24/03/2010

Assises pour le droit à la formation scolaire et professionnelle : dessine-moi un sans-papiers !

assises 009.JPG Combien de sans-papiers en Suisse. Quelques chiffres flous , tout et son contraire. 100'000 ou 300'000  ? Posons la question différemment. Combien de familles suisses , de personnes âgées et invalides ont besoin d'un sans-papiers .L'Italie a osé  regarder les choses sous cet angle et répond une famille sur sept. Un constat révélateur et qui a permis des régularisations en masse de badante (auxiliaires de vie )  entre 300'000 et 400'000 .  Et qu'en est-il en Suisse ? Quand osera-t-on lever ce voile sur les besoins d'une économie domestique qui se sert auprès des sans-papiers.

 

Parmi eux combien d'enfants sans-papiers, là aussi, on ne peut se fier à aucun chiffre précis. Mais un seul enfant qui n'aurait pas droit à sa formation scolaire ou professionnelle serait un enfant de trop au regard de la Convention pour les droits de l'enfant et du Pacte 1 de l'ONU.

 

Les jeunes sans papiers ont accès à l'école primaire et obligatoire, parfois ils suivent le cursus des hautes écoles. Celui qui n'est pas scolaire n'a pas de chance, il doit continuer la formation professionnelle à plein temps à l'école, il ne pourra pas entamer un apprentissage pour la simple raison que sans statut légal, il est impossible de signer le contrat d'apprentissage qui un contrat de travail qui présuppose un permis de séjour.

 

La solution serait que la Confédération  et l'Office fédéral des migrations autorisent les sans-papiers de signer des contrats d'apprentissage. En attendant, Genève pourrait délivrer des titres cantonaux - un CCC au lieu du CFC - certificat cantonal de capacité en lieu et place du certificat fédéral  de capacité.

 

Lors des Assises de nombreuses questions sont soulevées. Dans la plupart des cas, ce sont aujourd'hui des adultes qui entrent en formation. Convention de l'enfant jusqu'à quel âge ? La formation des jeunes est prévue jusqu'à 25 ans.

Ne pas permettre à un jeune de se former, c'est de le contraindre à traîner dans la rue. Cela coûtera plus cher à la société.

 

A l'issue des Assises, le comité propose une résolution adoptée par l'assemblée générale de clôture des Assises pour le droit à la formation scolaire et professionnelle pour les sans-papiers. :

1- dépôt d'une initiative parlementaire fédérale pour garantir la formation scolaire et professionnelle ainsi que la prise de contrat d'apprentissage pour les sans-papiers (...)

2-De prendre contact avec les cantons et les communes où des procédures législatives sont en cours afin d'élargir ou d'ouvrir l'accès à l'éducation scolaire ou à la formation professionnelle des sans-papiers porter (....) sur le plan fédéral le débat (...)

3 - Mettre en place un groupe de spécialistes avec des spécialistes d'autres cantons en vue d'élargir l'interprétation restrictive du Tribunal Fédéral quant au droit à l'éducation et à la formation.

4 En attendant  permettre aux sans-papiers d'accéder à la formation professionnelle duale et de la reconnaître par une certification cantonale (CCC)

5 De proposer aux cantons et communes avec lesquels le canton a pris contact de se reconnaître mutuellement ces attestations cantonales de formation.

6 De ne pas procéder à l'expulsion de  jeunes sans-papiers scolarisés ou en formation ni de leur famille ou famille d'accueil, pour leur permettre de poursuivre sereinement leur formation.

 

18:15 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | |

Commentaires

La régularisation en Espagne de près de 700.000 étrangers sans-papiers avait été sollicitée par leurs employeurs en 2005. Leurs contrats de travail relèvaient principalement du secteur des gens de maison (domestiques, nurses, gardes-malades, etc., 31,67%), de la construction (20,76%), de l'agriculture et élevage (14,61%), de l'hôtellerie (10,36%) et du commerce de détail (4,77%). Des secteurs qui aujourd'hui sont en crise. En 2005, L'Allemagne et les Pays-Bas avaient ouvertement reproché au gouvernement de Madrid de ne pas avoir tenu compte des efforts de coordination en matière d'immigration au sein de l'Union européenne. Mais en 2010, après la crise plus de 500.000 immigrés sont au chômage. Une politique de retour volontaire par décret-loi prévoyait 100.000 départs, il y en a eu 10'000 à ce jour. Le problème de la régularisation demande une bonne intégration (ce qui est souvent pas le cas), un niveau d'éducation optimale et en ce sens l'apprentissage est un bon début. On ne peut régulariser tous les sans-papiers de manière systématique et massive sans passer par un examen des dossiers cas par cas.

Écrit par : demain | 24/03/2010

Allons encore plus loin dans la connerie !

Après le CCC et autres papiers bidons, Genève pourrait aussi délivrer aux clandestins des "passeports helvético-genevois"...

Écrit par : Anonymous | 24/03/2010

Merci pour cet article de bon sens. Bien sûr que les enfants sans papiers devraient pouvoir se former!

Tous humains!

Écrit par : légensontétranges | 24/03/2010

le seul examen qu'un mineur doit devoir passer dans sa vie pour exister et revendiquer sa part de futur est celui d'être respecté dans son désir de grandir et de prendre en main sa vie, ...

c'est une valeur universelle,

ceux qui essayaient de couper les ailes à cet envole ce sont des criminels...


luzia

Écrit par : luzia | 27/03/2010

@luzia- par ce très beau commentaire, vous rappelez le rôle prépondérant des femmes, de participer activement, elles aussi, à sauver l'humanité. Rappeler aux guerriers mortifères de toutes sortes que la vie est partout et même chez un mineur sans papiers.

Écrit par : djemâa | 27/03/2010

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