28/02/2010

JEAN COCTEAU - UN COCKTAIL QUI DERANGE

Affiche_exposition_Cocteau.jpgUn après-midi pas comme les autres au Palais des Lumières à Evian, les eaux des fontaines bruissent discrètement et rappellent la belle époque de la ville thermale avec un je-ne-sais-quoi de suranné. On y  découvre  à travers une riche exposition  un Cocteau qui vous enivre tant il y a à admirer. L'homme et son oeuvre immense. Poésie, roman, cinéma, théâtre, danse, plastique, une vie qui se conjugue au pluriel sur les pas d'un magicien.  450 pièces exposées dont un tiers de livres rares.

A travers les témoignages se révèlent les amitiés, les passions et amours du poète. Proust, Rostand, Apollinaire, Cendrars, Max Jacob, Picasso et tant d'autres célébrités du monde du théâtre, de la danse, de la littérature, du cinéma. Tandis que le film de la Belle et la Bête est projeté en boucle, la voix aux tonalités étouffées de Jean Marais plane dans les hautes salles.

Le message de Cocteau, le plus fort, le plus intense :  l'art consiste à déranger .

" Si j'écris je dérange. Si je tourne un film je dérange. Si je peins, je dérange. Si je montre ma peinture je dérange, et je dérange si je ne la montre pas. J'ai la faculté du dérangement. Je m'y résigne, car j'aimerais convaincre. Je dérangerai après ma mort. "

Ainsi laissez vous agréablement déranger - je préconise une visite en deux temps pour mieux apprécier la très riche exposition  :

 

Du 20 février

Au 23 mai 2010-02-26

Palais Lumière Evian

 

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27/02/2010

LA GRANDE CARRIERE DU MULET CONTREBANDIER AWAX

le-vieux-mulet-1.jpgAWAX est un mulet qui a défrayé la chronique en 1996 en Tunisie.  Sa mort a peiné les foules nombreuses. Ignorés les droits de l'homme dans le quotidien La Presse, indifférents aux  Islamistes emprisonnés et longuement cités dans le Temps, aux  grandes escroqueries largement décriées  dans La Dépêche, les lecteurs n'étaient passionnés que par la mort de la pauvre bête.  Les politiciens, le jour de la mort du mulet, avaient beau s'égosiller, emplir les colonnes de la presse de tous leurs mensonges, les journalistes dénoncer les malversations de toutes sortes, on n'entendait que cris, pleurs et grincements de dents  sur la mort d'AWAX- montré à pleines pages, éclipsant,  du coup,  les plus grandes personnalités politiques qui auraient payé cher pour avoir une telle audience. Ils auraient payé bonbon pour se mettre dans la peau du mulet ne serait-ce qu'un seul jour. Politiciens et journalistes étaient inexorablement relégués dans l'ombre du mulet tunisien, grand  contrebandier entre la frontière tunisienne et algérienne. Awax, ainsi se nommait-il. Son nom faisait référence à l'avion-radar espion américain.

 

Awax est né dans un petit village proche de Tabarka - au Nord-est de Tunisie-  et situé à flancs de montagne couverte d'épineux. Dès sa naissance, on le déclara intelligent et vif et son maître lui prédit une glorieuse carrière - celle de contrebandier habile et discret.

Dès ses deux ans, son maître le prépara à craindre les uniformes de policiers tunisiens et algériens et des douaniers des deux frontières.  Après avoir confectionné de manière parfaite les quatre  uniformes, le maître dès qu'il montrait un uniforme tapait le mulet. A force de coups répétés face à des mannequins fabriqués de toutes pièces et arborant ces habits étranges, le mulet sur le modèle  pavlovien finit par  avoir le juste réflexe quant au  danger de la chose: la fuite . Il avait compris de la façon la plus évidente du monde :  un uniforme,  un coup. Il avait conclu que tout ce qui portait un uniforme pouvait s'avérer être dangereux pour son dos.

Après trois ans d'exercices quotidiens, Awax était prêt enfin à traverser la frontière à  Babouch.  Chargé comme un mulet de matériel électronique de pointe, devenu spécialiste malgré lui de transfert de technologie. Le tout glissé dans les deux couffins  en osier, étroitement attachés sur chaque côté de la bête.  Il connaissait par coeur le sentier qui passait près des douanes. A la vue d'un douanier, ou d'un policier, il augmentait le pas de charge pour s'enfuir le plus vite possible et épargner sa peau des méchants coups de bâtons auxquels il fut soumis durant des années et qu'il pouvait encore être amené à recevoir.

Durant quatre  ans, à raison de 30 à 40 km par jour. Awax s'en allait par les sentiers escarpés livrer le fruit de la contrebande. Son maître et l'acolyte algérien voyaient leur fortune grossir à vue d'oeil et tous les efforts fournis sur la bête leur rapportaient beaucoup d'argent.  Leur mulet était la  poule aux oeufs d'or. Un comparse récupérait la marchandise sur sol algérien et renvoyait le mulet avec des nouvelles marchandises de contrebande dont des cigarettes de contre-façon et de l'essence libyenne à moitié prix qui transitait par l'Algérie.  Celle-là même qui se vend au bord de la route et que des malhonnêtes mélangent à de l'eau. Quand vous croyiez avoir fait une bonne affaire, vous vous retrouviez en panne quelques kilomètres plus loin avec en guise d'essence de la mauvaise huile mélangée à de l'eau.

Un  douanier algérien finit par remarquer cet étrange manège du mulet fuyant à leur vue. Ils finirent par le suivre, et plus vite ils couraient, plus vite le mulet les distançait, malhabile dans sa course,  freiné par son lourd chargement. Un jour, ce qui devait arriver, se produisit,  les  douaniers algériens le rattrapèrent et le trouèrent de plusieurs balles.

Ainsi s'acheva la grande carrière de contrebandier du mulet. Durant ses années d'exercices, il passa environ vingt  tonnes de marchandises non déclarées, ignorant tout ce qui avait de fastidieux à remplir les formulaires TVA et le carnet ATA et à devoir glisser, sans cesse, sous table  des backchiches pour accélérer  la procédure interminable de dédouanement des produits.

 

 

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26/02/2010

Le clown du désert et Sun Tzu

950507959.jpgMouammar et Hannibal Kadhafi  ont  assurément lu, eux ou leurs conseillers, du Sun Tzu et l'ont réadapté à la sauce libyenne, même si ce n'est pas d'un haut niveau, on reconnaît toutefois conseils, tactiques et stratégie du maître Chinois dans son art de la guerre.

Max Göldi, extirpé de l'ambassade suisse sous les caméras, menotté et emmené a été humilié comme s'est  senti humilié "Hannibal la brute" à Genève - dent pour dent, oeil pour oeil. En grand seigneur toute victoire bue, Hannibal demande avec "bonté et générosité" des nouvelles du prisonnier, se renseignant sur ses bonnes conditions de détention. Il se fait passer pour  un homme bon aux yeux de tous et d'une grande magnanimité.

Le père Kadhafi quant à lui et - Sun Tzu prévient -" lorsque l'ennemi se montre bon, il prépare une attaque" - s'acharne aussitôt sur la Suisse la menaçant de mille maux, de Jihad et d'autres invraisemblances.  Selon Sun Tzu, il ne faut pas craindre le général qui sort de ses gonds et perd toute tempérance. Notre clown est exactement ce général-là.  Aux humeurs inconsistantes et irrégulières  sujet à des colères et trépignements de rage !

Toujours en lisant Sun Tzu et l'art de la guerre, la prochaine étape suisse serait de ne pas relever l'injure faite mais bien arriver à  un point de situation sur les alliances avec la Libye.  Hormis en Europe, le copain Berlusconi qui vient de se ramasser un gnon, Sarkozy qui ne le soutiendra pas dans ce dernier excès. Tout le monde finit par en avoir assez des excentricités du clown, il n'est même pas le clown du Roi, il est le roi-clown devenu fou !

Soit restreignons davantage  ce réseau  d'alliances et rendons-le ridicule auprès du  peu de soutien qui lui reste. A mon avis, je suggère de lançer une nouvelle ligne de chocolat *Jihad Suisse* avec la pire des photos du raïs affichée en grand et envoyons-la à tous ses amis et ennemis avec un petit mot gentil :
"La Suisse sur les suggestions de Sieur Kadhafi se fait un plaisir de vous envoyer cette plaque de chocolat au goût un tantinet amer ".

Les Arabes n'ont jamais manqué du sens de l'humour et le trublion en prendra pour son grade, néanmoins  ne perdons pas de vue la libération de Max Göldi - la Suisse doit encore fait le dos rond et laisser les autres monter aux barricades -  c'est le seul objectif à atteindre aujourd'hui  !

La libération de Max Göldi devrait être proche, la Suisse a le droit à un dernier coup de gueule de Khadafi qui ne veut  pas perdre la face, ce n'est surtout pas le moment de commettre des impairs et de faire rater sa sortie au clown,  car cette fois-ci c'est la vie de l'otage qui serait en jeu.

Le clown aboie et la caravane passe !

 

 

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LES GRATTE-CULS DE MARSEILLE - JUST DO IT !

2008060921534135_Quicklook-original.jpgEn plein quartier Nord de Marseille, je suis assise et observe ce semblant de vie depuis  une  estrade en ciment,  entourée de "gratte-culs" - On préfère dire comme ça ,  ça fait mal aux dents de dire gratte-ciel, le ciel on l'a oublié, ou il vous a oublié, on ne sait plus trop dans quel sens  l'amnésie s'est produite,  mais il est certain qu'il n'est pas pour les habitants  de la cité. Du ciel et du bon Dieu, on n'en voit plus que le cul !

Les immeubles lépreux aux cages d'escalier explosées, les balcons  surchargés d'objets divers et encombrants, c'est vrai que dans les clapiers où on y vit à dix, il n'y a plus de place.  Et parfois un malheureux ivre, mais de révolte  surtout, balance son frigo du dixième étage, mieux va pas se trouver en bas,  à ce moment-là. Ce serait trop con de mourir écrasé par un frigo.  Mourir, certes, mais avec un peu de gloriole et d'emphase quand même !

Les voitures au pied des immeubles sont calcinées, couchées sur le dos, des chiens errants  dont les propriétaires se sont jetés par la fenêtre, on ne se souvient plus précisément quand, couratent par-ci par-là, entre coups de pied des gamins et morceaux de pain qu'on veut bien leur balancer.

Le mistral souffle dans ce quartier maudit, des nuages de poussière tournoient au-dessus de ce désespoir, se perdent dans cette grisaille des laissés-pour-compte, où le chômage des jeunes avoisine le 80%.  Alors l'école ou la formation professionnelle quand on voit ça, on se demande à quoi ça sert.  Les parents autrefois travailleurs, cascade humaine d'immigrés et de réfugiés débarqués dans les années 1960,  après la guerre d'Algérie, se souviennent avoir travaillé au moins une fois à l'usine, au port  ou sur un chantier, mais il y a si longtemps. Les enfants hésitent, peut-être bien que les vieux ont travaillé un jour ! Ils se souviennent qu'autrefois, ils  les voyaient se lever   tôt le matin, mais c'était peut-être pour se rendre à l'ANPE ?

Les "descentes de camion" habillent tout le monde de marque, de pied en cap, le nom des grands qui s'affichent sur les Champs Elysées ou  Faubourg St-Honoré et viennent sans le vouloir s'encanailler dans la cité. La revanche des pauvres. Gucci, Burberry, Vuitton, Christian Dior, chaussures Nike.

Comme pour ridiculiser la bourgeoisie et ses apparats,  on exhibe, on traîne dans le ruisseau, on descend du piédestal les attributs de la France bien-pensante, xénophobe  et petite bourge.

On lui fait goûter au ciment, à la lèpre saturnienne, à l'alccol, à la drogue, à la dépression. Les habitants de la cité se baladent avec les grands noms des couturiers sur le dos (même si ce sont des faux) pour noyer les nantis avec eux, les ensevelir sous la masse de leur exclusion.

Comment  s'empêcher de réinterpréter la pub et le slogan des marques dans cet univers dantesque- Dior et son Midnight poison - Burberry et son Designed for living, built for life- oui mais quelle vie précisément ?  Nike et son Just Do it ! (pour vivre dans la cité il faut le faire). Ces slogans   trouvent un écho et planent de manière étrange dans cet enfer marseillais.

Il serait temps de balayer ces cités inhumaines où les êtres sont entassés comme du bétail, exclus du système : JUST DO IT !

 

 

 

 

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23/02/2010

LES "SERVET" DU LOGEMENT

S-Asse1.jpg

Claquemurés dans un  deux pièces minable hors prix et privés  de toute aide, les Genevois pourraient aussi écrire :

"Je vous supplie qu'il vous plaise abréger ces grandes dilations. Vous voyez que la Cité calviniste pour son plus grand plaisir nous veut ici faire pourrir. En nos misérables logements les loyers nous mangent tout vifs. Nos tirelires sont vidées et nous n'avons plus de quoi vivre, nous y avons laissé nos chemises et n'en gardons plus qu'une méchante !"

 

Heureusement que la France voisine nous loge encore à des conditions acceptables, transformant  de ce fait les Genevois en frontaliers sur qui sont déversés tant d'horreurs.

 

MERCI LA FRANCE ! Genève quant à elle, perd  chaque année, de nombreux contribuables forcés à l'exil et condamnés à devenir les SERVET du logement fuyant vers une France plus accueillante !

 

 

Une annonce parmi tant d'autres et pour exemple sur le site SPG, celle-ci concerne un appartement  à Chêne Bourg :

 

Surface               53 m2

Nombre de pièces             3 Pièces

Loyer mensuel (hors charges)             CHF 2,343.-

 

19:04 Publié dans Genève | Tags : logement | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | |

19/02/2010

LE TRIO JOUBRAN A MEYRIN - Du Ûd et encore du Oud

Trio-Jourbranjpg.jpgLe Trio Joubran - Trois frères issus d'une famille qui, depuis quatre générations, vit à travers le « Oud », le fabrique, le joue, l'aime.

L'arrière grand-père, le grand-père, le père et maintenant, les trois frères Samir,  Wissam, et Adnan qui font de cet instrument un savoir,

une passion, une vie...

 

Dans le cadre d'un projet de construction d'un centre culturel et scolaire à Gaza en Palestine, l'association Meyrin Palestine organise ce concert  de "Oud" en vue de collecter des fonds.

Vendredi 5 mars 2010 à 20h30 Théâtre Forum Meyrin

 

 

 

09:27 | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | |

16/02/2010

Les cobays algériens sortent du placard

gerboise.GIFUn rapport militaire explosif et révélé par Le Parisien confirme l'exposition d'appelés du contingent aux essais nucléaires français dans le Sahara algérien, dans les années 1960. Il s'agissait d'étudier les effets de la bombe sur l'homme.

Lorsqu'on ouvre les placards français, on n'y trouve pas que des fonctionnaires placardisés au salaire mirobolant, mais aussi  de vieux restes de l'Algérie qui sentent encore le roussi. Il s'agit , cette fois-ci, des essais  nucléaires  pratiqués dans le Sahara algérien  Les cobays étaient choisis avec des Algériens  parmi les appelés du contingent français qui stationnèrent en Algérie.  Ces essais auraient fait 25'000 victimes irradiées à des niveaux différents et qui gardent de graves séquelles physiques et psychologiques sans compter l'impact environnemental.

Le  1er essai surnommé "Gerboise Bleue" du 13 février 1960 à Reggane équivalait à quatre fois la Bombe Hiroshima. 

D'après  les spécialistes de la radioactivité,  il faudra 24'000 ans pour effacer entièrement les traces de ces essais criminels. Selon des statistiques  scientifiques, on recensait, peu après,  87 fausses  couches dans une localité avoisinante, malformations ou système immunitaire déficient chez les nouveaux-nés.  Les vents sahariens avaient exportés les particules radioactives du plutonium très loin, on dénombrera par la suite,  des milliers de décès par cancer et leucémie dans les contrées avoisinantes. Régions qui n'ont pas été décontaminées jusqu'à présent.

La France se défend en maintenant avoir pratiqué des essais nucléaires "propres". Toutefois les langues se délient, et selon le proverbe arabe "la langue n'a pas d'os, losqu'elle part, elle ne s'arrête plus" ,  les témoins racontent, l'explosion, la lumière qui rendit certains aveugles. Pas de protection pour les cobays, un simple masque anti-poussière.  Des cinéastes ont raconté l'horreur de ces essais dans :  Vent de sable de Larbi Benchiha, Gerboise bleue  de Djamal Ouahab et Combien je vous aime de Azzedine Meddour.

La France ne reconnaît pas le sacrifice des ses vies au nom de l'expérience nucléaire malgré les révélations du "rapport confidentiel" intitulé "La genèse de l'organisation et les experimentations au Sahara" rédigé en 1998 par un ou plusieurs militaiers anonymes. Le ministre de la Défense Hervé Morin parle de doses très faibles. La dernière expérimentation intitulée La Gerboise Verte" -  devait permettre d'étudier les effets physiologiques et psychologiques produits sur l'homme par l'arme atomique, afin d'obtenir les éléments nécessaires à la préparation physique et à la formation morale du combattant moderne", écrit le rapport. L'Algérie ne s'est pas sentie davantage concernée quant à la nécessité de décontaminer les régions touchées après le départ de l'armée française qui n'en avait cure.

Pour mémoire :

La France a procédé à 210 tirs depuis le premier au Sahara en 1960 jusqu'à l'ultime expérimentation de 1996 en Polynésie française. En 1962 encore et selon une clause secrète des accords d'Evian, 13 autres essais auron lieu jusqu'en 1967. Souterrains, cette fois, parmi lesquel le tir "Beryl" qui échoue et libère un nuage radioactif contaminant tous les soldats présents sur le site d'In-Eker, à une centaine de kilomètres au sud de Reggane. Des milliers de vétérans victimes des essais nucléaires, persuadés d'avoir été contaminés par la radioactivité, se battent pour la reconnaissance de leur préjudice. Le 22 décembre 2009, une loi a été adoptée, sur l'indemnisation des victimes des essais nucléaires,  le  Ministre précise avoir "demandé à (ses) services 'd'ouvrir les placards', afin que chaque personne qui se pense victime des essais puisse avoir connaissance de ses relevés dosimétriques ou des éléments de dosimétrie d'ambiance".

 Les placards , une fois ouverts, risquent fort de nous livrer une coulée humaine de traumatisés physiques et psychiques des essais nucléaires "à petites doses" de contamination.

 

Photo : La gerboise bleue

 

Source : Tribune d'Algérie  et revue de presse française.

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13/02/2010

Féminisme et écologie - un couple qui bat de l'aile

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La philosophe Elisabeth Badinter, sur les ondes de France Inter,  à l'occasion de la sortie de son récent ouvrage "Le conflit -  La mère et la fille" ,  dresse un tableau peu reluisant des acquis du féminisme. En 30 ans,   la cause féminine s'est égarée, perdue dans les sinuosités d'un discours hésitant entre dogmatisme et aliénation. En conclusion, la femme s'est fait avoir sur tous les tableaux, elle est présente partout, à la maison où elle fait plus d'heures de ménage que son conjoint,  au travail où elle est moins bien payée que les hommes et la culpabililté n'a pas changé d'un iota. A Mauvaise mère est venu s'ajouter mauvaise travailleuse.

Avec le mouvement écologiste, la femme risque de payer les frais de cet engouement vert qui se profile comme la nouvelle religion avec ses nouveaux dogmes.  La femme est invitée d'abord, ensuite elle sera forcée sous la pression  sociétale à un véritable retour  en arrière:  laver les couche-culottes, adieu serviettes et tampons hygiéniques, allaitement forcé sur deux ans, teintures pour cheveux prohibées, maquillage interdit (trop polluants) . On emmène les enfants à pied ou à bicyclette en pédalant comme des forçats, on monte les escaliers avec les cabas surchargés, c'est plus écolo que de prendre l'ascenseur. La voiture vous oubliez, la femme peut être  transformée en cheval de trait : porter, transporter, aller et venir, même pas besoin de lui donner du foin, la femme c'est encore plus écolo qu'un cheval ou un âne. Les femmes continueront à  se faire les trois huit et à quelles conditions !

Après la culpabilité maternelle, alors que chaque 10 ans on constate qu'on dit tout et son contraire, on pourra enfin officiellement accuser les femmes de polluer la planète.

Et qu'en est-il de la politique en matière d'énergie alternative qui ferait encore plus de bien à la planète  ? Il ne se passe pas grand-chose,  de ce côté-là,  ce sont les hommes qui décident des investissement à réaliser ou pas. En attendant, la femme a bon dos. Et si effectivement sauver la planète devait passer par le sacrifice des femmes, alors on pourrait suggérer de leur verser une partie des bénéfices de la taxe écologiste pour les maintenir  à la maison à laver les couche-culottes à la main, elles seraient payées,  du moins,  pour cet effort.

Si nous n'y prenons pas garde, Messieurs, Dames,  l'écologie transformera les femmes en disciples des  Mormons. Mais sur le principe de protéger notre planète, il n'y a rien à dire, néanmoins restons prudents afin que  ce ne soient pas toujours les mêmes qui doivent faire des efforts.  Ou alors considérons les femmes comme des Pachamamas (déesses-terre) et donnons-leur le rôle ad hoc digne de leur rang  et ne leur infligeons pas essentiellement  les obligations imposées par le machisme ambiant.

 

(photos, les femmes finiront par pédaler sous l'eau )

 

13:08 | Tags : féminisme, badinter | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | |

12/02/2010

LA SERPILLIERE HUMAINE

images.jpgLA SERPILLIERE HUMAINE

8h20- Sous la neige, je roule lentement en écoutant la radio. Un journaliste parle d'une enquête sur l'Afghanistan, les pneus crissent sur la glace, je ralentis prudemment . D'une oreille distraite, j'entends :"Guantanamo, Bagram, tortures, serpillières humaines, corps enduits d'encaustique et utilisés comme serpillières sur sols mouillés d'urine. Les tortures font le lit du terrorisme en Afghanistan...." - La voiture glisse, en imaginant cette scène d'horreur, j'ai spontanément appuyé sur le frein d'une manière brusque, je retiens mon souffle ! .......... Et depuis je m'interroge.

Pour les torturés on imagine les traumatismes, ils seront marqués à vie, plongeront dans une pathologie ou deviendront à leur tour des terroristes. Confusion sur les identités, un des prisonniers,  parmi tant d'autres erreurs,  avait le malheur de porter le même nom et prénom qu'un gars recherché. Pour certains américains légèrement analphabètes Abdul et Abdullah, c'est kif-kif ! C'est donc Abdullah, jeune enseignant,  qui sera torturé pendant trois ans en lieu et place de Abdul.

Pour les bourreaux, on sait ce qui se passe aussi. On dénombre un taux élevé de suicidés parmi les soldats de retour d'Afghanistan, de dépressifs, de fous violents ! Le  Viet-Nâm est encore présent et  hante comme un fantôme la conscience américaine, les mémoires sont bien courtes,  et pourtant on  ne sait plus qu'en faire des grands traumatisés de retour de cette autre guerre. Ceci démontre aussi que nous ne sommes pas constitués pour intégrer l'inhumain malgré la propagande et le lavage des cerveaux, à quelque part nous sommes et restons humains dans cette unique dimension qui est la nôtre.

Comment un pays peu importe le drapeau laisse ses soldats sous l'uniforme, censés représenter leur pays et les valeurs de leur nation s'engluer dans des pratiques qui non seulement tuent l'ennemi mais les achèvent aussi ?

Comment ces pays peuvent envoyer s'auto-mutiler leurs soldats en les laissant plonger dans des pratiques perverses qui transformeront les victimes en bêtes sauvages et ceux qui les pratiquent en loques humaines ?

Lorsqu'on voit la souffrance de part et d'autre, ceci nous rappelle qu'au-dela de la culture, des frontières, des traditions et de la religion, nous sommes définitivement liés les uns aux autres :  Ô vous, frères humains ! Détruire, humilier, achever, nous détuit, nous humilie et nous achève !

Nous sommes, en effet,  le miroir de l'autre, bien le traiter c'est se respecter  et cela même en temps de guerre , il existe bien  une  convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants qui interdit de tels sévices.

Force est de constater que de nombreux pays utilisent encore cette convention comme d'une  loque à reloqueter ce qui permet encore d'utiliser des humains comme serpillières à encaustiquer les sols.

 

 

 

 

11:27 | Tags : bagdad, torture | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | |

11/02/2010

Mémoires d'une femme de ménage

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Un avant-goût du bagne, le boulot sur le ferry-boat à Ouistreham, la journalise Florence Aubenas a testé pour nous. Sous prétexte d'une année sabbatique au Maroc, elle s'installe à Caen, se teint les cheveux en blond les tire en arrière, lunettes sur le nez, ainsi transformée en chômeuse-pointeuse. Tous les matins, elle pointe son petit minois au Pôle Emploi où il y ancre ses habitudes : téléphone, imprimante, photocopieuse pour capter les offres du jour qui tournent en rond.  Nettoyage d'un  magasin de luxe à Deauville, trottoirs et vitres. Distribution d'échantillons de déodorants à Caen. Elle décrochera finalement le job sur les ferries, où on accepte aussi les  débutants.

Jeff le boss avale 100 km par jour pour venir travailler.  Il recrute comme au temps des esclaves : « Vous sortez vos papiers d'identité, je les photocopie. Vous ferez une formation demain matin, vous commencerez après-demain. Il y a, en général, trois ferrys par jour, à 6 heures, à 14 heures, à 21h30. On fait le ménage pendant l'escale, entre le moment où le bateau arrive et celui où il repart. Pour commencer, vous serez embauchés sur l'horaire du soir, six jours par semaine, congé le mercredi. La vacation à bord va jusqu'à 22h30. Ça fait une heure payée, en salaire de base. Après on verra. Pas de questions ? »

C'est Mauricette, la chef d'équipe qui forme les nouveaux. "Son humeur monte et descend comme la mer " Collé aux sanis (sanitaires) notre journaliste découvre les joies du nettoyage, le tout en 30 minutes. "En un quart d'heure, mes genoux ont doublé de volume, mes bras sont dévorés de fourmis et j'écume de chaleur dans le pull que j'avais cru prudent de garder. Je n'arrête pas de me cogner dans les gens, les meubles, je ne suis pas loin d'éborgner une collègue avec un pulvérisateur pendant qu'elle fait les bannettes. Elle ne se trouble pas : «Moi, le mois où j'ai débuté, j'avais des crampes dans tout le corps. J'ai perdu au moins 6 kilos. » Mauricette hurle Florence ; « Viens là. Tu ne vois rien dans la douche ? Les poils, là, sur le côté ? » Il faut recommencer à frotter devant elle, à quatre pattes dans les sanis, pendant qu'elle continue de cravacher le reste de la troupe, sans regarder derrière elle : « Allez les filles, dépêchez-vous, faut tenir la cadence."

Sur fond de seaux qui s'entrechoquent, de fracas d'aspirateurs, d'eau qui coule, des amitiés se tissent, des solidarités. Petit clin d'œil sur les parachutes dorés des pauvres : 200 euros.

Et la rencontre avec Astrid la conseillère en insertion de Pôle Emploi, toujours de bonne humeur.

"En général, nos entretiens commencent par une conversation de circonstance sur le ménage, que Mme Astrid mène rondement, y mettant même un certain piquant. « Quand vous faites des candidatures, madame Aubenas, qu'est-ce que vous mettez à la case "motivation" ? - Justement, je voulais vous en parler, madame Astrid. Je ne sais jamais quoi écrire. - Je vous comprends. C'est vrai : comment définir une motivation dans ce secteur ? Ici, mes collègues me disent que ça les détend de faire le ménage le dimanche. Moi, franchement, je préfère me mettre sur le canapé avec un livre. »
« Qu'est-ce que vous avez comme passion, madame Aubenas ? » Je réponds enfin, d'un ton un peu plat : « A votre avis, quel genre de passion pourrait intéresser un employeur qui recrute une femme de ménage ? »
Rien ne décourage Mme Astrid, jamais : « La musique, par exemple. Est-ce que vous aimez la musique ? » « Et comment vous décririez- vous, madame Aubenas ? Avec quelles qualités ? » A nouveau je sèche. Elle répond pour moi : «Moi, je vous vois dynamique. » Elle tape : « Dynamique. » « Et vous avez un bon contact l'esprit d'équipe aussi. » Elle ajoute : « Esprit d'équipe. » Le CV qu'elle me tend est une oeuvre d'art, avec des colonnes différentes, des grisés".

La visite chez le médecin du travail qui n'en a rien à faire . Il l'invite à se peser avec sa parka ? Pas perdre de temps surtout.

Florence Aubenas a osé une sacrée aventure, il fallait avoir le courage de plonger dans l'univers de la précarité, de relever les macches et d'y aller . Ce monde où, un jour, épuisé, on finit par se coucher et ne jamais plus se relever. 6 mois d'expérience à faire des ménages,  côte à côte,  avec les plus fragiles, l'armée des  CDD. Ceux qui ont amorcé la  voie de Clochardisation des Démunis et des Déprimés. La nouvelle classe ouvrière qui ne gagne pas plus de 700 euros par mois, un goût sulfureux d'une révolution qui s'annonce. Ils n'auront plus d'autre choix que celui de la révolte.

Sortie prochaine aux Editions de l'Olivier - Quai de Ouistreham de Florence Aubenas

Source Nouvel Observateur http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/2010021...

 

19:15 Publié dans Solidarité | Tags : florence aubenas, editions olivier | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |