18/06/2009

Et les enfants Stern alors ?


Pendant un moment, je me suis imaginée être la maman de ces enfants qui ont subi le déballage de la vie intime de leur père dans ses détails les plus privés, les plus sordides. Des journalistes à l’affût, les amis qui vous regardent et qui soit n’osent rien vous dire, soit commettent des maladresses en pensant bien faire. La honte, la souffrance, l’incompréhension, la colère, un amour intense pour leur père, la haine de la maîtresse, passer de la rage à la tristesse, de l’abattement à la révolte, ils ont tout ressenti certainement en passant d’un sentiment à l’autre, parfois tous confondus.

Si j’étais la mère de ces enfants-là que leur dirais-je ? D’abord que s’il n’y avait pas eu de meurtre en bout de course le déballage n’aurait jamais eu lieu, que sa vie intime ne devait en rien les concerner. Que le père qu’ils avaient était un père qui les a beaucoup aimés, “leur héros” et que cette image rien ne pourra jamais la changer.

Héros, il le restera définitivement à leurs yeux, les années passeront, les souvenirs les plus pénibles s’éloigneront et le meilleur restera, les forts moments qu’ils ont partagé avec lui, fermer les yeux et entendre “Papa t’aime très fort, ma chérie”- “Bonne nuit, fiston, papa qui t’adore”- il ne restera que les mots tendres d’un père, ces mots qui construisent l’enfant, qui le rend si fort, si sûr de lui.

Et ils ont été solides et courageux de traverser cette tempête, et c’est cet amour-là qui leur sert de pilier aujourd’hui.

Tout ce qu’ils ont dû entendre était une part de la vie de leur père qui leur a été révélée par la force des choses, mais si j’étais leur mère je leur rappelerai qu’on leur a décrit la vie d’un homme pris dans les filets de la passion et que ce volet de sa vie n’aurait jamais dû les concerner . Ce qu’ils partageaient avec lui est intouchable, inviolable, permanent, qu’aucun scandale, qu’aucune éclaboussure ne viendra jamais entacher.

Comme une maman, je sers très fort ces enfants contre mon coeur et que le temps fasse son oeuvre, ils trouveront  finalement un jour, peut-être, la puissance du pardon libérateur , qui sait  ?

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Commentaires

Je leur souhaiterai de continuer à aimer leur père, pour ce qu'il était, malgré ses faiblesses ou ses défauts. Plus comme un héros ou un être idéalisé, mais comme un homme. Avec ses souffrances, son intimité et sa personnalité.

Le pardon c'est aussi cela, accepter que les êtres que l'on aime aient des côtés sombres ou torturés qui nous échappent.

Écrit par : Pascale | 18/06/2009

Un père et une mère restent une énigme à leurs enfants. Quel que soit le degré de révélations privées ou publiques. Un enfant, puis plus tard un adulte, se construit toujours des images idéales de leur père et mère. Même si les parents réels ont été absents ou monstrueux avec eux, un enfant recrée l'image idéale d'une mère et d'un père. Monsieur Stern avait ses fantasmes étranges, son pouvoir certain, sa filmographie intime qui voyageait dans des zones extrêmes. Cela ne fait pas de lui un être dérangé, un homme qui n'aimait pas sa maîtresse comme certains commentaires l'écrivent. Il aimait le sexe au pluriel comme beaucoup d'hommes et de femmes aujourd'hui. Il avait pourtant sa hiérarchie amoureuse. Et Cécile était au centre de celle-ci. Pour les enfants, cette femme, Cécile B. est sans doute celle qui a perdu leur père, mais pour E.Stern, cette femme était le centre d'un univers dont elle seule détenait la clef de son énigme personnelle à lui.

Écrit par : pachakmac | 19/06/2009

Un père ou une mère, dès que le parent est malade, il n'appartient plus à sa famille. D'ailleurs les maladies, toutes, nous échappent mais lorsqu'elles ne lâchent plus l'individu, c'est qu'elles l'arrachent à ses proches.

L'histoire Stern est plus une histoire de millions que d'amour, histoire surtout de leurs disparités dans l'exercice de leur pouvoir respectif.
Cécile B et son amant étaient comme des jumeaux jouant avec le feu. Les moyens et la suprématie que donnent l'argent et le nom n'en étaient jamais venus à bout de la détermination de celle qui construisit son devenir sur eux. Il a été normal qu'elle se débarrassa de celui qui les détenait ou qui en était la clé.

L'argent et leur père ne leur appartiennent pas plus.
Ils ont à faire leur chemin en évitant de tomber dans pareil piège qui les résume. Leur mère n'a qu'une mission de rappeler que chacun n'appartient qu'à lui-même. De faire de chacun d'eux des individus... des personnes distinctes.

Vivre avec ses parents, c'est vivre en association, plus tard, lorsque les enfants deviendront des adultes, ils vivront avec eux, des liens de société (civile) non anonyme. Cela devrait toujours en être ainsi pour éviter les malentendus au sein des familles. Le sort du patrimoine familial n'en serait que mieux défini et que plus transparent.

Écrit par : Nepotin | 14/07/2009

On ne juge pas ses parents!

Les enfants Stern sont âgés respectivement de 24 ans, 22 ans ont témoigné à huis clos à leur demande. Le cadet, Henri, a été excusé pour passer son baccalauréat.... donc, plus des gamins! De plus, leur mère a sûrement été à la hauteur de ce drame vis-à-vis de ses enfants.

Franchement, je n'ai pas bien compris votre démarche?!!!!!!

Écrit par : Patoucha | 14/07/2009

On ne juge pas ses parents! - En êtes-vous sûre et certaine ?

Écrit par : duda | 14/07/2009

Comme vous le mentionniez dans un autre blog, comment réagirait-on en tant que mère si cela vous arrivait, le billet doit être je suppose dans le même registre, les questions que vous vous posez d'autres se la posent à moins que vous ayez le monopole de vous poser des questions en tant que mère de deux enfants ???

CLVDP: "Quant à mon « Investissement pour cette cause » à me mobilise contre cette ajustice (sans justice) c'est surtout pour mes 2 enfants ! Autrement… je m’occuperais d’autre chose. Car ils risquent, eux aussi (ils ont maintenant 24 et 25 ans) d’être violés de leurs droits, spoliés de tous leurs biens, et privés de vivre avec leurs enfants ! Mais… il y a trop peu de gens capable de réaliser qu’ils peuvent se retrouver du jour au lendemain accusés (par méchanceté, cupidité, vengeance,…) dans un monde en dérives… où le mensonge fait force de lois."

On ne peut qu'adhérer à cette vérité! J'aimerais bien savoir comment elles réagiraient si cela arrivait à leurs enfants?

Ecrit par : Patoucha | 04 juillet 2009

Écrit par : curieux | 14/07/2009

curieux, pas du tout le même registre! L'affaire Stern est une affaire délicate assez douloureuse et encore vivace pour la famille pour qu'on vienne encore la remuer en y impliquant les enfants! Je crois qu'il y a des limites à ne pas dépasser. Désolée!

Vous avez pris la peine de passer mon message sans lire le sujet et surtout les commentaires?!!!!!

Écrit par : Patoucha | 14/07/2009

DUDA, vous en doutez? Le respect de ses parents est ancré dans la religion Hébraïque. Et je ne suis pas religieuse!

la Bible en dit long à ce sujet:

"Honore ton père et ta mère, afin que se prolongent tes jours sur le sol que te donne l'Éternel,ton D. "

"Vous craindrez chacun sa mère et son père"

Par voie de conséquence on ne s'arroge pas le droit de les juger!

Écrit par : Patoucha | 14/07/2009

Mais comme nous sommes des gens civilisés, férus de valeur morale bien en-deça de la bible qui est un véritable repères de brigands bagarreurs, amoraux où il s'y passe des choses choquantes "Les deux filles de Loth tombent enceintes de leur père après l'avoir violé durant son sommeil":
meurtres fratricides, violences domestiques (sexuelles ou autres), guerres de conquête, peines capitales, manigances et représailles politiques, vengeances diverses, etc. On baigne dans une violence inouÏe, on s'en nourrit aujourd'hui encore pour tuer au nom de Dieu qui lui peut dès lors verser toutes les larmes dont il est capable et pour autant qu'il existe sur la misère humaine. Moins de religion Patoucha et plus d'humanité et de vraie fraternité.

Écrit par : duda | 15/07/2009

Mais encore un texte qui donne à réfléchir sur la violence dans la bible et presque dans tous les autres livres religieux. La religion est source de haine et les livres saints vous laissent des tâches de sang plein les doigts. Moins de religion, plus d'humanité !
La violence qui fait problème
Le premier problème n'est pas tant qu'il y ait de la violence dans la Bible, mais qu'il y en ait trop. De la Genèse à l'Apocalypse, du meurtre de Caïn aux assauts sanguinaires de la Bête, en passant par la mise à mort de Jésus et celle d'Etienne, on ne compte plus les pages qui sont tachées de sang. Rares, en effet, sont les livres bibliques qui sont complètement affranchis de toute trace de violence : le Cantique des Cantiques et Ruth pour l'Ancien Testament et la plus grande partie des Evangiles, ainsi que certaines épîtres de Paul et de Jean pour le Nouveau Testament. En dehors de quelques exceptions, il faut bien reconnaître que la violence est inscrite pratiquement partout dans la Bible, jusque dans les Psaumes et certains passages de l'Evangile. On peut donc parler de son omniprésence, et de son caractère multiforme : meurtres fratricides, violences domestiques (sexuelles ou autres), guerres de conquête, peine capitale, manigances et représailles politiques, vengeances diverses, etc.
Un deuxième problème est celui de l'excès dans la violence. On peut déjà en prendre la mesure dans le cri sauvage de Lamek : « Oui, j'ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure. Oui, Caïn sera vengé sept fois, mais Lamek soixante-dix-sept fois. » (Genèse 4, 24). L'instauration de la loi du talion (« œil pour œil, dent pour dent... », Exode 21, 24 et Lévitique 24, 20), plaidant pour la retenue quand il s'agit d'obtenir réparation, ne fait que confirmer l'existence de débordements et de dérives en matière de représailles que, de toute façon, la loi en question n'arrivera pas à empêcher. C'est bien de débordement dont il faut parler à propos, par exemple, de la réaction de Siméon et de Lévi qui, pour venger l'affront fait à leur sœur Dina, tuent l'ensemble de la population mâle de Sichem (Genèse 34), et des exploits successifs de Samson, de Saül et de David qui tuent les Philistins par milliers et par dizaines de milliers (Juges 15-16 et 1 Samuel 18, 7). Débordement aussi, sur le mont Carmel, du prophète Elie qui égorge les quatre cent cinquante prophètes de Baal (1 Rois 18, 40), et enfin des juifs de Suse-la-Citadelle qui, après avoir échappé aux projets funestes de Haman, exécutent plus de soixante quinze mille ennemis (Esther 9). Même si les chiffres sont nettement exagérés, la violence racontée, réelle ou imaginaire, dépasse toute mesure et ne saurait recevoir l'assentiment du lecteur.
Justification thélogique
L'horreur ne consiste pas seulement dans le nombre de tués. Il y a aussi la manière. A ce chapitre, la palme de l'horreur revient sans doute au traitement qu'un lévite de Bethléem réserve à sa concubine (Juges 19) : il la livre une nuit entière aux plus bas instincts d'une bande de vauriens et, l'ayant trouvée morte, la découpe « en douze morceaux qu'il envoya dans tout le territoire d'Israël » (Juges 19, 29). Le narrateur a beau multiplier les appels à la réflexion, on se demande s'il peut sortir quelque chose de bon d'une pareille horreur.
Le plus grave problème cependant est d'ordre théologique. Que la violence soit racontée dans la Bible, passe encore. Mais qu'elle soit accompagnée d'une justification ou d'une récupération théologique, voilà qui pose un immense problème. On aurait tort de le régler hâtivement en disant qu'il s'agit de textes appartenant à une époque ou à une culture révolues, ou encore que les faits racontés ne se sont pas passés ainsi ou même qu'ils n'ont jamais eu lieu. Ces récits font partie de la Bible et se réclament d'un ordre ou d'une approbation donnés par Dieu (voir les guerres de conquête et d'installation en Canaan : Nombres, Josué, Juges), quand elles ne sont pas carrément revendiquées par Dieu : « Alors que moi, j'avais détruit devant eux l'Amorite... » (Amos 2, 9). Peut-on accepter que pour tenir sa promesse à Abraham et sauver le peuple qu'il s'est choisi, Dieu doive tuer tous les premiers-nés des Egyptiens (Exode 12, 29-30) ou encore qu'il lui faille « anéantir » l'Amorite, le Hittitte, le Perizzite, le Cananéen, le Hivvite et le Jébuséen (Exode 23, 23 ; voir aussi Deutéronome 20, 16-17 et Josué 24, 8) ? Voilà le plus grand scandale sur la violence dans la Bible.

Écrit par : duda | 15/07/2009

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