02/03/2010

Battue à Paris, expulsée vers Casablanca

najlae.1267171619.JPG"Paroles, paroles, paroles.......Encore des mots toujours des mots.... les mêmes mots" une chanson de Dalida qui sied bien à Sarkozy . Lors de son discours prononcé à Toulouse le 11 avril 2007, il martelait : « Je veux que la France soit aux côtés de la persécutée qu'on oblige à porter la burka, aux côtés de la malheureuse qu'on oblige à prendre un mari qu'on lui a choisi. Je veux que la France soit aux côtés de celle à laquelle son frère interdit de se mettre en jupe. (...) A chaque femme martyrisée dans le monde je veux que la France offre sa protection, en lui offrant la possibilité de devenir française. »

Il y a le discours et puis la réalité tout autre,  deux mondes qui se côtoient sans se rencontrer , Najlae Lhimer, 19 ans en a fait l'amère expérience :

Najlae Lhimer, 19 ans, a été expulsée de France vers le Maroc samedi 20 février. Elle s'était réfugiée l'avant-veille au commissariat de Montargis (Loiret) après avoir été violemment battue par son frère. La police avait alors enregistré une main courante, avant de l'accompagner chez son frère, le lendemain, pour chercher ses affaires et son passeport, raconte la jeune femme. « Puis ils m'ont dit d'aller à la gendarmerie de Château-Renard pour enregistrer la plainte », explique t-elle.

Mais une fois sur place, les gendarmes ont fait savoir à la jeune femme qu'elle était placée en garde-à-vue pour séjour irrégulier en France. Moins de 24 heures plus tard, elle était expulsée par avion vers Casablanca. Najlae ne voulait pas retourner au Maroc, puisque sa famille voulait toujours la marier de force à un cousin. Elle n'a pas de famille à Casablanca. A son arrivée, elle est interpellée par les autorités marocaines, traduite en comparution immédiate devant un tribunal, puis relâchée dans la nature. Des réseaux féministes marocains prévenus par leurs confrères français la prennent alors en charge.

Née au Maroc, son père lui organise un mariage forcé en 2005 alors qu'elle n'a que 14 ans. Aidée discrètement par sa mère, elle fuit alors son pays natal pour se réfugier illégalement en France. Son frère l'accueille, sur ordre de la mère. Mais il n'apprécie guère la conduite de sa sœur, trop libérée à son goût, et la maltraitance récurrente commence. . En novembre 2009, alors qu'elle poursuivait ses études en lycée professionnel, elle s'était vue signifier une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Son avocate avait alors déposé un recours contre cette décision, recours actuellement toujours pendant.

Selon Maître Gilles Laille, avocat au barreau de Paris, l'administration a agi « dans l'illégalité complète ». « L'arrestation et l'expulsion de Najlae relèvent d'une procédure inéquitable en vertu de l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme. Par ailleurs, la gendarmerie a commis une faute lourde en refusant d'enregistrer la plainte de cette jeune femme. "

Un fort mouvement de solidarité s'est organisé pour le retour de Najlae en France. Au-delà de ce cas, on peut craindre le pire pour des personnes avec statut précaire qui n'oseraient  plus dénoncer leurs bourreaux de crainte d'être expulsées.

 

21:30 | Tags : najlae lhimer | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | |

Commentaires

Hallucinant, liberté, égalité et fraternité !
J'oubliai le poinion !!!

Écrit par : Sabourjian | 02/03/2010

Mille mercis, Djemâa.

On continuera à se battre, jusqu'à ce que Najlae soit revenue parmi nous.

Pour ceux qui habitent le Loiret, l'Yonne ou la région parisienne, une manifestation de soutien est prévue le 6 mars à Château-Renard (14 h 30 devant la Médiathèque). Merci de penser à Najlae, elle compte sur nous.

Écrit par : Spipou | 02/03/2010

Tout mon soutien dans votre travail et soutien actif !
Bonne chance !

Écrit par : Sabourjian | 03/03/2010

Slam pour Najlae

Que tu sois ainsi maltraitée et battue déjà me blesse

Mais que l'on cherche à abuser de ta faiblesse

Pour te renvoyer sans recevoir ta plainte

Me heurte au plus profond de mes sens douleur.

Que les représentants de l'ordre ainsi feintent

Pour assurer des quotas n'entendent pas ta peur

Est indigne des penseurs du pays des lumières

Un temps où les tyrans ont toujours cœur de pierre.

La plus grande faute, d'un peuple, chère Najlae,

Serait face à ta double peine de ne pas être là,

À œuvrer, simplement, comme des citoyens,

Que ton droit à être protégée soit respecté enfin.

Fabrice Selingant

Écrit par : Selingant Fabrice | 08/03/2010

Hpay end !

Écrit par : Corto | 09/03/2010

Les commentaires sont fermés.