07/03/2010

Najlae Lhimer - Manifestation à Château-Renard

 

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A Château-Renard dans le Loiret,  le petit bourg résonne sous  les voix en colère des manifestants qui scandent : "Najlae, retour en France, être protégée, être régularisée" . 500 personnes selon l'estimation des organisateurs  qui dénoncent l'expulsion de la jeune lycéenne qui après avoir porté plainte pour coups et blessures administrés par son frère s'est retrouvée dans un avion pour Casablanca. Un courrier a été déposé à la gendarmerie par Madame Parisod, mère d'une amie de la jeune fille et lu devant tous les manifestants.

Najlae quant à elle est toujours bloquée à Casablanca espérant son retour en France au plus vite, les examens de juin approchent et l'élève du lycée professionnel  très studieuse risque en sus de ne pas réussir son année. Elle a été appelée au consulat de France à Casablanca pour y obtenir son visa puis les fonctionnaires se sont rétractés : "J't'y donne, j't'y donne plus ! Demain Inch'Sarkozy ! Najlae rentre bredouille, promesses-barbe-à-papa, vous croyez avoir et constatez que ce n'est que du vent. C'est à ne plus rien y comprendre. Des forces occultes qui manoeuvrent dans l'ombre, des avis contraires, des résistances, des courants opposés, ordres et contre-ordres dans les administrations françaises. Véritable foire aux valses-hésitations, aux promesses non tenues!

Quant au frère, il n'a nullement été inquiété. Une source bien informée, m'a confirmée que c'est un copain de zinc de bistrot de l'ancien maire du petit bourg. Ils s'enfilent des coups de blanc en refaisant le monde, un verre de trop puis  le frère connu pour avoir l'alcool mauvaise, rentre à la maison, découvre un mégot de cigarette  caché par Najlae et vas-y que je te cogne. Le frère bourré comme un coing donne des leçons de maintien à sa soeur âgée de 19 ans. C'est Clochemerle ici ! s'indigne la source.

A Château-Renard, il y a plus d'un rusé.

comité de soutien http://www.retournajlae.com/


Manif Najlae Château-Renard
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09:47 | Tags : najlae lhimer, château-renard | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | |

Commentaires

Et dans les petits détails qui font mal : dans l'avion qui la ramenait vers le Maroc, les deux gendarmes qui escortaient Najlae avait leur place payée avec plateau-repas, tandis que Najlae avait une place payée... sans le repas, bien sûr !

Écrit par : Spipou | 07/03/2010

Message du 02/03/10

Un petit message pour vous encore =)
Voilà je suis toujours à Casablanca, je suis bien mais j’ai du mal à m'intégrer à la vie au Maroc.

Ce matin j'ai eu une interview avec France 24, ça s'est très bien passé après j'ai d'autres rendez-vous.
Voilà, je vous fais plein de bisous, je pense très fort à vous.

Merci d'être là pour moi, je suis très forte grâce à vous, merci beaucoup.
Gros bisous

Najlae vous dit merci d'être là pour moi
je vous aime très fort
Naoula !!! (Najlae)
Message du 28/02/10
coucou tout le monde

je fais passer un message

actuellement je suis a casablanca je suis un peu perdue mais je tiens le coup car vous êtes là pour moi merci d' être là
voila mes nouvelles je fais des interviews avec des journalistes en france au maroc et en belgique, je compte sur vous pour revenir le plus vite possible en france car je n arrive pas a me dire que je suis au maroc ....

mes journees sont très dures ici, je suis très fatiguée et j'ai des moments très très durs physiquement et des grosses grosses baisses de moral par moments !

hier j'ai entendu la manifestation à orleans j'étais en larmes ......

je pense tres fort a vous tous
merci d etre la pour moi
je vous donne de mes nouvelle tous les jours si je peux
gros bisous a tout le monde je vous aime tres fort et merci d etre là

Écrit par : soutiennajlae | 07/03/2010

Courage, Najlae, on pense à toi !

J'étais hier à la manifestation de Château-Renard. J'ai parlé un peu avec des gens qui te connaissent, et j'ai pu me rendre compte à quel point tu es appréciée et aimée à Château-Renard.

Personne ne te laissera tomber. Sois forte, je suis convaincu que tu seras bientôt de retour en France.

Écrit par : Spipou | 07/03/2010

merci Spipou

les marocains, les tunisiens, les nord africains, les maliens etc et tous les sans papiers, les autres laisser-pour-compte
sont contents de savoir qu'ils peuvent espérer du soutien des tunisiens,
des marocains, des nord africains sans papiers ou de tous autres laisser-pour-compte en Suisse.

ça nous manquait. on se croyait si égoïstes avec notre fric!

Écrit par : na...ya! | 07/03/2010

D'emblée, je tiens à dire que je suis totalement et définitivement contre la violence sous toutes ses formes faites aux femmes. Ceci dit et en tant que marocaine, je tiens à dénoncer le mensonge éhonté sur le risque d'un mariage forcé que pourrait subir cette jeune fille ! Le Maroc n'est pas l'Arabie Saoudite, et les étrangers qui y ont passé des vacances ou qui y habitent peuvent le confirmer. Le malheur de cette personne réside dans le fait qu'elle a un frère alcoolique et violent. Il faut dénoncer systématiquement la violence mais pas en utilisant des procédés malhonnêtes !

Écrit par : Zakia | 07/03/2010

Mariage des mineurs forcés au Maroc ? Une pratique pas si rare selon Maroc Hebdo, un article signé par une journaliste marocaine.


"Le mariage précoce pose toujours problème. En 2006, les juges ont accepté 90% des demandes de mariage de mineures. Ainsi, 12 % des filles âgées entre 15-19 ans ont le statut d’épouse au Maroc. Une tendance bien inquiétante. Déjà en 2005, devant l’ampleur du phénomène, le Groupe de la Coalition sociale a saisi le ministre de la Justice.

Les chiffres à cette époque sont tout aussi alarmants. Le mariage des mineures représente, dès lors, 8,34% de l’ensemble des mariages contractés, soit 21.660 cas sur un total de 259.612. La réponse du précédent ministre, feu Mohamed Bouzoubaâ, se voulait rassurante : « Ce phénomène reste une exception. La hausse des demandes de mariage est due à la période de transition caractérisée par l’entrée en vigueur légale de la moudawana. »

Trois ans plus tard, les nouvelles dispositions ne semblent pas être bien assimilées. L’Association démocratique des Femmes du Maroc (ADFM) ne cache plus sa préoccupation. Dans un communiqué diffusé à l’occasion de la journée mondiale de la femme, le 8 mars 2008, cette ONG affirme que les autorisations de mariage de mineurs au Maroc risquent de compromettre sérieusement le Code de la famille, adopté en 2004. Pourtant, la loi est bien claire. L’article 19 stipule « l’aptitude au mariage s’acquiert pour l’homme et pour la femme jouissant de leurs facultés mentales, à 18 ans grégoriens révolus ».

Les deux sexes sont, donc, placés sur un pied d’égalité. Sauf qu’une dispense d’âge est prévue par l’article 20 du Code de la famille. Bon nombre de parents profitent de cette dispense d’âge malgré la complexité de la démarche. Les mariages des mineurs sont, en effet, soumis à une autorisation préalable du juge. La demande comporte l’intérêt et les raisons des concernés. Le magistrat doit entendre le père et la mère de la mineure pour s’assurer que le mariage ne représente pas un danger pour la fille. D’où l’importance d’une expertise médicale et d’une enquête sociale. Le mariage de la mineure est soumis aussi à l’accord du tuteur légal.

Pressions

Les militantes des droits de la femme critiquent ouvertement cette exception. Elles ne comprennent pas sur quelles bases les autorisations sont délivrées, surtout que plusieurs violations au niveau des procédures sont relevées. Selon un rapport de 2005 de la Ligue démocratique pour les Droits des Femmes, les conditions dans lesquelles se déroulent les auditions et l’enquête avec les mineures ne permettent pas à celles-ci d’exprimer explicitement leur volonté, d’où une violation des dispositions des articles 10 et 11 du Code. Le constat médical remplace le plus souvent la demande d’une expertise médicale stipulée par l’article 20 du Code de la famille. Il n’y a pas d’investigation précise et approfondie qui permettrait d’identifier les éventuelles pressions ou l’existence de contraintes matérielles ou morales. La plupart du temps, les impressions dégagées des déclarations du père de la mineure sont les plus déterminantes. Ce même rapport énumère les raisons invoquées par les magistrats pour autoriser les mariages de mineures. Elles sont fréquemment en rapport avec la capacité physique de supporter les obligations du mariage, les conditions sociales et économiques de la mineure, l’existence d’un lien de parenté entre les fiancés et les traditions dominantes dans certaines régions. Les causes du rejet des demandes se limitent, quant à elles, à l’extrême immaturité de la mineure et l’incapacité physique de contracter un mariage.

Violation

Pour éviter les abus, les défenseurs des droits de la femme réclament tout bonnement le bannissement mariage des mineures. Car, à leurs yeux, il est considéré comme une « pédophilie autorisée et masquée ». L’Unicef lance le même appel. « Cette pratique viole les droits à la liberté personnelle et à la croissance », martèle Carole Bellamy, ancienne directrice générale de l’Unicef. Vraisemblablement, les hommes de loi rechignent à aller à l’encontre des traditions. Il n y a pas si longtemps, dans l’esprit des familles, la destinée la plus évidente pour les filles était le mariage. Et plus celui-ci survenait tôt, mieux cela valait. D’autant plus que même pour les filles qui avaient la chance de poursuivre des études supérieures et d’accéder au marché du travail, le mariage leur était imposé par leurs parents.

La pauvreté est aussi sur les bancs des accusés. Le mariage est aussi le moyen de préserver la virginité des filles, fondamentale dans les milieux ruraux.

À Taounate, dans la région de Fès, la moyenne d’âge des filles au mariage est de 15 ans. Une pratique non sans conséquence. Elle coupe à la racine les occasions offertes par l’étude et les chances de croissance personnelle. En outre, chez les filles, le mariage précoce est presque toujours synonyme de grossesse qui est la cause des hauts taux de mortalité maternelle et d’accouchements prématurés ainsi que d’une existence d’asservissement domestique et sexuel. Les adolescentes sont également plus sujettes que les femmes d’âge mûr aux maladies sexuellement transmissibles.

À quand, alors, la fin de cette mascarade ? À 15 ans, la place d’une fille ou d’un garçon est encore sur les bancs de l’école."

Source : Maroc Hebdo - Loubna Bernichi

Écrit par : question | 07/03/2010

He oui... Les moeurs sont toujours en retard sur la loi. Rappelons-nous qu'il y a quelques décennies seulement, les mariages "arrangés" n'étaient pas si rares en Europe.

En ce qui concerne Najlae, c'est à un homme de 50 ans que son père voulait la marier, raison pour laquelle elle a fui le Maroc à l'âge de 14 ans, avec l'aide discrète de sa mère.

Enfin, Zakia, si cette histoire était vraiment un mensonge éhonté, pourquoi un frère et un cousin de Najlae ont-ils fait le voyage de Oujda à Rabat pour l'attendre à la sortie du tribunal ? Pourquoi n'ont-ils pas osé l'approcher, voyant qu'elle était entourée de policier, de Xavier Parisot et de militants de RESF venus pour la protéger ? Si leurs intentions avaient été amicales, ils n'avaient aucune raison de ne pas lui dire bonjour et de s'enfuir comme des voleurs !

Écrit par : Spipou | 07/03/2010

Poème pour Najlae

Partout ailleurs, le printemps s'annonce, Najlae,

Mais il fait froid, ici, à Château-Renard,

Ici, où la loi du chiffre a plus compté

Que les principes élémentaires d'humanité.

Si les primevères le disputent aux crocus

Ici, ce sont les perce-neige qui s'attardent.

C'est un silence d'hiver qui commence à peser

Car l'ignoble, ici, se double de l'immonde.

Quand ceux dont le rôle consiste à protéger

Ont oublié la valeur des causes qu'ils défendaient

La tâche pour laquelle ils s'étaient engagés

Et leur obéissance à un ordre abject

Sera la lourde masse qu'il auront à traîner.

Mais la pluie et le vent, un matin, s'en-iront

Et toi, tu reviendras, enchanter tes amis

De tes slams qui sont un honneur à la langue

Et qui sont la culture, jouxtant la poésie.

Fabrice Selingant

Écrit par : Fabrice Selingant | 08/03/2010

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