30/09/2009

FRANCE TELECOM- Suicide en série et communication mensongère du groupe

 

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- "NOS IMPACTS AU NIVEAU SOCIAL ET SOCIETAL "- (credo de Telecom France et légende de la photo)

 

"PLUS LOIN ENSEMBLE" - un slogan Telecom France si fort qui mène directement  au suicide ou alors qu'en est-il du message de Didier Lombard le Président Directeur Général sur la Responsabilité de l'entreprise  ?:" Dans le contexte économique actuel, notre démarche de responsabilité sociale d'entreprise est plus que jamais au coeur de notre stratégie business. Notre démarche de responsabilité d'entreprise et de développement durable contribue fortement à la performance globale du Groupe en favorisant la création de valeur à long terme : elle nous permet de mieux maîtriser nos risques, elle nous pousse à innover et nous permet de saisir les opportunités de croissance liées aux nouvelles attentes de la société.
Elle contribue aussi à optimiser nos modes de fonctionnement internes pour nous rendre plus efficaces."

Nous avons défini une stratégie ambitieuse pour devenir l'opérateur de télécommunication leader en matière de responsabilité sociale d'entreprise d'ici à 2012." Dans la même rubrique encore quelques communications mensongères sur "les impacts de la société au niveau social et sociétal" dans la première ligne du textem on mentionne les produits responsables peut-être pour montrer que la direction l'est moins et finalement un chapitre dédié à l'engagement, l'éthique, puis sur la lancée l'organisation, le réseau et les performance.

Valeur morale et rentabilité étroitement liées, imbriquées de façons démoniaque, illusoire, la productivité est devenu un animal étrange à forte dose morale et source de valeur éthique et solidaire. Malheureusement, Cher Telecom, un produit reste un produit et un humain, un humain ! En analysant ce texte, on comprend bien la confusion des employés, les attentes trompées, on imaginait l'employeur si bon, si philantrope et si généreux, imprégné de  philosophie, de sens moral, de valeur alors qu'il s'agit juste de requins aux dents longues, d'exploitateurs amoureux du business rentabilité et qui se cachent derrière une philosophie d'entreprise bidon, vide de sens et de contenu et c'est dans ce cruel melting sens moral- valeur marchande que souffre l'âme déchirée des travailleurs au point que Telecom Haute-Savoie en est à son vingt quatrième suicidé en 18 mois.

Une valeur marchande reste une valeur marchande et l’épanouissement humain est une autre valeur qui ne trouve pas sa place dans cette logique malgré les promesses illusoires. Hypocrisie, discours trompeur et anesthésiant, déguisement de la réalité, déséquilibrent profondément les travailleurs dans ce qu’ils ont de plus profond: leur identité d’être humain!

Le mensonge éhonté est largement prisé dans  ces grands groupes qui affichent haut et fort leurs valeurs: «notre engagement social, notre solidarité», notre «human supportive way of working», «notre respect de l’individu»,notre vision pour le meilleur, «notre human rights policy», «notre sens des valeurs, notre
politique à dimension humaine» il y a quelque chose de mauvais au travail. Ça dégouline de bonté, d’amour pour le prochain, d’éthique, de générosité, de condescendance.
Alors! Les travailleurs devraient être réconfortés, rassurés de se sentir aimés si fort par leur entreprise, si bien dirigés
pour réussir. Eh bien, non! Certains d’entre eux, pour seule réponse, se détruisent sur leur lieu de travail.
On en reste pantois et puis, on s’interroge, au-delà du discours, sur ce qui cloche. Le processus croissant d’automatisation,
et ses mécanismes de rentabilité n’ont jamais été, ne peuvent pas et ne seront jamais porteurs de valeurs humaines. Ils ne
servent pas la vie, ni le bien-être, ni la civilisation et certainement pas l’individu ou le groupe humain. Le faire croire est pur mensonge,
poudre de perlinpimpim balancée aux yeux du travailleur, qui, en réalité, est constamment agressé dans ses besoins de respect et de sécurité, dans son identité, dans sa relation avec son prochain, besoins qui ne se retrouvent pas dans ces mécanismes et processus qui ont un seul produit
– la valeur marchande et un seul but – le profit.

Soumettre l’homme à la mécanique accélérée de la productivité et à la morale du profit génère confusion et désespoir. Certains s’adaptent et prospèrent armés d’indifférence ou de cynisme, une majorité survit patiente, mais quelques-uns tombent. Dans les rouages d’une machine on
peut se faire broyer, court-circuiter le système nerveux, ou simplement user prématurément. Simple accident de production. Perte calculable.
Voilà où se situe la faille. Les valeurs véhiculées par l’organisation sont un mensonge effronté, en contradiction avec ses pratiques qui sacrifient l’identité humaine sur l’autel d’une fiction sociale et économique. Plus on avancera dans ce mensonge; l’entreprise qui fait croire à des valeurs,
alors qu’en réalité elle vise uniquement la diminution des coûts ou le profit, plus le travailleur floué et touché dans son essence sera mis en danger. Il finit ainsi par se retrouver fragilisé, harcelé, utilisé, fourvoyé dans ses idéaux.

Que le mensonge cesse !

 

 

 

 

 

 

 

 

27/09/2009

L’épuisement des vieux migrants !



main_d_un_OMI.jpg30 ans, 40 ans de vie sur les chantiers inscrits au bout des mains, des bras, des jambes, du coeur laissant des traces profondes sur la santé et qui démontrent que face à la vieillesse on est pas tous égaux non plus.  Pour les femmes, une vie de ménage chez les autres:  courbées, penchées, pliées à récurer, frotter, aspirer. Pour les ouvrières penchées toute la journée ou à répéter des millions de fois les mêmes gestes, mécaniques, précis, si cruels pour les bras et le dos.  La langue à peine apprise. Pas le temps !  Il fallait nourrir des bouches et qui fait qu'on n'a toujours tout compris qu'à moitié et qu'on n'a jamais pu tout à fait se faire comprendre non plus.   Et le temps de s’arrêter est déjà arrivé, on n'a rien vu  venir, le temps a filé, glissé comme du sable entre les doigts, on a juste pu travailler comme des forçats à plein temps pour se nourrir et se vêtir.  Les enfants sont déjà grands, ils avancent tout gentiment, parfois ils rougissent de présenter leurs vieux parents qui parlent le français avec les gros outils de chantier. On extrait les mots à la pioche et on les balance comme on peut ! Les faire écrire vous oubliez, même au pays, ils ont à peine été à l’école et leur langue maternelle, ils la parlent sans vraiment pouvoir l'écrire !

Le rythme durant toutes ces années de travail pour certains était simple, une fois par an retour au pays.  On  y construisait la maison qui devait les accueillir pour le temps de leur retraite et les enfants enfin nés ailleurs qui pourront revenir et continuer leur vie au pays des parents. Tous ensemble, ils reviendraient un jour. Pendant trente et quarante ans, c'est ce rêve chaud et intense qui donnait du sens à ces levers à quatre heures du matin par un froid glacial , à marcher dans la nuit des matins d'hiver pour rejoindre le chantier, tandis que les femmes couraient emmener les enfants à l'aube à la crèche et qui arrivent déjà épuisées à l'usine.

Aujourd’hui, les enfants ! Il ne faut même plus y penser, ils sont de là où ils ont grandi et ne parlent pas la langue des parents.  Vaille que vaille, les vieux continuent à s’y rendre de plus en plus fréquemment, mais la vieillesse est bien là avec son lot de petites et grandes misères. Les rendez-vous chez les médecins qui impliquent d’écourter le séjour, les maladies chroniques qui exigent de renouveler les médicaments tous les trois mois et qu’on ne trouve pas dans son pays.  Alors, certains préfèrent laisser aller la maladie, lui foutre un couvercle dessus et advienne que pourra. Evidemment à la prochaine visite médicale, le médecin n’a plus qu’à constater une pejoration de la maladie.  La maison construite alors qu'on était encore relativement jeune a vieilli ,elle aussi, et qu’il faudrait la  retaper, mais on n’a plus la force de le faire soi-même et on n’a forcément pas beaucoup d’argent.

Les allers-retours incessants, déchirés encore plus qu’ils ne l’étaient jeunes, parce qu’avant on laissait les parents derrière et maintenant ce sont les enfants.   Ils doivent respecter les durées de séjour à l’étranger  pour ne pas perdre leurs droits aux prestations alors qu’il devient de plus en plus difficile de bouger si vite, et si souvent, l’âge avançant, on aurait plutôt envie de ralentir, trois mois sont devenus si courts.
Certains vieux migrants bien qu’ils aient la nationalité du pays hors du contexte de leur travail ne connaissent pas forcément leurs droits, ils n’ont plus les potes du chantier ou de l’usine pour refiler des tuyaux, or forcément l’isolement guette, la précarité est à deux pas, la dépression encore plus proche quand ce n’est pas l’alcool.

Ces vieux migrants sont plus exposés que d’autres, une étude en France démontre que ces travailleurs souffrent dès l’âge de cinquante-cinq ans de pathologies qu’on ne rencontre chez les Français que parmi les personnes de vingt-ans plus âgées.


Les retraites  relativement basses pour tous, les exposent eux particulièrement qui souvent ont connu un parcours professionnel en dent de scie  à une précarité  certaine.

Un autre phénomène qui apparaît de manière évidente est l’épuisement général. Au niveau de la langue apprise, il y a un  régression, ils la parlent moins étant moins  en contact avec d’autres personnes. Plus isolés, ils soufffrent de solitude et déchirés entre deux pays, leur rêve de retour au pays une fois arrivé à la retraite disparaît irrémédiablement face aux difficultés en lien avec le manque d’argent et une santé plus fragile : les années de labeur se paient cash !

Ça sera éternellement difficile d’être d’ici et là bas, jamais tout à fait partis, jamais tout à fait arrivés, et déjà en repartance pour un hypothétique ailleurs.

10:23 | Tags : migrants | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

22/09/2009

Rwanda- La boule "Agaseke" - symbole de la paix


P1010301.JPGLES FEMMES QUI FABRIQUENT CES PETITS PANIERS SONT DES FEMMES VULNERABLES (VEUVES DU GENOCIDE RWANDAIS DE 1994, ATTEINTES DU VIRUS DU SIDA OU HANDICAPEES PHYSIQUES. EN ACHETANT LEURS PRODUITS, VOUS LEUR DONNEZ UNE VISIBILITE ET UN ACCES AU  MARCHE INTERNATIONAL. VOUS GAGNEZ AUSSI UN BEAU PRODUIT, ECOLOGIQUE ET FAIT A LA MAIN. DE LEUR COTE, LES FEMMES GAGNENT  LA CONFIANCE EN ELLES ET FONT VIVRE LEURS FAMILLES.

LE GENOCIDE RWANDAIS A AMENE  D’ENORMES PROBLEMES QUI 15 ANS APRES NE SONT PAS PRES DE S’ESTOMPER. EN TISSANT CES PETITS PANIERS, LES FEMMES D’ETHNIES DIFFERENTES SE METTENT ENSEMBLE, TRAVAILLENT ET SE DEVELOPPENT ENSEMBLE. EN ACHETANT LEURS PANIERS, VOUS CONTRIBUEZ AUSSI AU RENFORCEMENT DE LA PAIX AU RWANDA.

 

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21:20 Publié dans Solidarité | Tags : rwanda, génocide | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

21/09/2009

La blogosphère : totem virtuel ?

images-1.jpgLa blogosphère est certainement devenu notre mât totémique, un point de ralliement, une tentative de cohésion autour d’une pratique commune et au pied duquel nos déposons nos croyances, nos questionnements, nos tentatives de réponse. Notre blog nous situe réellement à l'intérieur du groupe. Nous y croyons suffisamment pour en faire quasi un objet de culte, y revenir quotidiennement. On aimerait pouvoir en codifier le langage, organiser la pensée, interdire, chasser toute transgression (totem donc tabou)faite par des trolls qui ne respecteraient pas le culte établi avec son rituel propre.  Le blog ne devient-il pas un lieu de culte véritable, un objet quasi sacré ? "Et qu’est-ce la divinité si ce n’est la société elle-même ?"*  La solidarité s’organise lorsqu’un officiant est attaqué par un transgresseur (troll). On exige des sanctions, des interdictions, on protège de toutes nos forces notre totem, source de nos croyances.
La blogosphère, une hydre fantastique quasi mythique autour de laquelle le groupe se forme en fratrie étonnante. L’hypostase du groupe, nouvelle forme sacrée d’une force collective qui symbolise un pouvoir, une force collective.  Sans nous en aperçevoir, inconsciemment, nous blogueurs ne faisons que reproduire des traditions primitives utiles à notre organisation sociale . Nous projetons sur le totem nos attentes sociétales, nos peurs, nos angoisses.
Energie diffuse, objet de culte, nous demandons à ce qu’il y ait une organisation autour du totem, des médiateurs, des censeurs, des organisateurs de cette énergie, symbole de notre temps. Nous établissons des mécanismes qui nous relient en fait malgré tout à un objet quasi sacré. Les blogueurs sont des pratiquants d’un temps nouveau, certains, chaque jour, en un rituel bien établi,  apportent  leur contribution à ce totem et le nourrissent  afin de ne pas le laisser mourir.

La blogosphère ? Totem ou menhir emblématique de notre temps. Derrière notre laïcité très apparente, nous recréons malgré tout une forme de religiosité parce qu'en réalité nous sommes toujours en quête de sens, peu importe le support, la démarche reste toujours la même pareils à nos ancêtres dits primitifs.

Ainsi va le monde ........

 

* Emile Durkheim

 

21:32 Publié dans sociologie | Tags : blogosphère, totem virtuel | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

14/09/2009

Rodolphe Archibald Reiss : un Suisse qui passionne les Serbes

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Archibald Reiss, lausannois d’adoption -  l’homme aux cent destins -    était  surnommé le “Sherlock Holmes suisse” . Devenu une légende, il passionne encore les Serbes, sa tombe  se situe à Topčidersko groblje à Belgrade,  un musée lui est également consacré. Les Serbes que j’ai croisés en Serbie m’en parlent avec émotion et enthousiasme, il a tant écrit sur eux.

 Chaque mythologie a ses héros dont fait partie désormais Archibald Reiss, il participa et de façon certainement involontaire largement à la construction des figures identitaires serbes et cela par la suite le transformera en héros national. Il sera apprécié et ô combien, ce témoin des souffrances dues à l’occupation étrangère et considéré comme homme au caractère intègre : expert de la police scientifique, poète de surcroît  qui a plongé profondément dans l’inconscient collectif d'un peuple si souvent troublé par son histoire.

 

 

 

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Né en Allemagne à Sulzbach en 1875, il débarquera très jeune à Lausanne pour y suivre des études. Le chimiste passionné de photographie deviendra un criminaliste aux méthodes scientifiques prouvées. Il fondera  en 1909, l' 'Institut de police scientifique de l'Université de Lausanne, la première école de police scientifique au monde. Après 1919, il démissionne  de l’Institut et quittera Lausanne définitivement pour  Belgrade.
Dès 1921, il habitera dans le petite ville de  Dobro Polje proche de Belgrade et y résidera jusqu’à sa mort, le 7 août 1929. Mort survenue à l'occasion d'une dispute avec son voisin et qui fait dire :  "Que ce sont des mots qui ont tué Reiss" .

 

Parti aux Balkans,  au début de la guerre,  avec l’idée de devenir observateur neutre des événements de guerre rapportés, témoin visuel objectif. Il ne s’imaginait pas alors que cette région lui deviendrait aussi attachante que “Ma chère Suisse- So lieb sein wird wie meine Schweiz”

Les crimes,  à l’encontre de la population serbe,  ont crée chez Reiss compassion et indignation. La même année, il écrivait dans son journal du front : “Belgrade,  les hôpitaux ont été bombardés quatre fois. L'Autriche-Hongrie mène une guerre totale, elle veut anéantir tout le peuple serbe."  En utilisant des photos,  Reiss voulait prouver que l’armée austro-hongroise désignait de  nombreux civils comme résistants afin de les exécuter. Les prisonniers de guerre et les blessés soldats serbes selon  Reiss connaissaient le même sort et que  l’armée d’occupation  pillait, torturait et violait des femmes. La plupart de ces crimes constatait Reiss ont  été commis par des soldats  appartenant aux nations slaves des Balkans.

Les media serbes,  en 1991,  avec la guerre en Croatie et en 1992 avec la Bosnie utiliseront les récits de Reiss pour démontrer que les serbes étaient toujours désignés comme  victimes et jamais comme bourreaux.

 

Ses récits de guerre donnaient aux Serbes la certitude qu’ils se battaient contre la domination étrangère  pour la survie et la liberté comme leurs ancêtres.

Les intellectuels serbes de droite ont une grande estime pour Reiss et ce déjà -  avant la guerre - dans les années 1980, les media serbes le citaient régulièrement.  Devant son monument à Belgrade, on organise régulièrement des manifestations. Ainsi, ce grand ami du peuple serbe selon les media est présenté aux nouvelles générations .

 

Les Serbes le considéraient comme quelqu’un d’objectif, non influencé par les intérêts des belligérants tandis que paradoxalement lui ne  craignait pas de prendre position en déclamant :  « devant le crime pas de neutralité possible ! » . Il dénoncera les crimes de guerre lors d'un discours, à la Sorbonne. Malgré que son frère Fritz Reiss soit commandant en chef allemand d’un navire militaire ne l'empêche pas de décider de se battre pour qui bon lui semble, du coup il devient la honte de la famille allemande.  Il ira jusqu'à être consultant, à la conférence de paix à Versailles pour la délégation du nouveau royaume des Serbes, Croates et Slovènes.

 

Les Serbes se sont beaucoup intéressés à Reiss pendant la guerre, mais après ?  Silence éloquent alors que Reiss venait de s’installer à Belgrade définitivement.  Reiss osa adresser quelques critiques à l'encontre de son peuple adoptif bien-aimé et cela contrariait l’image que les Serbes se faisaient d’eux-mêmes. Comment expliquer ce changement d’attitude ?   Reiss avait idéalisé pendant la guerre ce peuple qui souffrait,  victime de l’agression militaire et qui  suscita une sympathie profonde chez lui . Après la guerre, il sera déçu par la situation politique et condamnera les politiciens et les fonctionnaires pour corruption pratiquée à large échelle. Il déplorait le fait que les invalides de guerre et les vétérans seront vite marginalisés, voire carrément oubliés. Il se plaignait de la paresse des Serbes au travail et leur envie de s’enrichir sans scrupules, pointait leur côté belliqueux, à toujours chercher un ennemi et par défaut régler les comptes entre eux. Déçu par cela, il adressa un testament politique « Ecoutez Serbes » traduit et publié seulement en 2004.  Dans ce manuscrit, il y témoigna son amertume que lui ont infligée  les Serbes,  après la guerre.  Avec ses dires, il déstabilisa l’opinion publique serbe.

Le 21 juin 1921,  La Tribune de Genève le décrivait comme un homme nostalgique : « Sa maison est un véritable musée de décoration et de reliques de guerre. M. Reiss vit au milieu de ces souvenirs et lorsque l'ennui le prend il ne va point en Europe, pas même dans sa bonne ville de Lausanne. Il va tout simplement en Macédoine, faire une tournée, monter sur un vieux cheval, avec sa fidèle carabine sur le dos. Ainsi vit simplement, sans prétentions, l'ancien professeur lausannois dans sa maisonnette de Topcidersko Brdo » - maisonnette construite par lui-même dans le style traditionnel paysan où les amis de Reiss aimaient se rencontrer, dans cette intimité si particulière.

Malgré ce passé et ces changements de vie, une vie riche d’aventures , Reiss reste attaché à  la culture de l’Europe de l’Ouest et à l’élite intellectuelle à laquelle il appartenait, il gardait ce pessimisme ambiant des années 1920.

Reiss  n’est pas un cas isolé, l’histoire nationale d’un peuple peut se transformer en représentations mythologiques qui seront ensuite considérées comme  des faits réels et qui appartiennent dès lors à l’inconscient  collectif.  Une nation peut elle exister sans faire appel à des héros et des mythes comme Reiss ?

 

Un mythe et une légende si forte que pour accomplir les dernières volontés exprimées par Reiss avant sa mort, les Serbes exposèrent son cœur dans une urne au sommet du  Kajmakcalan en Grèce, lieu où les Serbes avaient vaincu lors de la bataille de Kajmakcalan en 1916.  On  s’empressera lors d'invasions ultérieures de ce pays d’exploser le coeur de Reiss déjà réduit en cendre pour s'attaquer définitivement au mythe et à la légende du "héros serbe." 
 

Mais peine perdue.  Le héros est bien vivant,  encore aujourd'hui, dans plusieurs villes de Serbie, en particulier en Voïvodine où des rues portent son nom.



Une expo “Théâtre du crime”qui présente ses photos se tient au Musée de l’Elysée jusqu’en octobre.

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03/09/2009

Kadhafi- Le berger des Syrtes s’est égaré dans le désert de sa forfanterie!


b-088-kadhafi-elysee.1197243196.jpgDe l’homme du désert il n’en reste plus grand chose si ce n’est le triste show de celui qui nous fait croire qu’il est encore un homme du désert, or il ne nous offre plus qu’un spectacle de triste facture juste bon pour Eurodisney. La parole de l’homme du désert s’est égarée dans les méandres de sa forfanterie. Le “grand lion du désert” n’est plus que misérable scorpion au venin mauvais, sachez que le scorpion qui pique finit par mourir aussitôt.

Il n’est plus ni Le berger des Syrtes, ni le Guide de la révolution celui qui marche sur sa propre ombre.

Encore moins bon musulman pour qui la promesse est inscrite comme devoir du croyant d’où la parole donnée est parole sacrée :


Profitons du Ramadan pour rappeler à Kadhafi ses engagements en sa qualité de "croyant" et de "pratiquant" :


Les musulmans ont le devoir d'être véridiques et de respecter leurs engagements:
"Ô vous qui avez cru ! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ?C'est une grande abomination auprès d'Allah que de dire ce que vous ne faites pas."
(Sourate 61 / Versets 2 et 3)

"(...) Et remplissez l'engagement, car on sera interrogé au sujet des engagements"
(Sourate 17 / Verset 34)
"Ô les croyants ! Remplissez fidèlement vos engagements.(...)"
(Sourate 5 / Verset 1)
"Et mentionne Ismaël, dans le Livre. Il était fidèle à ses promesses; et c'était un Messager et un prophète." (Sourate 19 / Verset 54)

Quant à son fils, sur les traces vertigineuses de son père, Hannibal,  par son attitude violente à l’égard de ses deux employés – marocain et tunisien- et qu’il a traité comme des “esclaves” a violé les recommandations faites par le prophète à l’attention des “esclaves” même si au XXI ème siècle nul ne devrait être plus être traité comme tel.

Concernant le bon traitement des "esclaves"

Le Prophète Mohammed s'était une fois mis extrêmement en colère lorsqu'il vit un de ses Compagnons frapper son esclave. Le Compagnon, comprenant son erreur, le libéra immédiatement. L'une des dernières recommandations que fit le Prophète sur son lit de mort, avant de quitter ce monde, portait justement sur le bon traitement envers les esclaves. Il avait lui-même donné l'exemple à ce sujet durant son vivant en libérant son esclave, Zaïd Bin et en le prenant ensuite comme fils adoptif.

Hormis la référence religieuse dont sont supposés être imprégnés les deux lascars, il est étonnant de constater que ni la Tunisie, ni le Maroc n’ont pris parti pour la défense de leurs compatriotes qu’ils savent être traités comme esclaves en Libye. La Suisse a fait les frais de la violation des droits de l’homme par un Hannibal qui se croyait permis de pratiquer ce qui se fait largement sur son territoire et la police suisse,  que je félicite au passage,  a agi conformément aux principes du respect de droit de l’homme qu’elle doit faire respecter indépendamment du statut de ses hôtes.

Quant à Merz, le nain de jardin, il s’est lui même égaré dans la cour des grands en ridiculisant la Suisse entière.

Profitons de ce blog pour rappeler à Kadhafi que ce qui fait la force de l’homme du désert c’est sa parole donnée, la sienne n’est plus que du vent et le transforme assurément en clown du désert !

 

 

22:58 Publié dans Solidarité | Tags : kadhafi. | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |