent, crachotent au démarrage, vous font faire un bond en avant et plus rien. Silence.  Régulièrement, l'amoureux éconduit, le collier rivé à son cou,  m'appelait pour me dire que ses affaires avançaient bon train et qu'il pourrait enfin me rendre le précieux objet. Comme tous les autres qui l' avaient porté avant lui et qui avaient  prêté serment de ne pas l'ouvrir, il respecta son engagement.

Eux tous faisaient des rêves étranges, chacun pouvait me ramener des séquences entières d'un pays où ils ne s'étaient jamais rendus.    Bien qu'ignorant la triste fin  de Ishanka, la belle sri lankaise incinérée suite à la mort de ses maris, après quelques nuits passées en compagnie du bijou, ils décrivaient tous de la façon la plus étrange  cette jeune fille, un incendie dévastateur , des cris, des gens qui courent.  Un puzzle étonnant se formait peu à peu sous mes yeux, une histoire se reconstituait. La ferme selon les rêves de certains avait  été brûlée volontairement, il la situait tous plantée au milieu de petits arbustes décorés de feuilles vertes délicates, ils ignoraient qu'ils me décrivaient les champs de théiers de Kandy.

Cela me laissait perplexe et à plusieurs reprises, je leur demandai de me décrire dans le menu  détail leur rêve ou cauchemar. Il me paraissait fort naturel de  prêter le talisman  qui semblait  avoir cette fonction principale, celle de soulager les âmes en peine, il partait aider quelques destins contrariés et revenait  pour repartir aussitôt quelques jours plus tard, à chacun de ses  retours, j'en apprenais davantage sur ce qui s'était passé autrefois au Sri lanka à travers les rêves de ceux qui le portaient.

Ceux qui croyaient au pouvoir magique du talisman trouvaient que leur situation s'améliorait, la maladie leur accordait du répit, les yeux de la tendre se faisaient un peu plus tendres, une somme d'argent inattendue venait renflouer leurs comptes, une promotion à un poste convoité depuis fort longtemps et parfois juste une douce sensation de sérénité, un léger parfum de bonheur qui envahissait délicatement la vie.

Chacun  en réalité, à l'instant même où il entrait en possession du bijou, décidait en même temps de façon consciente ou pas que quelque chose devait changer dans leur vie et effectivement quelque choses changeait de manière radicale, ce sont les personnes qui changaient, ce sont elles qui se transformaient,  elles  prenaient les rênes  de leur destin en main.

(suite)

 

 

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19/03/2010

LE TALISMAN

P1010591.JPGTandis que la vieille antiquaire grecque de Kandy achevait de me raconter l'histoire du talisman, je l'observai avec étonnement, ce qu'elle venait de me raconter dépassait tout ce que mon imagination aurait pu  concevoir. A l'envie de le posséder faisait place dorénavant une répugnance à m'approprier un objet chargé de tant de malheurs.

Elle n'eut cure de ma réaction désappointée, son besoin de se libérer de ce récit  la forçait de façon urgente à  tout dévider, sans reprendre son souffle,  sur ce qu'elle savait de ce bijou.  En ma personne, elle détectait le réceptacle attentif du secret du talisman jalousement gardé pendant tant d'années.

L'antiquaire enchaîna avec ce qu'un moine bouddhiste lui fit remarquer en admirant dans la vitrine , à l'intérieur du magasin, "ce mystérieux témoin" d'un autre temps. Selon lui, chaque talisman était conçu par son créateur, souvent un sage, pour devenir un trait d'union entre les êtres.  A travers lui, ils  se libéraient de leurs angoisses, se nourrissaient de quête de merveilleux, formulaient des voeux étranges. De l'ésotérisme aux tâtonnements incertains à la spiritualité balbutiante, ils se sentaient portés néanmoins par une  force mystérieuse.  Le sage Tamoul d'antan, Thavappalan dont le nom signifiait don  divin, l'avait investi d'une mission particulière, d'une force magique mais à quelle fin précisément, dans quel but ?

Je manipulai précieusement le bijou, puis comme par enchantement, une idée surgit brusquement, celle de proposer d'écrire un roman sur le bijou. En échange, la propriétaire grecque recevrait un jour un livre sur ce qu'il était advenu de ce bien précieux, les êtres qui le porteraient espérant se décharger d'une tristesse incommensurable, d'une maladie incurable, d'un malheur pour lequel ils leur fallaient trouver de la force et du courage et qu'ils puiseraient dans le message invisible du Tamoul, pour se nourrir enfin de sa sagesse  omniprésente, intemporelle,   à travers son talisman.

Pourquoi moi ? La Grecque, elle même s'en étonna. "Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que je dois vous le donner!" - "Sans le savoir, je vous attendais, lorsque vous êtes entrée dans le magasin et que vous avez regardé l'objet, j'ai tout de suite compris, qu'il vous était destiné. Le voici, je ne peux pas le vendre, je dois vous le donner !"

Elle l'enveloppa dans un papier de soie, le glissa dans un petit panier tressé et me le remit sans hésiter. Quel étrange cadeau.   Cette aventure n'en était qu'à ses débuts, il s'avérera très vite que le talisman semblait vivre sa vie à lui, qu'il vous faisait faire des choses inattendues. Prendre des décisions inhabituelles  qui par la suite prouvait que vous aviez eu, contre toute attente, raison de les avoir prises.

 

(suite...)

 

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18/03/2010

UNE JOURNEE ITALIENNE - SANS LES IMMIGRES NOUS SERIONS PERDUS!

24 heures sans les immigrés et l'Italie serait paralysée. Un webdocumentaire contre les lieux communs sur l'immigration (une idée de Riccardo Stagliano) de la Reppublica tv

Essayez de déchiffrer ces noms : Eto'o, Pato, Vucinic,Felipe Melo, Milito,Ronaldinho,Vargas.

Imaginez qu'au prochain match ils ne jouent plus.

Ce serait une catastrophe. Sur 933 joueurs de football de série A et bien  322 sont des étrangers.

Un exemple révélateur. La vérité c'est que sans immigrants (même clandestins), toute  l'Italie serait paralysée.

 

Presque le 10% du Pil Italien arrive des immigrants, une famille sur dis dépend d'une nounou étrangère.

Même l'Église, aussi les hôpitaux. Dans le Trentin, dans la vallée de Non, les pommes sont cueillies  par des sénégalais. En Vénétie  des nigériens tannent les peaux pour la confection de vestes destinées à Hollywood.

 

À Vedelago, au coeur du leguisme Vénitien, ce sont les immigrants qui assurent le 90% du recyclage des ordures.

 

À Reggio d'Émilie les porteurs sont presque tous des Indus. En Campania les Sikh  élèvent les buffles .

En Sicile sans les pêcheurs tunisiens,  la flotte de Mazara du Vallo ne pourrait pas prendre la mer .

Et les routiers ? Au nord est le deux tiers sont des albanais et des roumains, aucun italien est capable de leur quarts

Et qui garderait nos vieux et nos enfants ? Les bureaux, qui les nettoieraient ?

Les immigrants ne viennent pas nous voler notre travail mais faire les métiers que nous refusons de faire.

Il suffit de raconter, comment  nous faisons ici, une journée de travail en Italie pour vérifier ce qui se passe en réalité.

 

Du  nord au sud.

NOUS AVONS BESOIN D'EUX !

 

(merci à Luzia de m'avoir envoyé ce lien et traduit le texte )

source :  http://tv.repubblica.it/copertina/immigrati-stagliano/437...

 

 

 

21:14 Publié dans Solidarité | Tags : italia, riccardo staglianò | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | |

15/03/2010

Flingues et vieilles dentelles

t-20090227-00lxra-1.jpgBarbara Joly, 68 ans interpellée après  plusieurs tentatives de hold-up aux Etats-Unis. Jl Hunter Rountree coupable d'avoir volé 1'599 Euros dans une banque du Texas et qui déclare à 92 ans que la nourriture est meilleure en prison que dans certaines maisons de retraite. Braqueuse d'un jour à Marseille, une employée de mairie criblée de dettes,  braque un magasin de tabac.

A Genève, récemment, une vieille dame se fait arrêter, à  68 ans, elle est traficante et transporte de la cocaïne pour le compte de dealers. Il y a quelques années, en Angleterre deux mamies octogénaires commettaient des braquages à main armée .  Autant d'exemples qui surprennent.

De prime abord on sourit et on imagine, les difficultés en lien avec l'âge.  Le dentier qui tombe sur la  caisse enregistreuse, pièce à conviction, l'arthrose aux mains qui ralentit les mouvements. La prothèse aux hanches qui empêche  de courir vite , l'Alzheimer qui guette on ne sait plus trop ce qu'on était censé faire dans une banque alors qu'on pointe l'arme sur le caissier, un malfrat âgé oublie son déambulateur. L'appareil auditif qui tombe en peine au pire moment, alors que la sirène hurle : t'entends pas un truc bizarre ?

Au-delà des situations cocasses que l'on se plaît à imaginer, la question essentielle finit par nous brûler les lèvres. Et si les vieux n'arrivaient plus à vivre tout simplement ? A l'âge où on aspire au repos, les pensions de retraités ne permettent plus ni de vivre, ni de survivre.

Verra-t-on naître une nouvelle vagues de braqueurs, celle de personnes âgées aux cheveux blancs qui par la force des choses se voient contraints de braquer et de voler pour manger ?

Les a-t-on réduits à cela ? Notre système est-il si défaillant au point de ne plus mettre nos vieux à l'abri du besoin quand bien même ils auraient travaillé toute leur vie ? Nos acquis sociaux sont-il si friables qu'une moindre crise met tout par terre ?

 

Photos de Marcel Habran, patriarche du banditisme belge, papy-braqueur de 75 ans, impliqué dans le meurtre de deux convoyeurs de fonds du fourgon braqué à Waremme le 12 janvier 1998

 

21:54 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

14/03/2010

LE TALISMAN (suite)

P1010591.JPGL’histoire du talisman excitait définitivement ma curiosité, j’invitai la vieille dame grecque qui tenait le magasin d'antiquités à Kandy à me raconter tout ce qu'elle connaissait sur ce bijou. Elle sortit un vieux papier chiffonné et graisseux d'une vieille boîte, les lettres en sinhala aux formes arrondies semblaient courir sur le papier comme autant d'araignées.

D'après elle, il daterait du début du XX ième siècle et fut ciselé d'après la facture parfaite du travail par un orfèvre. Un texte écrit en  Sinhala racontait le périple du talisman en ces termes et probablement dicté par la jeune fille analphabète :

“Mon nom est Ishanka née à Lakdaram. Orpheline de père et de mère, j’ai grandi dans ce village jusqu’à l’âge de mes 15 ans. Ma “famille” m’a mariée  à trois frères, riches exploitants de champs de thé . Un Tamoul du nom de Thavappalan qui signifie don divin et  travaillant dans les champs de thé a crée pour moi ce talisman pour apaiser mes larmes. Il m’avait fait jurer que je ne l’ouvrirai pas, mais je ne l’ai pas écouté. Le malheur s’est ensuite abattu sur notre maison, mes maris sont morts brûlés dans un incendie pendant leur sieste. C’est de ma faute, je remets le talisman à quelqu’un de meilleur que moi. Il ne faut  jamais l’ouvrir ainsi a parlé Thavappalan.”  

Le talisman aurait été  ainsi donné à une soeur  de la jeune veuve probablement incinérée selon la coutume après la mort de ses maris. Celle-ci finalement craignant l’objet l’aurait confié au propriétaire du magasin, autrefois, sri lankais. A  son tour, il  aurait mis en garde la nouvelle propriétaire grecque en insistant bien sur le fait qu’il ne se vendait pas mais devait être  confié à quelqu’un qui assurait en faire bon usage et qui s’engagerait  aussi à ne pas l’ouvrir.

Telle  était la volonté de Thavappalan,  le Tamoul.

 

Nota bene : A l’époque, le sujet est encore très tabou, la polyandrie fraternelle était courante à Kandy, malgré l’interdiction des administrations britanniques pour qui ces mariages heurtaient la morale victorienne. La raison principale consistait à ne pas diviser les terres.  Les enfants  nés de ces mariages appartenaient à la communauté,  savoir qui était le père biologique importait peu, on les attribuait en principe  au frère aîné.

22:58 Publié dans Voyages | Tags : kandy, talisman | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

13/03/2010

LE TALISMAN – désolée, il n’est pas à vendre !

P1010591.JPGAu passage douanier, il ne passe jamais, irrésistiblement ça se met à sonner. Une sonnerie qui vous vrille les oreilles et vous hérisse les cheveux sur la tête. Attaché autour de mon cou, le douanier m'ordonne de l'enlever, il saisit le bijou,  le triture, le regarde, l'observe longuement. C'est quoi  ? Un talisman. Ça s'ouvre ? Oui, mais, c'est un objet sacré, il est préférable de ne pas l'ouvrir.

En six ans,  pas un seul douanier et malgré mes dix voyages par avion, n'a pu effectivement contrôler ce qu'il y avait dans cet ancien  bijou en argent à la forme oblongue.  Un pressentiment étrange, une force irrésistible qui empêchait la volonté du douanier, ses doigts hésitaient puis ils renonçaient soudainement. Le fonctionnaire me remettait précipitamment l'objet, comme s'il lui brûlait les doigts. J'aurais pu y mettre du cyanure, de la drogue,  toute autre substance illicite dans cet objet de 4 cm de diamètre et de 10 cm de longueur. Rien n'y fait ! Nul ne voulait ou ne pouvait  l'ouvrir.

 

A-t-il vraiment un pouvoir comme le prétendait la vendeuse de Kandi au Sri lanka ? En 2002, je me baladai dans les ruelles étroites de  cette petite ville concentrée autour de son lac artificiel, dans un environnement qui  rappelerait n'importe quelle station de montagne sans  neige. En déambulant d'un pas lent et paresseux, je flânai, m'inspirant de l'ambiance des lieux. Si proche de la relique de la dent de Bouddha.  En lançant un regard indifférent sur les vitrines des bijouteries qui regorgaient de bijoux en or et de pierres précieuses du pays, connu pour son extraction de pierres à la pureté rare, issues  pour la plupart des mines de Ratnapura, au pied du pic Adam.

 

Parmi tout ce dégoulinement de scintillements, mis en valeur par force lumière, se trouvait  à côté de la bijouterie chic en question , un vieux magasin d'antiquités où tout était jeté pêle-mêle dans la vitrine sans souci de présenter quoique ce soit de manière agréable à l'oeil. Ce désordre magnifique, ce bazar-foutoir attira mon attention. En entrant, je vis à gauche dans une armoire vitrée, le talisman en question.  Ce fut le coup de foudre immédiat ! Il me fallait l'obtenir coûte que coûte. De longues négociations s'ensuivirent et comble de malheur, la propriétaire de la boutique, une vieille dame grecque installée depuis plus de 30 ans au Sri Lanka, au visage parchemin, aux longs cheveux grisonnanst flottant sur les épaules, au regard délavé,  refusait de le vendre.  Elle s'entêtait, je compris qu'il ne s'agissait pas d'argent, le problème était ailleurs. Mais où précisément ?

Non ! Non ! insistait-elle, je ne veux pas vous le vendre, je ne peux pas le faire. Il a des pouvoirs dont j'ignore tout, mais c'est certain, il en possède. Et elle se mit en tête de me raconter l'histoire, ou la légende du talisman.

 

(suite à venir)

 

 

 

09:27 | Tags : sri lanka, kandi, talisman | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | |